mercredi 10 juillet 2024
Vincent Engel et la collection Espace Nord
mercredi 25 août 2021
La collection "La traversée" des éditions Weyrich
Initiée par l'asbl Lire et Ecrire, la collection "La traversée" (publiée par la maison d'édition belge Weyrich) n'a pas d'équivalent dans l'édition francophone. Ces textes sont issus d'un partenariat unique en son genre entre des auteurs reconnus et des adultes en formation d'alphabétisation. Chaque livre fait l'objet en amont d'un travail sur la langue réalisé en dialogue avec le public apprenant. Depuis 2012, la collection compte vingt-sept titres comptant maximum 80.000 signes. Afin d'encourager l'apprentissage, les auteurs privilégient le présent, les mots simples, les phrases courtes. Les mots plus rares peuvent être utilisés à condition que l'explication apparaisse dans le texte. Avant la publication, les apprenants effectuent une lecture critique de la première version du roman. Tous les retours sont ensuite compilés et remis à l'auteur afin de l'accompagner dans son écriture vers une plus grande accessibilité. Pour l'impression, on veille à identifier les types de polices et de mises en pages qui facilitent la lecture.
Dans l'ordre alphabétique, voici les 27 romans déjà publiés :
- BABA Luc, "Nous serons heureux"
- CECI Jean-Marc, "L'herbe dorée"
- COLLINS Christophe, "Le voleur de lunettes"
- CORNELIS Michel, "Le silence de Cologne"
- DAMAS Geneviève, "Monsieur André"
- DAUSSAIN Jacqueline, "Après ta mort"
- DELPERDANGE Patrick, "Toute une vie"
- DEUTSCH Xavier, "Sans dire un mot"
- DE RAEVE Vincent, "Histoires ordinaires"
- DEVOLDER Eddy, "La Mémé"
- DOLPHIJN Frédérique, "Un autre choix"
- ECHTERBILLE Jean-Pierre, "Gros"
- ENGEL Vincent, "Epices et sentiments"
- FAIRON Amandine, "L'attente"
- HESPEL Patricia, "L'écharpe rose"
- JAMAR Corine, "La grande lessive"
- JAUNIAUX Jean, "Les chapeaux rouges"
- KOSMA Edgar, "La femme cougar"
- MABARDI Véronika, "Rue du Chêne"
- MULONGO Salomé, "Le duel"
- NYS-MAZURE Colette, "Anna"
- RAUCY Claude, "Les cerises de Salomon"
- ROBBERECHT Thierry, "La fille de la Poésie"
- RUWET Claire, "Du sang sur le couteau"
- SKOWRONEK Nathalie, "Paradis blanc"
- SIMAR Evelyne, "L'invitation"
- VAN ACKER Christine, "Le monde de Nestor"
mercredi 19 décembre 2018
Vincent Engel, un auteur belge engagé
Né en 1963 à Uccle, Vincent Engel est l'auteur de nombreux essais, romans et pièces de théâtre. Professeur à l'UCL et à l'IHECS, c'est aussi un écrivain engagé qui tient des chroniques pour le journal "Le Soir" et la radio La Première.
Il y a quelques jours, Vincent Engel a donné son avis sur la politique et la société aux journaux du groupe L'Avenir :
"Les autorités redoutent des violences de la part des gilets jaunes. Le 2 décembre, 70.000 personnes manifestaient à Bruxelles pour le climat de manière très pacifique. Comment expliquer cette différence?
