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mercredi 1 juillet 2015

"Journal d'une Verviétoise des Boulevards (1908-1943)" d'Edmée De Xhavée

                                                    


Déjà auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles, Edmée De Xhavée rend un très bel hommage à ses grands-parents paternels dans cet ouvrage très bien écrit et agréable à lire. Elle s'est aidée du journal intime tenu par sa grand-mère de 1908 à sa mort en 1943 :   "un témoignage parfois surprenant et touchant sur sa vie, une vie qui n'eût rien de vraiment extraordinaire et qui, justement, reflète ce que pouvait être le train-train sans histoire d'une jeune fille des Boulevards qui devient femme, mère et affronte, comme tout le monde, cette montagne russe qu'est la vie".


Née en 1893, l'enfance bourgeoise de Suzanne se partage entre Verviers, la maison de campagne à Nismes, le séjour annuel à la côte belge et des vacances dans les pays voisins. A 17 ans, elle part en pension à Bonn en Allemagne, puis quelques mois en Angleterre. Edmée conclut :   "La voici suffisamment cultivée et éduquée pour faire la fierté de tout époux normalement exigeant. Elle aura bon caractère, saura intervenir brillamment dans les conversations touchant à l'art de se divertir avec finesse, animera harmonieusement silences et réunions de son toucher allègre sur le piano et ne dira jamais à son mari qu'elle "s'ennuie" et qu'il devrait la distraire. Elle a ainsi le bagage pour une certaine autonomie intellectuelle et culturelle".  Mais son cœur bat déjà pour son voisin Albert.


L'année 1914 commence bien avec l'exposition des toiles de son oncle peintre Charles Houben. Suzanne est à la côte lorsque les Allemands envahissent la Belgique. Sa famille s'enfuit aux Pays-Bas. L'insouciance est terminée mais Albert et Suzanne se fiancent en secret en 1916 (leur famille ne sera au courant qu'un an plus tard). Leur mariage a lieu en 1919 et sera heureux. Un an plus tard, ils décident de partir en Uruguay où ils restent jusqu'en 1926. C'est là que naît leur fils unique Jack. Première voiture en 1937.


La deuxième guerre mondiale éclate. Pendant que Suzanne et son fils s'enfuient en France, Albert est rappelé à la caserne de Namur, puis prisonnier de guerre en Westphalie. Le journal intime de Suzanne et Albert, et les souvenirs de Jack permettent de restituer la vie quotidienne à Verviers sous l'Occupation. Libéré, Albert s'engage dans l'Armée Secrète de Belgique.


Suzanne décède d'un cancer en 1943. L'année suivante, Albert succombe d'une crise cardiaque, après avoir eu le bonheur de vivre la libération de notre pays. Ils reposent au cimetière de Heusy, rejoints récemment par leur fils Jack. Et leur souvenir est désormais bien vivant grâce à ce livre de leur petite-fille qui écrit :  "De l'argent de la famille, il ne reste que le souvenir, quelques babioles, beaucoup de photos et ces carnets. Mais surtout, surtout, il y a cette belle éducation qui continue de génétiquement se propager, l'amour des choses belles même si simples et sans coût, le plaisir de l'affection, le goût du juste. La joie du voyage, proche ou lointain, le retour aux lieux connus et aimés par plusieurs générations. L'argent passe, s'écoule, va aider ou empoisonner d'autres vies. Mais la faim de vivre est imprimée en nous".


"Journal d'une Verviétoise des boulevards", ce ne sont pas uniquement des souvenirs familiaux et verviétois. C'est aussi un livre qui plaira aux amateurs d'Histoire et d'histoires, et qui intéressera les historiens et sociologues sur la vie quotidienne durant les deux guerres mondiales, et sur la vie d'une famille bourgeoise de la première moitié du 20ème siècle.

mardi 24 décembre 2013

samedi 1 juin 2013

"Lovebirds : récits de mal d'amour" (Edmée De Xhavée)

 Née à Verviers en 1948, Edmée De Xhavée a grandi en écoutant les récits des vies de ses grands-parents et grands-oncles qui ont vécu en Argentine, en Uruguay et en Australie. Après avoir effectué une partie de ses études à Verviers, elle s'oriente vers les arts décoratifs à Bruxelles. A son tour, elle a vécu plusieurs années dans le sud de la France, en Italie et dans le New Jersey, avant de revenir s'installer en Belgique. Après le lancement de son blog http://edmeedexhavee.wordpress.com , les Editions Chloé des Lys publient ses romans "Les Romanichels" (paru en 2009) et "De l'autre côté de la rivière, Sibylla" (paru en 2011), qui racontent des histoires de famille et montrent comment la jeune génération s'est affranchie des conventions de l'hypocrisie qui régnaient dans certaines couches sociales afin de mener leur vie comme elle l'entend.

Edmée De Xhavée nous propose cette fois un recueil de huit nouvelles préfacé par le journaliste et écrivain Luc Beyer de Ryke :   "L'auteur, me semble-t-il, ressent profondément le tragique de l'existence. Mais, à l'encontre de la sentence shakespearienne selon laquelle le monde, ce théâtre où chacun joue un rôle, serait une succession pleines de bruit et de fureur et qui ne signifient rien, Edmée De Xhavée laisse transparaître, au bout du jeu, l'idée d'une rémission. Dans plusieurs des nouvelles qu'elle nous propose, ses personnages, en raison des circonstances et après bien des péripéties, se sauvent par une sorte de rachat. L'épilogue réconcilie avec la vie".

