samedi 25 juillet 2009

Sauvons le Musée Emile Verhaeren à Roisin

Alors qu'on ne cesse de nous parler de la candidature de Mons au titre de capitale culturelle européenne en 2015, un groupe de citoyens tente d'attirer l'attention sur le Musée Emile Verhaeren à Roisin (à une vingtaine de kilomètres de Mons) qui attend depuis des années pour être rénové et réouvert au public... Pour ceux qui ne le connaissent pas, Emile Verhaeren (1855-1916) est un grand poète belge qui est né près d'Anvers, écrivait en français, a été traduit dans de nombreuses langues et passait ses vacances à Roisin.

Pourtant, le Musée Emile Verhaeren dans son village natal de Sint-Amands fonctionne parfaitement. Le village de Roisin est situé au milieu du Parc Naturel des Hauts-Pays qui connaît un bel essor touristique et possède de chaleureux gîtes ruraux. Le site du "Caillou-qui-bique" est fréquenté tout au long de l'année par des écoliers en classe de forêt qui ont un atelier poésie autour de Verhaeren à leur programme...sans pouvoir entrer dans le musée qui lui est consacré! Le parking accueille les voitures de nombreux promeneurs qui vont se balader dans le bois tout proche.

Bref, toutes les conditions sont remplies...sauf la bonne volonté du monde politique. La Province du Hainaut avait racheté le bâtiment et avait prévu 750.000 euros pour l'aménagement en Musée Verhaeren d'une part, et en siège du Parc Naturel des Hauts-Pays d'autre part. Mais le dossier bloque au niveau de la région wallone et de la commune des Honnelles. Aussi des citoyens se mobilisent pour mettre toutes les autorités compétentes autour d'une table et trouver une solution à cette situation qui dure depuis plusieurs années...

Une journée de sensibilisation aura lieu le samedi 1er août 2009 à Roisin : cérémonie officielle à 11h au château de Bargette (rue Emile Verhaeren,3 - Roisin) avec dépôt de fleurs devant la statue du poète, suivi d'une promenade familiale de 4km autour du site du "Caillou-qui-bique" afin de découvrir le circuit des pierres gravées de poèmes d'Emile Verhaeren.

Plus d'infos auprès des organisateurs René Legrand (legrandrene@skynet.be) et Muriel Vigneron (muvigneron@hotmail.com).

vendredi 17 juillet 2009

50 ans de carrière de Pierre Coran

Né en 1934 à Saint-Denis près de Mons, Eugène Delaisse devient instituteur et sort son premier livre, "Le fiel" en 1959. Il choisit d'écrire sous le nom de Pierre Coran, puis de quitter son métier pour se consacrer entièrement à la littérature de jeunesse (poèmes, romans, etc.). Il a reçu différentes récompenses (comme le Prix Jean de la Fontaine 1979) et une école primaire de Mons porte son nom. Sa bibliographie compte 130 livres... En cette année 2009, l'auteur belge Pierre Coran fête donc ses 75 ans et ses 50 ans de carrière, aura droit cet automne à une exposition rétrospective au Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles, et est nominé pour le Prix Hans Christian Andersen 2009 ("le Prix Nobel de littérature de jeunesse") qu'aucun Belge n'a jamais reçu. Sa recette pour réussir? "Il ne faut pas être pressé, il faut durer. Quand un livre sort, même si c'est un succès, je repars à zéro. Et il faut rester libre, ne pas demander de subsides, d'aides. Ca doit être au mérite. J'ai toujours voulu rester indépendant. Mon papa est mort quand j'avais 13 ans. J'ai dû m'assumer. J'avais une maman formidable. Pour elle, que je sois instituteur était le sommet". Notons que le fils de Pierre Coran est également écrivain sous le nom de Carl Norac (C-O-R-A-N dans le désordre). Bon anniversaire Pierre!

samedi 27 juin 2009

"La liberté de l'amour" (C. Nys-Mazure et C. Henning)

