En prévision d'un prochain congrès de la Fédération Internationale des Professeurs de Français, une centaine de professeurs ont répondu à un questionnaire (95 professeurs du secondaire supérieur, 12 professeurs du secondaire inférieur, 10 professeurs de l'enseignement supérieur).
Ces enseignant distinguent des auteurs belges liés au "patrimoine" et des auteurs belges de la littérature contemporaine. La frontière n'est cependant pas nette : certains estiment que c'est après la deuxième guerre mondiale, d'autres jusqu'aux années 1980, tandis que des professeurs estiment que la littérature contemporaine englobe des oeuvres du milieu du XXème siècle quand elle relève de la littérature de genre (comme "L'assassin habite au 21" de Stanislas-André Steeman et "Malpertuis" de Jean Ray).
Qui sont les auteurs belges que ces professeurs font lire à leurs élèves? Parmi les auteurs belges liés au "patrimoine", Maurice Maeterlinck et Georges Rodenbach se détachent très nettement (tous deux cités 30 fois), suivis par Charles De Coster (cité 14 fois), Emile Verhaeren (cité 13 fois), Camille Lemonnier (cité 12 fois), Marie Gevers (cité 9 fois), Michel De Ghelderode (cité 9 fois), Madeleine Bourdouxhe (cité 8 fois), René Baillon (cité 8 fois) et Jean Ray (cité 7 fois). Parmi les auteurs belges de la littérature contemporaine, c'est Armel Job et Amélie Nothomb qui sont les plus lus (tous deux cités 21 fois), suivis par Nicolas Ancion (16 fois), Georges Simenon (cité 13 fois), Thomas Gunzig (cité 12 fois), Jacqueline Harpman (citée 11 fois), Henry Bauchau (cité 8 fois), André-Marcel Adamek (cité 8 fois), les auteurs du Prix des Lycéens (cités 7 fois), Barbara Abel (citée 7 fois).
Jean-Louis Dufays enseigne la littérature à l'UCL et explique les trois plus-values à la lecture d'auteurs belges :
"D'abord, la proximité. Il y a plus de chances que les élèves s'intéressent à la lecture d'une oeuvre si les décors dans lesquels évoluent les personnages, la réalité décrite appartiennent à leur environnement culturel. Ensuite, cela contribue à construire le lien social et culturel. Même si la Belgique, contrairement à la France, peine à se construire une spécificité culturelle, et même si les classes sont de plus en plus multiculturelles, la lecture d'auteurs belges aide à s'interroger sur ce qui fait l'identité des habitants de ce pays, qu'ils soient de souche ou non. Enfin, il y a le côté pratique : les auteurs belges contemporains sont accessibles. Les enseignants peuvent inviter en classe la littérature qui se crée, donner aux jeunes l'occasion de questionner les écrivains, les illustrateurs sur leur pratique. Ils peuvent aussi les emmener voir les créations de ces artistes. Quand on assiste à un spectacle, quand on rencontre un écrivain, il y a une incitation à participer de manière active à la culture d'aujourd'hui, voire à en devenir un acteur, en écrivant, en chantant, en montant sur scène".
Où les professeurs de français recherchent-ils des informations sur la littérature belge? Ils consultent avant tout la presse écrite ("Le Soir" et "La Libre Belgique"), la radio (La Première) et la télévision (l'émission "Livres à domicile"). Apparaissent ensuite les discussions entre collègues, la revue "Le Carnet et les Instants" (qu'on peut recevoir gratuitement sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles), les réseaux sociaux et les blogs littéraires, ainsi que le Prix des Lycéens.
Propriété de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la collection Espace Nord (www.espacenord.com) rassemble plus de trois cent titres du patrimoine littéraire francophone belge. Ses atouts? Format de poche, prix accessible, dossier pédagogique (renseignements sur la vie de l'auteur, genèse du texte, cadre spatio-temporel, personnages, style, etc.).
Rappelons que les textes légaux n'imposent pas l'étude des auteurs belges en formation initiale. Les enseignants qui les abordent, le font par choix et par goût personnels. Chez les plus petits, plus de 5.000 enfants de 3 à 13 ans ont participé à "La petite fureur", prolongeant la lecture de livres de chez nous par une création. Il y a aussi le projet "Ecrivains en classe" qui permet d'accueillir un auteur ou un illustrateur en classe (du fondamental au supérieur) avec leurs déplacements défrayés.
Si vous êtes enseignant, n'hésitez pas dans les commentaires à nous faire part de vos expériences, suggestions et remarques !
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jeudi 23 juin 2016
lundi 28 mai 2012
Décès de Jacqueline Harpman

Née à Etterbeek en juillet 1929, Jacqueline Harpman avait dû quitter la Belgique pendant la deuxième guerre mondiale pour se réfugier avec son père, un juif d'origine néerlandaise, à Casablanca au Maroc. C'est là qu'elle effectue ses études secondaires et se passionne pour la littérature, en particulier Balzac, Proust et Freud. A l'automne 1945, elle rentre en Belgique et entame des études de médecine qu'elle abandonne après deux ans en raison de la tuberculose. Elle passe ainsi près de deux ans au sanatorium d'Eupen dans les années 50 pour soigner cette maladie. Sa carrière littéraire démarre en 1959 avec la publication de son premier roman, "Brève Arcadie", qui reçoit le Prix Rossel. En 1963, elle épouse l'architecte et critique d'art Pierre Puttemans avec qui elle aura deux filles. Son roman, "Les Bons Sauvages", paru en 1966, ne rencontre pas le succès espéré. Déçue, elle abandonne la littérature pendant une vingtaine d'années.
