Voici l'éditorial de Jean-Luc Outers dans la dernière revue bimensuelle "Le Carnet et les Instants" (que vous pouvez recevoir gratuitement sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la communauté française) :
Joseph Hanse cite le maréchal Vorochilov, président de l'URSS, venu à Bruxelles inaugurer le pavillon soviétique de l'Exposition Universelle de 1958 : "L'oeuvre immortelle de Charles De Coster, La légende d'Ulenspiegel, a connu chez nous 42 éditions, en langues russe, ukrainienne, biélorusse, arménienne, lettonne, lituanienne, estonienne, tchouave et autres. N'est-il pas éloquent au point de vue de l'intérêt qu'ont les Soviétiques pour l'héritage culturel d'autres peuples, le fait même que le peuple de Tchouvachie, autrefois à peu près totalement illettré, lise aujourd'hui dans sa langue maternelle l'oeuvre du classique belge?".
Etrange destin que cette oeuvre, écrite en langue française mais qui fut davantage lue dans ses multiples traductions. Il est vrai que la critique parisienne avait reproché à l'auteur son "charabia", lui qui précisément s'était élevé contre ceux qui "finiront par user la langue à force de la polir". "La légende d'Ulenspiegel", traduite dans la plupart des langues européennes, a fait à peu près le tour du monde aux côtés des fresques picaresques qui sont l'abrégé d'une époque comme "Don Quichotte" ou "Le brave soldat Schweik".
Maurice Maeterlinck connut un succès mondial sans précédent. Ses pièces furent jouées sur les plus grandes scènes européennes et américaines avant même que Debussy n'adapte pour l'opéra "Pelleas et Mélissande" que, chaque année encore, on représente de par le monde. "L'oiseau bleu" fut créé à Moscou en 1908 par Stanislavski, metteur en scène à la pointe de la modernité, avant d'être monté à Londres, à New York, et à Paris en 1911 seulement, l'année du Prix Nobel de littérature. Et jusqu'à ces dernières années sans discontinuer, malgré les bouleversements politiques, cette féerie fut représentée dans la capitale russe. Les Archives et Musée de la Littérature ont dénombré pas moins de 700 traductions d'oeuvres de Maeterlinck, même s'il se peut que ce chiffre soit plus révélateur du nombre d'éditions que de traductions originales. Les romans de Simenon constituent un autre exemple d'une oeuvre qui s'est répandue dans le monde entier comme une traînée de poudre. Cinq cent millions d'exemplaires vendus, toutes langues confondues, est un chiffre souvent cité qui en fait l'auteur contemporain de langue française le plus lu sur la planète.
Aujourd'hui, Amélie Nothomb et Jean-Philippe Toussaint sont les auteurs belges les plus traduits. La traduction de "Stupeur et tremblements", par exemple, s'est, pour plusieurs langues, négociée aux enchères à la Foire du Livre de Francfort. Les romans de Jean-Philippe Toussaint sont traduits dans vingt langues et le premier, "La salle de bain", s'est vendu au Japon à 120.000 exemplaires, à tel point que cette oeuvre fut davantage lue en japonais qu'en français! Ce rayonnement inimaginable au pays du Soleil Levant a d'ailleurs valu à son traducteur Kan Nozaki le prix de la traduction de la Communauté française.
Il ne faudrait surtout pas déduire des exemples cités que les éditeurs du monde entier se précipitent sur nos Lettres pour les traduire et les diffuser en masse. Bien au contraire, puisque nombre de nos auteurs, sinon la majorité, ne sont traduits dans aucune langue. Il n'y a là rien de surprenant si ce n'est que certaines oeuvres, bénéficiant pourtant chez nous d'une reconnaissance publique et critique, sont à peu près inconnues à l'étranger. Par ailleurs, il est des mondes éditoriaux relativement fermés à la traduction littéraire contemporaine. C'est le cas de l'édition anglo-saxonne où seuls 3% des ouvrages publiés sont traduits d'une littérature étrangère. A l'inverse, nos Lettres bénéficient d'une attention constante des éditeurs d'Europe centrale et orientale, où la Roumanie surtout fait figure d'exemple.