Ces huit nouvelles sont bien écrites et nous parlent d'amours, des non-dits, des secrets de famille. Les personnages sont Mr et Mme Toutlemonde et leurs histoires pourraient arriver à chacun d'entre nous. On "retrouve" ici et là certaines de nos connaissances. Dans son écriture, Edmée De Xhavée fait preuve d'originalité :  proposition de plusieurs scénarios dans "Un dimanche en famille" ; temps remonté et points de vue alternés des différents personnages dans "L'amour d'une mère". Bien sûr, les nouvelles qu'on apprécie ont un côté frustrant car elles finissent trop vite.

Voici les 4 nouvelles que j'ai beaucoup apprécié :  "La joie de Chérie", "Un amour d'amnésie", "Carte numéro 13 La Mort" et "L'amour d'une mère". Les quatre autres nouvelles m'ont moins attiré mais tout cela est subjectif et varie d'une personne à l'autre. Bonne continuation à Edmée De Xhavée!

Par ailleurs, le prix de ce livre (28,40 euros) est excessif.

P.S. Cliquez ci-dessous sur "De Xhavée Edmée" pour retrouver mes autres articles sur cet auteur.                                                                                                                         

mercredi 6 juillet 2011

Interview croisée d'Edmée De Xhavée et Nicole Versailles

Petit Belge : Avant de faire publier votre premier livre, vous avez toutes les deux créé un blog et choisi un pseudonyme. Pourquoi avez-vous fait ces deux choix et qu'est-ce que cela vous a apporté?

Edmée : Quand j'étais petite, je jouais à être une (merveilleuse) princesse adorée de tous mais d'une sauvagerie assez impressionnante (je grimpais aux arbres, me battais à l'épée et avais une chevelure avec laquelle j'aurais pu étrangler plus d'un impoli). Mais j'avais un grain de beauté sur le bras qui, lorsque je le voyais au cours de mon jeu, me rappelait cruellement que je n'étais "que" moi. Je me suis donc peut-être offert non pas la couronne d'une princesse, mais un second moi. Je me sens plus libre d'écrire sous un pseudonyme qui est un de mes prénoms de baptême et le nom d'une rue commerçante de ma ville natale, Verviers. Quant au blog, au départ, je l'ai fait pour présenter mon premier roman "Les Romanichels". Or ils ont mis si longtemps à être prêts qu'entretemps, je m'étais mise à parler de bien d'autres choses, et à me prendre au jeu. Maintenant, j'y tiens beaucoup et essaie de garder ma discipline autant que possible.

Nicole : Depuis toujours, j'aime écrire, j'ai rempli des cahiers entiers achetés tout neufs et de préférence tout rouges, de mes petites pensées personnelles. Tellement personnelles que tôt ou tard les cahiers se retrouvaient plongés dans les feux de joie de la cheminée...sous mes yeux nostalgiques de voir partir en fumée tant de mots dont je ne retrouverai plus jamais la trace. La peut d'être percée à jour par une indiscrétion commandait cet acte de destruction massive! C'est pour cette raison que l'anonymat de la toile me séduisait tellement : écrire sous les yeux du monde entier, tout en restant cachée de mon entourage... Quel paradoxe tentant! Et puis, il y avait la magie incroyable de voir affichés sur la fenêtre de mon ordinateur, accessibles à chacun, les mots que j'écrirais, mes mots à moi. Cela me semblait proprement fascinant! Je me prenais à rêver que moi aussi, je pourrais écrire de belles choses sur l'écran du monde entier, que je pourrais être lue par des dizaines de lecteurs que j'imaginais bien sûr intéressés et enthousiastes. Ecrire et être lue dans un même élan, je n'osais y penser, moi qui jusqu'alors n'avais confié qu'à mes tiroirs les plus secrets quelques mots inachevés. J'avais envie d'écrire et je me prenais à rêver qu'on me lise... Comme tant d'autres, je me suis donc peu à peu laissée séduire par l'idée exaltante de déposer dans le vaste monde du Net les traces indélébiles et passionnantes de ma vie, en réalité pas toujours si passionnante que çà et même parfois franchement quelconque. Mais qui sait? Ma vie prendrait peut-être un autre relief si elle s'affichait sur l'écran de cet ordinateur qui décidément prenait de plus en plus de place dans ma vie... Le pseudo choisi sur un coup de coeur pour sa musicalité était obligatoire, l'anonymat était à ce prix.

Petit Belge : Nicole en a déjà parlé dans la première question, mais vos romans et les textes de vos blogs sont en partie autobiographiques?

Nicole : En ce qui concerne mes livres, "Tout d'un blog" et mon récit de vie "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" racontent beaucoup de moi, bien sûr... Même chose en ce qui concerne mon blog, qui sont des billets d'humeur à propos du quotidien, de la vie : c'est du personnel qui peut rencontrer le vécu des autres. Mon recueil de nouvelles raconte des histoires de fiction. J'ai voulu sortir de la facette "personnelle", récit de vie, faire autre chose...inventer des personnages et les aventures qu'ils vivent, j'ai aimé çà!

