mercredi 29 avril 2015

Interview de l'auteur belge France Bastia

France Bastia a répondu aux questions d'Anne-Françoise Counet pour la revue "Nouvelles de Flandre" (www.francophonie.be/ndf) :




"Si vous deviez vous présenter en quelques mots?
- Il est toujours difficile de se présenter. Quelqu'un comparaît un jour la vie à la musique :  nous nous présentons tous à la naissance comme un instrument, un violon, par exemple, bon ou moins bon, mais qui sera le nôtre toute notre vie : autrement dit, un instrument avec lequel "il faudra faire avec". La jeunesse, c'est le temps où l'on vous apprend à jouer de votre instrument, et votre vie, ce sera l'air qu'on entendra. J'ai toujours trouvé la comparaison très juste.  Personnellement, mes gênes m'ont dotée, je crois, non d'un stradivarius évidemment, mais pas non plus d'un bête crincrin. Cordes innées principales :  le goût de l'indépendance, la joie de vivre, la compassion. Mais c'est à mes parents que je dois de m'avoir merveilleusement permis d'en jouer sur toutes les cordes dans les jeux, les sports, les études, les mouvements de jeunesse, l'ouverture aux autres, et surtout, surtout, à travers les livres partout et toujours! Une éducation grâce à laquelle toute ma vie et jusqu'au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été, comme écrivait Camus...


- Comment avez-vous été amenée à vous tourner vers l'écriture?
- Mais écriture et lecture ne font qu'un. De l'une dépend l'autre, l'une et l'autre s'ensuivent et presque fusionnent. Je ne savais pas encore lire que pour me faire tenir tranquille, ma mère me mettait un album entre les mains. A cinq ans, je savais par cœur les contes qu'elle me lisait le soir. Et je me souviens comme si c'était d'hier de ma première leçon d'écriture, du livre dans lequel j'ai appris les premières lettres, du cahier Le Semeur à deux lignes où j'écrivais p-a-p-a : un éblouissement! Je ne me souviens pas, enfant, avoir écrit moi-même de petites histoires, mais adolescente, j'aimais les rédactions que nous avions à faire chaque semaine et, en plus de la mienne, j'écrivais volontiers pour le plaisir celles d'autres élèves de ma classe!  J'ai aussi tenu très vite mon propre journal. Ecriture et lecture ont été les deux cordes essentielles de toute ma vie.


- Vous avez vécu en Afrique : cela a dû influencer votre parcours?
- Oui, mais moins sans doute que le Brabant wallon, que la petite Bruxelloise que j'étais découvrait à six ans dans des circonstances si exceptionnelles qu'elles allaient influencer toute sa vie future. Mais l'Afrique, oui, ce fut l'une des découvertes les plus extraordinaires de ma vie, surtout le premier voyage que j'y ai fait en traversant au Congo toute la province orientale et le Kivu, dans des circonstances là aussi exceptionnelles et que j'ai plus tard relatées sous forme romancée dans mon livre "L'herbe naïve".


- Le grammairien André Goosse a aussi croisé votre route?
- Ca, c'est une autre merveilleuse histoire. Jolie comme un conte, mais un conte vrai dont le fil rouge est l'amour de la langue française. A 13 ans, je le voyais de loin pour la première fois : il était le fiancé de mon professeur de français en 6ème latine, Marie-Thérèse Grévisse. A 16 ans, je le revoyais en rendant visite à Melle Grévisse devenue Mme Goosse, qui venait d'avoir son premier enfant, et je le saluais en tirant une révérence, ce dont il garde, amusé, le souvenir aujourd'hui encore!  Plus tard, le hasard nous fit nous établir dans deux villages voisins du Brabant wallon. En 1985, je me trouvai chargée par les éditions Duculot, éditeur de mes propres livres, du lancement dans la presse du "Bon usage 1986" de Grévisse et Goosse, dont hélàs Marie-Thérèse, décédée à la fin de l'année, n'eut pas la joie de voir paraître l'édition. Et en 1986, quand je suis allée, compatissante devant le deuil qui le frappait, dire bonjour à Mr Goosse, comment aurions-nous pu prévoir que nos routes qui depuis quarante ans amicalement se croisaient, allaient se rejoindre pour n'en faire plus qu'une?  Et nous voici, le grammairien, la romancière et la langue française, merveilleusement mariés depuis bientôt trente autres années et, de plus, dans cet invincible été dont parlait Camus!


