Présentation de ce nouveau roman : Jeune homme brillant mais solitaire, Stéphane forme avec sa sœur une sorte d'équipe d'opposition en révolte contre les projets de son père, qui veut entraîner son fils vers une carrière juridique. Attiré par leur esprit de liberté et par le théâtre, Stéphane fréquente des personnes très différentes de son milieu famial. Nous sommes fin des années 50. Le professeur de grec et de latin l'initie au bonheur de rester chez soi pour disserter sur les choses de la vie en écoutant Béla Bartok. Par ailleurs, Nini, professeur de ballet et amie de sa mère, l'initie à l'ivresse de la performance scénique. L'étude le passionne dans l'absolu et, au-delà de ses rêves de ballet et de théâtre, Stéphane réussit brillamment ses humanités classiques. Le père de Stéphane sera-t-il suffisamment conquis par l'estime sociale de son fils pour lâcher l'emprise qu'il continue d'exercer sur lui? Entre le silence du dialogue intérieur et les mystères de l'amitié, le hasard d'une rencontre verra Stéphane se rendre à Paris, et peut-être vers l'indépendance....
Présentation de l'auteur : Née à Gand en 1939, Nicole Verschoore est docteur en philosophie et lettres. Au cours de sa carrière de journaliste, elle travaille pour le quotidien "Het Laatste Nieuws", "Le Nouveau Courrier" et "La Revue Générale". Son premier roman, "Le maître du bourg", est publié en 1994 et reçoit le Prix France-Belgique 1995. En 2008, elle obtient le Prix Michot de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique pour sa trilogie "La passion et les hommes", parue aux éditions Le Cri. Plus d'infos sur son site Internet (français/néerlandais) : www.nicoleverschoore.be
J'ai lu deux de ses romans : "La charrette de Lapsceure" et "Les parchemins de la tour".
"La charrette de Lapsceure" (éditions Le Cri)
"La charrette de Lapsceure" est une grande fresque racontant l'histoire de la Flandre aux 19ème et 20ème siècles à travers "tant d'existences parallèles tendues d'un siècle à l'autre comme les fils d'une dentellière attachés à son coussin", pour reprendre les mots de l'auteur. La lecture des premiers chapitres n'est guère aisée avec le nombre élevé de personnages et l'absence d'un héros principal. J'ai eu un peu de mal à m'y retrouver au sein de cette grande famille. Le récit est régulièrement coupé par des rappels historiques sur l'extrême pauvreté de la Flandre au 19ème siècle ou l'évolution du droit de vote jusqu'au suffrage universel voté après la première guerre mondiale.
Après avoir évoqué la guerre scolaire entre les écoles officielles et catholiques qui atteint le petit village de Lapsceure où enseigne Théodore, le patriarche de la famille, Nicole Verschoore écrit un passage très engagé sur la religion : "De nos jours, dans nos démocraties compliquées, les nouvelles générations qui ne s'intéressent plus au passé du pays ne peuvent tirer de l'Histoire les modèles qui, hélàs, se répètent sous d'autres cieux et dans d'autres couleurs. Il faut se méfier de l'attrait de la religion combattante. Ne lui accorder aucun droit. Dans toutes les populations, le même besoin d'absolu et de guidance pousse les âmes vers la foi, mais les éléments les moins émancipés ne perçoivent pas la différence entre la religion et l'armée d'un clergé qui craint de perdre son pouvoir absolu. La civilisation doit se munir contre ce que les armées de croyants imaginent devoir faire sous les ordres de leur clergé".
Au milieu du livre, l'histoire devient plus facile à comprendre et l'auteur donne l'explication du titre : "La charrette de Lapsceure" évoque le départ en charrette en 1880 de l'instituteur Théodore, de son épouse Louise et de leurs enfants du village de Lapsceure vers Courtrai. Louise décède en 1893 à l'âge de 43 ans. Théodore se remarie six mois plus tard et devient archiviste de la ville et un historien reconnu. L'un de ses fils, Alphonse, est engagé dans le mouvement flamand, tandis qu'un autre, Renier, est curé aux Etats-Unis.
Nicole Verschoore place ses personnages au sein de la société belge de l'entre-deux guerres : "Deux populations vivaient en Belgique dans deux univers totalement dissemblables : le peuple et les nantis. Les intermédiaires qui ne plaisaient pas au gouvernement et qui commençaient à se faire représenter à la Chambre étaient les Théodore et les Alphonse, intellectuels issus du peuple, idéalistes qui désiraient l'émanciper et le sortir de son état d'esclave. Une quantité de nouveaux nantis comme Constant, issus de grandes écoles francophones, formaient une deuxième sorte d'intermédiaires. Ils appartenaient de cœur à leurs provinces natales, mais se distanciaent du mouvement d'émancipation flamand parce qu'ils avaient dépassé le stade de ceux qui avaient besoin d'aide".