Le marché éditorial international impose donc un effort de promotion des éditeurs mais également des pouvoirs publics. Le Service de Promotion des Lettres s'y emploie de multiples manières. Il envoie chaque année une moyenne de 20.000 ouvrages sélectionnés par la Commission des Lettres à destination des bibliothèques des facultés de lettres universitaires réparties dans quarante pays. Il assure, en collaboration avec Wallonie-Bruxelles International, une présence dans les principaux salons du livre. Il octroie un soutien financier aux éditeurs étrangers publiant des ouvrages de nos auteurs. Une vingtaine de traductions sont ainsi subventionnées chaque année. Il est enfin partenaire du Collège européen des traducteurs littéraires de Seneffe qui accueille en résidence des traducteurs du monde entier se consacrant à la traduction de nos Lettres. Ces efforts contribuent sans doute à promouvoir les lettres françaises de Belgique au delà des frontières de la langue.
Jean-Luc Outers
mardi 13 octobre 2009
samedi 10 octobre 2009
"A part moi, personne n'est mort" (Thomas Gunzig)
Né en 1970 à Bruxelles, Thomas Gunzig est un écrivain belge de langue française. Il a commencé sa carrière littéraire en 1993 et a reçu le Prix Rossel 2001 pour son roman "Mort d'un parfait bilingue". Il est actuellement chroniqueur pour l'émission radio "Le jeu des dictionnaires".
"A part moi, personne n'est mort" est un recueil de 12 nouvelles écrites par Thomas Gunzig dans les années 90 suite à diverses demandes. Sur la quatrième de couverture, on peut lire : "Thomas Gunzig aborde les sujets les plus délicats de façon frontale. Son monde sans pitié est celui de l'instabilité, d'une menace planant sans cesse sur nos vies". Je n'ai aimé aucune des 12 nouvelles . C'est un recueil morbide, glauque, dégoûtant et immoral, où le fait de tuer est banalisé. La vision noire et négative de l'auteur sur notre société est exagérée. De plus, sous prétexte de vouloir être moderne, l'utilisation répétée et inutile d'insultes et de "gros mots" me choque. C'est un nivellement par le bas de la littérature.
"A part moi, personne n'est mort" est un recueil de 12 nouvelles écrites par Thomas Gunzig dans les années 90 suite à diverses demandes. Sur la quatrième de couverture, on peut lire : "Thomas Gunzig aborde les sujets les plus délicats de façon frontale. Son monde sans pitié est celui de l'instabilité, d'une menace planant sans cesse sur nos vies". Je n'ai aimé aucune des 12 nouvelles . C'est un recueil morbide, glauque, dégoûtant et immoral, où le fait de tuer est banalisé. La vision noire et négative de l'auteur sur notre société est exagérée. De plus, sous prétexte de vouloir être moderne, l'utilisation répétée et inutile d'insultes et de "gros mots" me choque. C'est un nivellement par le bas de la littérature.
samedi 3 octobre 2009
Agenda de nos écrivains
13 octobre 2009 à 8h15 : L'écrivain Rémy Bertrand sera l'invité de Sébastien Ministru sur Pure FM pour son nouveau livre "Le goût des mots".
15 octobre 2009 à 16h : Présentation et lectures de "La gondole de l'Orient Express" de Jean Botquin à la bibliothèque communale de Binche (dans le cadre de la Fureur de lire).
15 octobre 2009 à 18h30 : Présentation des livres de Rémi Bertrand à la bibliothèque d'Auvelais (dans le cadre de la Fureur de lire).
15 octobre 2009 à 12h30 : Rencontre au palais des Beaux-Arts de Bruxelles avec Jean-Philippe Toussaint autour de ses livres "La vérité sur Marie", "Faire l'amour" et "Fuir".
16 au 18 octobre 2009 : 2ème édition de la Foire du Livre Politique de Liège (à l'ancienne halle aux viandes, rue de la Halle).