"La liberté de l'amour" est une conversation de 2005 entre le journaliste Christophe Henning et Colette Nys-Mazure (née en 1939) qui dédie cet ouvrage "à ceux et celles qui m'ont communiqué l'intime conviction d'un amour plus fort que la mort". Son enfance est, en effet, marquée par le décès de ses parents qu'elle raconte en détail dans son livre "L'enfant neuf". Elle rend hommage à l'attention que lui ont prodiguée ses oncles et tantes du Tournaisis, ainsi que Mère Marie-Tarcisius qui lui a transmis sa foi mais l'a découragée d'entrer au couvent : "Je la sentais désireuse de m'aider à trouver ma voie propre, sans aucun préjugé. Outre l'amour inconditionnel, elle m'a révélé le respect de la liberté, l'autonomie de chacun (...) Je suis convaincue que c'est une sainte authentique de notre temps, mais elle n'a nul besoin de canonisation officielle".

Colette raconte ensuite sa rencontre avec son époux - qui avait perdu, lui aussi, sa maman - et confie : "Il se peut qu'influencés par ces débuts tragiques et par la qualité de notre entourage, nous ayons jeté toutes nos forces dans un couple résolu à durer. C'était et c'est un projet fort. Nous avons souhaité une famille nombreuse et désiré l'élargir en accueillant des enfants d'ailleurs, par le biais d'un organisme international". Elle évoque aussi la maternité ("Le fait de donner la vie n'implique pas de donner sa vie pour les enfants"). Trois de ses cinq enfants vivent aujourd'hui à l'étranger et on sent une pointe de tristesse de ne voir ses petits-enfants que deux ou trois fois par an. Mais elle ajoute : "Allons! Ils sont heureux et font leur vie avec allégresse, n'est-ce pas ce que tu souhaites?".

Professeur de français de 1961 à 1999, Colette Nys-Mazure obtient en 1975 le Prix Froissart dont la récompense était l'édition de son premier livre, "La vie à foison". Elle revient sur "Célébration du quotidien", publié en 1997, qui a marqué sa carrière littéraire : "Nous nous masquons notre réalité mortelle, nous fuyons vers l'arrière ou vers l'avant en négligeant ce présent très quotidien qu'il nous est donné de vivre ; nous recherchons l'extraordinaire et c'est lorsque l'ordinaire nous est interdit que nous en mesurons la valeur". Colette Nys-Mazure refuse cependant d'être enfermée dans le courant minimaliste cher à Philippe Delerm. Elle nous raconte ensuite ses quatre résidences d'écrivain - notamment à l'Academia Belgica à Rome - et son besoin d'avoir deux heures solitaires le matin pour lire et écrire.

Dans le chapitre intitulé "Enseigner savoir et saveur", Colette confie : "Aujourd'hui, le travail de l'enseignant se trouve sérieusement compliqué : d'une part, l'école n'est qu'un des accès à l'information et son crédit s'est affaibli ; d'autre part, les élèves sont habitués à zapper lorsqu'une émission les ennuie, et surtout, ils ont tant d'énergie à dépenser que, faute d'activité physique quotidienne, l'attention soutenue au cours leur devient difficile, voire impossible". Aujourd'hui retraitée, elle préfère animer des ateliers d'écriture que donner une conférence, et tente de faire redécouvrir le plaisir de la lecture à ses stagiaires.

Colette Nys-Mazure évoque ensuite la société de consommation, les nouvelles technologies, la religion et son souhait d'être enterrée au Jardin des Poètes au sommet du Mont Saint-Aubert. Même si la mort est souvent évoquée dans cet ouvrage, on le termine avec un message positif d'espoir et d'optimisme. C'est un bon résumé de la vie et de l'oeuvre de cette Grande Dame de la littérature belge dont les médias ne parlent pas assez.

samedi 20 juin 2009

"La Mandarine Blanche" (Rémi Bertrand)

Né à Charleroi (Belgique) en 1982, Rémi Bertrand a effectué des études de philologie romane et d'édition à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve. En 2001, il participe à un séminaire d'écriture organisé par l'écrivain belge Vincent Engel qui débouche sur la publication confidentielle de sa nouvelle "Le gant". Après des stages chez les éditions Fayard et Gallimard à Paris, l'année 2005 voit le début de sa carrière littéraire : les Editions du Rocher publient son essai "Philippe Delerm et le minimalisme positif" (en janvier) et son premier roman "La Mandarine Blanche" (en octobre).