On suit ensuite Grite et Castel au Congo. Nicole Verschoore défend l'action du roi Léopold II et des Belges dans ce pays : "Qui connaît la pauvreté du 19ème siècle en Europe, le nombre de victimes de la famine et du choléra, qui se rappelle la misère des ouvriers textiles, des mineurs, des campagnes affamées des pays européens dits civilisés et compare ces données aux annales de l'histoire des pays colonisés d'Afrique, découvrira vite l'incongruité de certaines interprétations tardives concernant le colonisateur usurpateur maltraitant le colonisé. Les généralités en cours sont issues d'une absence totale de connaissance exacte et détaillée, et de l'incapacité du béotien de mettre en perspective la réflexion historique".
Très bien écrit, ce livre se termine par une touche de nostalgie avec le décès de Mamou, la veuve d'Alphonse, qui rappelle à chacun d'entre nous le départ d'un proche. Au-delà des nombreuses références historiques qui retracent l'histoire de notre pays, Nicole Verschoore nous montre que les défunts continuent de vivre tant qu'on parle d'eux, et nous incite à être curieux et à poser des questions sur nos familles : "Les découvertes glissent doucement dans l'oubli mais l'histoire continue, explorée au hasard de la curiosité, par l'insaturable besoin de comprendre".
"Les parchemins de la tour" (éditions Le Cri)
Dans "Les parchemins de la tour", Nicole Verschoore raconte, à la première personne, la vie d'Edmond Beaucarne (1807-1895), le grand-oncle de son arrière-grand-mère, à partir de ses archives retrouvées. Après avoir grandi à Eename auprès de son vieux père, il entre dans un collège jésuite d'Alost, où ses professeurs l'initient à la politique : "Quant au roi Guillaume que le Congrès de Vienne avait imposé aux Pays-Bas catholiques, ce mécréant était un homme nouveau, ses idées néfastes se propageraient, le désordre s'ensuivrait. Il fallait que l'Eglise reconquisse le pouvoir. Les élèves devraient aider leurs maîtres à renverser le gouvernement hollandais (...) Je suis bien placé pour savoir que Guillaume, ce roi sans grande allure, bien intentionné et maladroit, aurait été écouté et compris s'il n'avait pas été victime de l'opposition féroce et dûment inspirée à laquelle j'ai moi-même prêté l'ardeur de mes jeunes années".
Sur le conseil de ses maîtres, Edmond entre, à l'âge de 22 ans, à la rédaction gantoise du journal contestataire et antigouvernemental, "Le Catholique des Pays-Bas", qui joue un rôle non négligeable dans la révolution et l'indépendance de la Belgique en 1830. Un an plus tard, il quitte le journal et retourne dans son village natal. Le récit se concentre ensuite sur sa vie sentimentale qui se déroule en trois temps.
Lors d'un séjour à Vienne en 1832, Edmond tombe amoureux d'Hortense d'Hoogvorst : "La femme qu'on rêve est la décalque exacte de nos désirs. Pour cette raison, le premier amour et le désir qui ne s'accomplit pas laissent le souvenir d'un bonheur complet". Mais il ne chercha pas à la revoir et Hortense se maria...
De retour à Eename, Edmond en devient le bourgmestre. Il habite avec son frère Louis-Maur, sa belle-soeur Baudouine et ses neveux et nièces dans la maison familiale. Au fond du jardin, il aménage une vieille tour fortifiée pour y ranger ses livres et documents. Eudaxie, la femme de ménage, est aussi sa maîtresse : "Le délice s'avérait être le contraire du pêché décrit par l'Eglise. Pouvoir honorer notre nature humaine comme nous le faisions, avec la fantaisie, la créativité, la légèreté ou la patience nécessaires, c'était faire oeuvre de vie, productrice d'énergie et de jeunesse". Mais Eudaxie met fin à leur relation.
Quelques années plus tard, à la demande de ses amis, le célibataire solitaire Edmond accueille chez lui Isabelle, venue trouver à Eename le calme pour écrire ses traductions et articles. Après son décès accidentel, il se rend compte de la place qu'elle avait prise dans ses vieux jours : "Je n'ai pas été bon pour Isabelle parce que je ne l'aimais pas assez. Je n'avais de sentiment pour elle qu'en son absence, je n'ai souffert que de ses départs. Le dernier départ, l'irrévocable, a éveillé les remords, le regret posthume, l'effroi de l'irréparable".