16 octobre 2009 à 13h30 : Rencontre à la bibliothèque Les Riches Claires (Bruxelles) avec Pierre Mertens pour ses ouvrages "Paysage avec la chute d'Icare" et "Don d'avoir été vivant".
17 octobre 2009 à 17h : Présentation au Théâtre-Poème (Bruxelles) des deux dernières anthologies de poètes belges rédigées par Yves Namur et Liliane Wauters, dans le cadre du Cercle de la Rotonde.
21 octobre 2009 à 18h : Présentation du livre "La Chambre noire du calligraphe" de Jean Botquin au siège bruxellois de l'Association des Ecrivains Belges.
21 au 25 octobre 2009 : Salon du livre de jeunesse à Namur Expo.
29 octobre 2009 de 18h à 20h : Séance de dédicaces de Nicolas Ancion à la librairie Filigranes à Bruxelles.
30 octobre 2009 de 17h30 à 19h30 : Séance de dédicaces de Nicolas Ancion à la librairie L'Echappée belle à Liège.
1er novembre 2009 (toute la journée) : Participation de Nicolas Ancion à une rencontre autour de la nouvelle à la bibliothèque communale de Herve.
5 novembre 2009 : Présentation des livres de Rémy Bertrand à la librairie Graffiti à Wavre.
14 et 15 novembre 2009 : Présence de nombreux auteurs au Salon Tournai La Page.
19 novembre 2009 à 12h30 : Présentation au palais des Beaux-Arts de Bruxelles du roman "La peur du paradis" de Vincent Engel.
20, 21 et 22 novembre 2009 : Présence de nombreux auteurs à la Foire du Livre Belge à Uccle.
27 novembre 2009 : Rencontre à la bibliothèque communale d'Ath avec deux auteurs belges ayant écrit sur la première guerre mondiale : Xavier Hanotte ("Derrière la colline, "De secrètes injustices", ...) et Françoise Houdart ("Tu signais Ernst K.").
2 décembre 2009 à 17h : Entretien de Michel Ducobu avec l'auteur Jean Botquin à propos de "La chambre noire du calligraphe" (Espace Wallonie-Bruxelles).
5 décembre 2009 à 16h : Nouvelle présentation de "La chambre noire du calligraphe" de Jean Botquin (Fleurs en papier doré, rue des Alexiens, Bruxelles).
7 décembre 2009 à 20h15 : Présentation à la bibliothèque Charles Bertin à Rhode-Saint-Genèse du premier roman de Nicolas Marchal, "Les conquêtes véritables".
15 octobre 2009 à 16h : Présentation et lectures de "La gondole de l'Orient Express" de Jean Botquin à la bibliothèque communale de Binche (dans le cadre de la Fureur de lire).
15 octobre 2009 à 18h30 : Présentation des livres de Rémi Bertrand à la bibliothèque d'Auvelais (dans le cadre de la Fureur de lire).
15 octobre 2009 à 12h30 : Rencontre au palais des Beaux-Arts de Bruxelles avec Jean-Philippe Toussaint autour de ses livres "La vérité sur Marie", "Faire l'amour" et "Fuir".
16 au 18 octobre 2009 : 2ème édition de la Foire du Livre Politique de Liège (à l'ancienne halle aux viandes, rue de la Halle).
16 octobre 2009 à 13h30 : Rencontre à la bibliothèque Les Riches Claires (Bruxelles) avec Pierre Mertens pour ses ouvrages "Paysage avec la chute d'Icare" et "Don d'avoir été vivant".
17 octobre 2009 à 17h : Présentation au Théâtre-Poème (Bruxelles) des deux dernières anthologies de poètes belges rédigées par Yves Namur et Liliane Wauters, dans le cadre du Cercle de la Rotonde.
21 octobre 2009 à 18h : Présentation du livre "La Chambre noire du calligraphe" de Jean Botquin au siège bruxellois de l'Association des Ecrivains Belges.
21 au 25 octobre 2009 : Salon du livre de jeunesse à Namur Expo.
29 octobre 2009 de 18h à 20h : Séance de dédicaces de Nicolas Ancion à la librairie Filigranes à Bruxelles.