Edmée : Comme Nicole, le premier roman contient beaucoup d'éléments personnels réels, mêlés à de la fiction parce qu'il ne s'agit pas du tout d'une histoire vraie (je me souviens d'un ami français qui, horrifié, y a tellement cru qu'il m'a dit : "mais comment as-tu pu abandonner ton enfant???"). Le second aussi, mais avec plus de fiction. Le troisième sera un recueil de nouvelles où je pense que seuls les éléments de décor ou de mise en scène sont parfois réels, ou un personnage secondaire. Le blog, c'est personnel oui, mais je ne cherche pas à en faire un journal ou une sorte d'autobiographie. Ce sont les choses qui m'ont marquée, ont accroché ma curiosité, et que je cherche à partager.

Petit Belge : La famille, ses secrets et ses dessous de table, ainsi que la relation mère-fille sont présents dans vos ouvrages respectifs?

Edmée : Toute famille a des secrets, tout cercle social en a. Les secrets sont les tabous que l'on a enfreint, et donc forcément, les maisons sont tapissées de secrets. Ca me fascine, d'autant plus que, finalement, les gens sont de fameux comédiens! Quant à la relation mère-fille, je la trouve toujours intriguante aussi. Après tout, une mère est une mère au sortir de notre regard, nous ses enfants, mais elle est une jeune femme dans le sien propre - heureuse ou déjà lasse de ce que la vie pouvait lui offrir - et une fille inexperte dans le regard de ses parents. Elle peut aussi être une amante exceptionnelle ou une épouse trop conventionnelle aux yeux de son époux. Mais elle n'est la mère que pour ses enfants, et son rôle peut lui plaire ou pas, l'user, la ravir, l'amuser parce qu'elle confie les enfants à des nannies et offre un baiser parfumé du soir, la tuer parce qu'elle est seule et n'en sort pas. Ce sont des relations difficiles et qui ne trouvent leur plénitude, je pense, que sur la longue durée, la longue attente, la longue patience.

Nicole : La famille, ses failles, ses douleurs, son manque de dialogue sont évoqués surtout dans mon livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers"...mais aussi sous forme de fiction dans mes nouvelles. Dans mon récit de vie, j'ai tenté d'explorer quelque peu toutes ces failles, à travers les visages de trois générations de femmes. J'ai voulu aussi retrouver mes souvenirs d'enfant, ceux qui s'obstinaient à se cacher dans ma mémoire sélective. Je l'ai fait pour que mes enfants puissent avoir accès à leur histoire et puissent à leur tour la transmettre plus librement à leurs enfants. Quant à la relation mère-fille, elle n'a pas été simple pour moi, ce fut le berceau de beaucoup d'incompréhensions. L'amour et la haine s'y sont côtoyés bien souvent. J'ai voulu croire jusqu'au bout que l'amour pouvait triompher de tout par le dialogue et qu'il n'y a aucune malédiction d'incompréhension définitive. Je crois fermement que, quel que soit le passé, le futur reste sans cesse à construire et qu'il est dans nos mains!

Petit Belge : Vous dénoncez toutes les deux l'hypocrisie et les conventions de certains milieux, liées notamment à la religion et au "qu'en dira-t-on?". Etes-vous la rebelle de votre famille?

Edmée : Je suis certainement la rebelle, mais je ne me voyais pas comme telle. On me regardait un peu comme celle qui ne comprenait rien, la cigale impénitente, et on me sérinait "pierre qui roule n'amasse pas mousse"... C'est vrai que je n'ai pas de mousse, mais peut-être suis-je une pierre brute? Et je ne suis ni anti-religion, ni anti-famille, et je reconnais la nécessité des conventions aussi. Mais tout est dans la mesure, car souvent, c'est le fait de cacher les choses pour ne pas faire de mal aux enfants, à une épouse, à un groupe humain qui fera le plus grand désastre en fin de compte car le secret viendra au jour quand même, mais à la manière d'une bombe.

Nicole : Non, je ne suis une rebelle. Je suis juste une femme en quête de vérité. S'il me faut dire quelque chose (principalement par l'écriture), je tente de le dire tant dans le respect de l'autre que dans la fidélité à moi-même. Je suis bien plus encore une femme en quête d'amour (aussi bien donné que reçu), sans doute idéaliste à ce niveau... Je suis capable de me taire, de prendre sur moi, pour ne pas blesser l'autre...et de continuer seule au profond de moi-même mon chemin d'humanité. C'est aussi pour cette raison que j'aime écrire : il m'est donné l'occasion de m'exprimer de manière non-violente. Maintenant, dans ma fratrie, je suis considérée comme un peu "à part"...

Petit Belge : Autre ressemblance entre vos écrits : les femmes y sont très présentes et les hommes sont souvent à l'arrière-plan. Est-ce un choix ou un hasard?

Edmée : Ma vie m'a portée à construire autour de moi un mur de femmes. A savourer la force et la présence des femmes. Parce que les hommes furent, en fait, peu présents...en tout cas positivement présents. J'ai grandi dans un monde de femmes : ma mère (divorcée), sa mère (séparée), la gouvernante (une vieille demoiselle malgré de nombreux prétendants), des tantes veuves ou divorcées, des amies de ma mère célibataires ou "plantées là"... L'homme semblait ne faire que de brèves apparitions et disparaître.

Nicole : Difficile de répondre à cette question. Je répondrais spontanément que c'est un hasard, mais ce genre de hasard n'existe pas vraiment... J'aime me glisser dans la peau des femmes, essayer de mieux les comprendre, essayer de savoir ce qu'elles peuvent vivre. Mais je suis tout aussi intriguée par le monde masculin, il me fascine tout autant. Alors hasard sans doute... En tout cas, ce ne fut pas un choix délibéré. J'aime beaucoup les hommes (rires)!

