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mercredi 6 mai 2026

L'auteur belge Dimitri Verhulst

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Dimitri Verhulst fait partie de ces acteurs culturels belges qui jettent des ponts au-dessus de la frontière linguistique. Cela fait une dizaine d'années que l'écrivain a quitté Gand pour s'installer à Huccorgne, près de Wanze. Il a été co-présentateur avec Hadja Lahbib de l'émission culturelle bilingue "Vlaams kaai" sur Arte Belgique. Et il poursuit sa carrière littéraire tant au nord qu'au sud du pays.

Un de ses romans en français s'appelle "L'entrée du Christ à Bruxelles". Il imagine qu'une dépêche annonce que le Christ viendra sur Terre, et à Bruxelles le jour de la fête nationale le 21 juillet. Cette simple annonce bouleverse la vie des habitants, perturbe les autorités, rameute les curieux. Une fable souvent très drôle qui est aussi un regard sans concession sur notre société.

A l'occasion de la sortie de "L'entrée du Christ à Bruxelles", Dimitri Verhulst a répondu en 2013 aux questions du journalite Guy Duplat :

"L'entrée du Christ à Bruxelles est une référence au tableau de James Ensor même si vous ne parlez pas du peintre?
- C'est un peu un retour à la littérature. James Ensor avait lu la nouvelle de Balzac, "Jésus-Christ en Flandre". Je remets cette idée à nouveau dans la littérature. On a vu, ces dernières années, d'autres parodies d'Ensor, comme l'entrée de Mahomet à Kuala Lumpur. C'est chaque fois la même idée : quel est l'impact de la venue de quelqu'un qui, si on y croit, symbolise le bien?

- Sa venue permet de réaliser l'utopie d'un monde meilleur?
- Je montre en effet que les gens seraient alors prêts à se battre pour un monde plus juste, simplement à cause de l'arrivée du Christ, parfois parce qu'on a peur de ce qu'il pourrait nous dire. Mais pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose sans cela? Mon combat, mon idéal, ce n'est pas d'attendre un dieu, qui d'ailleurs ne viendra pas, mais de réaliser déjà ce monde meilleur, aujourd'hui. Pourquoi faudrait-il un retour des religions, avec leurs diktats et leurs "conseils" pour qu'on se préoccupe enfin des autres? Je n'aurais jamais cru qu'en 2013, des siècles après les Lumières, on ait encore besoin de l'arrivée d'un dieu sur terre pour se préoccuper du bien des hommes. Mais il est vrai qu'aujourd'hui, l'égoïsme domine et que trop de gens, quand ils croisent un SDF à la Gare Centrale, se disent qu'ils s'en foutent car de toute manière, c'est de sa faute.

- Vous adoptez le ton de la farce, tout le monde y passe et en prend pour son grade. Vous n'êtes pas un peu misanthrope?
- C'est mon rapport à Ensor qui avait ce même ton avec son monde de 1880. C'est un plaisir de faire cela, comme lors d'un carnaval. Mais la misanthropie, non. C'était le thème d'un roman (non traduit), "Journées de merde sur une boule de merde", mais pas ici où je parle plutôt de la petitesse des gens, j'évoque aussi l'univers des villes avec Bruxelles mais cela pourrait être Paris ou Eindhoven, ces villes où règne un égoïsme quand chacun se replie sur son chez soi, bien chauffé, n'ayant plus comme vie sociale que Facebook. C'est mon droit de mettre ce monde en question où les gens ont perdu l'habitude de se dire bonjour. Je le vois chaque jour. A Wanze, tout le monde se salue, mais déjà à Huy, c'est fini et personne n'aide quelqu'un en lui ouvrant une porte. Au grand magasin, quand une caisse supplémentaire s'ouvre, tout le monde se précipite pour dépasser son voisin.

