mercredi 22 septembre 2021

Décès du poète et chanteur belge Julos Beaucarne

                           


Né en 1936 à Bruxelles, Julos Beaucarne grandit à Ecaussinnes dans le Hainaut. En 1970, il s'installe dans le village de Tourinnes-la-Grosse où il vivra jusqu'à son décès. Au cours de sa carrière, il adaptera plusieurs chansons du folklore wallon, dont la célèbre "Petite Gayolle". On se souvient que la reine Fabiola lui avait demandé de chanter à l'enterrement du roi Baudouin. On lui doit aussi les courts textes poétiques de 48 panneaux de signalisation installés le long de l'autoroute E411. Souffrant de la maladie d'Alzheimer depuis plusieurs années, le chanteur et poète belge Julos Beaucarne est décédé, entouré de ses deux fils.

mercredi 8 septembre 2021

L'actualité de Françoise Pirart

                        


L'auteure Françoise Pirart a répondu aux questions du journal "La Province" début août :

"Pourquoi avoir ré-édité le roman "Chicoutimi n'est plus si loin" ?
- J'ai publié une vingtaine de romans chez différents éditeurs en Belgique et en France. Les éditions Luce Wilquin, qui avaient sorti "Chicoutimi n'est plus si loin" en 2014, ont cessé leurs activités. Comme l'éditeur Olivier Weyrich lançait sa collection Editions du Sablon, j'ai eu la chance de voir mon livre faire partie des parutions toutes récentes. L'idée qu'il revive et trouve de nouveaux lecteurs m'enchantait. "Chicoutimi n'est plus si loin"  est l'histoire de deux frères adolescents qui fuguent vers le Canada après avoir commis un acte irréparable. Ils vivent des aventures, errent, se cachent et font de belles rencontres. Liés par un secret inavouable et par leur passé, ils n'ont qu'une envie :  rejoindre la ville de Chicoutimi au Québec. Leur itinéraire chaotique va les conduire à travers des forêts pleines de dangers. A tout moment, le lecteur se demande s'ils parviendront à leur but, d'autant qu'ils sont suivis de loin en loin par un homme qui les soupçonne. C'est une sorte de road movie avec des rebondissements et un questionnement sur le sens de la vie. Avec pour cadre les paysages grandioses du Québec sauvage.

- Comment peut-on se le procurer ?
- Mon roman est disponible en librairie, sur Internet ou directement via le site des éditions Weyrich (collection Sablon).

- Comment trouvez-vous l'inspiration pour écrire vos romans ?
- Question bien difficile ! Tous les éléments de ma vie, de mes rencontres, de mes lectures ou de films que je découvre nourrissent mon imaginaire, même sans que j'en sois consciente. Ensuite viennent le travail de réflexion, l'organisation, puis l'écriture elle-même.

- Y a-t-il un thème récurrent dans vos livres ?
- Plusieurs thèmes y sont omniprésents :  l'amitié, l'amour, les rapports parfois complexes entre les êtres humains. La folie aussi ou plutôt le moment de léger déséquilibre que nous rencontrons tous un jour et qui peut nous faire basculer d'un côté ou de l'autre du miroir. J'essaie toujours de rendre chaque personnage intense pour que le lecteur puisse s'attacher à lui. Et mes héros, même s'ils se posent beaucoup de questions, restent dans l'action.

- Une autre passion ?
- La musique et notamment le saxophone que je pratique depuis huit ans, après avoir joué du piano et de la guitare. Cela fait aussi quelques années que je me suis prise d'une véritable passion pour le russe : un apprentissage ardu mais qui m'apporte beaucoup de satisfaction personnelle lorsqu'on parvient enfin à tenir une conversation avec l'un ou l'autre ami russophone. Un de mes romans ("Sans nul espoir de vous revoir") se passe d'ailleurs en Russie au 19ème siècle. Je m'intéresse également aux animaux sauvages et surtout au sort misérable des animaux d'élevage qui, selon moi, est indigne d'une société comme la nôtre.

