vendredi 31 janvier 2014

Charles Ducal, Poète National Belge 2014-2015

A partir de ce mois de janvier, la Belgique a, à nouveau, son Poète National Belge (www.poetenational.be) :  Charles Ducal. Ce titre honorifique avait déjà été attribué il y a un siècle à Maurice Maeterlinck, et existe de nos jours dans d'autres pays (aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, p.ex.). Ce projet collectif est mené par les Maisons de la Poésie de Gand et Namur, l'organisation littéraire Vonk&Zonen à Anvers, Passa Porta à Bruxelles et le Fonds Prince Philippe.

Le Poète National Belge sera désigné
                       

pour deux ans et écrira au minimum six poèmes par an sur diverses thématiques de notre pays. Tous les poèmes seront disponibles dans les trois langues nationales par le biais des partenaires médias participants (Passa Porta s'occupant de la traduction). Le titre décerné en 2014 à un poète belge néerlandophone, sera cédé après deux ans à un poète francophone (une rumeur parle de Jean-Pierre Verheggen), et peut-être ensuite à un poète germanophone. Ce projet littéraire a pour doubles objectifs de promouvoir la poésie belge et  d'établir un pont entre les trois communautés linguistiques de notre pays.

Agé de 61 ans, Charles Ducal (pseudonyme de Frans Dumortier) est l'un des plus importants poètes belges néerlandophones....mais est un grand inconnu au sud du pays. Il a fait ses débuts en 1987 avec le recueil "Het Huwelijk", constatation cynique et caustique de la vie d'un couple marié. Au départ, ses textes portaient sur les conflits internes comme ceux entre la vie et la littérature. A partir des années 2000, il assouplit les formes un peu rigides qu'il exploitait et le monde extérieur s'infiltre dans ses poèmes. Parmi ses plus célèbres poèmes, on trouve un certain nombre de vers dans lesquels il analyse le phénomène de la pornographie sur Internet. En 2012, à l'occasion de son soixantième anniversaire et de ses 25 ans de poésie, ses sept recueils ont été réunis dans "Alsof ik er haast ben. Verzamelde gedichten 1987-2012".

Souhaitons beaucoup de succès à Charles Ducal qui va désormais être traduit dans les trois langues nationales, et à ce beau projet de Poète National Belge!

dimanche 19 janvier 2014

Premier roman de Martin Buysse

Stacks Image 191Le Namurois Martin Buysse a déjà une carrière professionnelle bien remplie derrière lui :  doctorat en sciences physiques de l'UCL en 2003, directeur du campus de l'Institut Supérieur d'Architecture Saint-Luc à Tournai de 2010 à 2013, professeur à la faculté d'architecture de l'UCL. Parallèlement, cela fait une dizaine d'années qu'il écrit, sans réussir à être publié. C'est désormais chose faite avec "La logique du sang" paru aux éditions Zellige dans la collection "Vents du Nord" (www.zellige.fr/collections/vents_nord/vents.html).

"La logique du sang" raconte l'histoire de François qui s'éprend follement d'une jeune Palestinienne venue poursuivre ses études en Belgique. De leur amour naît une petite fille, Farah. La passion s'étiole, le couple se sépare et, lors d'un voyage à Gaza, la maison où Sana et sa fille séjournent, est la cible d'une opération militaire. Toutes deux sont retrouvées mortes dans les décombres. François n'a désormais plus qu'une idée en tête : se venger. Il met en place un plan implacable...

A l'occasion de la sortie de son roman, Martin Buysse a répondu aux questions de la journaliste Isabelle Monnart pour "La Dernière Heure" :

"C'est un fait divers qui vous a dicté ce roman?
- C'est plus qu'un fait divers puisque çà a eu des retentissements dans la presse internationale. Il s'agit d'une exécution extrajudiciaire, un assassinat ciblé, qui a eu lieu en 2002 dans les territoires palestiniens. Une bombe d'une tonne avait été larguée par un avion de chasse israélien, et cela avait fait de nombreuses victimes. Des années plus tard, une plainte avait été déposée devant un tribunal espagnol. Et puis, quand je lis un bouquin, j'ai envie d'être pris aux tripes. La question de la vengeance, c'est assez fascinant. Les enfants, aussi, çà fait vibrer particulièrement. Mais je ne savais pas ce qui allait arriver à ce bonhomme, s'il irait au bout de son projet.

- Votre écriture est très sèche, presque clinique?
- J'ai toujours eu du mal à couper dans mes textes, à réécrire. Cela dit, je sais d'emblée qu'il faut éviter les adverbes, les redondances. Je ne pense pas que cette sécheresse soit liée à l'intrigue du livre. Mais c'est peut-être l'amour du style qui m'a amené à l'écriture. Même s'il ne doit surtout pas être un obstacle entre le lecteur et l'histoire.