- L'écriture a toujours tenu une place importante dans votre parcours ; c'est sans doute la raison pour laquelle vous avez été présidente de l'Association des Ecrivains Belges?
- En 1986, Duculot devenant l'éditeur de la "Revue Générale", me proposait de représenter la maison au sein du comité de rédaction présidé alors par Georges Sion. L'année suivante, le même Georges Sion me demandait de succéder à l'un des directeurs de la rédaction inopinément décédé. Et c'est le même Georges Sion qui, en 1993, me proposait à ma grande surprise d'entrer au conseil d'administration de l'Association des Ecrivains Belges et, en 1994, à ma surprise plus grande encore, de bien vouloir être candidate à la succession de Roger Foulon qui, pour des raisons de santé, souhaitait démissionner de son poste de président. J'ai dit oui, non sans quelque hésitation toutefois, vu le travail important que me demandait déjà la "Revue Générale". J'ai été élue et j'ai présidé l'Association des Ecrivains Belges pendant 16 ans pour en être nommée présidente d'honneur par l'assemblée générale lors de ma fin de mandat en 2010. Un merci qui m'a laissé penser que je n'avais pas trop mal fait le boulot...


- La "Revue Générale" (www.revuegenerale.be) fête cette année ses 150 ans. En 1865, quelles étaient les motivations pour mettre sur pied une telle revue?
- En 1865, il n'existait pas de revue en Belgique, seulement des quotidiens se bornant le plus souvent à n'enregistrer qu'actualités politiques et faits divers. Une revue offrant un spectre d'informations et de réflexions plus larges couvrant, outre la politique, l'actualité économique, sociale, littéraire, scientifique, artistique, etc. comme il en existait déjà en France, en Angleterre, en Allemagne ou aux Etats-Unis, était donc nécessaire. Deux grands partis politiques se partageaient alors le pays : les libéraux (bien organisés déjà dans la presse) et les catholiques (plus conservateurs mais très ouverts déjà aux questions sociales). Ce sont eux qui, en janvier 1865, prirent l'initiative de la création de la "Revue Générale", en confiant la direction à un ancien journaliste et avocat, Edouard Ducpétiaux. Le premier numéro précisait toutefois dans son introduction que la "Revue Générale" n'entendait imposer aucun programme ni imprimer à la revue une direction unique. La "Revue Générale" de janvier 2015 reproduit en hommage à ses fondateurs le texte de cette enthousiaste première introduction et la ligne de conduite avec laquelle, 150 ans plus tard, elle reste fondamentalement attachée :  réflexion, culture, respect des droits de l'homme, souci d'évolution et liberté d'expression.


- Quel est votre meilleur et votre pire souvenir en tant que responsable de "La Revue Générale"?
- Difficile de choisir parmi les meilleurs souvenirs, tellement ils sont nombreux. Peut-être, parmi eux, ces réunions estivales où, sous les arbres de Hamme-Mille, se retrouvaient tous les auteurs et collaborateurs de l'année écoulée et les merveilleuses rencontres que, de façon très conviviale, ces champêtres réunions permettaient. Le pire souvenir?  En 2014, quand le Ministère de la Culture et la Promotion des Lettres, qui en avaient toujours assumé la charge jusque-là, ont supprimé des abonnements de la "Revue Générale" à un nombre important de bibliothèques publiques. Un coup très dur; Mais les temps certainement redeviendront meilleurs et nous gardons confiance en l'avenir...


 - Dans une société dominée par l'information quasi instantanée, comment voyez-vous l'avenir de la "Revue Générale"?
- Comme un outil de plus en plus indispensable pour continuer à prendre en toutes circonstances à la fois le recul et la hauteur nécessaires à la réflexion. De plus en plus conscients que nous ne vivons pas une crise, mais un changement profond de société, de garder l'œil attentif à l'actualité, au numérique, aux réseaux sociaux et à l'évolution nécessaire de la revue elle-même, mais en conservant la tête et le cap sans se laisser emporter par le flot!".

mercredi 22 avril 2015

Actualité d'Espace Nord

Responsable de la collection Espace Nord (dédiée à la littérature belge francophone), Tanguy Habrand a répondu aux questions de Nausicaa Dewez dans la revue "Le Carnet et les Instants" que vous pouvez recevoir gratuitement sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles :


"Pourriez-vous tout d'abord nous retracer l'histoire de cette collection?
- La collection Espace Nord est née en 1983 dans un contexte où la littérature belge francophone n'allait pas de soi. Espace Nord prenait en quelque sorte la relève de la collection Passé Présent, développée quelques années auparavant par Jacques Antoine, en lui apportant le critère de l'accessibilité que permet le format de poche. La collection s'est d'emblée située, dans son organisation, à l'intersection des pouvoirs publics, des universités et du monde des Lettres et de l'édition. Ce sont les éditions Labor qui en ont assuré la conduite pendant plus de 20 ans, puis le groupe Luc Pire et La Renaissance du Livre. Après avoir longtemps soutenu la collection Espace Nord, la Fédération Wallonie-Bruxelles en est devenue propriétaire en 2010, et a confié sa gestion à des acteurs du monde de l'édition par voie de marché public. Cette gestion est assurée aujourd'hui à la fois par Les Impressions Nouvelles et par Cairn Info pour le numérique.


- La collection est donc à présent éditée par Les Impressions Nouvelles. Quelles inflexions ce nouvel éditeur a-t-il voulu donner à la collection?
- Je pense que ce qui a guidé nos actions dès le départ a été le respect du travail accompli. Nous n'avions pas l'intention de remettre en cause un modèle qui avait fait ses preuves et avons plutôt cherché à l'améliorer en gardant toujours cette question à l'esprit :  comment inscrire Espace Nord dans la société d'aujourd'hui, tant du point de vue de l'enseignement que du grand public? La solution de facilité consisterait à accoler l'adjectif "numérique" à nos moindres faits et gestes, ce qui serait tout à fait dans l'ère du temps. Nous développons évidemment le catalogue numérique de la collection, en collaboration étroite avec Cairn Info, au rythme d'une quinzaine de titres par an, mais ce n'est qu'un rouage parmi d'autres. Nos premières interventions ont porté aussi bien sur des aspects techniques (esthétique des couvertures, diffusion et distribution, actualité des contrats) que sur des choix éditoriaux avec un comité éditorial diversifié, de manière à couvrir le plus grand nombre d'époques et de sensibilités. En cela, notre travail relève avant tout de l'adaptation à une époque et du perfectionnement.


- Restez-vous fidèle au principe d'accompagner les textes d'une postface et d'une biobibliographie?
- Oui car l'appareil critique en fin de volume participe aussi de la spécificité de la collection. Il convient toutefois d'adapter le ton et les intentions de chaque postface aux volumes publiés. Les nouvelles éditions des "Villages illusoires" (Emile Verhaeren) et "Bruges-la-Morte" (Georges Rodenbach) que Christian Berg est en train de préparer, la refonte en terme de structure du recueil des "Nouvelles du Grand Possible" (Marcel Thiry) proposée par Pascal Durand, les postfaces d'Isabelle Ost à "Circuit" (Charly Delwart), de Daniel Laroche à "Mémoire d'un ange maladroit" (Francis Dannemark) ou de Rossano Rosi à "Madrid ne dort pas" (Grégoire Polet), portant sur des œuvres plus contemporaines : tous ces textes ont en commun leur dimension critique et répondent à un même critère d'accessibilité, mais ils se mettent avant tout au service des textes publiés. Or ces œuvres (plus ou moins récentes, plus ou moins inscrites dans une "Histoire" littéraire) ne nécessitent pas le même accent porté sur des questions d'ordre stylistique, thématique, philologique, sociologique. Nous avons donc cherché des postfaces plutôt issues de la recherche, sur le mode de la vulgarisation scientifique, et des postfaces plus ancrées dans la critique littéraire. Dans tous les cas, maintenir le principe des postfaces nous semble à la fois nécessaire et précieux, d'autant que les espaces réservés au discours sur la littérature se font rares.