Petit Belge : Quelles difficultés et quelles bonnes surprises avez-vous rencontrées pour faire connaître vos livres et votre blog?

Nicole : Je n'ai pas cherché à faire connaître mon blog. J'étais au début une simple anonyme qui écrivait simplement sur la vaste toile. Mais très vite les lecteurs sont venus... Cela m'a surprise... Il semblait qu'on aimait me lire, je n'en revenais pas mais c'était du bonheur. Ecrire et avoir cette chance d'être lue, que demander de plus? Mes lecteurs sur mon blog sont bien plus nombreux que les lecteurs de mes livres... Et la surprise la plus merveilleuse, c'est que mes livres se sont fait connaître en priorité grâce à mes amis blogueurs. C'est mon meilleur réseau!

Edmée : Les bonnes surprises ont été l'aide de gens, comme toi Petit Belge, qui ont fait que mon blog a bien démarré et avec lui l'annonce faite au bon peuple de la sortie de mon livre, ce qui a duré plus d'un an. J'ai donc eu des fidèles du blog qui ont acheté le livre. Maintenant, les éditions Chloé des Lys ne font pas de promotion ou presque, c'est donc à l'auteur de se débrouiller. Un petit noyau d'auteurs se soutient et s'entraide, ce qui assure une bonne relation sans rivalité et des échanges d'idées. Un auteur m'a, par exemple, mis une vidéo promotionnelle sur youtube, et je viens d'avoir une interview de Bob Boutique - autre auteur - qui vient de passer dans l'émission Actu TV de juin 2011. Je vais participer un peu plus à des événements littéraires, maintenant que je suis en Belgique. J'espère donc que çà aidera...

Petit Belge : Quels sont vos projets littéraires?

Nicole : Une publication des billets les plus commentés des Petites Paroles de Coumarine (très bientôt). Une publication collective d'ici la fin de l'année, dont je ne peux encore rien dire. Et puis d'autres choses en chantier...mais je préfère ne pas dévoiler ce genre de projet tant qu'ils ne se trouvent pas finalisés. J'en profite pour annoncer que le 7 septembre à 9h30, je serai interviewée dans les locaux de la Sabam dont je fais partie (dans le cadre des Mercredis du Livre). Et que le 16 octobre, je participe en tant qu'auteure au "Curieux dimanche" à la bib. Sésame à Schaerbeek (interview et dédicaces vers 13h, les détails suivront). Ces deux interviews concernent les "Dessous de table", éditions Mémory Press, 2010.

Edmée : Là pour le moment, je laisse un peu de place et d'espace à "De l'autre côté de la rivière, Sibylla". Et je pense sortir, l'année prochaine, un recueil de nouvelles (chic, diront certains, moins de personnages!) d'amour et de mals d'amour... Mais pour entretenir la forme, je compte aussi continuer à faire les petits concours littéraires qui passent, ne serait-ce que parce que c'est chaque fois un défi qui me stimule et m'évite de penser que "çà, c'est pas pour moi!".

Petit Belge : Quel regard porterz-vous sur cette interview croisée, et sur le travail et l'écriture l'une de l'autre?

Edmée : Je dois dire que j'aime énormément ce que fait Coumarine. Je visite moins son blog - je visite moins tous les blogs - parce que j'ai moins de temps, mais je le garde, avec quelques autres, "pour la bonne bouche". J'ai lu deux de ses livres avec fascination et, sans vouloir me comparer à elle, quelque part je me reconnais en elle sur bien des points. On a, je pense, le même regard sur les choses, bien qu'elle me paraisse plus sage que moi (dans le bon sens!). Coumarine, pour moi, est une dame! Son écriture est belle, profonde, sans langue de bois et sans vulgarité. J'aime beaucoup, beaucoup !!!

Nicole : Je n'ai lu que le premier roman d'Edmée qui m'a un peu déroutée par l'abondance des personnages et la complexité de son intrigue. C'est le genre de livre qu'il faut lire d'une traite, sous peine de perdre le fil de l'histoire. Edmée écrit de manière ample, avec une grande richesse de vocabulaire. Cette écriture ample et recherchée, apparaît aussi sur son blog et suscite souvent l'admiration de ses lecteurs. Edmée écrit moins sur son blog que moi, ce qui me permet quant à moi, de la lire régulièrement. Quant à cette interview croisée, j'ai trouvé l'idée originale et intéressante : Edmée et moi, nous nous ressemblons pas mal, nous sommes contemporaines, nous écrivons et publions depuis peu, et nous tenons un blog à visée plutôt littéraire. D'autre part, la place de la femme, chez elle comme chez moi, est prédominante, et cependant nous ne sommes ni l'une, ni l'autre des "féministes". N'ayant pas lu toutes ses réponses, ce sera donc une (belle) surprise de découvrir l'ensemble de l'interview... Merci Petit Belge de nous avoir permis cette confrontation amicale.

mardi 14 juin 2011

"De l'autre côté de la rivière, Sibylla" (Edmée De Xhavée)

Le roman commence par l'inauguration de "Sibylla", le nouveau restaurant à Verviers d'Emma et Jean. Le frère et la soeur rendent ainsi hommage à leur ancienne gouvernante. Après le décès de leur mère Pauline Depage, la garde avait été accordée à leur riche famille maternelle au détriment de leur père Félix Lemarchand. Les deux enfants sont confiés à leur tante célibataire Marie qui engage Sibylla. Cette dernière les protège des mesquineries et des méchancetés du clan Depage qui n'a jamais accepté l'amour de Pauline pour Félix. Au fil du roman, Sibylla se remmémore l'enfance, l'adolescence et les relations d'Emma et Jean qui s'affranchissent peu à peu de leur famille maternelle et reprennent contact avec leur père. Leur vie sentimentale ne sera pas ensuite un long fleuve tranquille, mais ils peuvent toujours compter sur Sibylla pour se confier. Et c'est au moment où ils trouvent la sérénité que celle-ci passe de l'autre côté de la rivière...