Malgré ces rendez-vous manqués avec les femmes, les dernières pages de ce livre très bien écrit montrent un Edmond serein et apaisé qui vante les joies de la famille et des liens intergénérationnels : "Grâce aux saisons qui se répètent, aux enfants qui naissent, à l'exaltation des parents et à l'instinct du vieil oncle, un jour, dans un élan incompréhensible d'éclatante allégresse, subitement, ce vieil oncle soulève de nouvelles pelotes vivantes qui hurlent de surprise et de joie, agitent des petits pieds aussi informes que les boutons de magnolias au bout de leurs tiges minuscules. Grâce à ces miracles du quotidien et à l'éternel recommencement, on finit par accepter que meurent ceux qu'on aime, comme s'étiolent les fleurs".
mercredi 29 mars 2017
jeudi 23 mars 2017
Journée Mondiale de la Poésie
A l'occasion de la Journée Mondiale de la Poésie ce 21 mars, je vous propose de mettre à l'honneur deux poètes belges :
Charles Ducal, Poète National 2014-2015 : http://ecrivainsbelges.blogspot.be/search/label/Ducal%20Charles
Laurence Vielle, Poétesse Nationale 2016-2017 :
http://ecrivainsbelges.blogspot.be/search/label/Vielle%20Laurence
Et on vient d'apprendre qu'en janvier 2018, ce serait Els Moors qui reprendrait le titre de Poétesse Nationale. Originaire de Poperinghe (Flandre Occidentale), elle a 41 ans et a déjà reçu plusieurs prix pour ses ouvrages sortis depuis 2006.
Mais j'aurais aussi pu vous parler de bien d'autres poètes belges, comme ceux signalés ci-dessous. Il vous suffit de cliquer sur leur nom pour retrouver mes articles qui les concernent.
Charles Ducal, Poète National 2014-2015 : http://ecrivainsbelges.blogspot.be/search/label/Ducal%20Charles
Laurence Vielle, Poétesse Nationale 2016-2017 :
http://ecrivainsbelges.blogspot.be/search/label/Vielle%20Laurence
Et on vient d'apprendre qu'en janvier 2018, ce serait Els Moors qui reprendrait le titre de Poétesse Nationale. Originaire de Poperinghe (Flandre Occidentale), elle a 41 ans et a déjà reçu plusieurs prix pour ses ouvrages sortis depuis 2006.
Mais j'aurais aussi pu vous parler de bien d'autres poètes belges, comme ceux signalés ci-dessous. Il vous suffit de cliquer sur leur nom pour retrouver mes articles qui les concernent.
Libellés :
Baetens Jan
,
Carême Maurice
,
Coran Pierre
,
Ducal Charles
,
Nys-Mazure Colette
,
Pâques Marcelle
,
Verhaeren Emile
,
Vielle Laurence
mercredi 15 mars 2017
"En son absence" (Armel Job)
Dans son dernier roman intitulé "En son absence", l'écrivain belge Armel Job évoque les réactions d'une petite communauté confrontée à une disparition inexpliquée. En 2005, dans un petit village des Ardennes belges, Bénédicte (15 ans) n'est pas montée dans le bus qu'elle prend chaque jour, et n'est jamais arrivée à l'école. Comme la plupart de ses romans, "En son absence" se déroule en vase clos dans un petit village où les langues se délient, où l'ami d'hier est le suspect de demain.
Armel Job a confié à la presse : "Je n'ai pas eu l'impression d'écrire un polar, du moins pas au sens strict. Mais on peut utiliser la technique du polar pour pousser le lecteur à se plonger plus facilement dans la description des êtres humains. Cependant, contrairement à un "vrai" roman policier, l'enquête, ici, est totalement secondaire.
Armel Job a confié à la presse : "Je n'ai pas eu l'impression d'écrire un polar, du moins pas au sens strict. Mais on peut utiliser la technique du polar pour pousser le lecteur à se plonger plus facilement dans la description des êtres humains. Cependant, contrairement à un "vrai" roman policier, l'enquête, ici, est totalement secondaire.
Les disparitions d'adolescents sont assez courantes. Le début de mon histoire fait d'ailleurs clairement penser à une affaire récente et dramatique qui s'est déroulée dans la région d'Arlon. Et l'attention des gens est alors très centrée sur le sort du ou de la disparu(e). Mais il me semble que très souvent, on oublie ce qu'il y a derrière. Des gens qui attendent, morts d'angoisse. Des parents qui doivent renouveler leurs relations avec leurs proches, montrer ce qu'ils ont au fond d'eux-mêmes. C'est çà qui m'intéressait plutôt que la disparition et l'enquête qu'elle entraîne.