- Espace Nord est considéré comme une collection patrimoniale. Pourtant, dans les derniers numéros parus, Stéphane Lambert côtoie Robert Poulet. Qu'est-ce qui dicte les choix des œuvres et auteurs qui font leur apparition dans la collection?
- La notion de patrimoine ne renvoie pas forcément au passé, et s'étend à tout ce qui présente un intérêt culturel ou artistique, pour un public donné. Nous devons nous montrer attentifs aux grands classiques et préparer, dans la mesure du possible, les classiques de demain. La sélection des œuvres et des auteurs est effectuée en concertation avec le comité Espace Nord, mais il y a plusieurs modes de sélection. Les œuvres qui relèvent, tout d'abord, des titres précédemment publiés dans la collection et auxquels il convient de donner une nouvelle vie : les premiers titres publiés en Espace Nord ont une trentaine d'années ; il y a là comme un principe de mise en abyme, où la collection patrimoniale devient son propre "patrimoine". Nous avons commencé ce travail de réédition avec des auteurs tels que Maurice Maeterlinck, Camille Lemonnier ou André Baillon, et allons approfondir ce travail avec Charles de Coster, Georges Eekhoud, Neel Doff, Michel de Ghelderode, Conrad Detrez ou Georges Simenon. Une autre approche consiste à nourrir le catalogue de périodes peu représentées de l'histoire littéraire, que l'on pense au réalisme magique de l'entre-deux-guerres avec "Handji" de Robert Poulet ou au surréalisme avec une grande anthologie préparée en ce moment par Paul Aron et Jean-Pierre Bertrand. Sans oublier le dernier quart du XXème siècle :  "Histoires singulières" de Jean Muno, de grands textes de Jacqueline Harpman, de Nicole Malinconi, de Pierre Mertens, qui ont été contemporains des premières années d'Espace Nord. Pour les œuvres plus récentes, nous veillons tantôt à saluer une trajectoire littéraire, tantôt à privilégier des auteurs très appréciés dans les écoles. C'est ainsi que la collection Espace Nord a pu inscrire à son catalogue "Chants des gorges" de Patrick Delperdange, "La seconde vie d'Abram Potz" de Foulek Ringelheim, "Le jour du chien" de Caroline Lamarche, "Les ours n'ont pas de problèmes de parking" de Nicolas Ancion, "Café Europa" de Serge Delaive, "Charlot aime Monsieur" de Stéphane Lambert, et que nous suivons de très près les œuvres d'Armel Job, André-Marcel Adamek, Xavier Hanotte, François Emmanuel ou encore Michel Lambert.


- Une circulaire ministérielle récente incite les professeurs de français à l'étude de la littérature belge en classe. Comment la collection Espace Nord peut-elle aider les enseignants à rencontrer cet objectif?
- Parallèlement aux postfaces, nous avons développé un outil spécifiquement adressé aux enseignants : des dossiers pédagogiques. Il en existe près d'une dizaine à l'heure actuelle, sur des titres tels que "Pelléas et Mélisande" (Maeterlinck), "La salle des profs" (Wouters), "Chants des gorges" (Delperdange) ou "Malpertuis" (Ray). Le rythme de production de ces dossiers a été fixé à 12 par an, et nous avons tenu à ce qu'ils soient gratuits, dans un espace pédagogique sur le site web de la collection. Ils sont axés sur la pratique enseignante avec des rubriques que l'on retrouve dans chaque dossier :  présentation de l'auteur, de l'œuvre, inscription de l'œuvre dans une époque, thèmes abordés, etc. Dans une perspective plus large, il nous semble également indispensable de faciliter la circulation de tout un chacun au sein d'un catalogue très fourni. Nous réalisons à cet effet un catalogue sélectif de titres Espace Nord dans lequel les œuvres seront classées plus efficacement que par numéro au sein d'une collection. Y seront repris les grands mouvements de l'Histoire littéraire, les genres ou encore les thèmes.


- Quelles seront les grandes actualités de la collection en 2015?
- L'année 2015 est très éclectique. Plusieurs titres vont explorer différentes facettes de l'humour :  "La mort de Napoléon" de Simon Leys, "La constellation du chien" de Pierre Puttemans, "Hegel ou la vie en rose" d'Eric Duyckaerts. Dans la même veine, nous rééditerons "Le mariage de Melle Beulemans" de Fernand Wicheler et Frantz Fonson, qu'on ne présente plus, et publierons également "Jardin botanique", réflexions à la fois sentimentales et ironiques sur l'identité belge d'Alain Bertrand, qui nous a quittés trop tôt l'an dernier. Certains volumes auront valeur de grands ensembles : l'anthologie du surréalisme dont j'ai déjà parlé, une édition revue et complétée des "Nouvelles belges à l'usage de tous" établie par René Godenne, ainsi que l'anthologie d'une vie consacrée, parmi bien d'autres choses, à la critique : "Littérature belge d'aujourd'hui", le meilleur des chroniques littéraires de Jacques De Decker, une histoire de la littérature comme elle vient. Un texte injustement introuvable :  "Anvers ou les anges pervers" de Werner Lambersy. Ou un Adamek inédit dans la collection Espace Nord :  "Le plus grand sous-marin du monde". Bref, tout un programme!".