"Les Romanichels" (son premier roman paru en 2009) et "De l'autre côté de la rivière, Sibylla" sont tous deux bien écrits, racontent des histoires de familles, et se terminent sur une note positive. Ils montrent comment la jeune génération s'est affranchie des conventions et de l'hypocrisie qui régnaient dans certaines couches sociales, afin de mener leur vie comme elle l'entend. Personnellement, j'ai une préférence pour ce deuxième roman par rapport aux "Romanichels".

mercredi 15 décembre 2010

Actualité d'Edmée De Xhavée

L'actualité de l'auteur belge Edmée De Xhavée (née en 1948 à Verviers), c'est un clip de promotion réalisé par Florian Houdart : www.youtube.com/user/EditionsChloeDesLys#p/a/u/1/5bb4r3L6_IE . Edmée a deux beaux projets pour l'année 2011 : son retour en Belgique et la sortie de son deuxième roman, "De l'autre côté de la rivière, Sibylla" (éditions Chloé des Lys). En cliquant ci-dessous sur "De Xhavée Edmée", je vous invite à (re)lire les articles que je lui avais consacrés en 2009 lors de la sortie de son premier roman "Les Romanichels".

mardi 31 août 2010

La rentrée de nos auteurs (2ème partie)

Carine-Laure Desguin : "Rue Baraka commence seulement à vire... C'est donc un plaisir pour moi de lire et d'écouter les commentaires de mes lecteurs. Je savoure ces instants car pour un jeune auteur comme moi, ces mouvements de sincérité me touchent beaucoup. "Rue Baraka" a dépassé les frontières et savoir que mon texte est lu en France, en Turquie, en Algérie,... Mais m'endormir sur mes lauriers, ce n'est pas mon style! Depuis quelques jours, l'adaptation théâtrale de "Rue Baraka" se profile de mieux en mieux. Pourquoi me demanderez-vous? Et bien, le théâtre serait une façon de diffuser au mieux le message du vieux peintre, non? Habillé de dialogues un peu plus adaptés pour un public plus jeune, "Rue Baraka" pourrait se jouer facilement par et pour nos étudiants, n'est-ce pas une bonne idée? Avec impatience, j'attends les résultats d'un concours de poésie organisé par la ville de Charleroi : mes vers ont ondulé par-delà la première pré-sélection et mes espérances ne sont donc pas toutes enterrées... En novembre, Tournai-La Page ouvrira ses portes à de nombreuses maisons d'édition et comme chaque année, Chloé des Lys invitera plusieurs de ses auteurs pour une séance de signatures. M'invitera-t-on encore malgré que "Rue Baraka" a reçu la grande chance d'être présente aux Rendez-vous de la langue française à Mons en avril dernier? De tout coeur, je l'espère. Mon second roman, "Les enfants du grand jardin", est actuellement dans les tiroirs de Chloé des Lys et d'ici quelques mois, la réponse tombera... Aurai-je ou pas un contrat pour ce conte surréaliste? Essayons la méthode du vieux peintre, celle qui permet de réaliser ses rêves... Et attendons! Dans le cas très incertain d'un moment de loisir, mon troisième roman, "Mademoiselle Lucas", demande une relecture. A noter que lire et commenter les romans des autres auteurs de Chloé des Lys s'inscrit non pas dans la catégorie "Projets" mais bien dans la catégorie "Participation actuelle". Les deux romans que je lis actuellement me ravissent. De l'inattendu, une écriture qui se lit comme on savoure une crème glacée. Dès que possible, j'offrirai donc pour le journal Actu mes deux prochaines notes de lecture concernant "Un deux trois soleil" de Josy Praud-Malet et "Le triangle sous le sable" de Gauthier Hiernaux. En attendant la réalisation de tous ces beaux projets, je remercie les lecteurs de "Rue Baraka". Par leur présence, ils confirment ce que le vieux peintre martèle dans la tête de ce Tarek. De quoi s'agit-il? Et bien, vous aussi, lisez "Rue Baraka" et vous saurez!"

Philippe Desterbecq : "J'ai rendez-vous le 12 octobre avec le responsable des éditions Chloé des Lys car ils ont accepté mon manuscrit. Il s'agit d'un roman pour enfants que j'ai écrit il y a bien longtemps. J'ai reçu l'accord pour sa publication en juin, mais Edmée m'a conseillé de ne pas en parler trop vite afin d'éviter les questions répétitives du genre : "Alors, c'est pour quand?". J'étais mécontent d'Elzévir et je voulais changer d'éditeur. Je suis donc très content de faire partie des prochains auteurs de Chloé des Lys. J'ai aussi participé à un concours de lettres. Il s'agissait donc d'écrire une lettre (sujet et destinataire au choix). Mon texte a été retenu et paraîtra dans un recueil au mois de septembre, en principe. Voilà les dernières nouvelles".