- Est-ce que vous vous êtes senti le droit de n'être pas moral dans votre histoire?
- Oui. En même temps, je n'ai pas grande expérience sur la question. Mais on raconte une histoire, c'est une fiction et on n'a pas besoin de se protéger. Après, on pense ce qu'on veut du héros et de ce qui se passe. Mais, pour tout dire, je ne donne pas très cher de sa peau. Plus largement, je me demande ce qu'il va devenir, après tout çà. Tout ce qu'il fait n'est qu'une fuite en avant".

jeudi 9 janvier 2014

Premier recueil de poésie de Marcelle Pâques


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A l'occasion de la sortie de son premier recueil de poésies, Marcelle Pâques a répondu par mail à mes questions :

"A quand remonte votre passion pour la poésie en tant que lectrice d'une part, et auteur d'autre part?

- La poésie fait partie de moi depuis toujours, c'est une certaine façon de vivre, habiller le quotidien de lumière pour dissiper la grisaille des jours. La première fois que quelqu'un m'a dit que j'étais poète, c'est quand vers mes 8 ans, je devais dessiner ma grand-mère pour l'école....mais je n'ai pas connu mes grands-mères. Alors j'ai dessiné ma maison et j'ai écrit qu'une maison, c'est comme une grand-mère : accueillant et chaleureux! En tant que lectrice, mon premier véritable coup de cœur :  "Le Petit Prince". Une leçon de vie poétique.

- Quels sont vos poètes préférés?

- En musique comme en poésie, je suis très éclectique et toujours avide de découvertes. J'aime Prévert, Baudelaire, Neruda, Aragon, Verlaine, René Char, Apollinaire, Colette Nys-Mazure, Léon, Paul Fargue, et ce n'est pas fini !!!

-  Pourquoi avez-vous choisi "Bientôt les jonquilles" comme titre de votre premier recueil? Sur quels critères avez-vous choisi les poèmes qui en font partie?

- Pourquoi "Bientôt les jonquilles"? C'est parti d'un petit haïku :
                    Un sapin déçu
                    Se retrouve à la rue
                    Bientôt les jonquilles
  Je crois que quand les ennuis tombent sur nous comme flocons de neige, nous pensons au renouveau, aux jonquilles!!!

- L'esprit de votre recueil m'a fait penser à Colette Nys-Mazure (la vie plus forte que la mort, les petites joies du quotidien à savourer, l'espoir d'un avenir meilleur, etc.). Etes-vous d'accord avec cette association entre vous deux?

- Je suis très flattée de cette comparaison car c'est une auteure que j'apprécie particulièrement ("Lorsque la cruauté fait déborder la vasque, tu vas reprendre feu et vie au ventre des jardins"). Et aussi :  "Elle ourle le temps à points patients attentive aux pas de loup du chat entre les fraisiers". Des petits moments de grâce dans la vie quotidienne, c'est un bonheur qu'elle nous fait partager avec tant de talent!

- Est-ce facile de faire connaître son premier recueil? Comment faites-vous pour en assurer la promotion?

- J'ai un blog http://marcellepaques.skynetblogs.be avec de nombreux visiteurs, le réseau Arts et Lettres dont je fais partie, la revue "Les petits papiers de Chloé", le cercle littéraire hennuyer Clair de Luth, les salons du livre, Facebook. Mon recueil a obtenu quelques belles critiques, notamment de Denis Billamboz de Besançon et Thierry Allart sur le site Critiques Libres :  www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/30975 .

- Quels sont vos projets littéraires pour 2014?

- Pour 2014, sortie d'un autre recueil qui s'intitule "Pourquoi pas?". L'idée m'est venue en lisant une citation de Georges Bernard Shaw :  "Certains regardent la réalité et disent : pourquoi? Moi, je rêve de l'impossible et je dis : pourquoi pas? Cela me correspond tout à fait".       
  
J'ai apprécié l'esprit positif de ce recueil. Mon seul reproche concerne l'éditeur : les pages blanches se trouvant ici et là au milieu du recueil sont regrettables... Enfin, pour terminer, je vous propose le poème "Résilience" issu du recueil de Marcelle Pâques.

     "Un rayon de soleil s'aventure
     Dans la grisaille du quotidien
     Une ombre fantasque sur le mur
     Vacille, s'étonne c'est le chagrin
     Tel un vampire fuyant la clarté
     Dégoûté par le soleil des jours
     Le chagrin disparaît dépité
     Sous les huées de notre amour
     Les pensées en friche vont refleurir
     Bientôt! L'insolence du muguet
     Exhalant le parfum du désir
     Quelques brins d'un bonheur obstiné".