Affichage des articles dont le libellé est Lanoye Tom. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lanoye Tom. Afficher tous les articles

mercredi 16 octobre 2024

Tom Lanoye (Prix des Lettres Néerlandaises 2024)


Le Prix des Lettres Néerlandaises est la plus importante récompense littéraire néerlandophone. Elle est remise tous les trois ans, alternativement en Belgique et aux Pays-Bas par le souverain. Pour cette année 2024, le roi Philippe a remis le Prix des Lettres Néerlandaises 2024 au Belge Tom Lanoye.

Né en 1958 à Saint-Nicolas, Tom Lanoye est un poète, romancier et scénariste belge. Ses livres sont traduits en français :  https://ecrivainsbelges.blogspot.com/2011/01/tom-lanoye-enfin-traduit-en-francais.html

C'est aussi un homme engagé, comme je vous en avais parlé dans cet article :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2012/10/tom-lanoye-un-ecrivain-belge-engage.html

mercredi 13 juin 2018

La Flandre à la Foire du Livre de Bruxelles 2019

La Foire du Livre (francophone) de Bruxelles fêtera son 50ème anniversaire en février 2019. A cette occasion, elle a choisi la Flandre comme invitée d'honneur. Le ministre flamand de la Culture Sven Gatz a déjà débloqué un budget de 400.000 euros pour préparer la venue des auteurs flamands ("Cela nous permettra de mieux nous faire connaître du public francophone, et de mieux rapprocher nos deux communautés dans une ville si diversifiée").

Voici 11 auteurs flamands vivants dont j'ai parlé sur ce blog :










Et vous, quels sont vos coups de cœur littéraires au nord du pays?

jeudi 23 février 2012

Les Flamands à la Foire du Livre de Bruxelles

Article de Béatrice Delvaux paru dans le journal "Le Soir" :

La Boekenbeurs flamande qui se déroulait en novembre dernier ne comptait quasi qu'un écrivain belge francophone : Christophe Deborsu pour son livre "Dag Vlaanderen" qui a fait un tabac au nord du pays. La Foire du Livre de Bruxelles qui prend son envol ce jeudi veut, elle, faire la part belle au bilinguisme. Dominique Michiels précise : "La campagne de communication que nous avons menée pour la première fois vers le nord du pays aura des retombées : des télévisions flamandes viendront ainsi que de nouveaux exposants flamands qui rejoignent certains éditeurs déjà présents autrefois comme Ons Erfdeel".

Impossible de s'en passer, le "bissexué" Christophe Deborsu sera aussi de la partie dimanche - pour ce qui ne manque pas de sel - pour évoquer son livre qui n'existe qu'en néerlandais. Mais c'est à un tête-à-tête "Noord&Sud" qu'il participera avec le "vrai" Flamand Bert Kruismans, qui a déjà publié deux tomes de "Foert Non di dju" avec notre caricaturiste Pierre Kroll. Josse De Pauwe, l'acteur culte flamand, que l'on peut voir cette semaine dans la pièce "Raymond" au KVS, dédicacera sa biographie drôle et émouvante, "Le temps d'être" (Genèse Editions) au stand de la Sabam. La foire sera sex, books and rock'n'roll en flamand également puisque la Fnac proposera les showcases de Geike, l'ex-chanteuse de Hooverphonic et de Sioen, auteur-compositeur pop gantois.

Mais pour dire tout son intérêt pour la littérature du nord du pays, la Flandre voulait sa star Tom Lanoye. Il sera là samedi pour lire des extraits de "Forteresse Europe", son nouveau livre en français, en duo avec son complice et traducteur Alain van Crugten. Pour Lanoye, ce passage à Bruxelles marque son retour au pays après quelques semaines en Afrique du Sud. Il débarquera quasi en direct de son avion à Tour&Taxis : "Je suis ravi qu'un nouveau livre soit traduit parce que cela veut dire que ma maison d'édition était contente avec la sortie de "La langue de ma mère", mais je suis content aussi car ce livre, "Forteresse Europe", est très différent. C'est le plus bizarre, écrit pour le metteur en scène de théâtre Johan Simons mais qui peut se lire comme une série de nouvelles, un choeur de voix. C'est un hymne éclaté".