- Votre héros (est-ce vous?) dit : "Je suis ce fou inoffensif qui rêve doucement d'un monde sans nationalités, sans drapeaux, un monde sans passeports comme c'était encore le cas avant la première guerre mondiale".
- Stefan Zweig était par hasard à Ostende chez James Ensor quand a éclaté la guerre. C'est alors qu'on a instauré le passeport et il n'a pas pu rentrer chez lui. Sur mon passeport, on indique que je suis né à Alost, mais cela ne dit rien de mon caractère, de mon esprit. C'est curieux ces questions : on me qualifie de Flamand quand je vis en Wallonie, comme on qualifie de Turcs des immigrés venus de Turquie et habitant chez nous, parfois depuis leur naissance. Pour moi, il n'y a pas de frontières, pas de différence entre un habitant d'Eeklo, de Rochefort ou du Kosovo. Certes, je connais la convention de Genève qui réserve l'accueil aux réfugiés politiques, mais pourquoi la pauvreté qui les chasse ne serait pas une bonne raison? L'économie ne serait-elle pas politique aussi comme on le voit avec Mittal? Quelle différence de souffrances y a-t-il entre quelqu'un qui meurt d'une balle dans la tête pour ses convictions et celui qui meurt de faim? Qu'est-ce qui nous permet de dire qu'une souffrance est à 100% et une autre à 40%? Personne ne fait le choix de naître où il est né. Si j'avais eu le choix, je n'aurais pas choisi un père alcoolique.

- Pourquoi avoir quitté Gand ?
- C'est bizarre qu'on me demande toujours çà. Pourquoi un Belge ne peut-il pas vivre en Belgique? Demande-t-on à un Belge pourquoi il a choisi de vivre en Provence? En fait, je connaissais bien la Wallonie dès mon enfance ; j'ai escaladé tous les rochers de la région. Et à Gand, je voyais monter, comme ailleurs en Flandre, l'extrême-droite. Mais j'ai bien vu qu'en Wallonie aussi, il y a une certaine xénophobie qui augmente. Entendre des Wallons parler parfois des Arabes ou des homosexuels, me fait peur. Disons que je continue mon combat humaniste, cette fois depuis la Wallonie.

- Que représente la Belgique?
- Impossible à la définir. Mais il y a quelque chose. J'ai travaillé avec le photographe de Magnum, Harry Gruyaert, pour un livre de photos sur la Belgique. Dans toutes, même des détails, on sentait qu'on était en Belgique même si on ne pouvait dire pourquoi. J'ai écrit ce livre sur l'entrée du Christ en pleine crise gouvernementale interminable. Une telle crise en Afrique aurait mené à la guerre civile. Pas chez nous, où règne un goût de la tranquilité, où on a continué à payer nos impôts. Nous avons réussi à construire une société qui peut fonctionner même sans ses directeurs et gardiens.

- Bart De Wever?
- Pourquoi toujours parler de lui? Mais il n'est pas tabou, il est le produit de son temps, la victime de petits esprits. Son discours n'est pas le mien quand il parle de territoires comme si on était encore au Moyen Age. Mais sans doute, ces gens qui ont accepté de manger du McDo toute leur vie, ont-ils maintenant peur de cette mondialisation qu'ils acceptaient? Je préfère dire que je suis fier d'être belge quand je vois que l'on vient de l'étranger chez nous grâce à nos lois généreuses sur l'avortement et l'euthanasie. Nous avons eu de vrais débats et de vrais lois pour répondre à la souffrance des gens.

- La merditude des choses : c'était votre histoire?
- Je voulais lever un tabou, parler de l'alcoolisme qu'on cache trop souvent, de ces enfants de 10 ans qu'on retrouve endormis à une heure du matin sur le billard du café car la loi précise seulement qu'ils doivent être accompagnés d'un adulte, sans dire dans quel état est cet adulte. Cela n'a toujours pas changé d'ailleurs. Mon prochain livre sort en mai et parlera d'un homme de 70 ans qui n'a plus de plaisir dans la vie et dans son couple et choisit de simuler la maladie d'Alzheimer pour être séparé de sa femme, dans un home, à voir ce que les gens disent de lui. On parle peu de la solitude et de la tristesse des gens âgés".

mercredi 13 juin 2018

La Flandre à la Foire du Livre de Bruxelles 2019

La Foire du Livre (francophone) de Bruxelles fêtera son 50ème anniversaire en février 2019. A cette occasion, elle a choisi la Flandre comme invitée d'honneur. Le ministre flamand de la Culture Sven Gatz a déjà débloqué un budget de 400.000 euros pour préparer la venue des auteurs flamands ("Cela nous permettra de mieux nous faire connaître du public francophone, et de mieux rapprocher nos deux communautés dans une ville si diversifiée").