30 octobre 2009 de 17h30 à 19h30 : Séance de dédicaces de Nicolas Ancion à la librairie L'Echappée belle à Liège.
1er novembre 2009 (toute la journée) : Participation de Nicolas Ancion à une rencontre autour de la nouvelle à la bibliothèque communale de Herve.
5 novembre 2009 : Présentation des livres de Rémy Bertrand à la librairie Graffiti à Wavre.
14 et 15 novembre 2009 : Présence de nombreux auteurs au Salon Tournai La Page.
19 novembre 2009 à 12h30 : Présentation au palais des Beaux-Arts de Bruxelles du roman "La peur du paradis" de Vincent Engel.
20, 21 et 22 novembre 2009 : Présence de nombreux auteurs à la Foire du Livre Belge à Uccle.
27 novembre 2009 : Rencontre à la bibliothèque communale d'Ath avec deux auteurs belges ayant écrit sur la première guerre mondiale : Xavier Hanotte ("Derrière la colline, "De secrètes injustices", ...) et Françoise Houdart ("Tu signais Ernst K.").
2 décembre 2009 à 17h : Entretien de Michel Ducobu avec l'auteur Jean Botquin à propos de "La chambre noire du calligraphe" (Espace Wallonie-Bruxelles).
5 décembre 2009 à 16h : Nouvelle présentation de "La chambre noire du calligraphe" de Jean Botquin (Fleurs en papier doré, rue des Alexiens, Bruxelles).
7 décembre 2009 à 20h15 : Présentation à la bibliothèque Charles Bertin à Rhode-Saint-Genèse du premier roman de Nicolas Marchal, "Les conquêtes véritables".
dimanche 27 septembre 2009
Décès de René Henoumont
Le journaliste et écrivain belge René Henoumont (1922-2009) nous a quittés en ce début de septembre. Engagé dans la résistance durant la deuxième guerre mondiale, il a ensuite commencé sa carrière de journaliste et rédigeait toujours actuellement une chronique dans l'hebdomadaire "Le Soir Magazine". Il a également écrit de nombreux romans et essais. La bibliothèque d'Herstal (sa commune natale) porte son nom et dispose de toutes ses archives. Il s'est éteint chez lui à Steenkerque, un petit village entre Enghien et Soignies où il s'était retiré.
Afin de lui rendre hommage, "Le Soir Magazine" a eu la bonne idée de republier ses meilleures chroniques. En voici une intitulée "Un jour de septembre" :
"Le 7 septembre 1944, peu avant 15h, je traversais la rue Léopold à Liège, à hauteur de la maison natale de Simenon. Depuis la rive droite, des snipers allemands faisaient des cartons sur les passants circulant dans les rues perpendiculaires à la Meuse. Une volée de balles ricocha sur les façades, à deux pas du drapeau belge, ex-magasin de confection, local de la Légion Wallonie réquisitionné le jour même par le parti socialiste sorti de la clandestinité. Elles n'étaient pas pour moi, ces balles folles ; j'avais rendez-vous au drapeau belge. Je me retrouvais au cinquième étage, devant un homme jeune aux yeux bleus intimidants, un revolver 7.65 était posé sur la table près de feuillets couverts d'une petite écriture nette. Par les fenêtres, j'apercevais les pigeons de la place Saint-Lambert, tournoyants. J'entendais des hauts-parleurs diffuser le "Chant des Partisans", l' "Internationale" et la "Marseillaise". Le canon grondait encore quelque part. Une armée haïe était partie, une armée amie prenait possession de la ville. Une foule en délire se jetait au devant des tanks à l'étoile blanche, d'où des soldats rieurs distribuaient chocolats, cigarettes et chewing-gums comme du pain aux moineaux. L'homme aux yeux bleus leva la tête : "Camarade, il paraît que tu es fou de cinéma. Va faire un tour en ville, reviens, et en 30 lignes, dis-moi ce que les cinémas programment". Je titrais ma bafouille : "Le retour de Mickey". Disney avait appelé Oswald un lapin dont il rogna les oreilles et lui ajouta une longue et mince queue : une immense vedette était née, Mickey. Pour le reste, les exploitants avaient sorti des caves Popeye, Donald, Laurel et Hardy et un Charlot soldat. L'heure n'était plus au cinéma allemand mais américain. Un music-hall, le Walhala, changeait son enseigne, il devenait l'Eden. L'homme aux yeux bleus lut ma copie : "Je ne connaissais pas cette histoire de lapin, c'est une information. Je t'engage, tu assumeras entre autres la critique de cinéma dans le "Monde du Travail". Notre premier numéro tombe demain à 5h. Sois-là à 8h pour le suivant". Mon article (?) était signé R.H. sur papier-sachet bistre réquisitionné dans un grand magasin. C'est comme çà que je suis entré en journalisme...".