"La Mandarine Blanche" est une courte fiction de 74 pages sur l'euthanasie et l'acharnement thérapeutique qui se lit en une bonne heure. Au début, j'ai été un peu perturbé par la construction originale de cet ouvrage, conçu comme un puzzle en trois histoires, répondant chacune à trois périodes de la vie du narrateur (l'enfance, l'âge adulte et la mort). Au fil des pages, j'ai cependant mieux compris les intentions de Rémi Bertrand. Je conseille d'ailleurs une deuxième lecture qui fait apparaître avec évidence l'agencement du texte et fait mieux comprendre certains jeux de mots et allusions.

L'histoire : de son enfance à sa mort, le narrateur trentenaire Jonathan Demain semble n'avoir jamais quitté l'univers blanc et mystérieux de l'hôpital. A l'âge de six ans, il rencontre Robert le Toubib qui lui explique la signification des soins palliatifs. J'aime beaucoup cette phrase pleine de poésie ("Moi, j'aurais plutôt appelé çà la salle d'apaisement ou le coin des fées").

Victime d'un accident de travail, Jonathan est maintenu artificiellement en vie, mais refuse l'acharnement thérapeutique dont son père a été victime avant lui.

En jouant sur la corde sensible des lecteurs, ce roman est un plaidoyer pour l'euthanasie, comme le prouve cet extrait : "La vie ne m'intéresse plus. Ni celle des autres, ni la mienne. J'ai trop mal pour m'en préoccuper. Je souffre trop pour la désirer encore. Dis-moi où est l'interrupteur : j'appuierai moi-même puisque tu ne t'y résous pas. Donne-moi la morphine. Calme mes convulsions. Soulage mon thorax ; ma poitrine brûle à chaque inspiration. Fais-moi ingurgiter toutes tes substances ; apporte-moi les gélules pour qu'on les voie enfin, pour que la chimie tue la chimie et que l'homme retrouve sa dignité. Je te l'ai dit : je n'attendrai pas demain. C'est maintenant ; il faut agir. Je ne veux pas revivre le destin de mon père. Je ne veux pas disparaître : je veux mourir".

Un seul reproche : je regrette l'absence des arguments des adversaires de l'euthanasie que le narrateur aurait pu discuter. Ce mini-débat aurait été intéressant au sein du roman. Souhaitons une longue carrière à ce jeune et talentueux écrivain belge...

jeudi 11 juin 2009

Chronique de Michel Lambert

A certains, le monde des Lettres fait peur. Il apparaît comme mystérieux, replié sur lui-même, plein de morgue, cultivant l'ego, tout petit monde dans le vaste monde. Pourtant on y trouve en raccourci, comme disait Brassens à propos des amours d'un jour, l'essentiel de ce qui fait la vie du vaste monde : ses problèmes, ses farces, ses drames, ses fidélités, ses injustices, sa gravité, sa légèreté. A l'instar du vaste monde, il fonctionne grâce à des institutions, vit de son commerce, de ses marchés, sa géographie est complexe, traversée de cénacles, de réseaux, d'instances qui distribuent blâmes et récompenses. Sa légitimité, il la tire de son lectorat qui choisit avec plus ou moins de goût, mais librement, ses élus sur les tables des libraires.

C'est un monde où il se passe toujours quelque chose. L'actualité n'y a pas de répit. Ainsi cette information datant de la fin mars mais qui ne risque pas de vieillir : François Weyergans a été élu à l'Académie française où il succède à l'ancien commissaire-priseur Maurice Rheims. Bravo le Belge! Ou plutôt le Franco-Belge. Décidément, le nouvel immortel aura obtenu les plus belles reconnaissances des deux côtés de la frontière : prix Rossel, prix Renaudot, prix Goncourt et maintenant la Coupole.

La joie, la peine. Peu de temps avant cette élection, une voix émue au téléphone nous annonçait au téléphone la disparition du poète Claude Haumont, parti sur la pointe des pieds. Cet homme discret, ami de Balthazar, Prévot, Chavée, Norge, pour n'en citer que quelques-uns, nul doute qu'il sera immortel dans la mémoire de cette voix émue. Immortel, le fameux mot! Un qui est assuré de l'être pendant longtemps, c'est Georges Simenon : à l'heure où on va bientôt célébrer le vingtième anniversaire de son décès, ses lecteurs restent très nombreux. En poche mais aussi dans la prestigieuse Pléiade, où il figure parmi les meilleures ventes. Pour la petite histoire, sait-on que le père de Maigret faillit être des deux Académies? La Belge et la Française, où François Mauriac le pressait de faire candidature.

