mercredi 15 novembre 2017

Prix Mallarmé 2017 pour Philippe Mathy

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L'Académie Mallarmé vient de décerner son prix de poésie 2017 au poète belge Philippe Mathy pour son recueil "Veilleurs d'instants", publié cette année par les éditions L'Herbe qui tremble. L'auteur invite le lecteur à un itinéraire lié à la nature, à la contemplation, à une sagesse puissante et spontanée. En prose poétique, en vers libres, il épingle des moments cueillis au vif d'une promenade, au cœur d'une halte propice à la réflexion. Le recueil est illustré de peintures végétales de Pascale Nectoux.

Né en 1956 au Congo belge, Philippe Mathy rentre en Belgique à l'âge de quatre ans. Il grandit dans le village de Saint-Denis. Dans les années 80, il s'installe avec son épouse et leurs trois filles à Guignies, petit village de la commune de Brunehaut en Hainaut Occidental. Pendant une vingtaine d'années, il anime une galerie d'art associant peinture, sculpture, musique et poésie. Il est aussi professeur de français au Collège Notre-Dame de Tournai jusqu'en 2011. Auteur de nombreux livres, Philippe Mathy est actuellement rédacteur en chef du Journal des Poètes.

mercredi 1 novembre 2017

La collection Belgiques des éditions Ker

Installée dans le Brabant wallon, la maison d'édition belge Ker vient de lancer une nouvelle collection intitulée "Belgiques" au pluriel. Les trois premiers auteurs de cette collection sont Vincent Engel, Luc Baba et Alain Dartevelle.

Le patron des éditions Ker Xavier Vanvaerenbergh a confié aux quotidiens du groupe Vers l'Avenir :  "L'idée est née d'une rencontre avec Marc Bailly. Il est lui-même auteur et éditeur, et a organisé beaucoup de rencontres littéraires. Il est venu avec un projet d'une collection dans laquelle des auteurs exprimeraient, à travers des nouvelles, leur "belgitude". Ca rejoignait des projets que je mène chez Ker où je demande à plusieurs écrivains de réagir à travers une courte fiction sur un sujet d'actualité. Je ne voulais pas m'enfermer dans le belgo-belge, et si les trois premiers recueils sont écrits par des écrivains de chez nous, comme le seront aussi les trois publiés l'année prochaine, pourquoi ne pas imaginer un Québecois ou un Français écrivant quelques nouvelles sur ce thème? Stratégiquement, quand on lance une nouvelle collection, on cherche plutôt un auteur connu. On sait que pour faire connaître un nouvel auteur, il faut un an ou deux. Ici, j'ai limité les risques, entre autres grâce à Vincent Engel avec qui je travaille depuis douze ans.

Je vis avec l'espoir que le modèle économique français qui est de surproduire va finir par s'effondrer. Ce n'est plus tenable à long terme. Ce jour-là, je pense que les petits éditeurs sortiront leur épingle du jeu. C'est un mythe de dire qu'être édité à Paris est gage de succès pour un auteur belge. Oui mais pour quelques-uns, mais c'est très limité".

Plus d'infos :  www.kereditions.eu/librairie/belgiques

mercredi 25 octobre 2017

Amélie Nothomb et la Belgique

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Dans la longue interview accordée à la revue "Le Carnet et les Instants" du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la baronne Amélie Nothomb répond à plusieurs questions sur la Belgique :

"Accordez-vous une attention particulière aux livres d'écrivains belges francophones?
- Il n'est pas primordial pour moi qu'un auteur soit belge ou non. Mais ça me fait plaisir quand je lis un auteur belge. Ces dernières années, j'ai, par exemple, vu émerger Caroline De Mulder. Je trouve qu'elle a beaucoup de talent. C'est une belle personne dans tous les sens du terme.

- On sait aussi votre admiration pour Simon Leys.
- Oui, pour Simon Leys, pour Jacqueline Harpman, pour Simenon, pour tous les grands surréalistes. Nous ne manquons pas de gloires en Belgique, c'est certain.

- Y a-t-il pour vous quelque chose qui définirait la littérature belge?
- Ca me paraît évident :  le surréalisme. Le surréalisme belge précédait sa nomination et lui succède. Je trouve qu'il y a toujours quelque chose de surréaliste dans ce que nous écrivons en Belgique. Je pense qu'on peut qualifier ce que j'écris de surréaliste. C'est plus fort que moi : à aucun moment, je ne me dis "Soyons surréaliste!",  ça vient tout seul. C'est certainement une des manières principales que j'ai d'être belge.