Voici 11 auteurs flamands vivants dont j'ai parlé sur ce blog :










Et vous, quels sont vos coups de cœur littéraires au nord du pays?

mercredi 25 février 2015

La Foire du Livre de Bruxelles

La Foire du Livre de Bruxelles se tiendra du 26 février au 2 mars 2015 sur le site de Tour et Taxis. Vous trouverez le programme complet et toutes les infos pratiques sur www.flb.be


J'attire juste votre attention sur les séances de dédicaces de quelques auteurs belges dont j'ai déjà parlé sur ce blog  :


- Frank ANDRIAT le dimanche à 14h sur le stand 312


- Jean-Baptiste BARONIAN le samedi à 15h sur le stand 100


- Alain BERENBOOM le vendredi à 18h sur le stand 414, le samedi à 16h sur le stand 300 et à 18h sur le stand 318, le dimanche à 12h sur le stand 211, à 14h sur le stand 300 et à 16h sur le stand 318


- Daniel CHARNEUX le samedi à 11h sur le stand 227 et à 14h sur le stand 235, le lundi à 14h sur le stand 227


- Xavier DEUTSCH le samedi à 14h sur le stand 235 et à 15h sur le stand 313, le dimanche à 10h sur le stand 138 et à 11h sur le stand 110


- Vincent ENGEL le dimanche à 14h sur le stand 136 et à 15h sur le stand 100


- Françoise HOUDART le samedi à 14h sur le stand 227 et le lundi à 11h sur le stand 227


- Armel JOB le samedi à 13h sur le stand 417 et à 16h sur le stand 235


- Françoise LALANDE le vendredi à 19h sur le stand 227, le dimanche à 13h sur le stand 227 et à 14h sur le stand 235, le lundi à 15h sur le stand 227


- Stefan LIBERSKI le samedi à 16h sur le stand 103 et le dimanche à 14h sur le stand 103


- Françoise LISON-LEROY le vendredi à 18h sur le stand 237 et le samedi à 17h sur le stand 237


- Amélie NOTHOMB le samedi à 14h sur le stand 100 et le dimanche à 14h sur le stand 100


- Colette NYS-MAZURE le vendredi à 19h sur le stand 312


- Françoise PIRART le samedi à 11h sur le stand 227 et le dimanche à 16h sur le stand 227


- Dimitri VERHULST le dimanche à 16h et à 18h sur le stand 312


- Evelyne WILWERTH le jeudi à 15h sur le stand 228 et à 18h sur le stand 214, le vendredi à 15h sur le stand 228, le samedi à 15h sur le stand 228 et le dimanche à 17h sur le stand 214

samedi 2 mars 2013

43ème Foire du Livre de Bruxelles

La 43ème Foire du Livre de Bruxelles se tiendra du 7 au 11 mars 2013 sur le site de Tour&Taxis. Quelques chiffres :  17.500 m2, 925 auteurs, 1.030 éditeurs, 225 événements et 70.000 visiteurs l'an dernier. Il serait exhaustif de citer ici toutes les animations et séances de dédicaces (pour plus d'infos : www.flb.be), mais voici quelques écrivains belges dont je vous ai déjà parlé et qui seront présents à la Foire du Livre de Bruxelles :   Franck Andriat, Alain Berenboom, Francis Dannemark, Caroline De Mulder, Xavier Deutsch, François Emmanuel, Vincent Engel, Jacques Goyens, Armel Job, Stéphane Lambert, Amélie Nothomb, Colette Nys-Mazure, Dimitri Verhulst, David Van Reybrouck, etc. Bonne foire du livre à tous!

