lundi 31 janvier 2011

"Belges en France" (Jacques Mercier)

Auteur d'une trentaine d'ouvrages (essais, poèmes, romans, etc.), l'écrivain et animateur Jacques Mercier a choisi en 2006 de s'intéresser aux Belges vivant ou/et travaillant en France dans tous les domaines. Le premier chapitre est consacré à la décennie prodigieuse du cinéma belge :

"Depuis dix ans, les Belges s'imposent dans le palmarès du Festival de Cannes! C'est probablement la partie la plus visible de la présence belge en France. Faisons un rapide bilan : deux Palmes d'or des frères Luc et Jean-Pierre Dardenne. En 1999, ils reçoivent la Palme pour "Rosetta", et en 2005, ils la reçoivent une deuxième fois pour "L'enfant" ; quatre prix d'interprétation : Pascal Duquenne, qui partage son prix avec Daniel Auteuil, en 1996 pour le film "Le huitième jour" de Jaco Van Dormael, Natacha Régnier, avec Elodie Bouchez, en 1998 pour le film "La vie rêvée des anges", Emilie Dequenne en 1999 pour son interprétation dans "Rosetta" et Olivier Gourmet, en 2002, pour sa prestation dans "Le fils" des frères Dardenne. Pour demeurer dans cette sphère du Festival de Cannes, une des plus belles vitrines du cinéma mondial, ajoutons que Cécile de France fut une magnifique maîtresse de cérémonie de la remise des Palmes du Festival de 2005. On se doit également de citer dans ce mouvement, ce tourbillon cannois la révélation de Benoît Poelvoorde en 1992 dans "C'est arrivé près de chez vous" de Rémy Belvaux" (p.13). Sans oublier Jean-Claude Van Damme, l'acteur belge le plus connu à travers le monde...

Jacques Mercier nous raconte ensuite le parcours de Belges ayant réussi à Paris à la télévision (Christine Ockrent, Olivier Minne, Paul Germain, Maureen Dor, Virginie Efira, ...), dans le spectacle (André Lamy, Frédéric Flamand, les frères Taloche, Annie Cordy, Salvatore Adamo, Frédéric François, Maurane, Axelle Red, mais aussi la jeune génération représentée par Virginie Hocq, dEUS, Jonathan Cerrada, Saule et les Pleureurs,...), le jazz (Toots Thielemans, Marc Moulin, Eric Legnini, ...), la musique classique (Gérard Mortier, Bernard Foccroulle, Pierre Bartholomée, José Van Dam,...), la littérature (Françoise Mallet-Joris, Jacqueline Harpman, Amélie Nothomb, Nadine Monfils, François Weyergans, Pierre Mertens, Henry Bauchau,...), la bande dessinée (Tibet, Raoul Couvin, François Schuiten, Philippe Geluck,...), l'art contemporain (Panamarenko, Pierre Alechinsky, Wim Delvoye, Olivier Strebelle, Jan Fabre, ...), les affaires (Albert Frère, Etienne Davignon,...), le sport (Eddy Merckx, Tom Boonen, Kim Clijsters, Justine Henin, Jacques Rogge, Jean-Michel Saive,...).

L'auteur évoque également nos stylistes : "Dans les années 50, les maisons de couture belges proposaient surtout des créations parisiennes. Ces maisons achetaient soit des modèles confectionnés, soit des patrons qu'elles reproduisaient dans d'autres tissus. Aujourd'hui, les écoles des Beaux-Arts d'Anvers ou de La Cambre sont une source de nouveaux talents. Parmi eux, Jose Enrique Ona Selfa, diplômé de La Cambre, qui signe la collection de la maison Loewe. Olivier Theyskens, dont Madonna portait une robe pour la cérémonie des Oscars, et crée, depuis 2003, les collections de la maison Rochas. Depuis les années 80, la bande des six d'Anvers a fait du chemin. Lorsqu'ils étaient des étudiants inconnus, ils ont ensemble présenté leurs créations à Londres, au célèbre British Designer Show, et furent la révélation du salon. D'autres grandes maisons de couture belges proposent leurs créations à Paris : Gérald Watelet, Pierre Gauthier, Yves Dooms, Olivier Strelli ou Pascale Kervan, spécialisée dans les vêtements de cérémonie. Mais la mode belge, ce sont aussi les accessoires : le célèbre maroquinier Delvaux ou les chapeaux d'Elvis Pompilio et Christophe Coppens" (p.241). Il faut aussi mentionner le couturier Edouard Vermeulen et la modiste Fabienne Delvigne qui travaillent pour les familles royales de Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Suède!

Jacques Mercier termine par un hommage à Soeur Emmanuelle (née en 1908 à Bruxelles) qui a terminé sa vie dans une maison de retraite du sud de la France. Son association aide plus de 50.000 enfants démunis à travers le monde.