Une autre forme d'immortalité, c'est le Nobel. Un seul écrivain belge, Maurice Maeterlinck, eut cette récompense suprême. A l'époque, sa renommée était immense. Aujourd'hui, des colloques se préparent pour commémorer l'événement en automne 2011. Bref, même si on ne le lit plus guère (mais on le joue), il est toujours là. Avec une oeuvre que certains se préparent à revisiter.

Et puis, il y a tous ceux qui ont déserté le monde des Lettres, pour qui, depuis belle lurette, il n'y a plus d'actualité. Ce n'est pas toujours la mort qui les a soustraits au plaisir qu'on avait de les lire. C'est parfois autre chose, mais quoi? Peut-être que le monde des Lettres n'était pas fait pour eux, qu'ils s'y sentaient mal à l'aise? Peut-être que ce monde, après les avoir acceptés, encensés quelquefois, les a rejetés tout à coup. Plus d'éditeur, plus de presse, plus de lecteurs. A moins que la source ne se soit tarie. Des périodes sèches, tous les écrivains en connaissent, ils sont alors déprimés, invivables, scrutant la plus petite goutte annonçant le retour du flux fécond. Dans d'autres cas, les difficultés matérielles ont eu raison de leur disponibilité, les malheurs les ont frappés, et la littérature n'a pu les consoler.

Mais ici comme ailleurs, il ne faut jamais dire jamais. La vie littéraire nous a habitués à des résurrections où le talent l'emporte sur l'oubli. C'est une question d'années, parfois de décennies. Emmanuel Bove, Pierre Bost, André Fraigneau, Jean Freustié, Madeleine Bourdouxhe, Jacqueline Harpman, René Swennen, et combien d'autres, sont de retour parmi nous. Dans le monde des Lettres comme dans le vaste monde, une éclipse ne dure que le temps d'une éclipse.

Chronique de Michel Lambert dans la revue bimensuelle et gratuite "Le Carnet et les Instants" (juin 2009) publiée par le Service de Promotion des Lettres Belges de langue française.

samedi 23 mai 2009

Interview de l'écrivain belge Eric-Emmanuel Schmitt

A l'occasion de la sortie de son nouveau roman "Le sumo qui ne pouvait pas grossir" (qui raconte la rencontre entre un adolescent fugueur et un maître du sumo), l'écrivain belge Eric-Emmanuel Schmitt s'est confié cette semaine au journal "La Dernière Heure" :

