mardi 4 février 2014

Patrick Weber à la Foire du Livre de Bruxelles

                                                             Description de cette image, également commentée ci-après

Patrick Weber sera en dédicaces le jeudi 20 février 2014 de 14h à 15h et de 17h à 18h à la Foire du Livre de Bruxelles. Et, par expérience, je peux vous dire qu'il est très accessible et sympathique! Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de deux de ses livres que j'ai lus.

 
"Guide de la Belgique royale" (éditions J-M Collet)
Né à Bruxelles en 1966, Patrick Weber est licencié en histoire de l'art et archéologie. Outre son intérêt pour les familles royales, il est aussi journaliste, scénariste et romancier. En 1997, Patrick Weber a écrit un guide très bien documenté et facile à consulter sur les traces laissées par les membres de la famille royale aux quatre coins du royaume.

Bruxelles, notre capitale, doit beaucoup à Léopold II, le roi bâtisseur, qui transforme le palais royal, agrandit le château de Laeken, crée l'avenue de Tervuren et de nombreux parcs publics, et fait construire, entre autres, la Tour Japonaise, le Pavillon Chinois, les arcades du Cinquantenaire, le palais de justice, le Mont des Arts et les serres de Laeken. Son père le roi Léopold Ier est, lui, à l'origine de l'église Notre-Dame de Laeken en hommage à son épouse la reine Louise-Marie. C'est dans cette église que se trouve la crypte de la famille royale. Quant à la Cour des Comptes (rue de la Régence), elle évoque le souvenir de leurs anciens propriétaires Philippe et Marie, comte et comtesse de Flandre, et de leur fils le roi Albert Ier qui est né dans ce palais.

Dans le Brabant wallon, la Chapelle Musicale Reine Elisabeth de Waterloo rappelle l'amour de la souveraine pour la musique. Non loin de là, le roi Léopold III, la princesse Lilian et leurs enfants se sont installés en 1960 au domaine royal d'Argenteuil, vendu par l'Etat belge en 2004.

La province de Namur abrite plusieurs sites liés à la famille royale :  les statues des rois Léopold Ier, Léopold II et Albert Ier à Namur, les châteaux de Ciergnon, Fenffe et Villers-sur-Lesse, mais aussi le rocher de Marche-les-Dames où le roi Albert Ier est décédé le 17 février 1934. La ville de Spa est associée à la reine Marie-Henriette qui y a passé les dernières années de sa vie, loin de son époux volage et du protocole de la Cour.

A la côte belge, la statue de Léopold Ier sur la digue de La Panne rappelle son arrivée d'Angleterre en juillet 1831, le Mémorial du roi Albert à Nieuport a été construit en hommage à son comportement durant la première guerre mondiale, tandis que le monument du roi Léopold II sur la digue d'Ostende a été construit pour remercier le roi bâtisseur de ses travaux d'embellissement en faveur de cette station balnéaire. Le Musée Prince Charles à Raversijde raconte la vie du prince Charles, oncle d'Albert II et régent du royaume de 1944 à 1950, et permet de visiter la maison de pêcheur où il a vécu de 1950 à son décès en 1983.

"Lilian : une princesse entre ombre et lumière" (éditions Racine)
A l'occasion du dixième anniversaire du décès de sa mère en 2012, la princesse Marie-Esméralda a sorti des dizaines de photos (dont beaucoup sont inédites) des archives familiales pour en faire un très bel album-photos. Il montre une princesse Lilian active et élégante en toutes circonstances, tant en public qu'en privé. Elle avait le physique, la classe et le glamour d'une star de cinéma des années 50. Les textes biographiques et objectifs de cet album-photos ont été écrits par le journaliste et écrivain Patrick Weber, mais on reste un peu sur sa faim car il y a peu d'infos exclusives.

Qui est Lilian Baels? Née en 1916 à Londres, elle est le septième enfant d'un couple d'Ostendais réfugié en Angleterre en raison de la guerre. Son père Henri Baels sera notamment avocat, échevin, administrateur de sociétés de pêcherie, député à la Chambre, ministre de l'Agriculture et des Travaux publics, et gouverneur de la province de Flandre Occidentale à partir de 1933. Elle fréquente l'école primaire des Sœurs de Saint-Joseph à Ostende, puis l'Institut des Dames du Sacré-Coeur. Elle parle le français, le néerlandais et l'anglais. Sa famille s'installe à Knokke en 1931 et fuit en France lors de l'invasion allemande de 1940.

