mercredi 17 mars 2010

L'écrivain belge Jan Baetens

Né à Sint-Niklaas en 1957, Jan Baetens est un Flamand qui a fait le choix du français comme langue d'écriture. Professeur à la Katholieke Universiteit van Leuven, il parle également néerlandais avec son épouse et son fils. Adolescent, il découvre la littérature française lors d'un séjour chez la tante de son père en Wallonie. Il la lit d'abord en traduction, puis en français. En 1985, Jan Baetens fonde la maison d'édition "Les Impressions Nouvelles" avec son ami Benoît Peeters. En 1996, il sort son premier recueil de poèmes en français.

En 2008, Jan Baetens a reçu le Prix triennal de poésie de la communauté française pour "Cent fois sur le métier". Voilà un extrait du discours qu'il a prononcé à cette occasion :

"Aujourd'hui, les poètes flamands d'expression française sont plus rares encore que les 29 février ; et je ne pense pas être le seul à le regretter. Non pas par nostalgie, en songeant à tous ces auteurs flamands qui ont enrichi le patrimoine des Lettres belges, mais à cause du présent et surtout de l'avenir. Je crois en effet qu'une littérature gagne à s'ouvrir à celles et à ceux qui la choisissent librement (par conviction, par désir, par amour). C'est exactement mon cas. Tout le monde sait que je n'écris pas en français par atavisme, par tradition familiale, par souci de distinction, mais par une nécessité intérieure. Le choix du français est un choix voulu, pleinement assumé, que j'ai toujours défendu contre l'incompréhension et les moqueries de certains proches (du reste, presque personne en Flandre ne sait que j'écris). C'est le défi que pose le choix d'une langue étrangère qui m'a permis de trouver ma voix et ce sont les exemples de la littérature française et belge qui m'aident à me faire étranger à moi-même, condition sine qua non, selon moi, de toute parole véritablement littéraire. Ecrire n'est pas une manière de s'exprimer, mais une façon de "partager le sensible", pour citer Jacques Rancière, c'est-à-dire une façon de proposer aux lecteurs de nouvelles façons de voir le monde, et le mot important est ici monde et non le mot moi".

1 commentaire :

  1. Très étonné de lire que ce monsieur raconte. Ah si tout le monde pouvait parler comme lui et ne faire aucune différence entre les communautés !

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