J'évite de me laisser emporter par la documentation. J'ai simplement cherché quelques renseignements concernant la procédure judiciaire. J'ai essayé de reconstituer des moments dramatiques par la fiction, dans une démarche d'empathie vis-à-vis de ces affaires qui m'ont touché. Je travaille simplement comme un romancier, pas un journaliste. Sans dévoiler la fin, ce roman, c'est aussi la rencontre de deux mondes différents. Celui des adultes, des parents, un monde marqué par toutes les affaires de disparitions et celui des jeunes qui quittent un jour le nid familial. J'évoque beaucoup la filiation. Les relations père-fille, je connais car j'en ai trois. Mais les jeunes ne vivent pas cette relation de la même façon. Ils s'en vont. Il y a une rupture entre deux générations".
Cliquez ci-dessous sur "Job Armel" pour retrouver mes autres articles sur cet auteur belge.
mercredi 8 mars 2017
"Calcaire" (Caroline De Mulder)
Née en 1976 à Gand, Caroline De Mulder a grandi dans la région de Mouscron, avant de vivre à Paris, tout en enseignant aux Facultés Universitaires de Namur. Son premier roman, "Ego Tango", a reçu le Prix Rossel 2010.
Son dernier roman, "Calcaire", raconte l'histoire de Franck Doornen (un flic amoché par un AVC à la recherche de la jeune prostituée qu'il aime), et d'un entrepreneur véreux qui stocke des déchets dans les carrières calcaires qui truffent le sous-sol de la région entre Riemst et Maastricht.
Caroline De Mulder a confié à la presse : "Je préfère qu'on parle de roman noir plutôt que de polar. J'avais envie d'écrire ce type de roman mais avec une attention particulière au style. Il y a 88 chapitres, nombre qui est un des symboles des néonazis. Je ne pense pas que ce soit réellement une histoire très noire. Finalement, c'est plutôt gentil et çà ne se termine pas si mal que çà... Je n'ai d'ailleurs pas travaillé ce texte différemment de mes précédents romans. La structure est importante, il faut que l'intrigue, quelle qu'elle soit, se tienne. Mon éditeur Actes Sud m'a d'ailleurs laissé le choix quant à la collection. J'aimais l'idée d'élargir ma palette en intégrant Actes Noirs.
Son dernier roman, "Calcaire", raconte l'histoire de Franck Doornen (un flic amoché par un AVC à la recherche de la jeune prostituée qu'il aime), et d'un entrepreneur véreux qui stocke des déchets dans les carrières calcaires qui truffent le sous-sol de la région entre Riemst et Maastricht.
Caroline De Mulder a confié à la presse : "Je préfère qu'on parle de roman noir plutôt que de polar. J'avais envie d'écrire ce type de roman mais avec une attention particulière au style. Il y a 88 chapitres, nombre qui est un des symboles des néonazis. Je ne pense pas que ce soit réellement une histoire très noire. Finalement, c'est plutôt gentil et çà ne se termine pas si mal que çà... Je n'ai d'ailleurs pas travaillé ce texte différemment de mes précédents romans. La structure est importante, il faut que l'intrigue, quelle qu'elle soit, se tienne. Mon éditeur Actes Sud m'a d'ailleurs laissé le choix quant à la collection. J'aimais l'idée d'élargir ma palette en intégrant Actes Noirs.
La Belgique, je connais bien, même si ici, l'ancrage est plus frontalier que réellement belge ou flamand. Nous sommes dans une campagne assez rude, près de Maastricht, une plaque tournante de la drogue. Mes personnages sont aussi un peu aux frontières d'eux-mêmes. En Flandre, la droite correcte a repris le discours des extrémistes. Quant aux déchets, le problème existe, mon "roi des ordures" est calqué sur un personnage réel. J'ai beaucoup lu sur le sujet. Dans mon roman, on peut dire que le déchet est à la fois une réalité sociale, un décor et une image qui reflète la réalité intérieure des personnages, matérialise les secrets sales de leur âme".
Cliquez ci-dessous sur "De Mulder Caroline" pour retrouver mes autres articles consacrés à cet auteur belge.
mercredi 1 mars 2017
Activités du Musée et de l'Association Emile Verhaeren
En tant que membre de l'Association Emile Verhaeren (www.emileverhaeren.be), vous bénéficiez de l'entrée gratuite au Musée Emile Verhaeren de Sint-Amands, d'une réduction sur l'achat des catalogues, d'un dossier de presse et d'invitations personnelles pour les activités du musée. Prix : 20 euros pour une affiliation individuelle, 30 euros pour une affiliation familiale.