Le roi Léopold III, veuf de la reine Astrid, tombe sous le charme de cette jeune femme belle, intelligente et ambitieuse, et l'épouse secrètement et religieusement en 1941. Contrairement à ce que prévoit la Constitution belge, leur mariage civil est célébré quelques mois plus tard, ce qui provoque une grande polémique et déçoit beaucoup de Belges. Le mythe du roi veuf et prisonnier s'effondre.

Léopold III, Lilian et leurs enfants subissent la surveillance à Laeken par les soldats nazis, puis la déportation en 1944 à la forteresse d'Hirschtein et l'exil en Suisse de 1945 à 1950 suite à la Question Royale. La princesse est l'objet de nombreuses critiques et on l'accuse, à tort ou à raison, d'influencer son mari. Mais dans la sphère privée, elle réussit, dans les années 40 et 50, à créer un foyer très chaleureux au sein de cette famille recomposée, dont on peut constater l'amour et la complicité sur de nombreuses photos.

De retour en Belgique, elle est une Première Dame brillante et élégante durant les années 50, et crée la Fondation Cardiologique Princesse Lilian.

A la page 51, Patrick Weber écrit :   "Une chose est sûre : le point de rupture dans la famille se situe en 1960, avec le mariage de Baudouin et Fabiola. Avant le mariage, toute la famille coule des jours heureux au château et personne ne peut imaginer quitter un jour ce domaine de Laeken auquel Léopold III est tellement attaché. Et puis tout se précipite...".   Patrick Weber fait là un raccourci un peu rapide car le départ de l'ancien roi de Laeken a été décidé dès 1959 sous la pression du gouvernement. C'est la seule erreur historique de cet album-photos.

Au domaine royal d'Argenteuil décoré avec goût, Léopold III et Lilian coulent des jours heureux. Pendant que son époux prépare ses expéditions à travers le monde et s'adonne à sa passion de la photographie, la princesse s'occupe de la Fondation Cardiologique Princesse Lilian et de sa harde de cerfs, les princesses Marie-Christine et Marie-Esméralda ont des cours particuliers à domicile. De nombreuses personnalités belges et étrangères sont les hôtes du couple.

Après la mort du roi Léopold III en 1983, Lilian n'apparaît plus qu'une seule fois en public, reprend contact avec son beau-fils le roi Albert II, fait publier les mémoires posthumes de son époux et a la joie de devenir la grand-mère d'Alexandra et Leopoldo.

vendredi 31 janvier 2014

Charles Ducal, Poète National Belge 2014-2015

A partir de ce mois de janvier, la Belgique a, à nouveau, son Poète National Belge (www.poetenational.be) :  Charles Ducal. Ce titre honorifique avait déjà été attribué il y a un siècle à Maurice Maeterlinck, et existe de nos jours dans d'autres pays (aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, p.ex.). Ce projet collectif est mené par les Maisons de la Poésie de Gand et Namur, l'organisation littéraire Vonk&Zonen à Anvers, Passa Porta à Bruxelles et le Fonds Prince Philippe.

Le Poète National Belge sera désigné
                       

pour deux ans et écrira au minimum six poèmes par an sur diverses thématiques de notre pays. Tous les poèmes seront disponibles dans les trois langues nationales par le biais des partenaires médias participants (Passa Porta s'occupant de la traduction). Le titre décerné en 2014 à un poète belge néerlandophone, sera cédé après deux ans à un poète francophone (une rumeur parle de Jean-Pierre Verheggen), et peut-être ensuite à un poète germanophone. Ce projet littéraire a pour doubles objectifs de promouvoir la poésie belge et  d'établir un pont entre les trois communautés linguistiques de notre pays.

