dimanche 23 février 2014

Prix Première 2014 pour "Nos mères" (Antoine Wauters)

                           Photo : ANTOINE WAUTERS (Prix Prem1ère) : 
Séance de Dédicaces sur le stand 410 de 14.30 à 15.30 ! 
*A tout de Suite*

A la Foire du Livre de Bruxelles, l'auteur belge Antoine Wauters a reçu le Prix Première 2014 (d'une valeur de 5.000 euros) des mains de la ministre de la Culture Fadila Laanan pour son roman "Nos mères" qui vient de sortir en janvier aux éditions Verdier. Moi qui le "suis" sur ce blog depuis 2010, je suis vraiment content de voir sa carrière littéraire s'envoler ces derniers mois avec ses deux derniers livres, "Césarine de nuit" et "Nos mères". Et en outre, il est très sympathique. Bravo Antoine!

Ce Prix Première 2014 lui a donné une belle notoriété lors de la Foire du Livre de Bruxelles, où son roman était affiché aux quatre coins de Tour et Taxis et où on faisait la file pour une dédicace. Il a eu droit aussi à de nombreuses interviews, comme celle ci-dessous par Isabelle Monnart pour le journal "La Dernière Heure" :

"Ce livre s'articule en trois parties, dont la première, le récit d'un enfant, s'approche encore fort de la poésie. Vous ne pouvez pas vous en départir tout à fait?
- Je me situe mal sur la question des genres. Dans la première partie, c'est vrai, c'est très poétique. Après, çà se stabilise un peu, parce que çà correspond à l'état d'esprit de ce petit garçon. J'ai besoin que l'écriture soit tonique, que ce soit une forme d'antidote. Ici, déjà, les deux mères ne sont pas au top. Une écriture du côté de la vie, pour moi, c'était important. J'ai essayé de garder l'univers mental d'un petit garçon qui essaie de faire face.

- Les premières pages de "Nos mères" ne sont pas faciles. Vous en êtes conscient?
- C'est vrai que c'est un pari un peu risqué : je savais que les 20 ou les 30 premières pages ne seraient pas évidentes. On ne sait pas qui parle, on ne sait pas ce qu'il vit réellement. Mais çà me semble refléter l'état d'esprit d'un enfant. Chez eux, la vérité et le mensonge se côtoient, leurs rapports à l'espace et au temps sont parfois flous.

- Vous y êtes aussi bien arrivé parce que vous êtes resté proche du gamin que vous étiez?
- Oui, je suis resté un affabulateur. J'ai l'impression que le personnage double tout ce qu'il fait d'un discours. Le fait de mettre des mots sur les choses qui ne sont pas très agréables (la guerre au Liban, l'enfermement dans un grenier, p.ex.), çà rend la réalité tolérable. De mon enfance, j'ai gardé l'habitude de commenter les choses que je fais pour les rendre plus pimentées. Mais j'ai eu une enfance très heureuse.

- D'où cela vous vient-il alors?
- La violence faite aux enfants, c'est quelque chose qui me renverse. On ne sait jamais très bien pourquoi on écrit et je ne sais pas pourquoi ces thèmes-là m'obsèdent. Si je vois, si je sens un gosse très seul, ou devant presque jouer le rôle d'éducateur pour ses parents, je suis infiniment touché. C'est quelque chose qui peut me lancer dans l'écriture d'un texte. Je n'ai pas vécu çà, pas plus que la guerre au Liban, mais nous sommes des papiers buvards, et j'ai peut-être besoin de çà pour m'en libérer.

- Dans la troisième partie, on découvre que Jean Charbel est devenu écrivain?
- Ca me semblait cohérent. Il y a, à la fois, son parcours de vie, qu'on peut lire au premier degré. Et en creux, une réflexion sur la littérature. Je tenais à ce que cet épilogue soit court, pour montrer qu'il avait fait œuvre de résilience, qu'il avait dépassé ses soucis personnels pour s'intéresser à l'autre.

- Dans un premier temps, vous ne dites pas où se déroule se livre : Proche-Orient, pays en guerre,...
- Ca rend le livre un peu universel. Je voulais que çà se passe ailleurs et il se fait que j'ai voyagé au Liban en 2009. Cela m'a laissé des images et des impressions très fortes".
                                      
P.S. Pour plus d'infos sur cet auteur belge, vous pouvez aller sur son blog http://antoinewauters.eklablog.com ou cliquer ci-dessous sur le libellé "Wauters Antoine" pour retrouver mes anciens articles sur lui.

mardi 18 février 2014

Antoine Wauters à la Foire du Livre de Bruxelles

                                              Photo : commence ça et c'est sublime, chaque phrase surprenante, juste et précieuse (non dans le sens d'affectée mais d'un trésor à chérir). Merveille.

Né à Liège en 1981, Antoine Wauters est philosophe de formation et co-éditeur de la revue "La Langue Vive". Lauréat du Prix Pyramides 2008, il reçoit la même année le Prix Polak de l'Académie de Langue et de Littérature françaises de Belgique. Il a déjà publié "Os" (éditions Tétras-lyre), "La bouche en quatre" (éditions Le Coudrier), "Debout sur la langue" (éditions Maelströn), "Trois poètes belges" (éditions du Murmure), "Ali si on veut" (éditions Cheyne) " Césarine de nuit" (éditions Cheyne).

La comédienne française Isabelle Nanty a eu un coup de cœur pour "Césarine de nuit" et l'a lu sur scène à plusieurs reprises, notamment à Bruxelles, Paris et Toulouse. La poète Colette Nys-Mazure a confié également :    "Le jeune Belge Antoine Wauters et son conte "Césarine de nuit" est sans doute ma plus récente commotion poétique. Lors des lectures en vue de l'attribution du Prix de la Ville de Tournai, j'ai découvert avec émotion et émerveillement "Césarine de nuit". Un conte d'amour et de mort, de tendresse et de violence, puisamment poétique, qui plonge ses racines dans l'humus des grands mythes de l'humanité. L'écriture est fluide : elle coule de source et adopte une forme de poèmes en prose très cadrés. Les métaphores s'incisent en nos imaginaires et la musique ne nous quitte plus".