Exposition "Trésors inconnus" (du 12 mars au 11 juin 2017) :
Au cours des années, le Musée Emile Verhaeren a réussi à rassembler une belle collection. Il possède naturellement quelques portraits remarquables du poète, mais aussi quelques pièces surprenantes, relatives à sa figure ou à son oeuvre : des gravures de Julien Van Santen, des bois de Frans Masereel ou de George Minne, des lithographies de Théo Van Rysselberghe ou d'Armand Rassenfosse, des photos de Fernand Béguin, des livres bibliophiles, diverses traductions. C'est un monde en soi riche en trésors inconnus. Pour l'occasion, Chantal Nemery présente son hommage symboliste : une série de livres d'artiste, inspirée par la poésie de Verhaeren.
Journée du Patrimoine (23 avril 2017 à 15h) :
Cette année, la Journée du Patrimoine en Flandre est consacrée au thème du soin. Le soin pour la conservation du patrimoine est un souci constant pour un musée littéraire comme le Musée Emile Verhaeren. A l'occasion de la Journée du Patrimoine, une oeuvre d'art sera mise en évidence au musée : "La maison du Caillou-qui-bique" (1909), une gouache sur carton de l'artiste franco-belge William Degouve de Nuncques, le beau-frère de Verhaeren. Avec les années, la moisissure s'était formée sur le carton de telle façon que les pigments en couleur étaient endommagés. Le tableau a été restauré en 2015 et encadré de nouveau. La restauratrice Veerle Vercammen nous donnera une présentation pour expliquer les différentes interventions effectuées lors de la restauration.
Film poétique "Le Monde d'hier" :
Après ses projets sur Rodenbach et Maeterlinck, le réalisateur Kévin D'Heedene a présenté en octobre 2016 son nouveau projet de film : "Le Monde d'hier", un film de 45 minutes conçu à travers l'univers poétique de Verhaeren. Le point de départ est une sorte de rêverie d'un personnage qui peut être associé avec la personne de Stefan Zweig. Avec beaucoup d'inventivité et de créativité, l'auteur a créé des images qui se rapprochent de la poésie de Verhaeren. La façon expressive et pénétrante avec laquelle Luc Vandermaele déclame les poèmes mérite aussi d'être mentionné. Ce film sera projeté le mardi 21 mars à 20h au Musée Emile Verhaeren à Sint-Amands, le mercredi 29 mars à 19h30 à Courtrai, et le mercredi 26 avril à 19h30 à Louvain.
Signalons enfin qu'à l'occasion du centenaire de la mort d'Emile Verhaeren en 2016, un collectionneur anonyme a légué au musée un tableau du peintre belge Constant Montald : "Une lecture de Verhaeren au Caillou-qui-bique" (1908). Ami proche du poète, Constant Montald a réalisé plusieurs portraits du poète, mais celui-ci est impressionnant par ses dimensiosn et la façon dont Verhaeren est représenté. La donation s'est réalisée avec le soutien de la Librairie Pascal de Sadeleer et de la Galerie Eric Gillis à Bruxelles.
Bref, bravo à l'équipe dynamique de l'Association et du Musée Emile Verhaeren de Sint-Amands qui multiplie les projets en tous genres pour faire connaître l'oeuvre du poète belge !
Cliquez ci-dessous sur "Verhaeren Emile" pour retrouver mes autres articles qui lui sont consacrés.
Exposition "Trésors inconnus" (du 12 mars au 11 juin 2017) :
Au cours des années, le Musée Emile Verhaeren a réussi à rassembler une belle collection. Il possède naturellement quelques portraits remarquables du poète, mais aussi quelques pièces surprenantes, relatives à sa figure ou à son oeuvre : des gravures de Julien Van Santen, des bois de Frans Masereel ou de George Minne, des lithographies de Théo Van Rysselberghe ou d'Armand Rassenfosse, des photos de Fernand Béguin, des livres bibliophiles, diverses traductions. C'est un monde en soi riche en trésors inconnus. Pour l'occasion, Chantal Nemery présente son hommage symboliste : une série de livres d'artiste, inspirée par la poésie de Verhaeren.
Journée du Patrimoine (23 avril 2017 à 15h) :
Cette année, la Journée du Patrimoine en Flandre est consacrée au thème du soin. Le soin pour la conservation du patrimoine est un souci constant pour un musée littéraire comme le Musée Emile Verhaeren. A l'occasion de la Journée du Patrimoine, une oeuvre d'art sera mise en évidence au musée : "La maison du Caillou-qui-bique" (1909), une gouache sur carton de l'artiste franco-belge William Degouve de Nuncques, le beau-frère de Verhaeren. Avec les années, la moisissure s'était formée sur le carton de telle façon que les pigments en couleur étaient endommagés. Le tableau a été restauré en 2015 et encadré de nouveau. La restauratrice Veerle Vercammen nous donnera une présentation pour expliquer les différentes interventions effectuées lors de la restauration.