Agé de 61 ans, Charles Ducal (pseudonyme de Frans Dumortier) est l'un des plus importants poètes belges néerlandophones....mais est un grand inconnu au sud du pays. Il a fait ses débuts en 1987 avec le recueil "Het Huwelijk", constatation cynique et caustique de la vie d'un couple marié. Au départ, ses textes portaient sur les conflits internes comme ceux entre la vie et la littérature. A partir des années 2000, il assouplit les formes un peu rigides qu'il exploitait et le monde extérieur s'infiltre dans ses poèmes. Parmi ses plus célèbres poèmes, on trouve un certain nombre de vers dans lesquels il analyse le phénomène de la pornographie sur Internet. En 2012, à l'occasion de son soixantième anniversaire et de ses 25 ans de poésie, ses sept recueils ont été réunis dans "Alsof ik er haast ben. Verzamelde gedichten 1987-2012".

Souhaitons beaucoup de succès à Charles Ducal qui va désormais être traduit dans les trois langues nationales, et à ce beau projet de Poète National Belge!

dimanche 19 janvier 2014

Premier roman de Martin Buysse

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Le Namurois Martin Buysse a déjà une carrière professionnelle bien remplie derrière lui :  doctorat en sciences physiques de l'UCL en 2003, directeur du campus de l'Institut Supérieur d'Architecture Saint-Luc à Tournai de 2010 à 2013, professeur à la faculté d'architecture de l'UCL. Parallèlement, cela fait une dizaine d'années qu'il écrit, sans réussir à être publié. C'est désormais chose faite avec "La logique du sang" paru aux éditions Zellige dans la collection "Vents du Nord" (www.zellige.fr/collections/vents_nord/vents.html).

"La logique du sang" raconte l'histoire de François qui s'éprend follement d'une jeune Palestinienne venue poursuivre ses études en Belgique. De leur amour naît une petite fille, Farah. La passion s'étiole, le couple se sépare et, lors d'un voyage à Gaza, la maison où Sana et sa fille séjournent, est la cible d'une opération militaire. Toutes deux sont retrouvées mortes dans les décombres. François n'a désormais plus qu'une idée en tête : se venger. Il met en place un plan implacable...

A l'occasion de la sortie de son roman, Martin Buysse a répondu aux questions de la journaliste Isabelle Monnart pour "La Dernière Heure" :

"C'est un fait divers qui vous a dicté ce roman?
- C'est plus qu'un fait divers puisque çà a eu des retentissements dans la presse internationale. Il s'agit d'une exécution extrajudiciaire, un assassinat ciblé, qui a eu lieu en 2002 dans les territoires palestiniens. Une bombe d'une tonne avait été larguée par un avion de chasse israélien, et cela avait fait de nombreuses victimes. Des années plus tard, une plainte avait été déposée devant un tribunal espagnol. Et puis, quand je lis un bouquin, j'ai envie d'être pris aux tripes. La question de la vengeance, c'est assez fascinant. Les enfants, aussi, çà fait vibrer particulièrement. Mais je ne savais pas ce qui allait arriver à ce bonhomme, s'il irait au bout de son projet.

- Votre écriture est très sèche, presque clinique?
- J'ai toujours eu du mal à couper dans mes textes, à réécrire. Cela dit, je sais d'emblée qu'il faut éviter les adverbes, les redondances. Je ne pense pas que cette sécheresse soit liée à l'intrigue du livre. Mais c'est peut-être l'amour du style qui m'a amené à l'écriture. Même s'il ne doit surtout pas être un obstacle entre le lecteur et l'histoire.

- Est-ce que vous vous êtes senti le droit de n'être pas moral dans votre histoire?
- Oui. En même temps, je n'ai pas grande expérience sur la question. Mais on raconte une histoire, c'est une fiction et on n'a pas besoin de se protéger. Après, on pense ce qu'on veut du héros et de ce qui se passe. Mais, pour tout dire, je ne donne pas très cher de sa peau. Plus largement, je me demande ce qu'il va devenir, après tout çà. Tout ce qu'il fait n'est qu'une fuite en avant".

jeudi 9 janvier 2014

Premier recueil de poésie de Marcelle Pâques


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A l'occasion de la sortie de son premier recueil de poésies, Marcelle Pâques a répondu par mail à mes questions :

"A quand remonte votre passion pour la poésie en tant que lectrice d'une part, et auteur d'autre part?