Ecrit en 2004 et situé à l'époque en 2020, jamais "Forteresse Europe" n'aura donné autant l'impression d'avoir été rédigé aujourd'hui sur la dérive que traverse l'Europe. Comme le dit Lanoye, de ce livre si peu conventionnel, c'est au lecteur de tirer les fils. Des personnages européens anonymes y disent dans des langues tour à tour brutales, crues, poétiques, leur fatigue, leur flatterie ou les outrances de ce continent hors d'usage. Un Juif errant, un biologiste des cellules souches, un hommes d'affaires, trois Grâces dont l'une porte le fer dans la plaie européenne. Le livre, qui n'est pas un pamphlet politique, est construit autour de deux idées centrales. Primo, l'immigration gigantesque et le désespoir des réfugiés : "Ceux qui ont construit l'Europe en ont fait une forteresse qui les enferme : ils ont de plus en plus peur de l'extérieur. C'est ce que j'appelle : la vérité de l'exil". Deuxième idée : "Elle tourne autour de cette boutade qui résume tout et qui dit qu'est-ce qu'un Européen? Quelqu'un qui dit au monde que nous avons tout inventé, pourquoi nous sommes supérieurs. Alors que ce continent a une longue tradition de purification ethnique, de génocides!".

Pour Lanoye, l'Europe d'aujourd'hui est un échec : "Quand on voit ce qu'on fait aux Grecs! Ce berceau de la démocratie, de la tragédie, de la philosophie, ne peut pas être sauvé? C'est quoi alors l'Union Européenne? Alors que tout le monde sait pourquoi la Grèce a des problèmes : les mensonges, la complicité de Lehman Brothers... Après la philosophie des Lumières, la déclaration des droits de l'homme, on a toléré que l'Europe soit seulement économique!".

Après la Foire du Livre de Bruxelles, Tom Lanoye va se transformer en Lady Gaga des Pays-Bas, se lançant dans une tournée de 15 jours aux Pays-Bas, en Flandre et à Bruxelles. Chaque année en effet, le Boekenweekgeschenk prévoit que tout acheteur d'un livre en néerlandais pour un minimum de 12,5 euros reçoive une nouvelle rédigée pour l'occasion. C'est Tom Lanoye qui en est l'auteur cette année avec "Heldere Hemel" ("Ciel éclatant"). C'est le quatrième écrivain flamand participant à ce projet néerlandais vieux de 80 ans et qui sera décliné pour la première fois en Flandre et à Bruxelles. Le Printemps Littéraire (Literaire Lente) vivra ainsi du 14 au 31 mars 2012.

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du journal "Le Soir".

A lire aussi : Tom Lanoye enfin traduit en français (http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2011/01/tom-lanoye-enfin-traduit-en-francais.html)

mardi 18 janvier 2011

Tom Lanoye enfin traduit en français

Alors qu'il connaît beaucoup de succès depuis les années 80, l'écrivain et dramaturge néerlandophone Tom Lanoye (né à Sint-Niklaas en 1958) n'avait jamais été traduit en français. C'est désormais chose faite : "Sprakeloos" (80.000 exemplaires vendus en Flandre et aux Pays-Bas) a été traduit en français par Alain van Crugten et est devenu "La langue de ma mère" (éditions La Différence). La présentation vient d'avoir eu lieu en présence de Jacques De Decker, secrétaire perpétuel de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, ce qui montre l'importance de l'événement.

Dans "La langue de ma mère", Tom Lanoye a voulu exprimer par des mots ses pudeurs à parler de sa mère et du terrible accident cérébral qui l'a rendue aphasique et fait glisser vers la démence, elle qui ne vivait que par les mots et faisait du théâtre. La souffrance de la mère et de son entourage, sa mort sont racontés avec une vérité crue mais aussi beaucoup de pudeur, d'amour et d'émotion.

Tom Lanoye a confié à la presse : "Cette traduction me touche beaucoup, car l'histoire d'une mère aphasique est une histoire universelle qui peut émouvoir chacun. On ne se connaît pas au-delà de la frontière linguistique. Quand le KVS ou Josse de Pauw tentent de la franchir, ils le font seuls, sans appui politique. J'espère que mes autres romans pourront maintenant être traduits à leur tour. Ce qui m'arrive est comme gagner au lotto, un heureux hasard, car sur le fond, les choses ne bougent pas et je ne vois pas poindre cet accord culturel entre communautés. Je demande aux Flamands, par exemple, de tenir compte de leurs grands écrivains, même s'ils ont écrit en français, comme Maeterlinck, Rodenbach et Verhaeren, et de cesser de pleurnicher sur le statut de leur langue alors qu'on joue aujourd'hui en néerlandais au Festival d'Avignon et avec un grand succès! Et je demande aux francophones de casser leur idée d'une Flandre monolithique. Il y existe, certes, une aile revancharde qui veut s'isoler du monde entier et nous menace d'une catastrophe culturelle. Des mouvements comme çà existent dans d'autres pays, en réaction à la globalisation. Mais il y a une autre aile, ouverte au monde, qui ne veut pas perdre la Belgique, car cela signifierait automatiquement la perte de Bruxelles".