Film poétique "Le Monde d'hier" :
Après ses projets sur Rodenbach et Maeterlinck, le réalisateur Kévin D'Heedene a présenté en octobre 2016 son nouveau projet de film : "Le Monde d'hier", un film de 45 minutes conçu à travers l'univers poétique de Verhaeren. Le point de départ est une sorte de rêverie d'un personnage qui peut être associé avec la personne de Stefan Zweig. Avec beaucoup d'inventivité et de créativité, l'auteur a créé des images qui se rapprochent de la poésie de Verhaeren. La façon expressive et pénétrante avec laquelle Luc Vandermaele déclame les poèmes mérite aussi d'être mentionné. Ce film sera projeté le mardi 21 mars à 20h au Musée Emile Verhaeren à Sint-Amands, le mercredi 29 mars à 19h30 à Courtrai, et le mercredi 26 avril à 19h30 à Louvain.
Signalons enfin qu'à l'occasion du centenaire de la mort d'Emile Verhaeren en 2016, un collectionneur anonyme a légué au musée un tableau du peintre belge Constant Montald : "Une lecture de Verhaeren au Caillou-qui-bique" (1908). Ami proche du poète, Constant Montald a réalisé plusieurs portraits du poète, mais celui-ci est impressionnant par ses dimensiosn et la façon dont Verhaeren est représenté. La donation s'est réalisée avec le soutien de la Librairie Pascal de Sadeleer et de la Galerie Eric Gillis à Bruxelles.
Bref, bravo à l'équipe dynamique de l'Association et du Musée Emile Verhaeren de Sint-Amands qui multiplie les projets en tous genres pour faire connaître l'oeuvre du poète belge !
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mercredi 1 février 2017
Jacques De Decker et les biographies
Dans la revue "Le Carnet et les Instants", l'écrivain et académicien Jacques De Decker répond aux questions de Michel Zumkir sur ses biographies :
"Comment en êtes-vous arrivé, dans votre carrière déjà bien remplie, à écrire des biographies?
- En 2005, Gallimard avait besoin, pour lancer le projet Folio Biographies, de plusieurs volumes. Gérard de Cortanze, responsable de collection, m'a contacté et m'a demandé si je voulais écrire une biographie et quels seraient mes souhaits particuliers. Quand il m'a précisé de quel genre d'ouvrages il s'agissait, je lui ai répondu que dans cette dimension, avec la connaissance insuffisante qui était la mienne, cela me paraissait possible.
- De quel type de biographies s'agit-il?
- Le cadre est assez modeste ; il s'agit de vulgarisation, dans un format assez réduit. Les auteurs de la collection ont des contraintes. Il faut écrire des livres éditables en poche, qui comptent trois cent pages, quatre cents tout au plus. Ma biographie d'Ibsen fait 240.000 signes et celle de Wagner 300.000. Personnellement, j'ai vu ces deux biographies comme une pédagogie pour moi-même. Je me suis lancé dans l'une comme dans l'autre, avec au départ une ignorance et une vraie curiosité. La phrase de Valéry, "L'inspiration, c'est la prise de conscience de la possibilité de faire quelque chose", m'a servi de moteur.
- Pourquoi avoir choisi Ibsen?
- J'ai proposé Ibsen tout à fait spontanément. Pour moi, c'est un auteur important et largement ignoré. Quand je l'enseignais, je disais ce qu'il fallait en dire, qu'il est le grand rénovateur du théâtre moderne. J'avais été longtemps un spectateur et un lecteur passionné de Strindberg, mais Ibsen me rebutait. C'est seulement vers l'âge de cinquante ans que j'ai vraiment pu accéder à son oeuvre et me représenter ce qu'elle était. J'ai reconstruit tout ce qu'Ibsen avait apporté et qui va bien au-delà du théâtre. Sa dramaturgie naturaliste a énormément nourri le cinéma américain et un réalisateur comme Ingmar Bergman. Le tempérament d'Ibsen s'est imposé à moi vers ce moment-là. Tout cela était confus dans mon esprit. J'ai vu dans la phrase de Valéry qu'il était possible que je réalise cet objet-là, la biographie d'Ibsen. J'en avais la capacité. Le travail allait m'aider à y voir clair. Par ailleurs, dans la zone francophone, il y avait assez peu de choses sur lui, bien qu'il soit beaucoup joué depuis les années 1990. Je me suis immergé dans ce travail tout en étant d'un total scepticisme. Je n'ai jamais cru aux biographies. Je m'explique : la lecture biographique est une simplification, mais surtout une sélection. La sélection dépend de l'observateur qui en toute bonne foi considère que tel ou tel biographème, comme disait Barthes, peut être pertinent et éclairant. C'est ainsi que j'ai construit le récit biographique, et par ordre chronologique bien sûr, avec des moments qui se détachent. La division en chapitres m'a paru une bonne grille, une bonne structure. Une narration, en réalité.