- La poésie fait partie de moi depuis toujours, c'est une certaine façon de vivre, habiller le quotidien de lumière pour dissiper la grisaille des jours. La première fois que quelqu'un m'a dit que j'étais poète, c'est quand vers mes 8 ans, je devais dessiner ma grand-mère pour l'école....mais je n'ai pas connu mes grands-mères. Alors j'ai dessiné ma maison et j'ai écrit qu'une maison, c'est comme une grand-mère : accueillant et chaleureux! En tant que lectrice, mon premier véritable coup de cœur :  "Le Petit Prince". Une leçon de vie poétique.

- Quels sont vos poètes préférés?

- En musique comme en poésie, je suis très éclectique et toujours avide de découvertes. J'aime Prévert, Baudelaire, Neruda, Aragon, Verlaine, René Char, Apollinaire, Colette Nys-Mazure, Léon, Paul Fargue, et ce n'est pas fini !!!

-  Pourquoi avez-vous choisi "Bientôt les jonquilles" comme titre de votre premier recueil? Sur quels critères avez-vous choisi les poèmes qui en font partie?

- Pourquoi "Bientôt les jonquilles"? C'est parti d'un petit haïku :
                    Un sapin déçu
                    Se retrouve à la rue
                    Bientôt les jonquilles
  Je crois que quand les ennuis tombent sur nous comme flocons de neige, nous pensons au renouveau, aux jonquilles!!!

- L'esprit de votre recueil m'a fait penser à Colette Nys-Mazure (la vie plus forte que la mort, les petites joies du quotidien à savourer, l'espoir d'un avenir meilleur, etc.). Etes-vous d'accord avec cette association entre vous deux?

- Je suis très flattée de cette comparaison car c'est une auteure que j'apprécie particulièrement ("Lorsque la cruauté fait déborder la vasque, tu vas reprendre feu et vie au ventre des jardins"). Et aussi :  "Elle ourle le temps à points patients attentive aux pas de loup du chat entre les fraisiers". Des petits moments de grâce dans la vie quotidienne, c'est un bonheur qu'elle nous fait partager avec tant de talent!

- Est-ce facile de faire connaître son premier recueil? Comment faites-vous pour en assurer la promotion?

- J'ai un blog http://marcellepaques.skynetblogs.be avec de nombreux visiteurs, le réseau Arts et Lettres dont je fais partie, la revue "Les petits papiers de Chloé", le cercle littéraire hennuyer Clair de Luth, les salons du livre, Facebook. Mon recueil a obtenu quelques belles critiques, notamment de Denis Billamboz de Besançon et Thierry Allart sur le site Critiques Libres :  www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/30975 .

- Quels sont vos projets littéraires pour 2014?

- Pour 2014, sortie d'un autre recueil qui s'intitule "Pourquoi pas?". L'idée m'est venue en lisant une citation de Georges Bernard Shaw :  "Certains regardent la réalité et disent : pourquoi? Moi, je rêve de l'impossible et je dis : pourquoi pas? Cela me correspond tout à fait".       
  
J'ai apprécié l'esprit positif de ce recueil. Mon seul reproche concerne l'éditeur : les pages blanches se trouvant ici et là au milieu du recueil sont regrettables... Enfin, pour terminer, je vous propose le poème "Résilience" issu du recueil de Marcelle Pâques.

     "Un rayon de soleil s'aventure
     Dans la grisaille du quotidien
     Une ombre fantasque sur le mur
     Vacille, s'étonne c'est le chagrin
     Tel un vampire fuyant la clarté
     Dégoûté par le soleil des jours
     Le chagrin disparaît dépité
     Sous les huées de notre amour
     Les pensées en friche vont refleurir
     Bientôt! L'insolence du muguet
     Exhalant le parfum du désir
     Quelques brins d'un bonheur obstiné".
                              

mardi 24 décembre 2013

jeudi 5 décembre 2013

"Vallotton, le soleil même la mort" (Colette Nys-Mazure)

                                                        

A l'occasion de la sortie de "Vallotton, le Soleil ni la mort" inspiré du tableau "Le ballon" (1899) de Félix Vallotton, Colette Nys-Mazure a répondu à mes questions par mail :