- Des projets ?
- L'an prochain, les éditions Meo publieront mon recueil de nouvelles intitulé "Tout est sous contrôle". Titre paradoxal s'il en est ! En effet, dans chacune des histoires, mes personnages perdent plus ou moins le contrôle de leur existence. Certaines nouvelles se terminent de manière poétique ou surréaliste, parfois comique. La parution est prévue pour mai 2022, si tout se passe bien d'ici là".

mercredi 25 août 2021

La collection "La traversée" des éditions Weyrich

Initiée par l'asbl Lire et Ecrire, la collection "La traversée" (publiée par la maison d'édition belge Weyrich) n'a pas d'équivalent dans l'édition francophone. Ces textes sont issus d'un partenariat unique en son genre entre des auteurs reconnus et des adultes en formation d'alphabétisation. Chaque livre fait l'objet en amont d'un travail sur la langue réalisé en dialogue avec le public apprenant. Depuis 2012, la collection compte vingt-sept titres comptant maximum 80.000 signes. Afin d'encourager l'apprentissage, les auteurs privilégient le présent, les mots simples, les phrases courtes. Les mots plus rares peuvent être utilisés à condition que l'explication apparaisse dans le texte. Avant la publication, les apprenants effectuent une lecture critique de la première version du roman. Tous les retours sont ensuite compilés et remis à l'auteur afin de l'accompagner dans son écriture vers une plus grande accessibilité. Pour l'impression, on veille à identifier les types de polices et de mises en pages qui facilitent la lecture. 

Dans l'ordre alphabétique, voici les 27 romans déjà publiés :

- BABA Luc,  "Nous serons heureux"

- CECI Jean-Marc,  "L'herbe dorée"

- COLLINS Christophe,  "Le voleur de lunettes"

- CORNELIS Michel,  "Le silence de Cologne"

- DAMAS Geneviève,  "Monsieur André"

- DAUSSAIN Jacqueline,  "Après ta mort"

- DELPERDANGE Patrick,  "Toute une vie"

- DEUTSCH Xavier,  "Sans dire un mot"

- DE RAEVE Vincent,  "Histoires ordinaires"

- DEVOLDER Eddy,  "La Mémé"

- DOLPHIJN Frédérique,  "Un autre choix"

- ECHTERBILLE Jean-Pierre,  "Gros"

- ENGEL Vincent,  "Epices et sentiments"

- FAIRON Amandine,  "L'attente"

- HESPEL Patricia,  "L'écharpe rose"

- JAMAR Corine,  "La grande lessive"

- JAUNIAUX Jean,  "Les chapeaux rouges"

- KOSMA Edgar,  "La femme cougar"

- MABARDI Véronika,  "Rue du Chêne"

- MULONGO Salomé,  "Le duel"

- NYS-MAZURE Colette,  "Anna"

- RAUCY Claude,  "Les cerises de Salomon"

- ROBBERECHT Thierry,  "La fille de la Poésie"

- RUWET Claire,  "Du sang sur le couteau"

- SKOWRONEK Nathalie,  "Paradis blanc"

- SIMAR Evelyne,  "L'invitation"

- VAN ACKER Christine,  "Le monde de Nestor"

mercredi 11 août 2021

"Paradis perdu" (Eric-Emmanuel Schmitt)

               


A l'occasion de la sortie de "Paradis perdus" (le premier des huit tomes retraçant l'histoire de l'humanité), Eric-Emmanuel Schmitt a répondu en mars aux questions des journaux du groupe "L'Avenir" :

"Comment est né ce projet ?
- C'est autant un projet littéraire que de vie que j'ai depuis 25 ans. Je lisais, je prenais des notes, tout en écrivant d'autres romans et pièces de théâtre. J'ai entamé son écriture il y a trois ans, après avoir résolu ses pièges et écueils. L'humanité est en constante évolution, mutation (je n'ai pas dit "progrès"). Regardez comment, en un an, la société et notre conscience d'être au monde ont changé. J'avais envie de comprendre comment l'humain s'est construit à travers le temps. Et je crois à la force du roman pour le raconter.