mercredi 20 février 2013

Nouveau roman de Dimitri Verhulst

                                         Résultat d’images pour dimitri verhulst

Dimitri Verhulst (40 ans) fait partie de ces acteurs culturels belges qui jettent des ponts au-dessus de la frontière linguistique. Cela fait neuf ans que l'écrivain a quitté Gand pour s'installer à Huccorgne, près de Wanze. Il est co-présentateur avec Hadja Lahbib de l'émission culturelle bilingue "Vlaams kaai" sur Arte Belgique. Et il poursuit sa carrière littéraire tant au nord qu'au sud du pays.

Son nouveau roman en français s'appelle "L'entrée du Christ à Bruxelles". Il imagine qu'une dépêche annonce que le Christ viendra sur Terre, et à Bruxelles le jour de la fête nationale le 21 juillet. Cette simple annonce bouleverse la vie des habitants, perturbe les autorités, rameute les curieux. Une fable souvent très drôle qui est aussi un regard sans concession sur notre société.

A l'occasion de la sortie de "L'entrée du Christ à Bruxelles", Dimitri Verhulst a répondu aux questions du journalite Guy Duplat :

"L'entrée du Christ à Bruxelles est une référence au tableau de James Ensor même si vous ne parlez pas du peintre?
- C'est un peu un retour à la littérature. James Ensor avait lu la nouvelle de Balzac, "Jésus-Christ en Flandre". Je remets cette idée à nouveau dans la littérature. On a vu, ces dernières années, d'autres parodies d'Ensor, comme l'entrée de Mahomet à Kuala Lumpur. C'est chaque fois la même idée : quel est l'impact de la venue de quelqu'un qui, si on y croit, symbolise le bien?

- Sa venue permet de réaliser l'utopie d'un monde meilleur?
- Je montre en effet que les gens seraient alors prêts à se battre pour un monde plus juste, simplement à cause de l'arrivée du Christ, parfois parce qu'on a peur de ce qu'il pourrait nous dire. Mais pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose sans cela? Mon combat, mon idéal, ce n'est pas d'attendre un dieu, qui d'ailleurs ne viendra pas, mais de réaliser déjà ce monde meilleur, aujourd'hui. Pourquoi faudrait-il un retour des religions, avec leurs diktats et leurs "conseils" pour qu'on se préoccupe enfin des autres? Je n'aurais jamais cru qu'en 2013, des siècles après les Lumières, on ait encore besoin de l'arrivée d'un dieu sur terre pour se préoccuper du bien des hommes. Mais il est vrai qu'aujourd'hui, l'égoïsme domine et que trop de gens, quand ils croisent un SDF à la Gare Centrale, se disent qu'ils s'en foutent car de toute manière, c'est de sa faute.

- Vous adoptez le ton de la farce, tout le monde y passe et en prend pour son grade. Vous n'êtes pas un peu misanthrope?
- C'est mon rapport à Ensor qui avait ce même ton avec son monde de 1880. C'est un plaisir de faire cela, comme lors d'un carnaval. Mais la misanthropie, non. C'était le thème d'un roman (non traduit), "Journées de merde sur une boule de merde", mais pas ici où je parle plutôt de la petitesse des gens, j'évoque aussi l'univers des villes avec Bruxelles mais cela pourrait être Paris ou Eindhoven, ces villes où règne un égoïsme quand chacun se replie sur son chez soi, bien chauffé, n'ayant plus comme vie sociale que Facebook. C'est mon droit de mettre ce monde en question où les gens ont perdu l'habitude de se dire bonjour. Je le vois chaque jour. A Wanze, tout le monde se salue, mais déjà à Huy, c'est fini et personne n'aide quelqu'un en lui ouvrant une porte. Au grand magasin, quand une caisse supplémentaire s'ouvre, tout le monde se précipite pour dépasser son voisin.

