mercredi 11 janvier 2017

Les 150 ans de "La légende d'Ulenspiegel"

                                               La Légende d’Ulenspiegel | Espace Nord

Après l'année 2016 dédiée au centenaire de la mort de l'écrivain Emile Verhaeren,  2017 célèbrera le 150ème anniversaire de la sortie de "La légende d'Ulenspiegel" par l'auteur belge Charles De Coster. Il fait désormais partie de la collection Espace Nord qui propose un dossier pédagogique pour les enseignants (plus d'infos :  espacenord.com/la-legende-d-ulenspiegel--113.htm).

De père flamand et de mère wallonne, Charles De Coster (1827-1879) est un écrivain belge de langue française qui est passé à la postérité pour son livre "La légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel". Ce récit épique et populaire se déroule à Damme au 16ème siècle et a pour toile de fond la résistance de la Flandre à la tyrannie sectaire de Philippe II d'Espagne. Epris de justice et de liberté, le personnage de Thyl Ulenspiegel - dont le nom a donné espiègle à la langue française - symbolise l'affranchissement des peuples opprimés. Lors de sa sortie, le livre est critiqué et n'a pas beaucoup de succès, mais il est aujourd'hui considéré comme le début de la littérature belge. Traduit en une trentaine de langues, il a été adapté au théâtre, à l'écran, en comédie musicale et en bande dessinée.

mercredi 4 janvier 2017

"Le géranium de Monsieur Jean" (Michel Torrekens)

                                      Le géranium de monsieur Jean

Né en 1960 à Gembloux, Michel Torrekens est rédacteur en chef-adjoint du magazine parental "Le Ligueur". Après deux recueils de nouvelles ("L'herbe qui souffre" et "Fœtus fait la tête"), il sort en 2012 son premier roman, "Le géranium de Monsieur Jean". Dans ce livre très bien écrit, Monsieur Jean, veuf et père de trois enfants, se retrouve en maison de retraite :

"Je ne peux plus me déplacer sans aide. La plupart du temps, c'est une soignante qui se porte à mon secours. C'est bien le mot : secours. Je suis en situation continuelle d'assisté, obligé de me plier au bon vouloir d'une autre personne. Cela m'a appris l'humilité. Bien malgré moi. Après avoir dirigé des années durant une équipe de quinze personnes, je ne suis plus maître de moi-même. Vous avez beau pensé que cela risque de vous arrivez un jour, vous vous bercez le plus longtemps possible d'illusions".

Dans ce roman bien écrit et agréable à lire, Monsieur Jean refuse de rencontrer les autres pensionnaires et de participer aux activités prévues. Il préfère rester dans sa chambre et revient sur différents épisodes de sa vie dans une sorte de méditation intérieure. Avec humour d'une part, nostalgie et mélancolie d'autre part.

Cliquez ici pour retrouver une interview de Michel Torrekens par la RTBF où il explique ses motivations à écrire ce roman :   http://www.rtbf.be/culture/article/detail_le-geranium-de-monsieur-jean-le-premier-roman-de-michel-torrekens?id=7892809

mercredi 28 décembre 2016

"Message à l'avenir" (Laurence Vielle)

Poétesse Nationale 2016-2017, Laurence Vielle s'est confiée il y a quelques jours aux quotidiens du groupe Vers l'Avenir :    "Au moment des attentats en France, je travaillais dans le quartier du Bataclan. Il y avait cette intolérable ambiance où tout le monde devenait suspect, chacun était l'ennemi de l'autre. J'ai écrit un texte sur ce thème au mois de mars où je partageais ce sentiment d'avoir perçu chacun comme une cible. Dans ces cas-là, il faut prendre de la hauteur. Etre cible, pourquoi pas? Mais uniquement une cible d'amour. Après les attentats, il y avait cette nécessité que les mots se posent. Il fallait parler, écrire. Loin des analyses officielles, des discours politiques ou médiatiques. La force des mots est revenue dans la rue.

Je suis une amoureuse de l'humanité. Cherchant le potentiel humain dans chaque rencontre. Mais là, je trouve que notre planète est en train de se trouer toute seule. C'est écrasant. On s'autodétruit. On est confronté à des images qui sont un non-sens pour la vie (par exemple, devoir porter un masque pour respirer est, pour moi, une image insupportable.

Pour 2017, j'ai beaucoup d'espoir dans l'humanité, mais pour réenchanter le monde, il faut être créatif, ce qui demande parfois une grande force qu'on trouve justement dans la poésie. Le poème, c'est un chemin pour honorer la vie, le vivant, malgré la noirceur du monde. Le poème, c'est un instrument qui permet de rester éveillé avec la langue, avec la parole".