Cet automne, "Césarine de nuit" a reçu deux récompenses littéraires :
   - Prix Marcel Thiry 2013 (d'une valeur de 2.500 euros) remis par la Ville de Liège
   - Prix littéraire triennal de la Ville de Tournai 2013 (d'une valeur de 7.500 euros)

En ce début d'année 2014, Antoine Wauters vient de sortir un nouveau roman, "Nos mères", aux éditions Verdier.

lundi 17 février 2014

Vincent Engel à la Foire du Livre de Bruxelles

                                                      Description de cette image, également commentée ci-après
Vincent Engel sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles le dimanche 23 février de 15h à 17h.

"Le mariage de Dominique Hardenne" (éditions J-C Lattès)
Rescapé d'une armée en déroute, Dominique Hardenne veut retrouver son village, ses proches et Nathalie dont il est amoureux. Mais une bombe a tué tous les habitants, figés pour l'éternité. Dominique choisit d'y rester avec ses souvenirs et de travailler la terre, avant de sombrer dans la folie et d'imaginer les morts redevenus vivants.

Ce roman est bien écrit, mais je ne l'ai pas aimé. Il donne le cafard et est triste de la première à la dernière page. Aucun rebondissement dans l'histoire. Je n'ai peut-être pas tout compris mais à part que se retrouver seul au monde n'est pas très gai, je ne vois pas pourquoi ce roman est un "livre visionnaire" ou "une allégorie de notre siècle", comme l'affirme la quatrième de couverture.

dimanche 16 février 2014

Pierre Coran à la Foire du Livre de Bruxelles


     Pierre Coran sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles le samedi 22 février de 14h à 15h30. Né en 1934 à Saint-Denis près de Mons, Eugène Delaisse devient instituteur primaire et sort son premier livre, "Le fiel", en 1959. Il choisit d'écrire sous le nom de Pierre Coran, puis de quitter son métier pour se consacrer entièrement à la littérature de jeunesse (poèmes, romans, etc.). Il sera aussi professeur d'histoire de la littérature au Conservatoire Royal de Mons, et fonde la revue "Le Cyclope" autour de laquelle gravitent un groupe de jeunes auteurs. Pierre Coran a reçu différentes récompenses (comme le Prix Jean de la Fontaine 1979 ou le Grand Prix de Poésie pour la Jeunesse 1989), un immeuble à appartements à Jurbise et une école primaire de Mons portent son nom, il est citoyen d'honneur de la commune de Jurbise (où il habite), il a été nominé pour le Prix Hans Christian Andersen 2009 ("le Prix Nobel de Littérature de Jeunesse") qu'aucun Belge n'a jamais reçu, il a eu droit en 2009 à une rétrospective au Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles pour ses 50 ans de carrière, etc. Sa bibliographie compte plus de 140 livres. A noter que son fils est également écrivain sous le nom de Carl Norac (C-O-R-A-N dans le désordre).

Voici une interview qu'il avait accordée à la revue "Le Carnet et les Instants" :  http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2009/08/interview-de-lauteur-belge-pierre-coran.html

Sa recette pour réussir?  "Il ne faut pas être pressé, il faut durer. Quand un livre sort, même si c'est un succès, je repars à zéro. Et il faut rester libre, ne pas demander de subsides, d'aide. Ca doit être au mérite. J'ai toujours voulu rester indépendant. Mon papa est mort quand j'avais 13 ans. J'ai dû m'assumer. J'avais une maman formidable. Pour elle, que je sois instit était le sommet".

jeudi 13 février 2014

Jan Baetens à la Foire du Livre de Bruxelles

Le poète et critique littéraire Jan Baetens sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles
Description de cette image, également commentée ci-après
le dimanche 23 février de 11h à 12h. Né à Sint-Niklaas en 1957, Jan Baetens est un Flamand qui a fait le choix du français comme langue d'écriture. Professeur à la Katholieke Universiteit van Leuven, il parle néerlandais avec son épouse et son fils. Adolescent, il découvre la littérature française lors d'un séjour chez la tante de son père en Wallonie. Il la lit d'abord en traduction, puis en français. En 1985, Jan Baetens fonde la maison d'édition "Les Impressions Nouvelles" avec son ami Benoît Peeters. En 1996, il sort son premier recueil de poèmes en français. Jan Baetens a reçu le Prix triennal de poésie 2008 de la communauté française pour "Cent fois sur le métier". Et il s'est aussi prononcé pour l'octroi du titre de capitale culturelle européenne 2015 à la ville de Mons.

mercredi 12 février 2014

Patrick Roegiers à la Foire du Livre de Bruxelles

Né à Ixelles, Patrick Roegiers habite aujourd'hui en France, mais beaucoup de ses livres ont un lien Patrick Roegiers avec la Belgique. Il sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles le vendredi 21 février de 15h à 17h et le samedi 22 février de 14h à 18h.

"La Belgique : le roman d'un pays" (éditions Gallimard)
A l'occasion du 175ème anniversaire de l'indépendance de la Belgique en 2005, l'auteur Patrick Roegiers a écrit un livre de 150 pages richement illustré sur l'histoire de notre pays. Il s'adresse au grand public ; les passionnés d'histoire n'apprendront rien et seront déçus. Son récit est divisé en cinq parties :  les débuts (la révolution de 1830, le choix d'un roi, la création du chemin de fer,...) ; le règne de Léopold II avec la colonisation du Congo et la transformation de Bruxelles ; le règne d'Albert Ier et la première guerre mondiale ; l'âge d'or de la Belgique (les grands travaux autoroutiers, l'Exposition Universelle de 1958, le rayonnement international grâce à Tintin, Brel, Simenon, Merckx, Magritte, ...) ; la fédéralisation du pays et les incertitudes sur son avenir. Par rapport aux autres ouvrages de ce type, Patrick Roegiers prend le temps de s'attarder sur la vie culturelle de la Belgique et sur sa façon de vivre.