Afin de lui rendre hommage, "Le Soir Magazine" a eu la bonne idée de republier ses meilleures chroniques. En voici une intitulée "Un jour de septembre" :
"Le 7 septembre 1944, peu avant 15h, je traversais la rue Léopold à Liège, à hauteur de la maison natale de Simenon. Depuis la rive droite, des snipers allemands faisaient des cartons sur les passants circulant dans les rues perpendiculaires à la Meuse. Une volée de balles ricocha sur les façades, à deux pas du drapeau belge, ex-magasin de confection, local de la Légion Wallonie réquisitionné le jour même par le parti socialiste sorti de la clandestinité. Elles n'étaient pas pour moi, ces balles folles ; j'avais rendez-vous au drapeau belge. Je me retrouvais au cinquième étage, devant un homme jeune aux yeux bleus intimidants, un revolver 7.65 était posé sur la table près de feuillets couverts d'une petite écriture nette. Par les fenêtres, j'apercevais les pigeons de la place Saint-Lambert, tournoyants. J'entendais des hauts-parleurs diffuser le "Chant des Partisans", l' "Internationale" et la "Marseillaise". Le canon grondait encore quelque part. Une armée haïe était partie, une armée amie prenait possession de la ville. Une foule en délire se jetait au devant des tanks à l'étoile blanche, d'où des soldats rieurs distribuaient chocolats, cigarettes et chewing-gums comme du pain aux moineaux. L'homme aux yeux bleus leva la tête : "Camarade, il paraît que tu es fou de cinéma. Va faire un tour en ville, reviens, et en 30 lignes, dis-moi ce que les cinémas programment". Je titrais ma bafouille : "Le retour de Mickey". Disney avait appelé Oswald un lapin dont il rogna les oreilles et lui ajouta une longue et mince queue : une immense vedette était née, Mickey. Pour le reste, les exploitants avaient sorti des caves Popeye, Donald, Laurel et Hardy et un Charlot soldat. L'heure n'était plus au cinéma allemand mais américain. Un music-hall, le Walhala, changeait son enseigne, il devenait l'Eden. L'homme aux yeux bleus lut ma copie : "Je ne connaissais pas cette histoire de lapin, c'est une information. Je t'engage, tu assumeras entre autres la critique de cinéma dans le "Monde du Travail". Notre premier numéro tombe demain à 5h. Sois-là à 8h pour le suivant". Mon article (?) était signé R.H. sur papier-sachet bistre réquisitionné dans un grand magasin. C'est comme çà que je suis entré en journalisme...".
mercredi 16 septembre 2009
"Les parchemins de la tour" (Nicole Verschoore)
Née à Gand en 1939, Nicole Verschoore est docteur en philosophie et lettres. Au cours de sa carrière de journaliste, elle travaille pour le quotidien "Het Laatste Nieuws", "Le Nouveau Courrier" et "La Revue Générale". Son premier roman, "Le maître du bourg", est publié en 1994 et reçoit le Prix France-Belgique 1995.