- Le mouvement du dimanche 2 décembre était préparé, relayé par une structure, des corps intermédiaires. Les gilets jaunes, c'est un mouvement spontané, qui est le fruit du travail de sape constant de ces corps intermédiaires. Le gouvernement se retrouve directement face à la population. Cela peut donner l'impression de partir dans tous les sens, mais ce n'est pas moins légitime que le mouvement du 2 décembre.
mercredi 1 novembre 2017
La collection Belgiques des éditions Ker
Le patron des éditions Ker Xavier Vanvaerenbergh a confié aux quotidiens du groupe Vers l'Avenir : "L'idée est née d'une rencontre avec Marc Bailly. Il est lui-même auteur et éditeur, et a organisé beaucoup de rencontres littéraires. Il est venu avec un projet d'une collection dans laquelle des auteurs exprimeraient, à travers des nouvelles, leur "belgitude". Ca rejoignait des projets que je mène chez Ker où je demande à plusieurs écrivains de réagir à travers une courte fiction sur un sujet d'actualité. Je ne voulais pas m'enfermer dans le belgo-belge, et si les trois premiers recueils sont écrits par des écrivains de chez nous, comme le seront aussi les trois publiés l'année prochaine, pourquoi ne pas imaginer un Québecois ou un Français écrivant quelques nouvelles sur ce thème? Stratégiquement, quand on lance une nouvelle collection, on cherche plutôt un auteur connu. On sait que pour faire connaître un nouvel auteur, il faut un an ou deux. Ici, j'ai limité les risques, entre autres grâce à Vincent Engel avec qui je travaille depuis douze ans.
Je vis avec l'espoir que le modèle économique français qui est de surproduire va finir par s'effondrer. Ce n'est plus tenable à long terme. Ce jour-là, je pense que les petits éditeurs sortiront leur épingle du jeu. C'est un mythe de dire qu'être édité à Paris est gage de succès pour un auteur belge. Oui mais pour quelques-uns, mais c'est très limité".
Plus d'infos : www.kereditions.eu/librairie/belgiques
mercredi 25 février 2015
La Foire du Livre de Bruxelles
J'attire juste votre attention sur les séances de dédicaces de quelques auteurs belges dont j'ai déjà parlé sur ce blog :
- Frank ANDRIAT le dimanche à 14h sur le stand 312
- Jean-Baptiste BARONIAN le samedi à 15h sur le stand 100
- Alain BERENBOOM le vendredi à 18h sur le stand 414, le samedi à 16h sur le stand 300 et à 18h sur le stand 318, le dimanche à 12h sur le stand 211, à 14h sur le stand 300 et à 16h sur le stand 318
- Daniel CHARNEUX le samedi à 11h sur le stand 227 et à 14h sur le stand 235, le lundi à 14h sur le stand 227
- Xavier DEUTSCH le samedi à 14h sur le stand 235 et à 15h sur le stand 313, le dimanche à 10h sur le stand 138 et à 11h sur le stand 110
- Vincent ENGEL le dimanche à 14h sur le stand 136 et à 15h sur le stand 100
- Françoise HOUDART le samedi à 14h sur le stand 227 et le lundi à 11h sur le stand 227
- Armel JOB le samedi à 13h sur le stand 417 et à 16h sur le stand 235
- Françoise LALANDE le vendredi à 19h sur le stand 227, le dimanche à 13h sur le stand 227 et à 14h sur le stand 235, le lundi à 15h sur le stand 227
- Stefan LIBERSKI le samedi à 16h sur le stand 103 et le dimanche à 14h sur le stand 103
- Françoise LISON-LEROY le vendredi à 18h sur le stand 237 et le samedi à 17h sur le stand 237
- Amélie NOTHOMB le samedi à 14h sur le stand 100 et le dimanche à 14h sur le stand 100
- Colette NYS-MAZURE le vendredi à 19h sur le stand 312
- Françoise PIRART le samedi à 11h sur le stand 227 et le dimanche à 16h sur le stand 227
- Dimitri VERHULST le dimanche à 16h et à 18h sur le stand 312
- Evelyne WILWERTH le jeudi à 15h sur le stand 228 et à 18h sur le stand 214, le vendredi à 15h sur le stand 228, le samedi à 15h sur le stand 228 et le dimanche à 17h sur le stand 214
lundi 17 février 2014
Vincent Engel à la Foire du Livre de Bruxelles
"Le mariage de Dominique Hardenne" (éditions J-C Lattès)
Rescapé d'une armée en déroute, Dominique Hardenne veut retrouver son village, ses proches et Nathalie dont il est amoureux. Mais une bombe a tué tous les habitants, figés pour l'éternité. Dominique choisit d'y rester avec ses souvenirs et de travailler la terre, avant de sombrer dans la folie et d'imaginer les morts redevenus vivants.