- Vous vous définissez vous-même comme auteur belge?
- Oh oui!

- L'identité belge est-elle plus importante pour vous que la francophone?
- Je ne peux pas dire que francophone n'a aucune importance. J'écris en français et ce n'est pas anodin. Mais l'identité belge est plus importante, parce qu'elle différencie des Français, des Suisses, des Canadiens, et c'est quelque chose qui a du sens.

- Vous êtes une Belge publiée en France :  votre éditeur est-il ouvert à une langue qui n'est pas forcément toujours conforme au français de France?
- Ca a donné lieu à une paranoïa de la part de mon éditeur. Quand il s'est aperçu du style très particulier d' "Hygiène de l'assassin", il a cru que c'était du belge! Le texte était presque entièrement raturé par les correctrices avec la mention "belge". J'ai entièrement raturé les corrections en mettant "Non, ce n'est pas du belge, c'est du Amélie Nothomb!". Il m'a fallu quelques années pour le leur faire comprendre. Par ailleurs, si je me permettais cette liberté, c'était probablement dû au fait que j'étais belge. Donc, finalement, c'est du belge, mais pas de la façon dont ils l'imaginaient!

- Vous vivez en France depuis plusieurs années. Votre écriture est-elle néanmoins toujours marquée par le français de Belgique?
- En arrivant en France, j'ai découvert le français de France et il ne m'a pas déplu. Mais pourquoi ne pas montrer qu'en Belgique, nous avons une autre façon de parler? Ceci dit sans aucun désir revanchard. Mais jamais je n'ai été obsédée par l'idée de ne pas paraître belge. Au contraire, je ne supporte pas qu'on dise que je ne suis pas belge. Je ne sais pas pourquoi les Français disent toujours de moi que je suis "d'origine belge". Je suis belge, pas "d'origine belge"!

- Dans plusieurs interviews, vous avez pourtant évoqué votre sentiment d'apatridie, de ne venir de nulle part. Dans "Biographie de la faim", vous expliquez vous sentir ressortissante de l' "Etat de Jamais".
- Ce sentiment existe toujours mais c'est quelque chose qui a beaucoup évolué en moi suite à la crise de 2010-2011. A la profondeur de mon angoisse lorsqu'on a évoqué la possibilité que la Belgique n'existe plus, j'ai vraiment senti que j'étais de là. A l'impression d'apatridie s'est ajouté le sentiment de quand même être belge. Mon grand sentiment de vague est après tout une manière d'être belge.

- L'accueil de vos livres en Belgique est-il différent de l'accueil que vous recevez en France?
- L'accueil des lecteurs est sensiblement le même en Belgique et en France. L'accueil des journalistes est, lui, différent. D'une manière générale, j'ai constaté plus de vacheries à mon encontre de la part de journalistes belges.

- Vous écrivez vous-même des articles sur les livres des autres. Avez-vous eu récemment des coups de cœur littéraires (belges ou autres)?
- Oui, j'en ai eu un pour le manuscrit de Stefan Liberski qui va paraître en 2018 chez Albin Michel : ça s'appelle "La cité des femmes" et c'est formidable".

Retrouvez la suite de cette longue et intéressante interview dans la revue "Le Carnet et les Instants" que vous pouvez recevoir gratuitement par courrier sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

mercredi 18 octobre 2017

Interview d'Amélie Nothomb

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A l'occasion de la sortie de son roman "Frappe-toi le cœur" et de ses 25 ans de carrière littéraire, la baronne Amélie Nothomb (membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique depuis 2015) a répondu aux questions de la revue "Le Carnet et les Instants" que vous pouvez recevoir gratuitement par courrier sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles :

""Frappe-toi le cœur" a pour titre un extrait d'un vers de Musset. L'écriture du roman vous a-t-elle été inspirée par ces mots ou le titre est-il venu par la suite?
- La phrase de Musset ne m'a pas inspiré le livre. Je connaissais ce vers depuis longtemps, mais il était dormant en moi. Puis, je suis tombée enceinte de ce livre. Je l'ai écrit et en cours d'écriture, j'ai senti resurgir en moi ce vers. Il est arrivé dans la scène du dialogue, c'est-à-dire à l'endroit où il est cité dans le livre. Et tout à coup, de le voir écrit, j'ai eu un choc, comme une épiphanie : le premier hémistiche du vers était mon titre.