Laurence Vielle offre son poème "Message à l'avenir" aux lecteurs du groupe Vers l'Avenir :

"Je t'écris d'un pays où le pôle nord a changé de cap
les moteurs dévastent l'air
noircissent nos poumons
les enfants galopent dans les écrans
les animaux sont abattus à grande vitesse
pour fournir à nos panses viande terne
on achète, on consomme, on jette
notre temps file, file et file
nous construisons l'arme qui nous tue tous
en poussant juste sur un bouton
nous divisons la planète par lignes invisibles
interdit de les franchir si tu demandes asile
nous rêvons de conquérir l'espace
pour affamer une autre terre
nos frères meurent de faim de froid
à même les trottoirs aux pays des nantis
les plus âgés croupissent dans les mouroirs
l'eau la belle eau la ruisselante
nous la filtrons pour apaiser nos soifs.

Dans ton cœur qui demain battra
un peu du mien y chantera
chante qui chante le demain
d'aujourd'hui
tu lis ces mots c'est que tu vis
célèbre la vie qui passe
marche, marche, arpente les chemins
et de tes mains à d'autres reliées
aime, oui, aime le monde qui est le tien
et de tes lèvres et de ton souffle
invente les mots de ton poème
chair lumineuse aux enfants de demain".

Cliquez ci-dessous sur "Vielle Laurence" pour retrouver mes autres articles consacrés à cet auteur belge.

mercredi 21 décembre 2016

"Les aventures de Billy" (Marcelle Pâques)

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Nouveau livre de Marcelle Pâques destiné cette fois aux enfants : "Les aventures de Billy" (éditions Chloé des Lys). Il raconte les aventures d'un petit ours en peluche qui se transforme la nuit grâce à la complicité de son amie la fée. Les illustrations sont de Catherine Hannecart.

Il y a deux ans, je vous avais déjà parlé de son recueil de poésies "Bientôt les jonquilles":  http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2014/01/premier-recueil-de-poesie-de-marcelle.html

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Cliquez ci-dessous sur "Editions Chloé des Lys" pour retrouver mes autres articles sur cette maison d'édition belge.

mercredi 23 novembre 2016

L'auteur belge Georges Rodenbach (1855-1898)

Né à Tournai en 1855, Georges Rodenbach est le condisciple d'Emile Verhaeren au collège Sainte-Barbe de Gand. Il effectue ensuite des études de droit. Son premier ouvrage est un recueil de poèmes : "Le foyer et les champs". Comme beaucoup d'écrivains belges de sa génération, il collabore à la revue "La Jeune Belgique". C'est lui qui y introduit Maurice Maeterlinck.

A partir de 1888, Georges Rodenbach s'installe définitivement à Paris, où il est correspondant pour "Le Journal de Bruxelles" (plusieurs centaines d'articles intitulés "Lettres parisiennes"). et collaborateur régulier du "Figaro" (où sa chronique se retrouve en première page). Certains d'entre eux sont désormais lisibles sur bruges-la-morte.net . Le tout assorti de brèves annotations qui replace le sujet ou les personnages cités dans leur contexte littéraire ou/et artistique. Le chroniqueur parisien y affiche son côté mondain et dandy, son sens critique affuté, son ironie légère, mais aussi son goût pour tout ce qui participe à la modernité (le cyclisme, les courses de chevaux, les découvertes de Pasteur, le plagiat, le féminisme, p.ex.). Il parle peu de ses compatriotes, à l'exception de Félicien Rops et Alfred Stevens. Il défend des artistes décriés à Paris dans les années 1890, comme Wagner, Baudelaire, Mallarmé et Rodin qui n'ont pas bonne presse.

Mais son oeuvre la plus connue reste le roman "Bruges-la-Morte". De santé précaire, il s'étaient à l'âge de 43 ans en 1898. Il repose au cimetière du Père Lachaise à Paris.

mercredi 16 novembre 2016

Les éditions Mijade

Fondée en 1993 par Michel Demeulenaere et publiant des albums pour petits et des romans pour grands enfants, la maison d'édition belge Mijade (www.mijade.be) complète son catalogue depuis 2007 en accueillant les départements de littérature jeunesse de Memor et Zone J - Espace Nord Jeunesse. C'est un riche héritage qui rejoint à cette occasion l'éditeur namurois.

A la tête des collections de littérature, Muriel Molhant édite des fictions d'auteurs contemporains belges, dont certains sont reconnus en littérature pour adultes :  Frank Andriat, Pierre Coran, Armel Job, Nadine Monfils, Eva Kavian ou Xavier Deutsch. Sur son site Internet, Mijade propose de nombreux documents pédagogiques à destination des professeurs, afin de les inciter à favoriser une littérature "nationale".