Ce roman est bien écrit, mais je ne l'ai pas aimé. Il donne le cafard et est triste de la première à la dernière page. Aucun rebondissement dans l'histoire. Je n'ai peut-être pas tout compris mais à part que se retrouver seul au monde n'est pas très gai, je ne vois pas pourquoi ce roman est un "livre visionnaire" ou "une allégorie de notre siècle", comme l'affirme la quatrième de couverture.
mercredi 27 novembre 2013
Prix des Lycéens 2013
Autre originalité du prix : celui-ci permet de rencontrer les écrivains de la présélection, de nouer un autre rapport avec la littérature. Ces animations sont organisées dans les classes, les bibliothèques ou les librairies. Les classes sont invitées à prolonger leurs lectures par diverses réalisations : correspondances, poèmes, blogs de lectures, mises en scènes, interviews, peintures, bandes dessinées, etc.
Lauréats du Prix des Lycéens :
- 1993 : "Choses qu'on dit la nuit entre deux villes" de Francis Dannemark
- 1995 : "Le passeur de lumière" de Bernard Tirtiaux
- 1997 ; "Le jeu du roman" de Louise L. Lambrichs
- 1999 : "Antigone" de Henri Bauchau
- 2001 (ex-aequo) : "Quatrième étage" de Nicolas Ancion et "Oubliez Adam Weinberger" de Vincent Engel
- 2003 : "Helena Vannek" d'Armel Job
- 2005 (ex-aequo) : "La grande nuit" d'André-Marcel Adamek et "La seconde vie d'Abram Potz" de Foulek Ringelheim
- 2007 : "Pitié pour le mal" de Bernard Tirtiaux
- 2009 : "Le journaliste français" de Tuyet-Nga Nguyen
- 2011 : "Tu ne jugeras point" d'Armel Job
- 2013 : "Les étoiles de l'aube" de Bernard Gheur
Bernard Gheur raconte cette aventure dans la dernière revue "Le Carnet et les Instants" :
"Ayant eu la chance d'être sélectionné parmi les cinq finalistes du Prix des Lycéens, j'ai accompli, durant plusieurs mois, une sorte de tournée des écoles secondaires aux quatre coins de la Belgique francophone : Le Roeulx, Spa, Jodoigne, Châtelet, Châtelineau, Basècles, Péruwelz, Woluwe-Saint-Lambert, Ferrières, Embourg, Beloeil, Braine-l'Alleud, Verviers, Jumet, Gembloux, Lessines, Jambes, Waremme, Uccle, Arlon. Une vingtaine de professeurs m'ont invité à rencontrer leurs élèves. Enfin, lecture faite, 2.500 jeunes ont connu le délice d'élire leurs livres préférés.
Le 8 mai, une partie de cette jeune armée a convergé vers le Passage 44 à Bruxelles. Par bonheur, ce fut mon jour V. J'ai sous les yeux le travail de français d'une rhétoricienne. La couverture indique : Mon journal de bord - Les étoiles de l'aube - Prix des Lycéens 2013 - Sarah - 6C. Le journal intime de cette jeune fille - manuscrit comme il se doit - est d'une nature singulière. Il s'agit d'un journal de lecture. A mesure que Sarah progresse dans la traversée de mon roman, elle note ses impressions. Selon les jours, elle se dit intriguée, désorientée ou captivée. Parfois elle ne me rate pas : "Trop de témoignages sur la guerre. Cela devient lassant!". Pour conclure, la jeune fille écrit : "Ce livre 'a ouvert les yeux sur la vie qu'ont eue nos grands-parents et arrières-grands-parents". Pour l'auteur du roman, ce journal de bord, plein de sincérité, riche de sens critique, est un document très éclairant.
