mercredi 9 novembre 2016

"Je sais pas" (Barbara Abel)

                                                       Couverture du livre Je sais pas      

A l'occasion de la sortie de son roman "Je sais pas", l'auteur belge Barbara Abel s'est confiée au groupe Vers l'Avenir :

"Pourquoi dites-vous qu'il vaut mieux ne pas tout savoir?
- Parce qu'il y a des choses qui font mal, des événements dont on est victime, des émotions auxquelles on n'a pas envie d'être confronté... Donc, oui, le fait de savoir, à un moment, fait qu'on n'est plus innocent. Mais pour commettre un délit ou un crime, je pense qu'il faut une volonté délibérée alors qu'on peut aussi faire mal à quelqu'un sans le savoir. Ou le vexer par ignorance ou par manque de tact. Il y a une différence.

- A la dernière page du livre, le lecteur aussi peut se dire "Je sais pas" par rapport à certains personnages?
- Dans un roman qui s'intitule "Je sais pas", je me suis dit que j'avais le droit de dire "Je sais pas" ce qui leur est réellement arrivé. Mais j'en ai parlé avec mon éditrice parce que je n'aime pas çà, quand l'auteur ne donne pas certaines réponses. Parce que c'est un peu trop facile, je trouve. Du coup, je donne quand même une réponse importante sur Mylène à la fin.

- Dans ce livre comme dans les autres, vous fouillez loin dans les relations de couple, parent-enfant?
- Mes histoires, c'est toujours des gens ordinaires que je mets dans des situations extraordinaires. Qu'est-ce qui est important dans la vie des gens comme vous, comme moi? C'est le couple, c'est les gosses, c'est le boulot. Donc, si je veux créer de la tension chez le lecteur, pour qu'il soit complètement partie prenante, il faut qu'il puisse s'identifier. Donc, je dois fouiller en profondeur.

- Comment vous est venue l'idée de ce roman?
- D'habitude, ce sont les enfants qui sont en danger, pour qui on tremble. Ici, je me suis dit : et si je faisais le contraire? Si je mettais la vie d'une adulte dans les mains d'une enfant? Mais il fallait une enfant très jeune pour ne pas qu'il y ait cette notion de responsabilité, même si à 5 ans, on a forcément des notions de bien et de mal. Je voulais aussi mettre en avant cette impuissance de l'adulte face à un enfant qui refuse de lui répondre. Quand Emma dit qu'elle ne sait pas, qu'est-ce que vous voulez y faire? Si elle ne veut pas parler, on ne peut rien faire...

- Y aura-t-il un troisième volet aux romans "Derrière la haine" et "Après la fin"?
- Peut-être mais il faut que j'aie une idée aussi forte que "Derrière la haine". Si je fais un troisième qui se termine de façon bof, on ne va plus aimer les deux autres. Ou alors j'ai l'idée géniale où je suis sûre de moi et je fonce, mais tant que je n'aurai pas çà, je ne ferai rien parce que, sinon, çà va desservir les deux autres. Il faut trouver une fin surprenante mais crédible. Et qui fasse fin, qu'on ne me réclame pas un quatrième. Donc, c'est un peu la quadrature du cercle...".

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