Dans "Les parchemins de la tour", Nicole Verschoore raconte, à la première personne, la vie d'Edmond Beaucarne (1807-1895), le grand-oncle de son arrière-grand-mère, à partir de ses archives retrouvées. Après avoir grandi à Eename auprès de son vieux père, il entre dans un collège jésuite d'Alost, où ses professeurs l'initient à la politique : "Quant au roi Guillaume que le Congrès de Vienne avait imposé aux Pays-Bas catholiques, ce mécréant était un homme nouveau, ses idées néfastes se propageraient, le désordre s'ensuivrait. Il fallait que l'Eglise reconquisse le pouvoir. Les élèves devraient aider leurs maîtres à renverser le gouvernement hollandais (...) Je suis bien placé pour savoir que Guillaume, ce roi sans grande allure, bien intentionné et maladroit, aurait été écouté et compris s'il n'avait pas été victime de l'opposition féroce et dûment inspirée à laquelle j'ai moi-même prêté l'ardeur de mes jeunes années".
Sur le conseil de ses maîtres, Edmond entre, à l'âge de 22 ans, à la rédaction gantoise du journal contestataire et antigouvernemental, "Le Catholique des Pays-Bas", qui joue un rôle non négligeable dans la révolution et l'indépendance de la Belgique en 1830. Un an plus tard, il quitte le journal et retourne dans son village natal. Le récit se concentre ensuite sur sa vie sentimentale qui se déroule en trois temps.
1° Lors d'un séjour à Vienne en 1832, Edmond tombe amoureux d'Hortense d'Hoogvorst : "La femme qu'on rêve est la décalque exacte de nos désirs. Pour cette raison, le premier amour et le désir qui ne s'accomplit pas laissent le souvenir d'un bonheur complet". Mais il ne chercha pas à la revoir et Hortense se maria...
2° De retour à Eename, Edmond en devient le bourgmestre. Il habite avec son frère Louis-Maur, sa belle-soeur Baudouine et ses neveux et nièces dans la maison familiale. Au fond du jardin, il aménage une vieille tour fortifiée pour y ranger ses livres et documents. Eudaxie, la femme de ménage, est aussi sa maîtresse : "Le délice s'avérait être le contraire du pêché décrit par l'Eglise. Pouvoir honorer notre nature humaine comme nous le faisions, avec la fantaisie, la créativité, la légèreté ou la patience nécessaires, c'était faire oeuvre de vie, productrice d'énergie et de jeunesse". Mais Eudaxie met fin à leur relation.
3° Quelques années plus tard, à la demande de ses amis, le célibataire solitaire Edmond accueille chez lui Isabelle, venue trouver à Eename le calme pour écrire ses traductions et articles. Après son décès accidentel, il se rend compte de la place qu'elle avait prise dans ses vieux jours : "Je n'ai pas été bon pour Isabelle parce que je ne l'aimais pas assez. Je n'avais de sentiment pour elle qu'en son absence, je n'ai souffert que de ses départs. Le dernier départ, l'irrévocable, a éveillé les remords, le regret posthume, l'effroi de l'irréparable".
Malgré ces rendez-vous manqués avec les femmes, les dernières pages de ce livre très bien écrit montrent un Edmond serein et apaisé qui vante les joies de la famille et des liens intergénérationnels : "Grâce aux saisons qui se répètent, aux enfants qui naissent, à l'exaltation des parents et à l'instinct du vieil oncle, un jour, dans un élan incompréhensible d'éclatante allégresse, subitement, ce vieil oncle soulève de nouvelles pelotes vivantes qui hurlent de surprise et de joie, agitent des petits pieds aussi informes que les boutons de magnolias au bout de leurs tiges minuscules. Grâce à ces miracles du quotidien et à l'éternel recommencement, on finit par accepter que meurent ceux qu'on aime, comme s'étiolent les fleurs".