Xavier Deutsch - qui publie son premier roman en 1989 chez Gallimard - a également vu certains de ses textes édités à L'Ecole des Loisirs, et privilégie depuis quelques années Mijade :  "Tombé du camion", "Onze!", p.ex.

Ecrivain, réalisatrice et critique littéraire, Nadine Monfils a écrit trois livres chez Mijade, dont deux spécifiquement destinés aux adolescents :  "Nickel Blues" et "Les fleurs brûlées". Ce sont deux enquêtes captivantes appréciées par les jeunes pour leur suspense.

"Ma mère à l'Ouest" est un roman d'Eva Kazian dans lequel la toute jeune Sam, enceinte à dix sept ans, dévoile son histoire familiale. L'auteur y aborde les thématiques des relations familiales, des jeunes mères et de la maladie mentale.

C'est Frank Andriat, enseignant à Schaerbeek, qui publie le plus chez Mijade :  "Le journal de Jamila" (journal d'une jeune fille issue de l'immigration marocaine), "Tabou" (sur l'homosexualité), "Je t'enverrai des fleurs de Damas" (sur la guerre), p.ex. Ses livres sont autant de manières d'entamer le débat chez les adolescents, et sont très utilisés en milieu scolaire.

mercredi 9 novembre 2016

"Je sais pas" (Barbara Abel)

                                                       Couverture du livre Je sais pas      

A l'occasion de la sortie de son roman "Je sais pas", l'auteur belge Barbara Abel s'est confiée au groupe Vers l'Avenir :

"Pourquoi dites-vous qu'il vaut mieux ne pas tout savoir?
- Parce qu'il y a des choses qui font mal, des événements dont on est victime, des émotions auxquelles on n'a pas envie d'être confronté... Donc, oui, le fait de savoir, à un moment, fait qu'on n'est plus innocent. Mais pour commettre un délit ou un crime, je pense qu'il faut une volonté délibérée alors qu'on peut aussi faire mal à quelqu'un sans le savoir. Ou le vexer par ignorance ou par manque de tact. Il y a une différence.

- A la dernière page du livre, le lecteur aussi peut se dire "Je sais pas" par rapport à certains personnages?
- Dans un roman qui s'intitule "Je sais pas", je me suis dit que j'avais le droit de dire "Je sais pas" ce qui leur est réellement arrivé. Mais j'en ai parlé avec mon éditrice parce que je n'aime pas çà, quand l'auteur ne donne pas certaines réponses. Parce que c'est un peu trop facile, je trouve. Du coup, je donne quand même une réponse importante sur Mylène à la fin.

- Dans ce livre comme dans les autres, vous fouillez loin dans les relations de couple, parent-enfant?
- Mes histoires, c'est toujours des gens ordinaires que je mets dans des situations extraordinaires. Qu'est-ce qui est important dans la vie des gens comme vous, comme moi? C'est le couple, c'est les gosses, c'est le boulot. Donc, si je veux créer de la tension chez le lecteur, pour qu'il soit complètement partie prenante, il faut qu'il puisse s'identifier. Donc, je dois fouiller en profondeur.

- Comment vous est venue l'idée de ce roman?
- D'habitude, ce sont les enfants qui sont en danger, pour qui on tremble. Ici, je me suis dit : et si je faisais le contraire? Si je mettais la vie d'une adulte dans les mains d'une enfant? Mais il fallait une enfant très jeune pour ne pas qu'il y ait cette notion de responsabilité, même si à 5 ans, on a forcément des notions de bien et de mal. Je voulais aussi mettre en avant cette impuissance de l'adulte face à un enfant qui refuse de lui répondre. Quand Emma dit qu'elle ne sait pas, qu'est-ce que vous voulez y faire? Si elle ne veut pas parler, on ne peut rien faire...

- Y aura-t-il un troisième volet aux romans "Derrière la haine" et "Après la fin"?
- Peut-être mais il faut que j'aie une idée aussi forte que "Derrière la haine". Si je fais un troisième qui se termine de façon bof, on ne va plus aimer les deux autres. Ou alors j'ai l'idée géniale où je suis sûre de moi et je fonce, mais tant que je n'aurai pas çà, je ne ferai rien parce que, sinon, çà va desservir les deux autres. Il faut trouver une fin surprenante mais crédible. Et qui fasse fin, qu'on ne me réclame pas un quatrième. Donc, c'est un peu la quadrature du cercle...".