"Comment est né ce projet?
- J'avais déjà écrit pour Dominique Tourte des éditions Invenit un ouvrage consacré au tableau du Pensionnaire de Saraceni :  "Le reniement de Saint-Pierre", joyau du musée de la Chartreuse de Douai. Cet ouvrage étant épuisé, au lieu de le ré-éditer, il m'a demandé de travailler autour d'un tableau de Félix Vallotton à l'occasion de la rétrospective qui se tient actuellement au Grand Palais à Paris. Nous sommes tombés d'accord sur "Le ballon". Il m'a laissé carte blanche. Je me suis informée sur Vallotton, j'ai vu ses œuvres et lu son roman "La vie meurtrière". J'ai d'abord tout écrit en poésie, puis tout en prose. Et j'ai ensuite allié les deux en alternant.

- Pouvez-vous nous expliquer la signification du titre?
- Il est emprunté à une maxime du grand La Rochefoucauld du XVIIème siècle :  "Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face". J'y ai vu l'aire solaire du tableau mais aussi sa plus grande part d'ombre. J'ai entendu les échos entre cette œuvre et ma propre vie, notamment dans l'enfance.

- Ce n'est pas la première fois que la peinture est associée à vos livres (je pense notamment à "L'espace du pardon" et "Perdre pied"). Etes-vous une passionnée de peinture? Quels sont vos peintres préférés?
- Oui, j'ai consacré deux autres ouvrages encore à la peinture :  "Célébration de la lecture" et "A nous deux!". J'aurais aimé être peintre mais je ne pouvais pratiquer peinture et écriture tout en élevant une famille, en enseignant, etc. Donc j'ai dû choisir, mais je compense en écrivant à partir de la peinture, en collaborant avec des artistes contemporains (préfaces, livres d'artistes). J'en aime tant et tant à toutes les époques et dans de nombreux pays! En vrac :  Manet, Klee, Matisse, Bonnard, de La Tour, Soulage, Vieira da Silva, Zoran Music... Des Japonais et des Italiens, des anonymes d'hier et d'aujourd'hui... Aussi difficile que de choisir entre des poètes!

- J'ai lu que vous aviez eu un coup de cœur pour le jeune poète belge Antoine Wauters. Pouvez-vous nous en parler?
- Lors des lectures en vue de l'attribution du Prix de la Ville de Tournai, j'ai découvert avec émotion et émerveillement "Césarine de nuit". Un conte d'amour et de mort, de tendresse et de violence, puissamment poétique, qui plonge ses racines dans l'humus des grands mythes de l'humanité. L'écriture est fluide : elle coule de source et adopte une forme de poèmes en prose très cadrés. Les métaphores s'incisent en nos imaginaires et la musique ne nous quitte plus.

- Quels sont vos projets littéraires pour les prochains mois?
- J'ai plusieurs livres de poésies en préparation avec des artistes français et belges".

Cliquez ci-dessous sur "Nys-Mazure Colette" pour retrouver 18 autres articles qui lui sont consacrés.

mercredi 27 novembre 2013

Prix des Lycéens 2013

Lancé il y a 20 ans, le Prix des Lycéens bénéficie aujourd'hui de la participation de 2.500 élèves de l'enseignement secondaire supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pendant six mois, ils doivent lire 10 romans sélectionnés et apprennent à argumenter, affiner leurs choix et défendre leurs points de vue. Véritable plaidoyer pour la lecture auprès des jeunes, le Prix des Lycéens (organisé tous les deux ans) a également pour objectif de promouvoir des écrivains belges contemporains d'expression française, puisque cinq romans d'entre eux sont proposés à la lecture des jurés. Des fictions qui permettent à la jeune génération d'enrichir son éventail de lectures, de découvrir de nouveaux univers, de se confronter à des histoires nées chez nous.

Autre originalité du prix : celui-ci permet de rencontrer les écrivains de la présélection, de nouer un autre rapport avec la littérature. Ces animations sont organisées dans les classes, les bibliothèques ou les librairies. Les classes sont invitées à prolonger leurs lectures par diverses réalisations :  correspondances, poèmes, blogs de lectures, mises en scènes, interviews, peintures, bandes dessinées, etc.