- Quel est votre rapport aux personnes que vous avez biographiées?
- Il faudrait un jour étudier les étranges rapports de couple biographe/modèle... Ce genre de travail installe quelque chose entre eux, qui est chez moi un peu irrité, dans la mesure où mon père était portraitiste. Mon travail de biographe se rapproche de ce qu'il faisait. J'ai parfois l'impression de mettre mes pas dans ses traces. Il tâchait de représenter ce qui n'était pas immédiatement perceptible à l'œil nu, qui était davantage que la simple perception d'une image. Il voulait qu'y figure quelque chose de plus. Très logiquement, je dirais, cette préoccupation me hante. La relation qui s'installe entre le portraitiste et le portraituré relève d'une sorte d'amitié. Sans cette connivence, je ne peux faire le travail. J'ai ainsi abandonné la biographie de Rembrandt que j'avais commencée quand j'ai compris que je n'étais pas du tout en sympathie avec l'homme. Plus précisément, quand j'ai appris comment il avait traité celle qui aurait dû devenir sa seconde épouse, il m'est apparu infréquentable, j'ai été bloqué. Au bout d'un certain temps, on finit par savoir comment le personnage fonctionne. Le propre des grands personnages, contrairement à ce que l'on pourrait croire, c'est d'être très cohérents. On repère des choses très nettes dès le début. Quand on les a un peu identifiées, on arrive à développer des continuités. C'est un rapport de personne à personne.
- Comment en êtes-vous arrivé ensuite à travailler sur Wagner?
- C'est un coup de foudre. Un soir, j'étais d'une humeur assez passionnée et j'ai assisté à une représentation, assez médiocre il faut le dire, de "Tristan et Iseult" à La Monnaie. Au moment de la Liebestod, quelque chose m'a frappé, une interrogation : de quel cerveau ce truc est-il sorti? Qui a pu générer une telle oeuvre? C'est aussi extraordinaire que la chapelle Sixtine. C'est là que tout a commencé. J'ai contacté Gérard de Cortanze et lui ai proposé d'écrire la biographie du dramaturge/compositeur. Toute cette aventure m'a mobilisé pendant trois ans. Il est impossible de lire tout ce qui a été écrit sur lui. Je me suis servi de la grande biographie écrite par Martin Gregor-Dellin, traduite de l'allemand chez Fayard. C'est l'essentiel de la matière mais elle est déjà beaucoup trop considérable. Dans ce type d'exercice, on devient maniaque, on ramasse tout. Juste avant la sortie du livre a paru "Le dictionnaire encyclopédique Wagner" chez Actes Sud, une oeuvre monumentale. Je me suis évidemment précipité pour la lire. J'ai été soulagé quand j'ai vu que l'aspect biographique n'était pas ce qui intéressait le plus les auteurs. A priori, je n'avais pas d'avis sur la personne Wagner, je n'étais jamais parvenu à synthétiser tout ce que j'en savais. Il me paraissait à la fois fascinant, révulsant, génial. Dans la littérature secondaire à son sujet, certains ouvrages sont très critiques. D'un point de vue idéologique, comme pour toutes les grandes oeuvres, on peut tout faire dire à Wagner. Des études marxistes sur son oeuvre ont été publiées à la fin du XIXème siècle. Plus tard, comme vous le savez, il a été récupéré par les nazis. J'étais très habité par cela. J'ai beaucoup travaillé mais avec l'impression de ne pas faire ce qu'il fallait. Je sentais ce travail comme un des rendez-vous de ma vie. Wagner était un monomane, capable de tout pour réaliser son idée. J'aime ces gens qui ont l'étoile au front, et qui suivent leur destin coûte que coûte".
mercredi 25 janvier 2017
Récompenses littéraires
Prix littéraire du Cercle Gaulois 2016
A été attribué à Hervé Hasquin pour son livre "Diplomate et espion autrichien dans la France de Marie-Antoinette, le comte de Mercy-Argenteau 1727-1794" (éditions Avant-Propos)
Prix Marcel Thiry 2016
Créé en 2000 par la Ville de Liège, le Prix Marcel Thiry récompense une publication récente écrite en langue française. Il est décerné en alternance, une année à un écrit de poésie, une année à un roman ou un recueil de nouvelles. Le lauréat se voit attribuer un prix d'un montant de 2.500 euros. C'est Kenan Görgün qui est le lauréat 2016 pour son roman "Delia on my mind" (éditions MaelstrÖm).
Prix littéraire Mon's Livre 2016
Remis pour la première fois dans le cadre du Salon du Livre de Mons, il a été attribué à l'auteur Jean-Pol Hecq pour son premier roman, "Georges et les dragons", publié par les éditions Luce Wilquin.