Laissons maintenant la parole à l'auteur...

Sur la Belgique :   "Vaste comme un mouchoir de poche, longtemps champ de bataille de l'Europe et souvent menacée d'annexion, la Belgique, née en 1830, est une terre de légendes autant qu'un prospère royaume grâce à la colonisation du Congo. Elle est le berceau de peintres fameux (tels Bruegel, Van Eyck ou Rubens) et la terre d'asile d'étrangers illustres comme Hugo ou Baudelaire, alors que s'expatrient ses plus grands créateurs, de Maeterlinck à Verhaeren, Michaux, Simenon, Brel ou Alechinsky. Cette nation, animée par la folie des grandeurs autant que par la hantise de sa propre disparition, est minée dès son origine par le conflit grandissant de deux cultures contraires, et pourtant complémentaires, celle des Flamands et celle des Francophones. La Belgique, qui a frôlé plus d'une fois le chaos, est à présent un Etat fédéral".

Sur le Belge :   "Jovial, bon enfant et bonne fourchette, le Belge a le goût des kermesses et agapes publiques. Il est fidèle à ses traditions mais jaloux de sa liberté. Souffre d'un complexe d'infériorité dû à l'exiguïté du territoire et au climat pluvieux. Mais il est ravi de son accent. Il le distingue du français qui reste une langue adoptive. Joyeux drille, égrillard, roublard et débrouillard, le Belge a la peau dure. C'est un dur à cuire qui a une brique dans le ventre (65% des Belges sont propriétaires de leur logement). Ses défauts sont le déni de l'Histoire, la mauvaise foi, l'absence de mémoire, plus ou moins volontaire, et le repli sur soi. La déglingue générale des institutions accroît son identité flottante. Le Belge est perçu à l'étranger comme hospitalier, honnête, franc, amusant et gai. Les bonnes blagues, la joie de vivre, la bonhomie, la maladresse caractérisent l'occupant de cette contrée que l'affaire Dutroux a changée en royaume de la pédophilie. Et fait oublier que de tous les peuples de l'Union Européenne les Belges sont parmi les plus riches. Frondeur et irrévérencieux, prompt à rire de soi, le Belge est un conformiste original et inclassable qu'incarnent Jean-Claude Vandamme, belgicain type, Toots Thielemans, meilleur harmoniciste du monde, Noël Godin, entarteur gloupomane, et le décapant magazine de télévision Strip-Tease".

Sur notre gastronomie :   "Grâce aux asperges à la flamande, au waterzooi, aux carbonnades, pistolets, péket, fricadelles, tête pressée, américain, pralines, spéculoos, craquelin, cassonade, anguilles au vert, choux de Bruxelles, chicons, jets de houblon, jambon fumé d'Ardenne, fromage de Herve, sirop de Liège, croquettes ou tomates aux crevettes, couques de Dinant (gare aux dents!), la Belgique, pays de la boustifaille, est encensée pour ses mets aux noms enchanteurs, que sont les ramonaches, le kip-kap, les caricoles, le cuberdon, la babelutte, le stoemp et la tarte al'djote de Nivelles".

"La spectaculaire histoire des rois des Belges" (éditions Perrin)
"La spectaculaire histoire des rois des Belges" n'a pas été rédigé par un historien, mais par l'écrivain Patrick Roegiers, auteur de plusieurs romans et essais. Il a divisé son livre en sept chapitres intitulés  "L'avènement de Léopold Ier : l'édification" ,  "Le règne de Léopold II : la glorification" ,  "L'épopée d'Albert Ier : l'héroïsation" , "L'ère de Léopold III : l'abdication" , "L'intermède de Charles : la transition" , "La pérennité de Baudouin : la mortification" et "Le temps d'Albert II : la continuation". Patrick Roegiers présente son ouvrage comme un roman-feuilleton, dans lequel il dresse avec finesse et objectivité le portrait de nos six rois et de notre régent Charles. C'est un bon résumé de l'histoire de la dynastie belge destiné au grand public et la longue bibliographie permettra aux personnes intéressées d'avoir des informations plus précises sur chaque membre de la famille royale. Il faut signaler que Patrick Roegiers ne cite presque aucun nom d'homme ou de femme politique belge.

Voici un extrait consacré au souverain régnant :   "Albert II n'a pas le prestige moral de son frère, mais c'est un formidable et redoutable stratège. Il se sert de sa bonhomie et de sa bonne mine comme d'un bouclier infaillible. Ce n'est pas vraiment un moine, un apôtre apostolique comme son frère, un père modèle ou un mari parfait. Mais il a plus d'un tour dans son sac à malice et met les Belges dans sa poche sans qu'ils s'en rendent compte. Féru de géopolitique et amateur de hors-bord, mordu de géographie et d'histoire, il se sait assis sur une poudrière qui peut exploser à chaque seconde. Et à la frénésie éruptive du quotidien, il répond par une jovialité d'apparat et une bonhomie permanente".