Jacqueline Harpman entame alors des études de psychologie à l'Université Libre de Bruxelles et est diplômée en 1970, à l'âge de 41 ans. Elle signe son retour à littérature en 1985 avec "La mémoire trouble". Elle confie : "Je crois que je n'avais plus rien à dire. Et puis brusquement dans les années 80, le désir de raconter des histoires m'est revenu et ne m'a plus quitté. Il est tel aujourd'hui que j'ai l'impression qu'il demeurera présent jusqu'à la fin de mes jours. J'ai aussi découvert Freud en même temps que le plaisir d'écrire. J'ai exercé les deux métiers ; ils n'ont aucune influence l'un sur l'autre. Quand on écrit, on exprime ce que l'on sent. La psychanalyse demande, elle, l'interprétation et la réponse. Il ne suffit pas de dire. Lire, comme écrire, est un soulagement temporaire, mais on ne se nettoie de rien. Voir quelqu'un qui reprend possession de soi est bouleversant. Je rêve de cela pour mes patients : qu'ils deviennent maîtres de leur histoire, c'est-à-dire de leur univers intérieur".
Son roman le plus connu est probablement "La plage d'Ostende" (éditions Stock, 1991). Elle y raconte comment Emilienne, 11 ans, grandit dans sa passion pour Léopold, 25 ans, et se révèle à lui après s'être rendue indispensable. En 1996, Jacqueline Harpman reçoit le Prix Médicis pour son roman "Orlanda", dans lequel la partie masculine de l'âme d'une jeune femme, Alice, investit le corps de Lucien. Orlanda (c'est le nom que l'auteur donne à cette "partie d'âme") vit alors de nouvelles expériences.
Elle remporte aussi le prix triennal du roman de la communauté française de Belgique en 2003 pour "La dormition des amants". En 2006, elle reçoit le grand prix de littérature de la Société des Gens de Lettres pour l'ensemble de son oeuvre. Son dernier roman date de 2007 : "Ce que Dominique n'a pas su", prix 2009 des Amis de la bibliothèque de la Ville de Bruxelles. Jacqueline a encore écrit deux pièces de théâtre ("Mes Oedipes" et "Avant/Après"), ainsi qu'un essai ("Ecritures et psychanalyse", paru en 2011). Ses livres ont été traduites dans de nombreuses langues (néerlandais, anglais, grec, etc.).
Jacqueline Harpman était aussi membre de la Société belge de psychanalyse et de l'Association psychanalytique internationale, chevalier de la Légion d'Honneur et chevalier des Arts et des Lettres. Elle est décédée ce 24 mai des suites d'une longue maladie. Elle avait 82 ans.
mercredi 9 décembre 2009
Récompenses pour nos auteurs
1° Le Prix Rossel 2009 a été attribué à l'écrivain liégeois Serge Delaive pour son roman "Argentine".
2° Jacqueline Harpman a obtenu le Prix littéraire des bibliothèques de la Ville de Bruxelles 2009 pour son roman "Ce que Dominique n'a pas su".
3° Le Prix International Guillevic-Ville de Saint-Malo 2009 a été attribué à l'unanimité à Liliane Wouters pour l'ensemble de son oeuvre poétique. Le même jour, à Saint-Malo, le prix Georges Peros a couronné un autre de nos poètes, Philippe Mathy.
4° Eric Brogniet vient de recevoir le prix Gauchez-Philippot 2009 (620 euros), consacré cette année à la poésie, pour son recueil "Ce fragile aujourd'hui".
5° A la Maison de la poésie de Saint-Quentin en Yvelines (France), notre compatriote Michel Voiturier a reçu le Prix Poés'Yvelines 2009 pour son recueil "Dits en plein désert".
6° Enfin, mon coup de coeur va en particulier à l'écrivain liégeois Nicolas Ancion qui a reçu le Prix Rossel des Jeunes 2009 pour son dernier roman, "L'homme qui valait 35 milliards", dont je vous avais annoncé la sortie sur ce blog. J'ai également eu le plaisir de rencontrer Nicolas à la Foire du Livre de Bruxelles en mars dernier et il a déjà fait quelques passages sur mes blogs. Bravo Nicolas!
2° Jacqueline Harpman a obtenu le Prix littéraire des bibliothèques de la Ville de Bruxelles 2009 pour son roman "Ce que Dominique n'a pas su".
3° Le Prix International Guillevic-Ville de Saint-Malo 2009 a été attribué à l'unanimité à Liliane Wouters pour l'ensemble de son oeuvre poétique. Le même jour, à Saint-Malo, le prix Georges Peros a couronné un autre de nos poètes, Philippe Mathy.
4° Eric Brogniet vient de recevoir le prix Gauchez-Philippot 2009 (620 euros), consacré cette année à la poésie, pour son recueil "Ce fragile aujourd'hui".
5° A la Maison de la poésie de Saint-Quentin en Yvelines (France), notre compatriote Michel Voiturier a reçu le Prix Poés'Yvelines 2009 pour son recueil "Dits en plein désert".
6° Enfin, mon coup de coeur va en particulier à l'écrivain liégeois Nicolas Ancion qui a reçu le Prix Rossel des Jeunes 2009 pour son dernier roman, "L'homme qui valait 35 milliards", dont je vous avais annoncé la sortie sur ce blog. J'ai également eu le plaisir de rencontrer Nicolas à la Foire du Livre de Bruxelles en mars dernier et il a déjà fait quelques passages sur mes blogs. Bravo Nicolas!
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