Xavier Deutsch : "En fait, mon activité principale en ce moment (et pour ainsi dire la seule), c'est la parution de mon dernier roman : "Une belle histoire d'amour qui finit bien", aux éditions Robert Laffont. Il se trouve en librairie depuis le 26 août. Et je sens, je crois, je pressens qu'il se passe autour de ce roman quelque chose de particulier, de lumineux, de précieux".

Edmée De Xhavée : "Mon unique projet pour la rentrée et les mois qui viennent, c'est le lancement de ce second roman : "De l'autre côté de la rivière, Sibylla". 250 "et des" pages, une histoire centrée cette fois sur deux personnes, un frère et sa soeur. Nous sommes aussi en train de préparer notre retour en Europe prévu maintenant pour mai 2011, et donc çà prend pas mal de temps et d'énergie! Mais je suis contente des résultats "rencontres" obtenus rien qu'avec le blog, de bons échanges se sont faits, des sympathies vraies sont nées. Aussi je pense que ce livre numéro deux aura encore un meilleur départ que le premier. Et tu y es pour quelque chose grâce à tes suggestions et tes idées!".

Armel Job : "Mon roman "Tu ne jugeras point" a reçu le prix littéraire de la Ville des Sables d'Olonne dans le cadre du Festival Simenon. Le prix littéraire de la Ville des Sables d'Olonne est remis lors du festival Simenon qui se déroule chaque année depuis 1999 au mois de juin. Il est attribué à un roman par un jury composé de passionnés de l'oeuvre de Simenon. Quelques membres du jury : Régine Deforges, Claude Chabrol, Jean-Luc Hees, Hubert Montheillet, Gilles Perrault, Marc Dugain, Paula Jacques, etc. Le prix sera remis le 2 septembre à 18h30 à la Délégation Wallonie-Bruxelles à Paris. En septembre chez Mijade (Namur) paraîtra mon roman "Les lunettes de John Lennon". En janvier chez Laffont (Paris) paraîtra mon roman "Les eaux amères"".

Béatrice Libert : "Reprise de mes ateliers de lecture-écriture à la maison de la poésie de Namur le samedi 2 octobre : groupe 1 complet ; groupe 2, il reste quelques places (de 14h30 à 18h). Ecrire à beatricelibert@yahoo.fr . Le vendredi 29 octobre à 20h à la Galerie Art'Mony à Fexhe-Slins, soirée unique atelier d'écriture "Lieux dits, lieux rêvés". Apporter une carte routière et de quoi noter. Le dimanche 24 octobre de 10h à 12h, rencontre avec Béatrice Libert, écrivaine et comédienne, à la bibliothèque d'Amay. Mini-récital avec Angélique Giorgio à la harpe celtique. Dialogue avec le public et signature. Accès gratuit".

jeudi 26 février 2009

Interview d'Edmée De Xhavée (2ème partie)

1° Ce roman est-il autobiographique? J'ai déjà remarqué qu'il se passait dans trois pays où tu as vécu (la Belgique, le sud de la France et l'Italie)?
Il n'est pas du tout autobiographique, même si je me suis en effet servie de la trame de ma vie. C'était plus facile pour commencer. Il y a des éléments vrais, bien sûr, vécus, mais l'ensemble de l'histoire n'a rien à voir avec ma propre vie.

2° Les femmes, leur émancipation à travers les générations et la relation mère/fille sont très présentes dans ton roman, tandis que les hommes sont à l'arrière-plan?
C'est vrai. Mes parents ont divorcé et nous sommes restés, mon frère et moi, avec ma mère. Pas d'homme dans notre quotidien. Mes grands-parents paternels étaient morts et mes grands-parents maternels étaient séparés. Donc, pour moi, l'homme n'est pas très présent! Mais tu remarqueras que je donne un rôle de coeur à certains hommes, parce que même absent, mon père s'occupait, s'informait, et m'a notamment transmis l'amour des beaux livres et de l'art. La présence physique n'est pas l'unique façon d'être là!

3° As-tu voulu faire passer un message aux familles de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou cette maladie était un prétexte pour raconter la vie de Suzanne?
En effet, la maladie n'a été qu'un prétexte, cette idée de la mémoire qui risquait de partir devait créer l'urgence de raconter.

4° En lisant ton roman, on a l'impression que beaucoup d'histoires d'amour se terminent mal?
Pour moi, ces histoires ne finissent pas mal! L'amour est bien là. Je ne crois vraiment pas que le quotidien soit nécessaire, absolument nécessaire. Il y a plusieurs façons d'aimer, on ne les choisit pas toujours bien sûr...

5° Ce roman n'est-il pas aussi une critique des secrets de famille, des conventions et de l'hypocrisie qui régnaient - et règnent parfois encore aujourd'hui - dans certaines couches sociales élevées?
Tout à fait! Je ne vais pas dire que "j'en ai beaucoup souffert" parce que je souffrais en dérangeant et que çà, çà m'amusait plutôt. Mais j'ai vu d'autres personnes se laisser écraser par ce rouleau compresseur, et çà me met en rage. Je dois dire, malgré tout, que lorsque je suis partie à Aix-en-Provence, j'y ai trouvé justement une société bien plus vivante, généreuse qu'en Belgique. Naturellement, je fréquentais un groupe assez hétéroclite (artistes, ingénieurs, profs de philo, gens du coin, antiquaires, vendeuses) qui ne se souciait pas du tout de savoir si on était "bien nés" ou pas.