"Comment avez-vous fait pour vous immiscer à ce point dans cette culture?
- J'ai eu un grand choc la première fois que je suis allé au Japon. Je ne me suis jamais autant senti à l'étranger que là-bas. Et pourtant, j'ai beaucoup voyagé. Je me sentais dans d'autres repères, y compris spatiaux. La nourriture est différente, les rapports hommes-femmes, les rapports sociaux. J'étais dans une étrangeté totale et une certaine fascination, aussi.
- Et quelle a été votre voie d'accès?
- Un jour, j'étais à Kyoto, dans un jardin zen par désoeuvrement et par respect de mes hôtes qui étaient japonais. Tout à coup, j'ai été happé par ce jardin et j'ai commencé à faire le trajet des yeux qu'il me demandait, puis le trajet imaginaire. J'ai vécu cette expérience que je fais vivre à June : cesser de penser avec ma conscience, mais avec une conscience plus cosmique. Penser avec le vide qui est entre toutes choses. C'est un concept que je ne pouvais concevoir avec ma tête, mais que mon corps a compris.
- Comment avez-vous trouvé les mots pour dire ce que votre corps avait ressenti?
- C'est là que je suis heureux d'écrire de la fiction : je trouve des images et des émotions pour dire les choses. Cet adolescent est japonais, mais universel...
- Cet adolescent, c'est celui que vous étiez et ce sage, c'est celui que vous avez envie d'être?
- Oui... Cet adolescent me ressemble beaucoup et ce sage m'attire beaucoup. En même temps, je crois que sagesse et adolescence ne sont pas des âges, mais des états que l'on porte en soi toute sa vie.
- La sagesse, quand vous la cherchez, vous la trouvez où?
- Je l'ai cherchée pour me libérer de la souffrance et de la violence que j'ai en moi. J'ai une grande capacité de souffrir, qui n'apparaît pas parce que j'ai réussi mon chemin. Et puis, j'étais très colérique quand j'étais jeune.
- Le héros reçoit de sa mère des lettres sans mots. Un comble d'imagination pour un auteur!
- Il y a moyen de communiquer sans les mots. J'avais envie de dire çà dans un livre. On peut être analphabète et s'exprimer avec infiniment de délicatesse. Je me suis dit que j'allais vraiment le faire avec mes amis : c'est bien de réveiller l'imagination de l'autre en changeant les symboles.
- A une époque où tout le monde veut être mince, lui fait tout pour être gros : çà fait du bien?
- N'est-ce pas? Il faut dire qu'on est au Japon. Là, les gens ne sont pas gros du tout. Le régime alimentaire fait des centenaires et des gens minces. Donc, quand on est gros là-bas, c'est qu'on l'a voulu. Les sumos sont des êtres à part, qui grossissent volontairement, et c'est pour çà qu'ils ont ce statut d'idoles. Pour les hommes, ce sont des champions et pour les femmes, des sex-symbols... Mon grand-père était très rond et ma grand-mère disait toujours : "C'est un bel homme". A l'époque, quand on avait réussi, on avait de la prestance et du volume.
- Vous avez eu des réactions auxquelles vous ne vous attendiez pas?
- J'ai découvert un usage de ce livre auquel je n'avais pas pensé : des parents d'enfants anorexiques lisent ce livre et l'offrent à leur enfant. Car ce garçon est un anorexique mental. Souvent, c'est dû à un deuil qui n'a pas été fait. J'ai été bouleversé par cette idée. Quand j'avais écrit "Oscar et la dame rose", on m'avait dit qu'on le faisait lire à des patients en fin de vie. Je trouvais çà dingue, mais juste. On ne sait pas ce qu'on écrit, en fait..."

samedi 9 mai 2009

6ème Festival International et Marché de Poésie à Namur

Pour la sixième année consécutive, la poésie sera à l'honneur à Namur du mercredi 10 au dimanche 14 juin 2009. Le programme complet se trouve sur le site de la Maison de la Poésie de Namur (www.mplf.be). Parmi les poètes belges invités à ces activités :

Alain Dantinne : Né à Namur, fils naturel du Velvet Underground et de mai 68, il n'a jamais pu placer ses mots dans les vers cadencés de la poésie élégiaque. A partir de l'an 2000, il consacre une plus grande partie de son temps à l'écriture, il écrit des romans, dont un pastiche "Hygiène de l'intestin". Prof de philosophie et de littérature, c'est le doute qu'il enseigne, une rage de vivre qu'il veut transmettre à ses étudiants. La poésie est pour lui le dieu, le seul, de la réconciliation impossible. Un recueil d'aphorismes vient de sortir aux éditions Finitude.

Franz De Haes : Poète, essayiste et traducteur né à Bruxelles. Publication de cinq livres de poésie parmi lesquels "Bréviaire d'un week-end avec l'ennemi" (éditions Le Cormier), prix triennal de la communauté française de Belgique en 1983, et "Terrasses et tableaux" (éditions Le Taillis-Pré). En 2001 paraît sa traduction de Samuel Ha-Naguid, "Guerre, amour, vin et vanité" aux éditions du Rocher. Publication d'une nouvelle traduction commentée de sept prophètes bibliques dans la revue "L'Infini" en 2001-2008.

Jacques Demaude : Né à Quaregnon (Borinage), il a fréquenté l'Institut d'Etudes Sociales de Mons et la Faculté Théologique Protestante de Paris. Objecteur de conscience privé de ses droits civils et politiques jusqu'en 1965, il a exercé divers métiers, en dernier celui de journaliste. Après un silence involontaire de vingt ans, il se consacre à la poésie ainsi qu'à la traduction poétique (Hölderlin, Heine, les expressionnistes, les poètes juifs de langue allemande) depuis 1983. Publications de vingt oeuvres à ce jour, dont huit recueils de traduction. Le dernier titre paru est "La Nuit veut une étoile".