- Plusieurs de vos titres sont des hommages à la littérature du passé. Avant "Frappe-toi le cœur", il y avait déjà eu "Barbe bleue", "Riquet à la houppe" ou encore "Le crime du comte Neville".
- Tant mieux si c'est un hommage, mais ce n'est pas le but. Le but de tout titre, c'est qu'il entretienne avec le livre dont il est censé être le prénom un rapport très fort. C'est ce qui compte pour moi au moment de choisir. Je prétends nommer mes livres de façon platonicienne. Platon écrit que pour nommer les choses, il les fait cogner contre une espèce de tuyau et au son qu'ils rendent, il va choisir le mot qui conviendra. C'est ce que je prétends faire avec mes titres : c'est toujours une opération très mystérieuse de sentir qu'il y a un lien profond entre tel ou tel mot, quelle que soit son origine, et une oeuvre littéraire.

- Et au cœur du titre de votre dernier livre, il y a précisément...le cœur. Musset, que vous citez, l'associe non pas au sentiment amoureux mais au génie.
- Oui, c'est ce qui est très fort. Alors que Musset était un être d'une cruauté amoureuse assez exceptionnelle, on a l'impression qu'il aggrave son cas parce qu'il montre par ce vers sublime qu'il sait parfaitement ce qu'est le cœur : le siège du génie. Donc si on veut vraiment nuire à quelqu'un, si on veut l'assassiner, rien de tel que le cœur.

- "Frappe-toi le cœur" explore les ressorts de la jalousie. C'est un sentiment qui n'apparaissait pas beaucoup dans vos précédents romans.
- La jalousie me passionne depuis toujours, mais je ne savais pas encore comment en parler parce que ce n'est pas un sentiment que je connais très bien. Il ne m'est pas étranger. Je suis un être humain, rien d'humain ne m'est étranger : j'ai été jalousée et il m'est arrivé d'éprouver de la jalousie. Mais la jalousie n'est pas la pulsion fondamentale de ma vie. Par ailleurs, c'est une pulsion qui me fascine, parce qu'elle n'obéit à aucune fonction biologique et elle ne sert strictement à rien. C'est un sentiment purement destructeur. Je savais que j'en parlerais, mais je ne savais pas comment. Je trouvais trop simple de parler de la jalousie amoureuse, qui ne me semble qu'un épiphénomène. Il y a une jalousie fondamentale, qui est celle qu'on éprouve à la naissance lorsque l'on s'aperçoit que sa maman a d'autres centres d'intérêt que soi. J'ai trouvé très intéressant d'inverser la problématique et d'explorer le cas peu connu, mais réellement existant, de la mère jalouse. Je pense que la jalousie trouve son explication dans la toute petite enfance. Mais dans le livre, le miroir est inversé : cette femme qui a toujours été jalouse le devient de manière paroxystique une fois qu'elle devient mère.

- Par le fait de cette jalousie, la relation entre mère et fille est au cœur du roman. Il y a une première mère Marie qui a trois enfants qu'elle traite de manière très différente :  la benjamine Célia qui est étouffée par l'amour maternel, le cadet Nicolas qui est traité de manière saine, et la fille aînée Diane qui fait l'objet de la jalousie.
- Diane est ignorée par sa mère. Ce sont des choses qui existent, même si je ne les ai pas du tout vécues. J'appartiens à une fratrie, mais j'ai cru comprendre que la jalousie arrive même en cas d'enfant unique ("Dis maman, est-ce que tu préfères papa ou moi?"). La question est finalement un peu moins grave dans le cas de fratries. J'ai des parents justes, qui aiment leurs trois enfants de manière équivalente. Pourtant, j'ai évidemment connu les tensions de tous les enfants. Je me suis déjà posé la question de savoir quelle place j'avais dans le cœur de mes parents par rapport à mon frère et ma sœur. Je pense que ce qui m'a sauvée, c'est que j'avais - et que j'ai toujours - une grande sœur merveilleuse, qui m'a permis de l'aimer. Grâce à cela, j'ai pu résoudre très tôt le problème en aimant celle pour qui j'aurais pu éprouver de la jalousie. Mais dans "Frappe-toi le cœur", j'aborde la question de gens qui n'ont justement pas pu s'en tirer et n'ont pas résolu cette crise de la petite enfance. Ils se retrouvent à l'âge adulte rattrapés par ce problème de la jalousie.