Plus d'infos sur http://www.nicoleverschoore.be/
Dans "Les parchemins de la tour", Nicole Verschoore raconte, à la première personne, la vie d'Edmond Beaucarne (1807-1895), le grand-oncle de son arrière-grand-mère, à partir de ses archives retrouvées. Après avoir grandi à Eename auprès de son vieux père, il entre dans un collège jésuite d'Alost, où ses professeurs l'initient à la politique : "Quant au roi Guillaume que le Congrès de Vienne avait imposé aux Pays-Bas catholiques, ce mécréant était un homme nouveau, ses idées néfastes se propageraient, le désordre s'ensuivrait. Il fallait que l'Eglise reconquisse le pouvoir. Les élèves devraient aider leurs maîtres à renverser le gouvernement hollandais (...) Je suis bien placé pour savoir que Guillaume, ce roi sans grande allure, bien intentionné et maladroit, aurait été écouté et compris s'il n'avait pas été victime de l'opposition féroce et dûment inspirée à laquelle j'ai moi-même prêté l'ardeur de mes jeunes années".
Sur le conseil de ses maîtres, Edmond entre, à l'âge de 22 ans, à la rédaction gantoise du journal contestataire et antigouvernemental, "Le Catholique des Pays-Bas", qui joue un rôle non négligeable dans la révolution et l'indépendance de la Belgique en 1830. Un an plus tard, il quitte le journal et retourne dans son village natal. Le récit se concentre ensuite sur sa vie sentimentale qui se déroule en trois temps.
1° Lors d'un séjour à Vienne en 1832, Edmond tombe amoureux d'Hortense d'Hoogvorst : "La femme qu'on rêve est la décalque exacte de nos désirs. Pour cette raison, le premier amour et le désir qui ne s'accomplit pas laissent le souvenir d'un bonheur complet". Mais il ne chercha pas à la revoir et Hortense se maria...
2° De retour à Eename, Edmond en devient le bourgmestre. Il habite avec son frère Louis-Maur, sa belle-soeur Baudouine et ses neveux et nièces dans la maison familiale. Au fond du jardin, il aménage une vieille tour fortifiée pour y ranger ses livres et documents. Eudaxie, la femme de ménage, est aussi sa maîtresse : "Le délice s'avérait être le contraire du pêché décrit par l'Eglise. Pouvoir honorer notre nature humaine comme nous le faisions, avec la fantaisie, la créativité, la légèreté ou la patience nécessaires, c'était faire oeuvre de vie, productrice d'énergie et de jeunesse". Mais Eudaxie met fin à leur relation.
3° Quelques années plus tard, à la demande de ses amis, le célibataire solitaire Edmond accueille chez lui Isabelle, venue trouver à Eename le calme pour écrire ses traductions et articles. Après son décès accidentel, il se rend compte de la place qu'elle avait prise dans ses vieux jours : "Je n'ai pas été bon pour Isabelle parce que je ne l'aimais pas assez. Je n'avais de sentiment pour elle qu'en son absence, je n'ai souffert que de ses départs. Le dernier départ, l'irrévocable, a éveillé les remords, le regret posthume, l'effroi de l'irréparable".
Malgré ces rendez-vous manqués avec les femmes, les dernières pages de ce livre très bien écrit montrent un Edmond serein et apaisé qui vante les joies de la famille et des liens intergénérationnels : "Grâce aux saisons qui se répètent, aux enfants qui naissent, à l'exaltation des parents et à l'instinct du vieil oncle, un jour, dans un élan incompréhensible d'éclatante allégresse, subitement, ce vieil oncle soulève de nouvelles pelotes vivantes qui hurlent de surprise et de joie, agitent des petits pieds aussi informes que les boutons de magnolias au bout de leurs tiges minuscules. Grâce à ces miracles du quotidien et à l'éternel recommencement, on finit par accepter que meurent ceux qu'on aime, comme s'étiolent les fleurs".
Plus d'infos sur http://www.nicoleverschoore.be/
mercredi 9 septembre 2009
"Le poète belge Emile Verhaeren" (Vincent Leroy)
Né à Gand en 1855, Emile Verhaeren effectue des études de droit à l'UCL, mais une carrière d'avocat ne l'intéresse pas. "Les Flamandes", son premier recueil de poésies, est publié en 1883. Sa bibliographie contient une longue liste de critiques d'art, d'essais, de poèmes et de pièces de théâtre rédigés pendant trente-trois ans. Sur le plan personnel, après une série de deuils successifs qui ébranlent sa santé mentale, il rencontre sa future épouse, Marthe Massin, qui lui apporte bonheur et sérénité.