Plus d'infos sur www.espacenord.com

mercredi 15 avril 2015

500ème ouvrage des éditions Luce Wilquin

Créée en 1992, la maison d'édition belge Luce Wilquin vient de passer le cap du 500ème ouvrage, avec la sortie de "Dans le bleu de ses silences" de Marie Célentin (886 pages). En faisant le bilan, Luce Wilquin explique que 340 de ces 500 ouvrages sont le fait de 90 auteurs francophones (belges et autres) "récidivistes", fidélisés par l'enseigne jusqu'à y signer 16 romans comme c'est le cas de l'auteur belge Françoise Houdart, Prix triennal Charles Plisnier pour "Les profonds chemins".


Parmi les récompenses de la maison d'édition, citons le Prix Rossel et le Prix des cinq continents de la francophonie pour "Si tu passes la rivière" de Geneviève Damas, le Prix Soroptimist 2014 de la romancière francophone pour "La vie selon Hope" d'Isabelle Bary, les traductions en plusieurs langues étrangères. Luce Wilquin précise :  "C'est surtout un réel bonheur dans la défense de la littérature de fiction et des relations chaleureuses avec les écrivains, les libraires et les bibliothécaires, les diffuseurs, les distributeurs et les collègues éditeurs, basés avant tout sur le respect mutuel".


Bravo à cette petite équipe (composée de Luce Wilquin, André Delcourt et Lucile Poulain), et bonne continuation à cette maison d'édition belge qu'il faut soutenir et encourager en achetant leurs livres. J'ai déjà parlé sur ce blog de plusieurs auteurs édités par cette maison (Colette Nys-Mazure, Geneviève Damas, Michèle Fourez, Françoise Pirart et Françoise Houdart), et il vous suffit de cliquer ci-dessous sur "Editions Luce Wilquin" pour retrouver facilement et rapidement ces articles.

mercredi 1 avril 2015

Sauvegarde des archives de l'auteur belge Hugo Claus

Bonne nouvelle pour la littérature belge :   grâce à la collaboration des héritiers qui souhaitaient conserver les archives dans leur ensemble et les rendre accessibles au public, la Fondation Roi Baudouin a pu récemment acheter l'héritage de l'auteur Hugo Claus (1929-2008). Ces pièces littéraires historiques sont d'une importance scientifique exceptionnelle. Une grande partie n'a jamais été ouverte et est restée inconnue :  correspondances (avec notamment Roger Raveel, Pierre Alechinsky ou Harry Mülisch), manuscrits, règles typographiques et d'épreuves de la poésie, agendas, documentations autour de prix littéraires, journal intime, photos, etc. Cet héritage donne la possibilité, non seulement d'encore mieux connaître l'œuvre d'Hugo Claus, mais également sa manière de travailler, ses idées concernant la littérature et l'art, son influence sur les jeunes générations d'écrivains et son importance majeure dans le monde de la littérature belge néerlandophone. Rappelons que son œuvre maîtresse est  "Le Chagrin des Belges" où il jetait un œil critique sur la complexité de notre pays.


L'achat de l'héritage d'Hugo Claus correspond à la mission du Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin qui y a consacré pratiquement la totalité de son budget annuel d'achat. Le Fonds dispose d'un budget annuel d'environ un million d'euros. Une grande partie de ce budget est réservée aux achats (600.000 euros). Ces moyens permettent au Fonds de prendre des initiatives que d'autres organismes auraient des difficultés à réaliser. Le soutien de nombreux mécènes a permis au Fonds, au cours des années, de constituer une collection de plus de 8.000 œuvres et six fonds d'archives. Le Fonds a décidé de déposer les archives de l'écrivain Hugo Claus à la Maison des Lettres d'Anvers.