J'aurais dû tenir, de mon côté, un journal de mes pérégrinations. Tant de souvenirs intenses s'y rattachent. Rencontrer ses lecteurs et lectrices, les yeux dans les yeux, bavarder avec eux à cœur ouvert, être interrogé sur ses personnages comme s'ils étaient vivants. Quelle rare, quelle belle expérience! Les questions fusent. Pénétrantes. Les filles se mettent en évidence. Certains garçons restent cois. Je les comprends. Je voudrais leur confier qu'à leur âge, pour rien au monde, je n'aurais pris la parole dans ce genre de circonstance.
Et toutes ces enseignantes, si impliquées dans la réussite de l'aventure, si désireuses de susciter des moments magiques. Parmi les exercices proposés, inventer une fin différente pour "Les étoiles de l'aube". Alisson, Audrey et Marianne s'y collent. Leurs variantes ne manquent pas d'astuce romanesque ; elles sont en tout cas plus romantiques que mon épilogue. Quand je croisais les autres finalistes, et que nous échangions nos impressions, nous convenions que c'était, à chaque fois, un merveilleux bain de jouvence. Et un encouragement puissant à reprendre notre bâton d'écrivain, à nous hasarder sur le long chemin solitaire d'un nouveau roman".
samedi 2 mars 2013
43ème Foire du Livre de Bruxelles
samedi 16 février 2013
Vincent Engel et les éditeurs
Un métier qu'il a pratiqué : "En 1993, je lance L'Année Nouvelle, une série d'activités autour de la nouvelle : des séminaires, des concours d'adaptation de nouvelles, des cours, des rencontres, des ateliers d'écriture, des visites dans des écoles, un colloque, une exposition, etc. Cela a été une aventure un peu folle comme celles que l'on peut lancer à 30 ans. "L'Année Nouvelle" paraît en co-édition. C'était lié à la logique même du projet et une manière de matérialiser le souhait d'y intégrer la francophonie. Evidemment, on ne reprenait pas l'ensemble de la francophonie, mais ces quatre éditeurs étaient déjà assez représentatifs. Cette coédition était aussi une manière de partager les coûts, l'idée étant que le recueil se vende au meilleur prix. A l'époque, j'avais réalisé tout le travail de mise en page, de suivi, de correction. Bénévolement. Ces quatre éditeurs étaient des personnages fascinants, des éditeurs atypiques à la tête chacun d'une petite maison, animés de projets très littéraires et pointus, discutables comme tous les projets littéraires. On a réussi à les embarquer dans cette aventure mémorable. J'ai toujours été farouchement opposé aux anthologies qui donnent des extraits de livres. C'est comme si tu voulais donner un cours de médecine en n'ayant qu'un bras sous la main. La nouvelle a l'avantage d'être un outil pédagogique formidable car elle constitue un ensemble, un tout. Quand ce texte complet est bien choisi, il est suffisant pour montrer les aspects principaux d'un auteur. Un extrait de roman ne le permet pas, car il ne montre pas la manière dont un écrivain construit son récit. De plus, la nouvelle était un sujet d'études dont peu de personnes se souciaient, si ce n'est René Godenne à l'époque. Il y avait une grande lacune au niveau universitaire et, dans la foulée, on a créé un centre d'étude de la nouvelle et on a organisé d'autres colloques par la suite".
A Saint-Quentin, Vincent Engel est le lauréat du 12ème Concours international de la meilleure nouvelle de langue française avec "Le Messie" et du 14ème Concours international de la meilleure nouvelle de langue française avec "Maramisa".