J'ai relevé une quinzaine d'erreurs mineures dans ce livre de 450 pages.

p.41 :  Patrick Roegiers explique que le prince Louis-Philippe (1833-1834) repose toujours actuellement dans le caveau des ducs de Brabant, et non en la crypte royale de Laeken. Faux, il y a été transféré en 1993 (voir "La république du Roi", écrit par Jacques Noterman, spécialiste des cimetières bruxellois).

p. 134 :   "Ses trois filles, désavouées, déshéritées, le traînent en justice".  C'est vrai pour Louise et Stéphanie, mais pas pour Clémentine, princesse Napoléon.

p. 150 :  Lorsqu'il évoque l'accession au trône d'Albert Ier en 1909, l'auteur écrit :  "Albert voit ses enfants, le duc de Brabant et le comte de Flandre, futur roi et futur régent".  Charles ne portait pas encore le titre de comte de Flandre en 1909.

p. 282 :  La fille du prince Charles ne s'appelle pas Evelyne Wybo, mais Isabelle Wybo.

p. 290 :  "Il (Charles) déménage au domaine d'Argenteuil, près de Waterloo".  Cette propriété a certes été attribuée à l'ancien régent, mais il ne s'y est jamais installé. Fin 1950-début 1951, Charles se partage entre l'Hôtel Métropole, Raversijde et la maison du peintre Alfred Bastien.

p. 298 :  La princesse Lilian ne s'est pas inclinée devant la dépouille du prince Charles. Dans ses mémoires, le colonel Guy Weber raconte qu'il a accompagné Léopold III au palais royal et que la princesse Lilian lui avait recommandé de bien veiller sur son époux.

p. 353 :  Fridhem n'est pas le nom de la résidence estivale de Fabiola, jeune fille, mais le nom de la résidence secondaire des parents de la reine Astrid en Suède.

p. 384 :  Albert II n'a pas été opéré d'une hernie discale en 1999, mais en 2000.

p. 388 :  Patrick Roegiers écrit qu'  "Albert II devient pilote d'hélicoptère et d'avion de chasse", mais je n'ai jamais lu qu'il avait suivi une formation à la force aérienne. A vérifier.

p. 403 :  La première sortie de Paola en tant que reine n'est pas l'ouverture d'Europalia Mexique, mais le voyage d'Etat du couple impérial japonais en Belgique début septembre 1993. Albert et Paola les ont accompagnés à Bruxelles, Mons et Anvers.

p. 405 :  La reine Paola n'était pas aux côtés du Roi lors de son discours télévisé de Noël 1999 dans lequel il a évoqué leur crise conjugale. Elle était présente aux discours de Noël 1993 (année de leur accession au trône) et 1997 (à l'occasion des 60 ans de la souveraine).

p. 408 :  Les 175 ans de la monarchie et de la prestation de serment de Léopold Ier n'ont pas eu lieu en 2005, mais en 2006. En 2005, on a fêté les 175 ans de l'indépendance de la Belgique.

p. 409 :  "Le président du parlement flamand déclare que les Belges n'ont plus en commun que l'équipe de football, le Roi et certaines bières".  A l'époque de cette déclaration, Yves Leterme n'était pas président du parlement flamand, mais ministre-président de la région flamande.

dimanche 9 février 2014

Colette Nys-Mazure à la Foire du Livre de Bruxelles

                                                                              Colette Nys-Mazure sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles le jeudi 20 février Colette Nys-Mazure de 14h à 15h, le vendredi 21 février de 15h à 18h, le samedi 22 février de 14h30 à 16h30 et le dimanche 23 février de 11h à 13h.

Colette Nys-Mazure, je l'ai découverte par hasard en zappant dans les années 90 ; elle répondait aux questions de Michèle Cédric dans son émission de la RTBF. Sa personnalité m'avait plu. Quelques années plus tard, j'ai acheté ou emprunté à la bibliothèque plusieurs de ses ouvrages. Ce sont ses leçons de vie, son humanisme, sa douceur, sa sagesse et son optimisme qui m'attirent surtout dans ses écrits. Beaucoup de ses citations me font penser à ma vie ou à celle de mes proches, et me font réfléchir. C'est l'auteur belge que je lis le plus, et dont je vous parle le plus sur ce blog. Ensuite, j'ai eu envie de la rencontrer lors de trois séances de dédicaces (à Tournai La Page, à la librairie Decallonne et à la Foire du Livre de Bruxelles) et, même si ce sont des moments très courts qu'il faut partager avec d'autres lecteurs, j'ai pu constater qu'elle était fidèle à ce qu'elle écrit dans ses livres. Nous avons aussi échangé quelques courriers et mails. Et enfin, en mars 2012, le destin m'a offert un beau cadeau :  en revenant de la Foire du Livre de Bruxelles, un problème technique m'a obligé à changer de train et de ligne, je monte énervé et en retard dans un autre train à la recherche d'une place....et me retrouve à côté de Colette Nys-Mazure! Elle me reconnaît, dépose son livre et a la gentillesse de parler avec moi pendant près de 3/4h. Un beau moment entre un auteur et un lecteur.

Cliquez ci-dessous sur "Nys-Mazure Colette" pour retrouver les 19 autres articles consacrés à cette Grande Dame de la littérature belge qui mériterait d'être plus connue.

samedi 8 février 2014

Armel Job à la Foire du Livre de Bruxelles

                                                                  Armel Job

Armel Job sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles le samedi 22 février 2014 de 11h30 à 16h. J'ai lu un de ses romans, "Helena Vannek".

"Helena Vanek" (éditions Memor)
Né en 1948, l'écrivain belge Armel Job a effectué sa carrière dans l'enseignement et a commencé à être publié en 1995. Son roman "Helena Vannek" a obtenu le Prix Rossel des Jeunes 2002, le Grand Prix Littéraire France/Wallonie-Bruxelles 2002 et le Prix des Lycéens 2003.