6° J'ai relevé une citation de ton livre ("Le passé, c'est bon seulement quand on y retourne pour se faire plaisir, pour se dire qu'on a eu de la chance d'avoir vécu çà, ou vu çà. Mais des larmes, on a assez d'occasions d'en verser sans en plus aller les rechercher dans le passé!"). N'est-ce pas le message principal de ton roman?
Le passé compte beaucoup, en tous cas pour moi. Il y a eu plein de moments moches, et j'en suis désormais détachée, je peux y penser et en parler sans me réimpliquer. Mais le bon, ah quelle merveille en effet d'avoir eu tout çà! Quel privilège d'avoir connu ces gens exceptionnels, ces moments, ces arômes, ces explosions de vie. Je pense que les vieux qu'on va voir volontiers, ce sont ceux qui font leur bain de jouvence dans un passé unique!

7° Peut-on avoir quelques informations sur le sujet de ton prochain livre?
Voici ce que dit le comité de lecture des Editions Chloé des Lys : "C'est toute une vie. C'est triste, c'est gai, c'est vrai et sans fards. Et Boris Cyrulnik ne désavouerait pas ce livre, si bel exemple de sa théorie sur la résilience". De nouveau, j'aborde le thème du poids moral dans certains milieux. Il y a un personnage très lumineux qui suit les vies d'un frère et d'une soeur pratiquement brisés dans leur enfance. De nouveau, les hommes sont absents, fragiles, mais il y a beaucoup d'amour en eux, pourtant.

mardi 24 février 2009

"Les Romanichels" (Edmée De Xhavée)

Dès les premières pages, Olivia nous explique ses relations avec sa mère : "Elle n'a jamais été capricieuse, ni vraiment égoïste. Pas proche de moi non plus, ni moi d'elle, mais sans hostilité. Un peu comme si nous étions tante et nièce, sans l'intimité qui semble parfois exister entre certaines mères et filles. Ni la froide rivalité qui existe entre d'autres (...) Elle ne m'a jamais appelée pour me dire que quelque chose de bien lui arrivait....ce n'est pas le genre de choses qu'elle partage avec moi. Nous sommes plutôt du style à nous échanger bouquins, recettes de cuisine et adresses de bons hôtels".

Aussi Olivia est intriguée par la demande insistante de sa mère de renoncer à son départ en vacances et de revenir de Turin une semaine à Bruxelles... A son arrivée en Belgique, Suzanne/Mammita (53 ans) lui annonce avec beaucoup de sérénité qu'elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle souhaite que l'espace d'une semaine, Olivia apprenne à la connaître et lui pose toutes les questions qu'elle veut sur sa vie.

Mammita remonte quelques décennies en arrière pour raconter l'histoire de sa famille, son enfance, ses vacances en Italie, la perte de sa virginité avec Rinaldo, son mariage sans amour avec Sébastien d'Entremont-van Zwyn, le décès de son père Max, sa rencontre avec son amant Sergueï, la naissance d'Olivia. Rebondissement au treizième chapitre lorsque les révélations de Mammita touchent directement Olivia qui se rend compte des sacrifices faits par ses parents pour elle... Heureusement, la génération suivante s'affranchit des conventions et de l'hypocrisie qui régnaient dans certaines couches sociales élevées, et mène sa vie comme elle l'entend : Olivia est heureuse en Italie avec Pierluigi. Le roman se termine par l'explication du titre et une bouffée d'enthousiasme et d'optimisme, la maladie d'Alzheimer paraissant bien loin.

De ce premier roman d'Edmée De Xhavée bien écrit et agréable à lire, j'ai noté une citation à méditer que j'approuve totalement : "Le passé, c'est bon seulement quand on y retourne pour se faire plaisir, pour se dire qu'on a eu de la chance d'avoir vécu çà, ou vu çà. Mais des larmes, on a assez d'occasions d'en verser sans en plus aller les rechercher dans le passé!".

Enfin, deux petites critiques : la ponctuation incorrecte des dialogues et la quatrième de couverture qui en dit trop sur le contenu du roman. J'y aurais mis un peu de suspense en me contentant du résumé du premier chapitre : pourquoi Mammita insiste-t-elle autant pour qu'Olivia vienne passer une semaine à Bruxelles?

Interview d'Edmée De Xhavée (1ère partie)

1° A quand remonte ta passion pour l'écriture?
J'ai adoré tout de suite, dès que j'ai su écrire! Ma mère m'a poussée à avoir de petits correspondants un peu partout, et j'adorais çà! Je ne comprenais pas pourquoi, au cours de rédaction, j'avais fini en cinq minutes alors que toutes les autres séchaient et rongeaient leur porte-plume. Je pensais que j'avais bâclé, ou mal compris le thème, et regardais les mouches au plafond pour faire semblant que je n'avais pas fini!

2° Qu'est-ce qui t'a poussé à écrire un roman?
J'avais eu des vélléités par deux fois dans le passé, mais j'ai abandonné avant la fin. Cette fois-ci, j'ai voulu écrire l'histoire...pour moi! Aussi elle est venue très facilement. Mon frère Vincent Sarti (auteur de Version originale pour un doubleur) avait décidé d'écrire un roman et de tenter d'être publié. Nous nous stimulions l'un l'autre, et nous envoyions chaque samedi le fruit du labeur de la semaine... Je ne pensais pas à publier mais une fois terminé, je me suis dit pourquoi pas?