- Comment avez-vous imaginé votre héros ?
- Je lui ai prêté beaucoup de moi car je savais qu'on allait vivre très longtemps ensemble. Il possède ma curiosité de type encyclopédique, il est bienveillant, bras ouvert à tout ce qui arrive, et est davantage dans la question que dans la réponse. Ce n'est pas un être de certitudes ou d'affirmations. Et c'est un amoureux. Le centre de sa vie, ce n'est pas lui, c'est l'autre, et notamment une femme qui le révèle à lui-même. Les vraies rencontres sont autant celles de l'autre que de soi. Je l'ai appelé Noam car je voulais un prénom qui appartienne à notre culture indo-européenne et qui ne soit pas loin de Noé.

- Pourquoi l'histoire se passe au présent à Beyrouth ?
- Le Liban est un pays que j'aime passionnément, où je me rends souvent. Les Libanais vivent dans une crise constante, tout en ayant l'amour de la vie. C'est, pour moi, une belle image de résilience intense et continue.

- Vos personnages sont très contemporains, ils parlent et réagissent comme nous ?
- La force du roman historique est la proximité qu'il peut créer avec des êtres qui ont vécu dans des temps, des civilisations et des espaces qui ne sont pas les nôtres. Le propre du roman est d'abolir la distance entre le lecteur et les personnages. Sa lecture est une expérience humaniste. Je suis très soucieux, dans celui-ci, de traquer à la fois les variants, ce qui change, et les invariants, les caractéristiques humaines éternelles, comme les rapports amoureux et familiaux. C'est donc autant un livre qui s'appuie sur l'histoire que l'anthropologie. De plus, Noam écrit aujourd'hui, il a la mentalité et le vocabulaire de notre époque.

- La liberté est l'un des thèmes du roman, celle que conquiert Noam.
- Il commence avec une vie non individuée, celle d'un être de son clan. C'est l'amour qui lui fait prendre conscience qu'il peut vivre pleinement ce qu'il est, comprendre d'où il est issu, pour pouvoir prendre ses distances". 

mercredi 28 juillet 2021

Librairie Livre's - Librairie Conviviale à Marche-en-Famenne

Depuis la création de ce blog en 2009, j'essaie à ma petite échelle de mettre en valeur nos auteurs belges. Mais n'oublions pas aussi nos librairies indépendantes. Oui, nous qui sommes passionnés par la lecture, nous avons la possibilité concrète de les soutenir en achetant nos livres chez eux (et non dans les grandes surfaces ou sur Amazon).

La dernière revue "Le Carnet et les Instants" du Service de Promotion des Lettres en Fédération Wallonie-Bruxelles a eu la (bonne) idée de mettre à l'honneur une librairie belge :  "Livre's - Librairie Conviviale" qui existe depuis 2014 à Marche-en-Famenne. 

Sa responsable Isabelle Lambert a confié à la revue :   "Nous sommes des locaux :  mon mari est de Marche et moi de Rochefort. Je m'étais renseignée auprès de l'Agence de développement local pour établir le business plan. La zone de chalandise va jusqu'à Ciney, La Roche et Rochefort (ce qui fait de Marche un carrefour commercial important). De plus, les gens de la région ont compris l'importance du local, y compris pour le livre, face à Internet et les grandes surfaces. Ils font l'effort de se déplacer et de se garer pour le conseil, les échanges, l'accueil. Il y a une confiance des lecteurs. Notez que je ne dis pas clients. Ils comprennent le service que nous proposons. Ils se sentent bien avec nous, mais aussi entre eux. C'est ce que j'ai toujours cherché, raison pour laquelle il est écrit "librairie conviviale" en dessous de Livre'S. 

Tenir une librairie, comme tout commerce, est aussi un métier de gestionnaire, avec sa part administrative, la gestion des stocks, du personnel, etc. J'ai suivi des formations du Syndicat des libraires francophones de Belgique, par exemple sur l'interprétation du bilan d'une librairie. La leçon que j'ai tirée de mon expérience après sept ans est qu'il est quasi impossible de se projeter, car les marges sont très petites. Le moindre incident peut devenir catastrophique si on n'a pas la trésorerie. On vit à court terme, on ne peut guère planifier, se projeter. Lors du premier confinement qui a entraîné la fermeture des librairies de la mi-mars à la mi-mai, nous avons vécu une période compliquée avec une gestion de dingue. 