Prix Gauchez-Philippot
Prix annuel d'un montant de 620 euros, ce prix récompense alternativement un recueil de poésie et un roman ou recueil de nouvelles. Le lauréat 2016 est Luc Baba pour son roman "Elephant Island", publié aux éditions Belfond.
Prix triennal de littérature française de la Ville de Tournai
C'est Veronika Mabardi qui a obtenu ce prix pour son roman "Les Cerfs", publié aux éditions Esperluète.
Prix Fondation Martine Aublet
D'un montant de 20.000 euros, ce prix a été créé en 2012 en collaboration avec le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac. Il récompense un ouvrage, publié en France, ayant contribué de façon marquante à la connaissance des cultures et des civilisations non-occidentales dans les domaines de l'ethnologie, de l'histoire extra-européenne et de l'histoire de l'art. Philippe Paquet a reçu ce prix pour sa biographie "Simon Leys, navigateur entre les mondes", publié par les éditions Gallimard.
Prix des Lycéens de Littérature 2017
Décerné tous les deux ans, c'est un prix littéraire dont le jury est composé d'élèves de classes de 6ème secondaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le prochain prix sera remis au printemps 2017, mais l'opération a déjà commencé depuis la rentrée scolaire de septembre pour les élèves qui seront amenés à lire les cinq livres sélectionnés pour le prix, et à rencontrer les auteurs avant d'élire le lauréat.
Voici les cinq titres retenus : "Explosion de particules" de Valentine de le Court (éditions Mols), "Et dans la jungle, Dieu dansait" d'Alain Lallemand (éditions Luce Wilquin), "Today we live" d'Emmanuelle Pirotte (éditions Le Cherche Midi), "Tête-Dure" de Francesco Pittau (éditions Les Carnets du Dessert de Lune), "Finis terrae" de Nathalie Stalmans (éditions Terre de Brume).
A été attribué à Hervé Hasquin pour son livre "Diplomate et espion autrichien dans la France de Marie-Antoinette, le comte de Mercy-Argenteau 1727-1794" (éditions Avant-Propos)
Prix Marcel Thiry 2016
Créé en 2000 par la Ville de Liège, le Prix Marcel Thiry récompense une publication récente écrite en langue française. Il est décerné en alternance, une année à un écrit de poésie, une année à un roman ou un recueil de nouvelles. Le lauréat se voit attribuer un prix d'un montant de 2.500 euros. C'est Kenan Görgün qui est le lauréat 2016 pour son roman "Delia on my mind" (éditions MaelstrÖm).
Prix littéraire Mon's Livre 2016
Remis pour la première fois dans le cadre du Salon du Livre de Mons, il a été attribué à l'auteur Jean-Pol Hecq pour son premier roman, "Georges et les dragons", publié par les éditions Luce Wilquin.
Prix Gauchez-Philippot
Prix annuel d'un montant de 620 euros, ce prix récompense alternativement un recueil de poésie et un roman ou recueil de nouvelles. Le lauréat 2016 est Luc Baba pour son roman "Elephant Island", publié aux éditions Belfond.
Prix triennal de littérature française de la Ville de Tournai
C'est Veronika Mabardi qui a obtenu ce prix pour son roman "Les Cerfs", publié aux éditions Esperluète.
Prix Fondation Martine Aublet
D'un montant de 20.000 euros, ce prix a été créé en 2012 en collaboration avec le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac. Il récompense un ouvrage, publié en France, ayant contribué de façon marquante à la connaissance des cultures et des civilisations non-occidentales dans les domaines de l'ethnologie, de l'histoire extra-européenne et de l'histoire de l'art. Philippe Paquet a reçu ce prix pour sa biographie "Simon Leys, navigateur entre les mondes", publié par les éditions Gallimard.
Prix des Lycéens de Littérature 2017
Décerné tous les deux ans, c'est un prix littéraire dont le jury est composé d'élèves de classes de 6ème secondaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le prochain prix sera remis au printemps 2017, mais l'opération a déjà commencé depuis la rentrée scolaire de septembre pour les élèves qui seront amenés à lire les cinq livres sélectionnés pour le prix, et à rencontrer les auteurs avant d'élire le lauréat.
Voici les cinq titres retenus : "Explosion de particules" de Valentine de le Court (éditions Mols), "Et dans la jungle, Dieu dansait" d'Alain Lallemand (éditions Luce Wilquin), "Today we live" d'Emmanuelle Pirotte (éditions Le Cherche Midi), "Tête-Dure" de Francesco Pittau (éditions Les Carnets du Dessert de Lune), "Finis terrae" de Nathalie Stalmans (éditions Terre de Brume).
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