Editions L'Instant Même : "C'est le hasard des rencontres qui a fait que j'ai commencé à publier des nouvelles, mais j'avais déjà terminé des romans. Je ne suis pas un nouvelliste qui est passé au roman. Cela ne m'intéresse pas. J'aime la fiction, j'écris parfois des romans, parfois des nouvelles ou des pièces de théâtre ou des scénarios. J'ai rencontré l'éditeur de L'Instant Même, Gilles Pellerin au festival de la nouvelle de Saint-Quentin, où j'avais reçu un prix. L'Instant Même, c'est deux personnes : Gilles Pellerin et Marie Taillon, un couple de fous, absolument passionnants et passionnés. Cela a été un coup de foudre amical instantané. On s'est croisés dans le couloir d'un petit hôtel à Saint-Quentin où ils se trouvaient avec leur premier bébé. Marie est une femme réservée, mais une éditrice impitoyable qui travaille magnifiquement, tandis que Gilles est d'un baroque exubérant, une intelligence qui fuse tout le temps, capable de s'enflammer et de s'enthousiasmer. Ce sont de belles personnes dont la rencontre t'enrichit et te rend meilleur. Je ne les vois pas assez malheureusement, tandis qu'ils s'évertuent à maintenir vaille que vaille leur maison d'édition qui est aujourd'hui une belle référence au Québec". Ils publieront aussi son roman "Un jour, ce sera l'aube" en 1995 (en co-édition avec Labor) et son roman "Raphaël et Laetitia" en 1996 (en co-édition avec Alfil).
Editions Labor : "Les relations avec la directrice de Labor se sont dégradées parce qu'une partie de leur stock avait été bradée chez un soldeur sans que les auteurs soient prévenus, alors que les livres étaient toujours en librairie. Grâce à une action avec la SACD, elle a accepté d'abandonner les droits aux auteurs. Certains éditeurs pensent qu'éditer un auteur, c'est lui faire un beau cadeau et s'arrogent le droit de ne pas le rétribuer".
Editions Alfil : "Les éditions Alfil étaient dirigées par Nicole Fisbach, une éditrice magnifique, qui s'est lancée dans une aventure démesurée car elle ne voulait publier que des petits livres qui comprenaient soit deux, trois nouvelles, soit une seule, plus longue. Fondamentalement, elle avait raison : un recueil de nouvelles, en soi, est une absurdité. La meilleure forme de publication pour une nouvelle, c'est un texte isolé. Mais économiquement, c'est un casse-gueule. Symboliquement, le coût est trop élevé pour les lecteurs".
Editions Quorum : "Mon parcours avec Quorum a été une belle histoire. Pierre Lelong est un chouette type. Cela faisait dix ans que je cherchais un éditeur pour "Oubliez Adam Weinberger" et j'avais toujours voulu le publier à Paris, en co-édition avec L'Instant Même. Peu de gens le savent, mais ce roman "Oubliez Adam Weinberger" était déjà fini en 1991, avant que je ne publie les nouvelles à L'Instant Même. Actes Sud l'avait refusé parce que la deuxième partie n'était pas écrite dans le même ton que la première. Le Seuil parce que ce que j'écrivais de la Shoah ne correspondait pas à ce qui se dit ou devrait se dire. Plus les refus standards. Il ne faut pas croire : j'en ai un paquet. Il faut être entêté et patient quand on veut publier. De guerre lasse, je m'étais décidé à accepter la proposition de Pierre quand, à ce moment-là, le projet s'est débloqué de manière inattendue avec Fayard. Pierre Lelong m'a tout de suite expliqué que sa motivation, c'était de lancer des auteurs et que c'était une consécration pour lui de les voir passer chez des éditeurs parisiens importants, ce qui n'est pas le point de vue de tous ses confrères".
Editions Fayard : "Le projet de Claude Durand était de faire de Fayard une maison d'édition littéraire majeure, alors que la littérature n'était pas la marque dominante de Fayard avant son arrivée. Il a voulu renforcer cette dimension dans leur catalogue général. J'avais rencontré Marc Petit grâce à Frédéric Tristan, des écrivains de la mouvance de la nouvelle fiction, et lui avais fait lire le manuscrit d' "Oubliez Adam Weinberger". Quand Marc Petit est devenu conseiller éditorial chez Fayard, j'ai repris contact, retravaillé avec lui un passage. Il a proposé le roman à Claude Durand. Une semaine après, j'ai reçu un coup de téléphone de la secrétaire qui me demandait à quelle adresse elle pouvait m'envoyer le contrat". Les Editions Fayard publieront cinq romans de Vincent Engel en cinq ans : "Oubliez Adam Weinberger", "Retour à Montechiarro", "Mon voisin, c'est quelqu'un", "Requiem venitien" et "Les Angéliques".