A la réouverture, nous nous sommes demandés si nos lecteurs allaient revenir et nous avons eu de la chance. Ils étaient au rendez-vous. Nous avons même ressenti chez eux un besoin de lire, de retrouver l'atmosphère de la librairie. J'ai pu constater combien les livres font du bien aux lecteurs, surtout quand ils en ont été privés. C'est un peu leur pharmacie, en particulier en cette période difficile. Je n'aime pas trop le mot "essentielles" par rapport aux secteurs qualifiés de "non essentiels". Mais nous répondons clairement à une attente. Avec les confinements, la demande a d'ailleurs évolué :  des livres qui proposent des activités pour pouvoir se passer des écrans (comme le jardinage ou le bricolage), ceux qui offrent un retour à la nature (en particulier sur la permaculture), et les livres qui font du bien, les "feel good books", les livres de résilience ou de bienveillance. Je crois que les gens ont besoin de cela de façon plus intensive.

Je travaille avec trois personnes à temps partiel, nous formons une équipe de lectrices. Je collabore fort avec nos représentants qui ont appris à nous connaître, voient ce qu'il y a en rayons, affinent leurs sélections. Nos choix sont fondés sur une certaine identité, liée à ce mot de bienveillance. Il y a clairement une sensibilité des gens pour acheter des auteurs locaux comme Armel Job".

mercredi 14 juillet 2021

Opération "Des livres belges dans votre valise"

                      


Président de l'Association des Editeurs Belges,  Benoît Dubois a lancé l'opération "Des livres belges dans votre valise" sur Facebook et Instagram. L'idée est simple :  chaque intervenant qui le désire, peut décrire en quelques lignes les raisons qui rendent ce livre incontournable. 

Benoît Dubois a confié à la presse :   "L'idée est d'utiliser les participants comme des influenceurs. Tous les genres sont acceptés, y compris la bande dessinée (même si elle vient de connaître une très bonne année, elle) et les....manuels scolaires. Moi qui ai travaillé dans ce secteur très longtemps, je peux vous dire que certains manuels scolaires d'Histoire peuvent se lire ou se feuilleter comme des livres de sciences humaines !  En Belgique, 75 % des livres vendus proviennent de France. Le reste, ce sont des livres scolaires, universitaires, des bandes dessinées....et une portion congrue pour les éditeurs belges. Avec la crise sanitaire, on avait tablé sur des pertes de 20% à 25%, et on est finalement "seulement" à 4% ou 5% de pertes. D'une certaine façon, la petite taille de nos structures éditoriales en a protégé certaines. Mais d'autres rencontrent vraiment de grosses difficultés".

Je ne peux que soutenir cette opération "Des livres belges dans votre valise", qui rejoint à 100% les objectifs de ce blog dédié aux écrivains belges. Je faisais déjà le même constat lors de la création de ce blog en 2009, mais depuis lors, les réseaux sociaux sont aussi une opportunité pour nos auteurs à saisir. Bel été à tous !

mercredi 7 juillet 2021

Prix des Lycéens 2020-2021

                   


Organisé tous les deux ans par la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Prix des Lycéens soumet cinq romans d'auteurs belges aux élèves qui ont aussi l'occasion d'échanger avec les écrivains. Ce sont ainsi plusieurs milliers d'adolescents qui participent à cette opération mêlant plaisir de lire et valorisation des écrivains belges francophones.

C'est le roman "Bluebird" de l'auteure belge Geneviève Damas (éditions Gallimard) qui a obtenu le Prix des Lycéens 2020-2021. Il raconte l'histoire de Juliette, une adolescente qui découvre subitement qu'elle est enceinte de plus de six mois.

Cliquez ci-dessous sur "Damas Geneviève" pour retrouver mes autres articles sur cette auteure belge.