Dans la  première partie, Helena Vannek ("une accidentée de la vie"  selon Armel Job) nous raconte sa jeunesse dans un village de Flandre, peu de temps avant la deuxième guerre mondiale. Après le décès de leur mère, Helena, son frère Tobie et sa sœur Mieke restent avec leur père Théo, un marchand de chevaux de trait discret, autoritaire et respecté. Helena est institutrice. Afin de distraire son fils qui ne parvient pas à faire le deuil de sa maman, Théo engage Guido, un mystérieux apprenti n'aimant pas parler de sa famille et de son passé. Les deux jeunes hommes deviennent vite inséparables. Helena nous raconte son amour pour Guido et nous montre l'influence des Jeunesses Hitlériennes dans notre pays à cette époque. Suite à l'accident de Tobie dont il se sent responsable, Guido quitte la famille Vannek et rejoint le port d'Anvers, où il souhaite être engagé sur un bateau. Helena l'accompagne et tente en vain de l'en dissuader. Une lettre de Guido laissée à Théo, remplie de sous-entendus ambigus, fait croire à la jeune femme que Guido est le fils caché de son père et est amoureux d'elle...

La deuxième partie de ce roman a été écrite, trente ans plus tard à Liège, par Raoul, le fils d'Helena Vannek. Après le décès de sa mère, il est bouleversé par le récit autobiographique qu'elle avait confié à son médecin et que nous avons pu lire dans la première partie. Raoul découvre l'histoire de sa famille maternelle :    "Je ressassai les révélations du cahier L'Ecolier. J'avais maintenant un oncle Tobie mort avant que j'en ai appris l'existence, un autre Guido encore en vie peut-être. Ma tante Mieke, dont mes sœurs et moi nous étions promis de rechercher l'adresse, m'apparaissait si vivante, si séduisante, malgré l'animosité de ma mère, que j'en avais presque un faible pour elle. Mis à part ses funérailles en Flandre, je n'avais pratiquement aucun souvenir de mon grand-père Théo ; et voilà qu'il surgissait d'entre les morts sous le masque hiératique d'un patriarche redoutable. Evidemment, ma mère, surtout, me fascinait : l'exaltation à fleur de peau, donnant tête baissée dans la fatalité. Elle n'avait pas épousé l'homme qu'elle aimait mais mon père".

Afin de connaître toute la vérité, Raoul rencontre sa tante Mieke au Canada. Les rebondissements inattendus se multiplient et rendent la fin du roman passionnnante. En écho à la dernière phrase du récit d'Helena ("A quoi bon se fatiguer à retenir une vie inutile?"), Raoul écrit :   "La tristesse absurde de son existence entière me submergea (...) Sa vie, faute d'être heureuse, aurait été tragique, ce qui laissait grandeur et beauté".  Au terme de ce roman très bien rédigé, je garderai d'Helena Vannek le souvenir d'une vie gâchée par les ambiguïtés d'une lettre.

vendredi 7 février 2014

Jacques Mercier à la Foire du Livre de Bruxelles

Photo de couverture

Jacques Mercier sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles le samedi 22 février 2014 de 14h30 à 16h30. Et par expérience, je peux vous dire qu'il est très accessible et sympathique! N'hésitez pas à aller le rencontrer! J'ai lu un de ses essais et un de ses romans (voir compte-rendus ci-dessous).

"Un équilibre fragile" (éditions Racine)
Né à Mouscron en 1943, Jacques Mercier est un homme polyvalent. Journaliste de formation, il a animé de nombreuses émissions populaires de radio et de télévision sur la RTBF ("Dimanche Musique", "Musique au petit-déjeuner", "Le jeu des dictionnaires", "Forts en tête", etc.), il tient une rubrique quotidienne "Monsieur Dico" dans le journal "La Libre Belgique" depuis plusieurs années, il est l'auteur de romans, d'essais mais aussi de livres pour enfants.

"Un équilibre fragile" raconte l'histoire de Gustave, un écrivain trentenaire connaissant le succès et élu précocement à l'Académie. Secondé par son assistant Gilles, il est emporté par les nombreuses obligations de sa carrière littéraire qui l'ennuient :  interviews, conférences, séances de dédicaces ou négociations de contrats. Il leur préfère le travail d'écriture.

Jusqu'à la page 134, on suit Gustave qui tente de concilier sa carrière, son amour pour Charlotte et...ses infidélités. Ce passage traduit son état d'esprit :   "Notre couple est à l'image d'un tricot de ma grand-mère. En jouant, j'avais heurté l'ouvrage et l'aiguille avait glissé, relâchant tous les points. Le travail avait encore l'air d'être structuré, mais il pouvait se désarticuler au moindre mouvement. L'envie de liberté monte en moi, grossit en rejetant toutes les objections, ne les relevant plus".

Après le divorce de Gustave et Charlotte, aucun élément nouveau n'apparaît jusqu'à la fin du récit devenu monotone et répétitif. On continue de suivre Gustave entre ses activités littéraires et les femmes qu'il rencontre. Mais il faut féliciter Jacques Mercier, un passionné de la langue française, pour l'excellent travail d'écriture, marqué par de fréquents flash-backs dans le passé de Gustave.

Je laisse la conclusion à l'auteur qui résume assez bien le roman :
"Quand je suis moi-même et me fie à mes intuitions (ou mon instinct qui est inné, irréfléchi, animal, spontané?), je réussis ma vie professionnelle mais pas ma vie amoureuse. L'échec avec Charlotte est d'autant plus douloureux que mes succès littéraires foisonnent en parallèle. Ces deux pans de ma vie relèvent de la même énergie, il me semble y consacrer autant de temps et j'en conclus que s'engager totalement dans deux entreprises est impossible (...) La compréhension que j'ai de l'amour n'est pas aussi claire que celle que j'ai de la création".

