mercredi 24 janvier 2018

Interview de l'écrivain Martin Buysse

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Martin Buysse a répondu aux questions de Michel Torrekens pour la revue "Le Carnet et les Instants" que vous pouvez recevoir gratuitement sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles :

"Souvent, on dit qu'un premier roman est autobiographique. Pouvez-vous le confirmer dans votre cas et pourquoi?
- Mon premier roman, "La logique du sang", ne l'est pas, loin s'en faut. Même parmi les manuscrits qui prennent la poussière dans mes tiroirs, il n'y a pas grand chose d'autobiographique. Il est rare que la vie d'un romancier soit romanesque. Certains ont le talent pour fabriquer un roman puissant à partir de presque rien. Moi, je ne suis pas à l'aise face à cela. Ce qui m'intéresse, c'est de plonger un personnage ordinaire dans des circonstances qui ne le sont pas.

- Le lecteur n'est pas toujours conscient que le temps de l'écriture n'est pas le temps de la publication. Comment avez-vous fait vos armes en littérature?
- Il y a eu des galops d'essai. Pendant des années, j'ai passé mes soirées à écrire dans la quasi clandestinité, avec une bière, une cigarette et une lampe de bureau comme seuls compagnons. Je suis plutôt lent. Il aura fallu quinze ans avant que le premier texte soit édité. Depuis lors, je suis passé au jus de tomate, j'ai lâché la clope et j'écris plutôt dans le train et les cafés, quand j'en ai le temps.

- Votre éditeur a-t-il joué un rôle particulier pour ce premier roman?
- En amont, les corrections d'usage. Plus loin, j'ai été bien servi côté distribution et presse belge. J'ai un éditeur très sympathique et aguerri, mais comme beaucoup, il est seul et débordé.

- Avez-vous rencontré des difficultés à trouver cet éditeur?
- Enormément. Envoyer un manuscrit, même si l'on écrit une adresse sur l'enveloppe, avec un nom, une rue, un code postal, c'est jeter une bouteille à la mer. Le nombre de textes reçus par les éditeurs est tel que même pour un romancier déjà publié, ce n'est pas évident d'être lu. Alors pour les manuscrits pleins de bravoure (souvent bourrés de maladresse) des aspirants, il ne faut pas demander.

- Maintenant que votre premier roman est publié, quels sont étonnements (positifs et négatifs) par rapport à ce qui doit apparaître à vos yeux comme un événement?
- J'ai tellement buté contre le mur de l'édition que lorsque le manuscrit a été accepté, j'ai cru que c'était bon, que je n'avais plus qu'à me laisser faire et que tout le reste allait couler de source. J'ai appris à mes dépens que l'auteur doit accompagner son livre à la sortie, et que s'il veut qu'il vive un peu, il doit se battre, faire sa promotion et même se vendre. Quelquefois, c'est gênant. Par contre, ce qui est magique, c'est la nouvelle dimension, si petite soit-elle, que prend votre vie :  des retours de lecteurs, des expériences inédites, parfois des voyages et surtout des rencontres. J'ai découvert quelques bons confrères qui sont devenus des amis.

- On dit souvent que la difficulté n'est pas d'écrire un premier roman, mais d'écrire le deuxième. Confirmez-vous cette difficulté et à quoi est-elle due selon vous?
- Je ne trouve pas. Bon, c'est vrai que ça va faire quatre ans et qu'il n'y a toujours rien qui sort... Disons que c'est une question de disponibilité, puis à nouveau de processus éditorial. J'en ai un qui est presque prêt. Une fiction qui s'enracine dans l'histoire récente et tragique du Rwanda. Peut-être en 2018?". 

Pour (re)lire mon article sur son roman "La logique du sang" :   http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2014/01/premier-roman-de-martin-buysse.html

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