- Vous aviez déjà abordé les relations difficiles entre mère et fille dans "Robert des noms propres", où l'on trouvait une mère dangereuse pour sa fille adoptive. Les mères sont souvent monstrueuses dans vos livres.
- Beaucoup de gens en ont déduit que j'avais une mère monstrueuse. C'est tout à fait faux et très injuste. Dans "Le sabotage amoureux", on se rend compte que j'ai une mère merveilleuse. Et j'ai vraiment une mère merveilleuse. Mais évidemment, mes parents sont des gens normaux, ils ont fait des erreurs. Pas aussi tragiques que celles que je décris dans mes livres. Mais celles qu'ils ont pu commettre m'ont beaucoup marquée, surtout venant de ma mère. Il ne s'agit en aucun cas de régler mes comptes et je le répète : j'ai eu de bons parents et je leur dois beaucoup. Mais comme ça m'a marquée, j'en parle dans mes livres.

- Vous vous décrivez vous-même comme la mère de vos livres. Votre relation à votre oeuvre est-elle, elle aussi, de l'ordre de ces relations difficiles entre mère et fille?
- Ca n'a rien à voir! J'ai bien fait de ne pas avoir d'enfants parce que je pense que je n'aurais pas été une mère comme ma mère. J'aurais été une mère débordante d'amour. Pas comme Marie avec Célia, mais le genre de mère poule hyper-protectrice. A mon avis, ce n'est pas vraiment un cadeau pour un enfant. Ce côté mère poule, je l'ai pour mes livres. Ils sont mes œufs, vraiment, au sens propre du terme. Je les ponds, je les couve. Une fois qu'ils sont éclos, je les laisse voler de leurs propres ailes, mais je les accompagne autant que possible.

- Vous êtes traduite dans de nombreuses langues, adaptée au cinéma, au théâtre et à l'opéra. Ces nouvelles oeuvres qui naissent des vôtres laissent-elles à la mère poule un sentiment de dépossession?
- Non, c'est formidable. J'appelle ça mes petits-enfants. Je suis aujourd'hui en âge d'être grand-mère, c'est tout à fait normal. Mais c'est arrivé très tôt, puisque j'ai eu mon premier petit-enfant en 1994 avec la pièce de théâtre "Hygiène de l'assassin". Mes enfants sont adultes, ils se marient et ils font des enfants. Je suis donc aussi une belle-mère par rapport à d'innombrables gendres, réalisateurs ou hommes de théâtre. Ma politique est d'être d'abord une belle-mère odieuse :  lorsque le gendre ou la bru vient me demander la main de mon fils ou de ma fille, je me montre odieuse, histoire de voir ce que le gendre ou la bru a dans le ventre. Une fois qu'il ou elle m'a convaincue, je deviens une belle-mère idéale : il ou elle épouse mon enfant, et je ne me mêle pas de ce qu'ils font ensemble. Je fais confiance. Dans l'immense majorité des cas, je suis une grand-mère comblée parce que ce sont de très beaux petits-enfants. Et ce sont de vraies histoires d'amour : si quelqu'un aime votre enfant au point de vouloir lui faire un enfant, c'est pas mal.

- Il y a eu une seule adaptation vraiment ratée de vos livres :  celle d' "Hygiène de l'assassin", votre premier roman, porté par François Ruggieri en 1999, avec Jean Yanne dans le rôle principal.
- Une seule adaptation ratée :  statistiquement, je m'en tire bien!  Pour ce film, j'ai serré les dents pendant toute la projection, puis je suis allée voir le réalisateur et je l'ai félicité. Ensuite, je suis sortie de la salle et j'ai commencé à pleurer.