"Belges en France" (éditions Racine)
Auteur d'une trentaine d'ouvrages (essais, poèmes, romans, etc.), l'écrivain et animateur Jacques Mercier a choisi en 2006 de s'intéresser aux Belges vivant ou/et travaillant en France dans tous les domaines. Le premier chapitre est consacré à la décennie prodigieuse du cinéma belge :

"Depuis dix ans, les Belges s'imposent dans le palmarès du Festival de Cannes! C'est probablement la partie la plus visible de la présence belge en France. Faisons un rapide bilan : deux Palmes d'or des frères Luc et Jean-Pierre Dardenne. En 1999, ils reçoivent la Palme pour "Rosetta", et en 2005, ils la reçoivent une deuxième fois pour "L'enfant" ; quatre prix d'interprétation :  Pascal Duquenne, qui partage son prix avec Daniel Auteuil, en 1996, pour le film "Le huitième jour" de Jaco Van Dormael, Natacha Régnier avec Elodie Bouchez, en 1998 pour le film "La vie rêvée des anges", Emilie Dequenne en 1999 pour son interprétation dans "Rosetta" et Olivier Gourmet, en 2002, pour sa prestation dans "Le fils" des frères Dardenne. Pour demeurer dans cette sphère du Festival de Cannes, une des plus belles vitrines du cinéma mondial, ajoutons que Cécile de France fut une magnifique maîtresse de cérémonie de la remise des Palmes du Festival de 2005. On se doit également de citer dans ce mouvement, ce tourbillon cannois la révélation de Benoît Poelvoorde en 1992 dans "C'est arrivé près de chez vous" de Rémy Belvaux".   Sans oublier Jean-Claude Van Damme, l'acteur belge le plus connu à travers le monde...

Jacques Mercier nous raconte ensuite le parcours de Belges ayant réussi à Paris à la télévision (Christine Ockrent, Olivier Minne, Paul Germain, Maureen Dor, Virgine Efira, ...), dans le spectacle (André Lamy, Frédéric Flamand, les Frères Taloche, Annie Cordy, Salvatore Adamo, Frédéric François, Maurane, Axelle Red, mais aussi la jeune génération représentée par Virgine Hocq, dEUS, Jonathan Cerrada, Saule et les Pleureurs,...), le jazz (Toots Thielemans, Marc Moulin, Eric Legnini, ...), la musique classique (Gérard Mortier, Bernard Foccroulle, Pierre Bartholomée, José Van Dam,...), la littérature (Françoise Mallet-Joris, Jacqueline Harpman, Amélie Nothomb, Nadine Monfils, François Weyergans, Pierre Mertens, Henry Bauchau, ...), la bande dessinée (Tibet, Raoul Cauvin, François Schuiten, Philippe Geluck,...), l'art contemporain (Panamarenko, Pierre Alechinsky, Wim Delvoye, Olivier Strebelle, Jan Fabre,...), les affaires (Albert Frère, Etienne Davignon,...), le sport (Eddy Merckx, Tom Boonen, Kim Clijsters, Justine Henin, Jacques Rogge, Jean-Michel Saive, ...).

L'auteur évoque également nos stylistes :    "Dans les années 50, les maisons de couture belges proposaient surtout des créations parisiennes. Ces maisons achetaient soit des modèles confectionnés, soit des patrons qu'elles repoduisaient dans d'autres tissus. Aujourd'hui, les écoles des Beaux-Arts d'Anvers ou de La Cambre sont une source de nouveaux talents. Parmi eux, Jose Enrique Ona Selfa, diplômé de La Cambre, qui signe la collection de la maison Loewe. Olivier Theyskens, dont Madonna portait une robe pour la cérémonie des Oscars, et crée, depuis 2003, les collections de la maison Rochas. Depuis les années 80, la bande des Six d'Anvers a fait du chemin. Lorsqu'ils étaient des étudiants inconnus, ils ont ensemble présenté leurs créations à Londres, au célèbre British Designer Show, et furent la révélation du salon. D'autres grandes maisons de couture belges proposent leurs créations à Paris :  Gérald Watelet, Pierre Gauthier, Yves Dooms, Olivier Strelli ou Pascale Kervan, spécialisée dans les vêtements de cérémonie. Mais la mode belge, ce sont aussi les accessoires :  le célèbre maroquinier Delvaux ou les chapeaux d'Elvis Pompilio et Christophe Coppens".  Il faut aussi mentionner le couturier Edouard Vermeulen et la modiste Fabienne Delvigne qui travaillent pour les familles royales de Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Suède!

Jacques Mercier termine par un hommage à Sœur Emmanuelle (née en 1908 à Bruxelles) qui a terminé sa vie dans une maison de retraite du sud de la France. Son association aide plus de 50.000 enfants démunis à travers le monde.

Ce livre m'a fait découvrir de nombreuses personnalités méconnues et a renforcé ma fierté d'être belge. Petite par la taille, la Belgique possède un remarquable patrimoine architectural, de beaux endroits verdoyants, une vie associative très importante, de très nombreux talents et un folklore désormais reconnu par l'Unesco. Notre pays multiculturel accueille également plusieurs institutions européennes, dont les fonctionnaires et les diplomates font vivre notre économie et découvrent notre culture et notre sens de la fête. Vive la Belgique! Leve België!

jeudi 6 février 2014

Alain Bertrand à la Foire du Livre de Bruxelles

                                                                                          

Alain Bertrand sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles le samedi 22 février 2014 de 14h à 15h. Voici ci-dessous le compte-rendu d'un de ses romans que j'ai lu.

"Le lait de la terre" (éditions Weyrich)
L'écrivain belge Alain Bertrand habite et enseigne à Bastogne. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, dont un essai sur Simenon. Dans "Le lait de la terre", il nous raconte l'histoire de Charles, un professeur, qui quitte Bruxelles pour vivre dans un village d'Ardenne où il espère naïvement trouver le calme et le bon air.

Charles y fait la connaissance d'un monde rural confronté à la crise de l'agriculture, aux normes européennes et au prix du lait peu favorable aux fermiers. Parmi ceux-ci, la belle Irène retient son attention :   "L'amour, Charles n'en connaît pas plus le mode d'emploi que celui de la machine à laver, et si sa belle paysanne lui a laissé des arômes de feuille morte et le toucher de sa chair rousse, il n'a pas osé, il n'a pas pu, il n'a pas eu la force de l'arracher à son christ en marcel, de l'entraîner au-dessus du plancher des vaches, de la basse-cour fienteuse, de l'Ardenne secouée de vent, jusqu'à la couche monumentale des nuages, là où les âmes succombent à toutes les tentations sous l'œil échauffé du soleil".