Ami personnel du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth de Belgique, Emile Verhaeren a côtoyé au cours de sa vie de nombreux écrivains (Rodenbach, Maeterlinck, Mallarmé, Verlaine, Gevers, Lemonnier,...), artistes (Ensor, Van Rysselberghe, Khnopff, Toulouse-Lautrec, Rodin,...) et leaders socialistes (Vandervelde, Volders, Destrée,...). Lors de la première guerre mondiale, Emile Verhaeren est trop âgé pour se battre, mais il défend et glorifie la Belgique et ses souverains à travers ses poésies, ses articles de journaux et ses conférences. Ce grand poète belge décède accidentellement en 1916 à la gare de Rouen en France. Ses derniers mots seront : "Je meurs...ma femme...ma patrie!".
"Le poète belge Emile Verhaeren" par Vincent Leroy, éditions Azimuts, 113 pages, 2006.
Voici plusieurs commentaires sur ce livre destiné au grand public :
Rémi Bertrand : www.remibertrand.net/index7.php?page=table
Edmée De Xhavée : http://edmee.de.xhavee.over-blog.com/article-32866242.html
Alain Fauconnier : http://universel.skynetblogs.be/archive-day/20090627
Delphine Gillès : http://delphine-encoreetencore.blogspot.com/2009/07/comme-promis-je-vous-parle-de-mes.html
Appoline Elter : http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/post/7563819/le-poete-belge-emile-verhaeren
Ami personnel du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth de Belgique, Emile Verhaeren a côtoyé au cours de sa vie de nombreux écrivains (Rodenbach, Maeterlinck, Mallarmé, Verlaine, Gevers, Lemonnier,...), artistes (Ensor, Van Rysselberghe, Khnopff, Toulouse-Lautrec, Rodin,...) et leaders socialistes (Vandervelde, Volders, Destrée,...). Lors de la première guerre mondiale, Emile Verhaeren est trop âgé pour se battre, mais il défend et glorifie la Belgique et ses souverains à travers ses poésies, ses articles de journaux et ses conférences. Ce grand poète belge décède accidentellement en 1916 à la gare de Rouen en France. Ses derniers mots seront : "Je meurs...ma femme...ma patrie!".
"Le poète belge Emile Verhaeren" par Vincent Leroy, éditions Azimuts, 113 pages, 2006.
Voici plusieurs commentaires sur ce livre destiné au grand public :
Rémi Bertrand : www.remibertrand.net/index7.php?page=table
Edmée De Xhavée : http://edmee.de.xhavee.over-blog.com/article-32866242.html
Alain Fauconnier : http://universel.skynetblogs.be/archive-day/20090627
Delphine Gillès : http://delphine-encoreetencore.blogspot.com/2009/07/comme-promis-je-vous-parle-de-mes.html
Appoline Elter : http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/post/7563819/le-poete-belge-emile-verhaeren
samedi 5 septembre 2009
Il y a 20 ans nous quittait Georges Simenon
Son père étant malade, Georges Simenon (1903-1989) arrête ses études en 1918 et devient journaliste à "La Gazette de Liège". Il part vivre à Paris en 1922. Au cours de sa carrière très féconde, Simenon publie environ 400 livres, mais il est surtout connu pour sa série des Maigret qu'il lance en 1931. Les aventures du commissaire Maigret connaissent un succès immédiat et sont traduites en une cinquantaine de langues. Maigret conçoit ses enquêtes policières comme des enquêtes pyschologiques : il tente de s'identifier au coupable et fréquente ses proches et les lieux où il vit. En 1972, Georges Simenon arrête d'écrire ses romans et se retire en Suisse. Il publie cependant ses mémoires, fait don de ses archives littéraires à l'Université de Liège et crée le Fonds Simenon.
Plus d'infos sur www.libnet.ulg.ac.be/simenon http://www.toutsimenon.com/ http://lesamisdegeorgessimenon.blogspot.com/
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