- Votre héros (est-ce vous?) dit : "Je suis ce fou inoffensif qui rêve doucement d'un monde sans nationalités, sans drapeaux, un monde sans passeports comme c'était encore le cas avant la première guerre mondiale".
- Stefan Zweig était par hasard à Ostende chez James Ensor quand a éclaté la guerre. C'est alors qu'on a instauré le passeport et il n'a pas pu rentrer chez lui. Sur mon passeport, on indique que je suis né à Alost, mais cela ne dit rien de mon caractère, de mon esprit. C'est curieux ces questions : on me qualifie de Flamand quand je vis en Wallonie, comme on qualifie de Turcs des immigrés venus de Turquie et habitant chez nous, parfois depuis leur naissance. Pour moi, il n'y a pas de frontières, pas de différence entre un habitant d'Eeklo, de Rochefort ou du Kosovo. Certes, je connais la convention de Genève qui réserve l'accueil aux réfugiés politiques, mais pourquoi la pauvreté qui les chasse ne serait pas une bonne raison? L'économie ne serait-elle pas politique aussi comme on le voit avec Mittal? Quelle différence de souffrances y a-t-il entre quelqu'un qui meurt d'une balle dans la tête pour ses convictions et celui qui meurt de faim? Qu'est-ce qui nous permet de dire qu'une souffrance est à 100% et une autre à 40%? Personne ne fait le choix de naître où il est né. Si j'avais eu le choix, je n'aurais pas choisi un père alcoolique.

- Pourquoi avoir quitté Gand il y a neuf ans?
- C'est bizarre qu'on me demande toujours çà. Pourquoi un Belge ne peut-il pas vivre en Belgique? Demande-t-on à un Belge pourquoi il a choisi de vivre en Provence? En fait, je connaissais bien la Wallonie dès mon enfance ; j'ai escaladé tous les rochers de la région. Et à Gand, je voyais monter, comme ailleurs en Flandre, l'extrême-droite. Mais j'ai bien vu qu'en Wallonie aussi, il y a une certaine xénophobie qui augmente. Entendre des Wallons parler parfois des Arabes ou des homosexuels, me fait peur. Disons que je continue mon combat humaniste, cette fois depuis la Wallonie.

- Que représente la Belgique?
- Impossible à la définir. Mais il y a quelque chose. J'ai travaillé avec le photographe de Magnum, Harry Gruyaert, pour un livre de photos sur la Belgique. Dans toutes, même des détails, on sentait qu'on était en Belgique même si on ne pouvait dire pourquoi. J'ai écrit ce livre sur l'entrée du Christ en pleine crise gouvernementale interminable. Une telle crise en Afrique aurait mené à la guerre civile. Pas chez nous, où règne un goût de la tranquilité, où on a continué à payer nos impôts. Nous avons réussi à construire une société qui peut fonctionner même sans ses directeurs et gardiens.

- Bart De Wever?
- Pourquoi toujours parler de lui? Mais il n'est pas tabou, il est le produit de son temps, la victime de petits esprits. Son discours n'est pas le mien quand il parle de territoires comme si on était encore au Moyen Age. Mais sans doute, ces gens qui ont accepté de manger du McDo toute leur vie, ont-ils maintenant peur de cette mondialisation qu'ils acceptaient? Je préfère dire que je suis fier d'être belge quand je vois que l'on vient de l'étranger chez nous grâce à nos lois généreuses sur l'avortement et l'euthanasie. Nous avons eu de vrais débats et de vrais lois pour répondre à la souffrance des gens.

- La merditude des choses : c'était votre histoire?
- Je voulais lever un tabou, parler de l'alcoolisme qu'on cache trop souvent, de ces enfants de 10 ans qu'on retrouve endormis à une heure du matin sur le billard du café car la loi précise seulement qu'ils doivent être accompagnés d'un adulte, sans dire dans quel état est cet adulte. Cela n'a toujours pas changé d'ailleurs. Mon prochain livre sort en mai et parlera d'un homme de 70 ans qui n'a plus de plaisir dans la vie et dans son couple et choisit de simuler la maladie d'Alzheimer pour être séparé de sa femme, dans un home, à voir ce que les gens disent de lui. On parle peu de la solitude et de la tristesse des gens âgés".