Editions Lattès : "Ce dont je me suis rendu compte avec le roman "Les absentes" qui devait clore la série toscane, c'est que tu peux arriver à un tel niveau de maîtrise que tu peux écrire sur n'importe quoi. Ecrire un livre n'est plus une difficulté, parce que tu as les trucs, les techniques, les facilités. Cette facilité est un piège. La question n'est pas : "Suis-je capable d'écrire des livres" mais "Quels livres méritent vraiment d'être publiés?". Et c'est à ce niveau qu'un éditeur doit intervenir, car un écrivain n'a jamais la lucidité nécessaire sur son manuscrit. L'écrivain est le plus mauvais lecteur de ses livres. C'est pour cela que le métier d'éditeur est terriblement difficile et ingrat, parce qu'il doit être capable de dire des choses désagréables. S'il y a de grands livres, c'est parce qu'il y a de grands éditeurs. Chez Lattès, j'ai voulu achever l'ensemble toscan et écrire le fin mot de l'histoire de "Raphaël et Laetitia", ainsi que les péripéties de la génération qui suit la fin de "Retour à Montechiarro". J'en ai écrit 650 pages, mais mon éditrice n'était pas convaincue, ce en quoi mon épouse lui a donné raison. J'ai donc rangé le manuscrit. Il y a un point commun entre Fayard et Lattès : c'est qu'il s'agit de petites structures, avec un rapport de proximité entre l'éditeur(trice) et l'auteur. Ce sont de petites équipes, il n'y a ni comité de lecture, ni commerciaux qui viennent interférer, ce qui est très chouette, d'autant que Karina Hocine est une très bonne directrice littéraire, exigeante, qui fait beaucoup travailler l'auteur. "La peur du paradis", je l'ai réécrit entièrement trois fois, suite à ses remarques, ce que je n'ai jamais connu à ce point-là. Seul le premier chapitre est resté tel quel!".
En 2010, les éditions Lattès publient son roman "Le mariage de Dominique Hardenne" que j'ai lu et que je n'ai pas aimé : http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2010/09/le-mariage-de-dominique-hardenne.html
Edern Editions (auto-édition) : "A trop publier par les voies traditionnelles, tu finis par créer un effet de lassitude, voire de rejet, auprès du public et de la presse, à quelques exceptions près comme Amélie Nothomb qui a un rendez-vous fixe avec ses lecteurs. Ensuite, tous les livres ne doivent pas passer par les mêmes filières. Par leur nature même, certains ne vont pas intéresser un grand public, comme les pièces de théâtre, certains types d'essais, etc. Cela reste confidentiel mais permet au livre d'exister. Ce système me donne une parfaite indépendance. A mes yeux, ces livres ne sont pas moins importants mais ils ont une autre vie. Je crois dans l'édition électronique. Je ne suis pas attaché au papier, ce qui compte pour moi, c'est le texte. De plus, il y a aujourd'hui des instruments qui permettent une lecture agréable avec la possibilité de mettre des annotations, de surligner. Tu as ta tablette et 1.000 titres avec elle. L'édition française est dix ans en retard en matière d'édition numérique".
Plus d'infos sur www.vincent-engel.com
mardi 21 septembre 2010
"Le mariage de Dominique Hardenne" (Vincent Engel)
Ce roman est bien écrit, mais je ne l'ai pas aimé. Il donne le cafard et est triste de la première à la dernière page. Aucun rebondissement dans l'histoire. Je n'ai peut-être pas tout compris mais à part que se retrouver seul au monde n'est pas très gai, je ne vois pas pourquoi ce roman est un "livre visionnaire" ou une "allégorie de notre siècle", comme l'affirme la quatrième de couverture.