"Le lait de la terre" est un roman de terroir bien écrit, avec humour et une pointe d'Orval, qui me fait penser au style d'Armel Job et de René Henoumont. On ressent que l'auteur aime profondément son Ardenne. Voici sa belle description de la Gaume :

"La Gaume est une fille de joie adossée à l'Ardenne boisée. Elle a de jolies feuilles de vigne et tend ses collines vers le sud, en agitant un drapeau bleu, blanc, rouge. Le genou troussé, un talon à plat contre l'écorce, la belle a la cuisse tiédie par un soleil qui cligne de l'œil tous les jours de l'année. Juste à côté, en Ardenne, il pleut comme vache qui pisse en toute saison, et même la nuit, même l'hiver, même au cours des messes de mariage. Affaire de microclimat, susurre l'office de tourisme de Virton. Autant vérifier sur place s'il y a des mirabelles, des orchidées, et puis des cigales qui déroulent des chansons d'amour provençal... Le prospectus touristique dévoile une jeune femme sans minceurs inutiles, les joues en forme de pommes, la gorge imitant une cuesta - front abrupt et versant en pente douce - la lèvre rincée au cidre. Le verre prêt à être choqué, clin d'œil vers le spectateur, semble une incitation à la villégiature intime".

mercredi 5 février 2014

Michel Carly à la Foire du Livre de Bruxelles

Michel Carly  Né en 1947, Michel Carly est un universitaire belge, scénariste et biographe de Simenon. Il vient aussi d'écrire un ouvrage sur le peintre belge René Magritte (voir compte-rendu ci-dessous). Il sera en séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles le samedi 22 février 2014 de 15h30 à 17h.

"La Belgique de Magritte" (éditions Weyrich)
Grâce à cet ouvrage bien documenté et joliment illustré, nous suivons les traces du peintre belge René Magritte. Tout commence dans la province du Hainaut :  il naît à Lessines en 1898, mais ses parents reviennent en 1900 à Gilly auprès de la famille maternelle. Leur implantation en 1904 dans un quartier bourgeois de Châtelet symbolise la réussite du père de René dans les affaires (bureau d'assurances et représentant commercial notamment). Son enfance n'est pas heureuse et l'atmosphère familiale est pesante entre une mère dépressive et un père absent et hautain. A Châtelet, René joue avec les enfants du quartier, prend ses premiers cours de dessin et se passionne pour Fantômas. En 1912, sa mère se suicide en se jetant dans la Sambre. Son père dilapide ensuite ses avoirs en spéculations et en jouant aux courses.

En 1916, René s'installe dans la capitale et entame ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, notamment auprès du peintre Constant Montald et de l'écrivain Georges Eekhoud. Il épouse Georgette Berger (fille d'un boucher de Marcinelle) en 1922 civilement à la commune de Saint-Josse et religieusement à l'église Sainte-Marie. Leur union sera heureuse.

A Bruxelles, on retrouve René au café "A l'enseigne de la fleur en papier doré" (non loin de l'Académie des Beaux-Arts) et à "Le Cirio", une brasserie Art Nouveau où se déroulaient les réunions du groupe surréaliste de Bruxelles dans la seconde moitié des années 20. C'est là qu'il rencontre un de ses meilleurs amis :  le poète Jean Scutenaire, natif d'Ollignies (près de Lessines). En 1928, René peint plus de 100 toiles et expose ses œuvres à la galerie L'Epoque à Bruxelles. L'année suivante, il séjourne à Cadaqués (Espagne) chez Salvador Dali.

René expose, pour la première fois, au palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1931. En 1939, il dessine, pour le Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes, une affiche intitulée "Le vrai visage de Rex", qui représente Degrelle et Hitler. Dans les années 40, son style change ; il adopte une palette et une technique impressionnistes. Les expositions se multiplient :   Paris, Bruxelles, New York, Rome, Venise, Dallas, Londres, etc. Il réalise 8 toiles pour la décoration du casino de Knokke, et une peinture murale pour le palais des Congrès de Bruxelles et le palais des Beaux-Arts de Charleroi.

Sur le plan privé, les époux Magritte mènent une vie simple et déménagent plusieurs fois :  à la rue Esseghem à Jette de 1930 à 1954 (période la plus créatrice du peintre), au boulevard Lambermont à Schaerbeek de 1954 à 1957, et enfin dans le quartier cossu de la rue des Mimosas à Schaerbeek de 1957 à son décès en 1967. Ils sont inhumés au cimetière de Schaerbeek.

Le Musée René Magritte est inauguré en 2009 sur la place Royale en plein centre de Bruxelles, et présente plus de 200 œuvres de l'artiste belge.

mardi 4 février 2014

Patrick Weber à la Foire du Livre de Bruxelles

                                                             Description de cette image, également commentée ci-après

Patrick Weber sera en dédicaces le jeudi 20 février 2014 de 14h à 15h et de 17h à 18h à la Foire du Livre de Bruxelles. Et, par expérience, je peux vous dire qu'il est très accessible et sympathique! Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de deux de ses livres que j'ai lus.

 
"Guide de la Belgique royale" (éditions J-M Collet)
Né à Bruxelles en 1966, Patrick Weber est licencié en histoire de l'art et archéologie. Outre son intérêt pour les familles royales, il est aussi journaliste, scénariste et romancier. En 1997, Patrick Weber a écrit un guide très bien documenté et facile à consulter sur les traces laissées par les membres de la famille royale aux quatre coins du royaume.