Lauréats du Prix des Lycéens :
- 1993 :  "Choses qu'on dit la nuit entre deux villes" de Francis Dannemark
- 1995 :  "Le passeur de lumière" de Bernard Tirtiaux
- 1997 ;  "Le jeu du roman" de Louise L. Lambrichs
- 1999 :  "Antigone" de Henri Bauchau
- 2001 (ex-aequo) :  "Quatrième étage" de Nicolas Ancion et "Oubliez Adam Weinberger" de Vincent Engel
- 2003 :  "Helena Vannek" d'Armel Job
- 2005 (ex-aequo) :  "La grande nuit" d'André-Marcel Adamek et "La seconde vie d'Abram Potz" de Foulek Ringelheim
- 2007 :  "Pitié pour le mal" de Bernard Tirtiaux
- 2009 :  "Le journaliste français" de Tuyet-Nga Nguyen
- 2011 :  "Tu ne jugeras point" d'Armel Job
- 2013 :  "Les étoiles de l'aube" de Bernard Gheur

Bernard Gheur raconte cette aventure dans la dernière revue "Le Carnet et les Instants" :

"Ayant eu la chance d'être sélectionné parmi les cinq finalistes du Prix des Lycéens, j'ai accompli, durant plusieurs mois, une sorte de tournée des écoles secondaires aux quatre coins de la Belgique francophone :  Le Roeulx, Spa, Jodoigne, Châtelet, Châtelineau, Basècles, Péruwelz, Woluwe-Saint-Lambert, Ferrières, Embourg, Beloeil, Braine-l'Alleud, Verviers, Jumet, Gembloux, Lessines, Jambes, Waremme, Uccle, Arlon. Une vingtaine de professeurs m'ont invité à rencontrer leurs élèves. Enfin, lecture faite, 2.500 jeunes ont connu le délice d'élire leurs livres préférés.

Le 8 mai, une partie de cette jeune armée a convergé vers le Passage 44 à Bruxelles. Par bonheur, ce fut mon jour V. J'ai sous les yeux le travail de français d'une rhétoricienne. La couverture indique :  Mon journal de bord - Les étoiles de l'aube - Prix des Lycéens 2013 - Sarah - 6C. Le journal intime de cette jeune fille - manuscrit comme il se doit - est d'une nature singulière. Il s'agit d'un journal de lecture. A mesure que Sarah progresse dans la traversée de mon roman, elle note ses impressions. Selon les jours, elle se dit intriguée, désorientée ou captivée. Parfois elle ne me rate pas : "Trop de témoignages sur la guerre. Cela devient lassant!". Pour conclure, la jeune fille écrit :  "Ce livre 'a ouvert les yeux sur la vie qu'ont eue nos grands-parents et arrières-grands-parents". Pour l'auteur du roman, ce journal de bord, plein de sincérité, riche de sens critique, est un document très éclairant.

J'aurais dû tenir, de mon côté, un journal de mes pérégrinations. Tant de souvenirs intenses s'y rattachent. Rencontrer ses lecteurs et lectrices, les yeux dans les yeux, bavarder avec eux à cœur ouvert, être interrogé sur ses personnages comme s'ils étaient vivants. Quelle rare, quelle belle expérience! Les questions fusent. Pénétrantes. Les filles se mettent en évidence. Certains garçons restent cois. Je les comprends. Je voudrais leur confier qu'à leur âge, pour rien au monde, je n'aurais pris la parole dans ce genre de circonstance.

Et toutes ces enseignantes, si impliquées dans la réussite de l'aventure, si désireuses de susciter des moments magiques. Parmi les exercices proposés, inventer une fin différente pour "Les étoiles de l'aube". Alisson, Audrey et Marianne s'y collent. Leurs variantes ne manquent pas d'astuce romanesque ; elles sont en tout cas plus romantiques que mon épilogue. Quand je croisais les autres finalistes, et que nous échangions nos impressions, nous convenions que c'était, à chaque fois, un merveilleux bain de jouvence. Et un encouragement puissant à reprendre notre bâton d'écrivain, à nous hasarder sur le long chemin solitaire d'un nouveau roman".