Ce livre m'a fait découvrir de nombreuses personnalités méconnues et a renforcé ma fierté d'être belge. Petite par la taille, la Belgique possède un remarquable patrimoine architectural, de beaux endroits verdoyants, une vie associative très importante, de très nombreux talents et un folklore désormais reconnu par l'Unesco. Notre pays multiculturel accueille également plusieurs institutions européennes, dont les fonctionnaires et les diplomates font vivre notre économie et découvrent notre culture et notre sens de la fête. Vive la Belgique! Leve België!

A lire également : mon compte-rendu du roman "Un équilibre fragile" de Jacques Mercier (http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2009/08/un-equilibre-fragile-jacques-mercier.html)

mardi 25 janvier 2011

La Maison de la Poésie à Namur

Créé en 1987, le centre de documentation de la Maison de la Poésie à Namur met à votre disposition plus de 40.000 documents, consultables uniquement sur place, qui sont répartis en plusieurs sections. La plus importante est consacrée à la poésie de langue française d'auteurs belges, français et canadiens. La littérature étrangère est également présente dans les collections : flamande, africaine, italienne, allemande, anglaise ou encore hispano-américaine. Une photothèque et un fonds multimedia complètent ce large panel de documents : dvd, vhs, cd, cassettes audio témoins des différentes rencontres, lectures, débats menés à la Maison de la Poésie depuis sa création.

Le centre est ouvert tous les jours ouvrables (hors congés scolaires) de 10h à 16h à tous les publics sans exception. Une prise de rendez-vous par téléphone est souhaitable afin qu'une documentaliste qualifiée puisse vous accueillir et vous aider dans vos recherches. Vous pouvez également consulter la banque de données accessible en ligne (www.mplf.be) et dédiée uniquement aux auteurs belges.

Du 22 au 26 juin 2011, la Maison de la Poésie à Namur organisera le 8ème Festival International et Marché de la Poésie. Vous pouvez être informés de leurs activités via leur revue que vous pouvez recevoir gratuitement sur simple demande.

mardi 18 janvier 2011

Tom Lanoye enfin traduit en français

Alors qu'il connaît beaucoup de succès depuis les années 80, l'écrivain et dramaturge néerlandophone Tom Lanoye (né à Sint-Niklaas en 1958) n'avait jamais été traduit en français. C'est désormais chose faite : "Sprakeloos" (80.000 exemplaires vendus en Flandre et aux Pays-Bas) a été traduit en français par Alain van Crugten et est devenu "La langue de ma mère" (éditions La Différence). La présentation vient d'avoir eu lieu en présence de Jacques De Decker, secrétaire perpétuel de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, ce qui montre l'importance de l'événement.

Dans "La langue de ma mère", Tom Lanoye a voulu exprimer par des mots ses pudeurs à parler de sa mère et du terrible accident cérébral qui l'a rendue aphasique et fait glisser vers la démence, elle qui ne vivait que par les mots et faisait du théâtre. La souffrance de la mère et de son entourage, sa mort sont racontés avec une vérité crue mais aussi beaucoup de pudeur, d'amour et d'émotion.

Tom Lanoye a confié à la presse : "Cette traduction me touche beaucoup, car l'histoire d'une mère aphasique est une histoire universelle qui peut émouvoir chacun. On ne se connaît pas au-delà de la frontière linguistique. Quand le KVS ou Josse de Pauw tentent de la franchir, ils le font seuls, sans appui politique. J'espère que mes autres romans pourront maintenant être traduits à leur tour. Ce qui m'arrive est comme gagner au lotto, un heureux hasard, car sur le fond, les choses ne bougent pas et je ne vois pas poindre cet accord culturel entre communautés. Je demande aux Flamands, par exemple, de tenir compte de leurs grands écrivains, même s'ils ont écrit en français, comme Maeterlinck, Rodenbach et Verhaeren, et de cesser de pleurnicher sur le statut de leur langue alors qu'on joue aujourd'hui en néerlandais au Festival d'Avignon et avec un grand succès! Et je demande aux francophones de casser leur idée d'une Flandre monolithique. Il y existe, certes, une aile revancharde qui veut s'isoler du monde entier et nous menace d'une catastrophe culturelle. Des mouvements comme çà existent dans d'autres pays, en réaction à la globalisation. Mais il y a une autre aile, ouverte au monde, qui ne veut pas perdre la Belgique, car cela signifierait automatiquement la perte de Bruxelles".

vendredi 14 janvier 2011

Trois poètes belges

Après le Portugal, la Pologne, l'Espagne et la Hongrie, c'est la Belgique qui est à l'honneur dans la collection "Trois poètes" paru aux Editions du Murmure (http://www.editions-du-murmure.fr/). Karel Logist en a écrit la préface et souligne : "Si beaucoup de poètes de ce temps sont des histrions narcissiques qu'on laisserait volontiers rejoindre leur reflet au fond d'une eau douceâtre, d'autres prennent pour miroir la société et nous en renvoient une vision personnelle et neuve. Véronique Janzyk, Antoine Wouters et Serge Delaive ont choisi d'être de ceux-là".