- Outre Marie, on trouve dans "Frappe-toi le cœur" une deuxième mère monstrueuse, Olivia. Celle-ci est tuée par sa fille qui trouve refuge chez Diane, la fille jalouse et maltraitée de Marie. Est-ce que ce meurtre-là est justifiable?
- Je n'irais pas jusqu'à dire que je donne raison à la petite, mais je la comprends. Olivia est un être horrible, c'est un être de pur mépris. Clairement, le mépris est des sentiments celui que j'exècre le plus. Je peux comprendre la haine (je l'éprouve). Je peux comprendre l'exécration (je l'éprouve). Mais le mépris est indéfendable. J'ai l'impression qu'il y a comme un cas de grâce concomittante dans le meurtre d'Olivia par sa fille. Mon intuition est que l'enfant ne sera pas arrêtée pour ce meurtre, mais qu'elle va trouver une sorte de résilience miraculeuse dans sa nouvelle vie avec son alter ego plus âgée, Diane.

- Face à ces mères monstrueuses, les pères sont des personnages assez effacés, assez veules.
- "Veules" n'est pas le mot qui me viendrait à l'esprit. Je dirais plutôt inconscients et pas forcément très courageux. Mes mères sont beaucoup plus fortes que mes pères, et mes pères ont tendance à abdiquer face à la mère et à vouer une confiance absolue et aveugle à leur épouse".

La suite de cette longue et intéressante interview se trouve dans la revue "Le Carnet et les Instants" que vous pouvez recevoir gratuitement par courrier sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce qui vous permettra de découvrir d'autres auteurs belges moins connus qu'Amélie Nothomb.

Et cliquez ci-dessous sur "Nothomb Amélie" pour retrouver mes autres articles consacrés à cet auteur.

mercredi 11 octobre 2017

La Reine à la Foire du Livre de Francfort

                                 

Un an après y avoir été encourager les auteurs belges néerlandophones, la Reine était de retour cette semaine à la Foire du Livre 2017 de Francfort dont la France était l'invitée d'honneur. Elle était accompagnée du ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte et de la ministre francophone de la Culture Alda Greoli.

Après avoir visité la foire, Mathilde a participé à un déjeuner de travail sur le rayonnement international des Lettres francophones de Belgique, au cours duquel elle a prononcé le discours suivant :

"Cette année, la Buchmesse de Francfort parle français, et tout le monde en parle... Mais Francfort parle aussi le belge, et nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer la belle langue de notre pays. Soyons fiers de notre présence active en cet endroit où se réunit la fine fleur du monde de l'édition, des lettres et de l'expression artistique. Il est normal et important que nous nous manifestions ici car la littérature belge francophone est depuis des générations reconnue comme un fleuron culturel qui porte la réputation de la Belgique bien au-delà de nos frontières. Et pas uniquement à Paris, mais également dans toute la francophonie et au-delà. La Buchmesse est comme une lentille qui concentre tous ces faisceaux en un seul endroit. Profitons-en pour briller.

Le français comme langue, mais aussi en tant que vecteur culturel, intellectuel, scientifique et pédagogique, soutient le rayonnement de notre pays. Mais il est fondamental également dans le développement personnel de tout un chacun. Je suis très attachée à la littérature en général. Comme la musique, les livres sont activement présents dans ma vie. Je dirais même qu'ils en sont indissociables. J'essaie donc de transmettre cette passion pour les livres à mes enfants. Dans le même ordre d'idées, j'encourage les jeunes à lire régulièrement. La lecture d'un livre est en effet bénéfique pour leur apprentissage et les stimule à accroître leurs connaissances, leur fantaisie et leur imaginaire.

Vous savez combien j'attache de l'importance à la stimulation de l'environnement cognitif de l'enfant et ce dès le plus jeune âge. De ma propre expérience, la lecture à haute voix est cruciale. Je sais aussi que cela demande un effort continu des parents et de l'école. Mais cela en vaut la peine. Pour y arriver et pour éveiller la curiosité de nos jeunes, il faut des supports illustrés, des livres pour enfants et des bandes dessinées. Cette richesse littéraire existe dans notre pays. Dans la conception et la réalisation de ces supports et de leur contenu, nos auteurs, illustrateurs et pédagogues peuvent se démarquer et offrir des produits ciblés sur les besoins de développement de l'enfant.

Nous tous, et en particulier nos enfants, sommes confrontés à l'omniprésence du monde digital. C'est un défi constant que nous devons tous relever. Lors de l'ouverture de la Buchmesse avant-hier, la chancelière Merkel a lancé un appel à tous les auteurs  "pour contribuer avec leur discernement et leurs émotions à infuser la globalisation de la force créatrice humaine". C'est plus qu'un appel, il me semble :  c'est une ambition, voire une nécessité.