Bruxelles, notre capitale, doit beaucoup à Léopold II, le roi bâtisseur, qui transforme le palais royal, agrandit le château de Laeken, crée l'avenue de Tervuren et de nombreux parcs publics, et fait construire, entre autres, la Tour Japonaise, le Pavillon Chinois, les arcades du Cinquantenaire, le palais de justice, le Mont des Arts et les serres de Laeken. Son père le roi Léopold Ier est, lui, à l'origine de l'église Notre-Dame de Laeken en hommage à son épouse la reine Louise-Marie. C'est dans cette église que se trouve la crypte de la famille royale. Quant à la Cour des Comptes (rue de la Régence), elle évoque le souvenir de leurs anciens propriétaires Philippe et Marie, comte et comtesse de Flandre, et de leur fils le roi Albert Ier qui est né dans ce palais.

Dans le Brabant wallon, la Chapelle Musicale Reine Elisabeth de Waterloo rappelle l'amour de la souveraine pour la musique. Non loin de là, le roi Léopold III, la princesse Lilian et leurs enfants se sont installés en 1960 au domaine royal d'Argenteuil, vendu par l'Etat belge en 2004.

La province de Namur abrite plusieurs sites liés à la famille royale :  les statues des rois Léopold Ier, Léopold II et Albert Ier à Namur, les châteaux de Ciergnon, Fenffe et Villers-sur-Lesse, mais aussi le rocher de Marche-les-Dames où le roi Albert Ier est décédé le 17 février 1934. La ville de Spa est associée à la reine Marie-Henriette qui y a passé les dernières années de sa vie, loin de son époux volage et du protocole de la Cour.

A la côte belge, la statue de Léopold Ier sur la digue de La Panne rappelle son arrivée d'Angleterre en juillet 1831, le Mémorial du roi Albert à Nieuport a été construit en hommage à son comportement durant la première guerre mondiale, tandis que le monument du roi Léopold II sur la digue d'Ostende a été construit pour remercier le roi bâtisseur de ses travaux d'embellissement en faveur de cette station balnéaire. Le Musée Prince Charles à Raversijde raconte la vie du prince Charles, oncle d'Albert II et régent du royaume de 1944 à 1950, et permet de visiter la maison de pêcheur où il a vécu de 1950 à son décès en 1983.

"Lilian : une princesse entre ombre et lumière" (éditions Racine)
A l'occasion du dixième anniversaire du décès de sa mère en 2012, la princesse Marie-Esméralda a sorti des dizaines de photos (dont beaucoup sont inédites) des archives familiales pour en faire un très bel album-photos. Il montre une princesse Lilian active et élégante en toutes circonstances, tant en public qu'en privé. Elle avait le physique, la classe et le glamour d'une star de cinéma des années 50. Les textes biographiques et objectifs de cet album-photos ont été écrits par le journaliste et écrivain Patrick Weber, mais on reste un peu sur sa faim car il y a peu d'infos exclusives.

Qui est Lilian Baels? Née en 1916 à Londres, elle est le septième enfant d'un couple d'Ostendais réfugié en Angleterre en raison de la guerre. Son père Henri Baels sera notamment avocat, échevin, administrateur de sociétés de pêcherie, député à la Chambre, ministre de l'Agriculture et des Travaux publics, et gouverneur de la province de Flandre Occidentale à partir de 1933. Elle fréquente l'école primaire des Sœurs de Saint-Joseph à Ostende, puis l'Institut des Dames du Sacré-Coeur. Elle parle le français, le néerlandais et l'anglais. Sa famille s'installe à Knokke en 1931 et fuit en France lors de l'invasion allemande de 1940.

Le roi Léopold III, veuf de la reine Astrid, tombe sous le charme de cette jeune femme belle, intelligente et ambitieuse, et l'épouse secrètement et religieusement en 1941. Contrairement à ce que prévoit la Constitution belge, leur mariage civil est célébré quelques mois plus tard, ce qui provoque une grande polémique et déçoit beaucoup de Belges. Le mythe du roi veuf et prisonnier s'effondre.

Léopold III, Lilian et leurs enfants subissent la surveillance à Laeken par les soldats nazis, puis la déportation en 1944 à la forteresse d'Hirschtein et l'exil en Suisse de 1945 à 1950 suite à la Question Royale. La princesse est l'objet de nombreuses critiques et on l'accuse, à tort ou à raison, d'influencer son mari. Mais dans la sphère privée, elle réussit, dans les années 40 et 50, à créer un foyer très chaleureux au sein de cette famille recomposée, dont on peut constater l'amour et la complicité sur de nombreuses photos.

De retour en Belgique, elle est une Première Dame brillante et élégante durant les années 50, et crée la Fondation Cardiologique Princesse Lilian.

A la page 51, Patrick Weber écrit :   "Une chose est sûre : le point de rupture dans la famille se situe en 1960, avec le mariage de Baudouin et Fabiola. Avant le mariage, toute la famille coule des jours heureux au château et personne ne peut imaginer quitter un jour ce domaine de Laeken auquel Léopold III est tellement attaché. Et puis tout se précipite...".   Patrick Weber fait là un raccourci un peu rapide car le départ de l'ancien roi de Laeken a été décidé dès 1959 sous la pression du gouvernement. C'est la seule erreur historique de cet album-photos.

Au domaine royal d'Argenteuil décoré avec goût, Léopold III et Lilian coulent des jours heureux. Pendant que son époux prépare ses expéditions à travers le monde et s'adonne à sa passion de la photographie, la princesse s'occupe de la Fondation Cardiologique Princesse Lilian et de sa harde de cerfs, les princesses Marie-Christine et Marie-Esméralda ont des cours particuliers à domicile. De nombreuses personnalités belges et étrangères sont les hôtes du couple.

Après la mort du roi Léopold III en 1983, Lilian n'apparaît plus qu'une seule fois en public, reprend contact avec son beau-fils le roi Albert II, fait publier les mémoires posthumes de son époux et a la joie de devenir la grand-mère d'Alexandra et Leopoldo.