Véronique Janzyk a publié deux recueils : "Auto" à La Chambre d'Echos en France, et "La Maison" paru en Belgique dans la revue littéraire Le Fram.

Né en 1965 à Liège, Serge Delaive est l'auteur d'une dizaine de recueils et de trois romans parus en Belgique et en France. Il a reçu le Prix Rossel 2009 pour son roman "Argentine". Il est le co-fondateur de la revue Le Fram.

Philosophe de formation, Antoine Wauters (30 ans) est co-éditeur de la revue La Langue Vive, se consacre à l'écriture et travaille comme scénariste pour le cinéma. Il a reçu le Prix Polak 2008 de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique.

lundi 3 janvier 2011

Nos auteurs au théâtre en janvier 2011

A vos agendas. Voici quelques pièces de théâtre écrites par des auteurs belges :

1° "Chroniques d'une ville épuisée" de Fabrice Murgia. Elle est jeune et seule chaque soir devant l'écran de son ordinateur. Quel rêve poursuit son avatar dans l'univers pixellisé de "Second Life"? Que fuit-elle en se réinventant ailleurs? Héroïne exemplaire de l'ultramoderne solitude, le personnage silencieux inventé par Fabrice Murgia nous fait basculer, grâce à un système scénique sophistiqué, dans l'abîme des mondes virtuels contemporains, pays de chimères et merveilles pour coeurs fatigués, assoiffés de bonheur. Du 28 au 30 janvier dans le cadre du Festival de Liège (www.festivaldeliege.be)

2° "Les combustibles" d'Amélie Nothomb. Dans une ville assiégée au coeur de l'hiver, un seul combustible permet de lutter contre le froid : les livres. Dilemne pour un professeur de littérature, son assistant et une étudiante : quel livre vaut-il vraiment qu'on lui sacrifie un instant de chaleur physique? Jusqu'au 22 janvier au théâtre Le Public (www.theatrelepublic.be)

3° "Biographie de la faim" d'Amélie Nothomb. Les jeunes années d'Amélie Nothomb, faites de voyages et de chocs culturels, racontées à travers le prisme de la faim : non seulement la faim de nourriture, mais aussi l'appétit d'amour, de livres et d'écriture. Du 11 au 14 janvier à l'Eden à Charleroi (www.pba-eden.be)

4° "Cendrillon, ce macho!" de Sébastien Ministru. Et si Cendrillon était un homme? En considérant que le prince charmant en est un aussi, on obtiendrait le premier Cendrillon gay. Avec, à la clé, quelques questions pas si innocentes que çà. Qu'adviendra-t-il le jour où un prince héritier fera son coming out? Et quand ce prince montera sur le trône, comment appelera-t-on son mari : un rein? Jusqu'au 8 janvier au Théâtre de la Toison d'Or (www.theatredelatoisondor.be)

5° "Balistique terminale" de Coline Struyf. L'objet de la balistique terminale est de calculer les paramètres précis des impacts des projectiles. Indifférente au mobile du crime, elle observe trajectoires et effondrements, résistance et endommagement des cibles. Après des mois d'enquête dans cet univers étrangement spécialisé, Coline Struyf transforme son journal de bord en texte pour la scène, un poème en prose pour deux actrices mêlant parole et mouvement. Les 22 et 23 janvier dans le cadre du Festival de Liège (www.festivaldeliege.be) et les 24 et 25 janvier au Théâtre National (www.theatrenational.be).

6° "Stib, suite de trajets infra-humains balisés" de Geneviève Damas. Magda a toujours vécu à Bruxelles, Eva vient d'y arriver. A force de se côtoyer chaque matin dans le tram, elles finissent par se parler et par tisser des liens. Le 13 janvier au centre culturel Le Scailmont de Manage (www.manage-commune.be) et le 15 janvier au centre culturel d'Evere (www.centreculturelevere.be).

7° "Made in China" de Thierry Debroux. Suite au rachat et à la délocalisation de leur entreprise par un groupe chinois, trois cadres français sont coachés par une directrice des ressources humaines chargée d'évaluer leur potentiel. Dans une ambiance tragicomique, les trois hommes se font instrumentaliser jusqu'à mettre en péril leur intégrité. Suspicion, compétition, peurs et manipulations programmées se succèdent au fil d'une histoire pleine de rebondissements. Le 28 janvier au centre culturel de Sambreville (www.sambreville.be).

8° "Hors-la-loi" de Régis Duqué. C'est un western écrit pour le théâtre. Il y a un bon, un méchant, une institutrice provocante, une jolie putain et un puceau ingénu. Mais est-ce qu'il y aura des flingues? Des buissons décharnés qui traversent Main Street en roulant sous un vent brûlant et ensablé? Des yeux bleus dans des gueules toutes sales, ravinées par le tord-boyaux? Jusqu'au 8 janvier à l'Atelier 210 (www.atelier210.be).

Toutes ces infos proviennent de la revue bimensuelle "Le Carnet et les Instants" que vous pouvez recevoir gratuitement sur simple demande au Service de Promotion des Lettres de la communauté française de Belgique.