3° Pourquoi as-tu choisi un pseudonyme et pourquoi Edmée De Xhavée?
Mon vrai prénom est Patricia. Un pseudonyme m'aidait à prendre un peu de distance avec ce que j'écrivais. C'est une histoire imaginaire, certes, mais elle contient beaucoup de fragments de réalité et de personnages. Edmée est mon troisième prénom, celui de ma grand-mère maternelle (dont le père s'appelait Edmond...). J'ai toujours aimé ce prénom qui évoque le thé pris sur des nappes brodées-main avec une jeune fille qui joue du Brahms dans une autre pièce. Xhavée, c'est une rue commerçante de ma ville de Verviers, et j'en aime le Xh typiquement wallon, qui se prononce parfois Ch ou simplement H dans mon coin!

4° Pourquoi as-tu choisi les Editions Chloé des Lys?
D'ici aux USA, je ne me rendais pas du tout compte de comment je devais m'y prendre. Je voulais uniquement un éditeur belge, parce que je ne voulais pas qu'on me dise "ceci fait trop belge, les Français ne sauront pas s'identifier" etc. Et puis...j'y tenais! J'ai juste triché avec Actes Sud mais il est Liégeois. J'ai très peu cherché, en fait. J'ai envoyé moins de 10 manuscrits, et prenant tout mon temps, sans jamais guetter le courrier! Un jour sur le net, j'ai trouvé une liste des éditeurs belges et j'ai aimé le nom Chloé des Lys! J'ai envoyé un email à Laurent Dumortier demandant si çà valait la peine de tenter l'expérience, et il m'a répondu : "Envoyez votre manuscrit".

5° Pourquoi as-tu créé un blog? Son évolution correspond à ce que tu en attendais ou est-ce que ce blog t'a apporté des surprises (bonnes ou mauvaises)?
J'ai créé le blog sur les conseils de Bob Boutique (auteur des Contes bizarres) pour annoncer la sortie de mon livre. Et comme tu le sais, mon livre a pris son temps! Un temps qu'il avait d'ailleurs, et il savait le pourquoi de tant de détours! Et puis, c'est devenu mon rituel, une habitude confortable. J'y ai "rencontré" d'autres bloggueurs (le Petit Belge, par exemple!) et c'est, pour moi, un grand plaisir.

6° Maintenant que ton premier roman est sorti, quel est ton état d'esprit? Quelles sont tes attentes ou/et tes craintes?
Je ne sais pas si on me croira, mais je n'ai jamais espéré être "connue"! Ce livre, en particulier, j'y tenais car ma mère m'a inspiré partiellement le personnage de Mado, et elle s'y était aimée. La "bonne nouvelle" de chez Chloé des Lys est arrivée précisément un an après son décès, et les premières copies sont sorties de l'imprimerie le jour de son anniversaire! J'ai, bien sûr, malgré tout, peur qu'il ne déçoive. Le second roman est prêt et, si je ne fais pas horreur aux amateurs de belle écriture, il me semble que ce premier roman, tout simplement, confirme la naissance d'Edmée De Xhavée, m'autorisant de continuer à écrire...publiquement.

7° As-tu l'intention de revenir faire la promotion de ton roman en Belgique en 2009?
C'est difficile. J'ai très peu de congés (15 jours en tout et pour tout pour toute l'année) et rentre en Belgique pour voir mon père. Mais qui sait, si quelque chose se met bien, ne me prend pas trop du temps que j'aime lui consacrer - ainsi qu'au reste de la famille qui essaie de se réunir autour de lui chaque année puisque nous sommes éparpillés - ce serait sans doute agréable.

lundi 23 février 2009

Qui est Edmée De Xhavée?

Née à Verviers en 1948, Edmée De Xhavée a grandi en écoutant les récits des vies de ses grands-parents et grands-oncles qui ont vécu en Argentine, en Uruguay et en Australie. Après avoir effectué une partie de ses études à Verviers, elle s'oriente vers les arts décoratifs à Bruxelles. A son tour, elle a vécu plusieurs années dans le sud de la France et en Italie. Aujourd'hui, elle habite aux Etats-Unis dans le New Jersey avec son mari, leurs cinq chats et un chien, et y travaille comme assistante d'un conseiller en placements. Et commence une carrière littéraire prometteuse dont on aura l'occasion de parler toute cette semaine...

Nous ne nous sommes jamais rencontrés et j'ai pourtant l'impression de bien la connaître. Je l'ai découverte début 2008 parmi les liens de Cathy Bonte. Membre de la Bande des Nez Rouges dont je vous ai parlé à plusieurs reprises, Edmée est aujourd'hui la plus fidèle lectrice de mes trois blogs et je trouve toujours inouï qu'on lise mes articles de l'autre côté de l'Atlantique. J'ai un coup de coeur pour les très beaux textes qu'elle écrit sur son blog (http://edmee.de.xhavee.over-blog.com/) qui parlent avec tendresse et sagesse de son enfance et des petits instants de la vie quotidienne. Ils mériteraient d'être un jour réunis dans un recueil. Son style me fait penser à une autre auteur belge Colette Nys-Mazure. Après avoir lu son premier roman "Les Romanichels", j'ai eu envie d'apporter un modeste petit coup de pouce à Edmée en lui consacrant plusieurs articles cette semaine...dont son interview en exclusivité mondiale! J'espère que cela vous donnera l'envie d'acheter son livre.

A demain pour la suite.