Anne-Marie Derèse : Bercée par la Sambre et la Meuse, Anne-Marie Derèse restera fidèle à la Wallonie et à ses légendes. Elle a eu trois rencontres importantes dans sa vie : Andrée Sodenkamp en 1977 qui lui ouvre les portes de la poésie et la conseille ; Alain Bosquet qui va beaucoup l'aider et l'encourager en lui ouvrant des maisons d'éditions parisiennes ; Liliane Wouters qui lui ouvre ses anthologies, une rencontre décisive. De nombreux recueils traduits et laurés virent le jour. En 2008, Le Coudrier proposait "Qu'importe si le sol est rouge". Elle a reçu de nombreux prix dont le Prix Maurice Gauchez en 1980, le Prix Van Lerberghe en 1984 et le Grand Prix de Poésie en 2000.

Rose-Marie François : Poète, philologue, romancière et rhapsode. Auteure d'une trentaine de livres (poèmes, récits, romans, anthologies, essais, ...) sont publiés en divers pays et traduits dans une douzaine de langues. Formée au théâtre, elle dit sur scène ses poèmes et ceux qu'elle traduit. Maître de conférences à l'Université de Liège et membre honoris causa de l'Université de Lettonie. Elle anime des séminaires et ateliers de traduction littéraire. L'auteure a reçu de nombreux prix dont le Prix de la Pensée Wallonne 2002 et le Prix du Hainaut 2008 pour "Et in Picardia ego".

Guy Goffette : Poète et prosauteur, il est né à Jamoigne. Il a été tour à tour enseignant, libraire, éditeur des cahiers de poésie Triangle et de l'Apprentypographe. Il a beaucoup voyagé avant de poser ses valises à Paris où il vit actuellement. Il est membre du comité de lecture Gallimard. Poète avant tout, même lorsqu'il écrit en prose, il a obtenu en 2001 le Grand Prix de Poésie de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.

Laurent Hendschel : Né à Namur, il est traducteur. Publication de nouvelles et de contes en langue wallone dont "Sacwantès faviretes did hute did ci", "Did lon". Publie également des recueils de poèmes en wallon : "Ridadje" et "Rin n' nos rtint/ Rin n' nos ratind", et des traductions éparses de Neruda, Marti i Pol, Lorca, Bukowski, Rimbaud, Ronsard, ... Il a publié en français un recueil inédit, "Le souffle bref" (2008).

Werner Lambersy : Né à Anvers en 1941, il écrit et vit à Paris depuis 1982 où il fut chargé de la promotion et de la diffusion de la poésie francophone de Belgique. On ne compte plus le nombre de recueils de poésie, de livres d'artistes ou d'ouvrages en prose qu'il a publiés chez de nombreux éditeurs. Il a été également le lauréat de nombreux prix littéraires dont le Prix du Grenier aux Chansons en 1967 et le Prix de Poésie de l'Académie française en 2005. En 2004, Actes Sud publie son anthologie personnelle intitulée "L'éternité est un battement de cils". Werner Lambersy est un des poètes belges francophones les plus traduits en langue étrangère.

Philippe Mathy : Né au Zaïre et de nationalité belge, sa passion pour la peinture le pousse à organiser des expositions : il fonde en 1987 l'asbl "Le front aux vitres", galerie d'art et rencontres poétiques. Il reçoit le Prix George Lockem de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique en 1978 pour "Promesse d'île". Le livre "Le sable et l'olivier" est à l'origine de notes ramenées de voyages dans le Sahara. Eluard, Norge et Philippe Jaccottet sont indéniablement des poètes auxquels il reste très attaché.

Robert Schaus : Né à Nieder-Emmels (Saint-Vith), il a enseigné les langues germaniques à Auvelais, Kinshasa, Eupen et Stavelot. Il vit et travaille depuis 1967 à G'Doumont (Malmedy). A partir de 1990, il débute parallèlement un travail de plasticien. Il a publié en langue française et allemande dans des revues et anthologies. Son dernier recueil est paru aux éditions Krautgarten. Il traduit également des poésies contemporaines.