Nous pouvons et devons apporter à cette communauté internationale réunie ici à Francfort ce que nous faisons de mieux :  notre créativité, notre inspiration, la mise en valeur de nos talents, l'originalité de notre approche, notre multiculturalité aussi, et notre ouverture au monde. Je vous félicite pour ce que vous faites et pour ce que vous êtes. Continuez surtout à nous étonner, nous former, nous élever, nous divertir. Le monde et notre pays ont besoin de vous. Parfois avec un regard rebelle mais toujours en créant du bonheur et de l'espérance".

mercredi 20 septembre 2017

"Les Reines de Brocéliande" (Abel D'Halluin)

L'écrivain belge Abel D'Halluin nous plonge dans l'univers fantastique médiéval. Au royaume des des deux Bretagne, le culte aux dieux celtes et le christianisme se partagent la ferveur des habitants. Douze ordres magiques sont réunis devant les fées Viviane et Morgause. Une énigme taraude les protagonistes : l'un des reliquaires a disparu. Commence alors une recherche pleine de turbulences et, de luttes et d'alliances inattendues...

Abel D'Halluin a confié au journal "Le Courrier de l'Escaut" :   "Depuis que j'ai un crayon en main, j'écris des histoires. J'aimais en raconter, mes parents m'y encourageaient car l'écriture les occupait également : une mère poète, un père historien. Comme lecteur, je me suis rapidement intéressé aux romans anglo-saxons. Les paysages, les mentalités, le folklore de ces pays-là m'attiraient, si bien que je me suis documenté sur le passé et les légendes des peuples. Un synopsis de quarante pages s'est construit, et puis j'ai développé cela dans un roman, le premier volet de quatre... Comment faire naître un ouvrage de plus de six cents pages? Je suis très inspiré, très décidé. J'écris au rythme de musiques de film ou classiques, toujours instrumentales. Comme je visualise aisément les choses, je n'ai pas de peine à décrire des horizons, des situations. Le réalisme confère de la vigueur au fantastique. Pas question d'imiter ni de reprendre ce qui a déjà été fait. Il y a d'ailleurs énormément d'éléments à apporter à une époque déjà dépeinte par des écrivains, puisque l'exploration demeure immense. Je crois que c'est la première fois que les histoires choisies sont rassemblées dans une seule oeuvre". 

"Avalon, Reliquaire premier : les Reines de Brocéliande", Abel D'Halluin, éditions Bergame

A noter que l'auteur sera en dédicace le 14 octobre au Carrefour de Froyennes et le 28 octobre au Club des Bastions à Tournai. 

mercredi 13 septembre 2017

"Rien n'arrête les oiseaux" (François Salmon)

Deux ans après le succès de "Rien n'est rouge", l'enseignant tournaisien François Salmon sort un nouveau recueil de huit nouvelles, intitulé "Rien n'arrête les oiseaux", publié par les éditions Luce Wilquin. C'est l'artiste Gordon War qui signe la couverture.

François Salmon s'est confié au journal "Le Courrier de l'Escaut" :   "Un jour que je surveillais un examen dans une classe de quatrième, je me suis donné une heure pour trouver dix idées. Sur les huit nouvelles publiées ici, cinq sont venues de ce moment-là, en regardant autour de moi :  la carte du monde au mur, une paire de chaussures, ce qui se passait derrière la fenêtre,... Je suis resté sur le plaisir de raconter une histoire, ce qui est mon principal moteur. Ce que je cherche avant tout, c'est la légèreté. Je voudrais que mes petites histoires soient comme des bulles de savon qui volent à la dérive dans notre quotidien. Je trouve super important de continuer à défendre ces histoires de rien, ces récits dérisoires, d'assumer la fantaisie et l'imaginaire quand l'actualité nous inciterait plutôt à la gravité et à la morosité. Tout en me disant qu'ils avaient pris du plaisir, quelques lecteurs ont critiqué la complexité du vocabulaire du premier recueil. C'est vrai que même si cela m'amuse, il ne faut pas qu'à un moment, un mot trop compliqué retarde la lecture".

Cliquez ci-dessous sur "Editions Luce Wilquin" pour trouver d'autres livres de cette maison d'édition belge qu'il faut soutenir et encourager.