mercredi 28 juin 2017

"L'Enfance unique" (Frédéric Saenen)

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Présentation de l'auteur :
Né en 1973, diplômé en philologie romane de l'Université de Liège, Frédéric Saenen a déjà publié, dans la collection "Plumes du Coq" des éditions Weyrich, les deux premiers volets de "sa trilogie de la tension et du hasard" :  "La Danse de Pluton" en 2011 et "Stay Behind" en 2014. Il est également critique littéraire auprès de sites de référence (notamment "Le Carnet et les Instants" du Service de Promotion des Lettres en Fédération Wallonie-Bruxelles) et essayiste ("Dictionnaire du pamphlet" et "Pierre Drieu la Rochelle face à son oeuvre").

Vous pouvez le retrouver en interview via ce lien :  lacauselitteraire.fr/entretien-avec-frederic-saenen

Présentation de son dernier livre (quatrième de couverture) :
Quand? En 1973, et quelques années après. Où? A Grâce-Hollogne. Qui? Mamy, "Grand-Popa", leur fille Ginette, le petit Frédéric qui vient de lui naître, sans oublier l'inénarrable caniche Boy. Quoi? Le quotidien, mené au rythme des petites gens qui peuplent l'interminable rue de Ruy. Le quotidien, c'est-à-dire l'éternité quand on est enfant unique... Dans un style puissant et vibrant d'émotion, Frédéric Saenen rend hommage à ces figures essentielles que furent ses grands-parents maternels, mais aussi au wallon.



mercredi 14 juin 2017

Actualité du Musée Verhaeren à Sint-Amands

1° Exposition "Poésie Noire" (du 18 juin au 26 novembre)
Comme poète, Emile Verhaeren a su jouer sur différents registres, allant d'une poésie de la grande ville jusqu'à une poésie d'amour. Mais, dans les années 1888-1891, il a également pratiqué une poésie noire et tourmentée :  "Les Soirs", "Les Débâcles" et "Flambeaux Noirs". La mort et la folie sont assez présentes dans ces recueils. Cette exposition s'est focalisée sur cette poésie noire présentant les éditions originales assez rares et des oeuvres d'artistes contemporains (David Verstraete, Martha Verschaffel, Sanne De Wolf, p.ex.) qui se rapprochent de l'atmosphère de cette poésie noire.

2° Projet d'acquisition
Le développement de leur collection est une des priorités du Musée Verhaeren à Sint Amands. Chaque année, ils essaient d'acquérir quelques nouvelles pièces intéressantes dans la mesure de leurs moyens financiers. Récemment, un antiquaire parisien leur a proposé l'achat d'un buste d'Emile Verhaeren réalisée en 1921par l'artiste français René Pajot (1885-1966) pour le Salon des Indépendants à Paris en 1922. Ce buste représente le poète dans une pose dynamique, le regard pénétrant. Gravé dans le bas, on découvre un extrait du poème "Le Vent". Le prix demandé est de 4.000 euros. Le musée fait appel à la générosité de tous pour récolter les fonds nécessaires.

Plus d'infos :  www.emileverhaeren.be

Cliquez ci-dessous sur "Verhaeren Emile" pour retrouver mes autres articles consacrés à ce poète belge et à ce musée de Sint-Amands.

mercredi 7 juin 2017

5ème Intime Festival à Namur

Benoît Poelvoorde a donné une conférence de presse à l'occasion de la présentation du programme de son 5ème Intime Festival qui aura lieu du 25 au 27 août 2017 au théâtre de Namur (plus d'infos :  www.intimefestival.be) :

"Benoît, vous êtes de retour aux manettes de l'Intime Festival, alors que l'année dernière, le festival s'était fait sans vous?
- Oui, en effet. L'année dernière, j'ai eu un petit problème personnel qui s'appelle un déménagement. Et puis, deuxième problème, je ne lisais plus pour mon plaisir, je lisais pour le festival, de façon quasi professionnelle, et je perdais le goût de la lecture. Donc, j'ai pris un an de recul, et me revoilà.

- Ca se sent dans la programmation avec les cartes blanches à Philippe Katerine et au duo Nicolas&Bruno?
- Philippe Katerine, je viens de tourner cinq mois avec lui, il est incroyable. Quand il marche, c'est de la poésie. Quand il respire, c'est déjà une oeuvre d'art. Il est d'une telle richesse. Nicolas&Bruno, çà faisait longtemps que je les voulais. Ils vont présenter leur film "A la recherche de l'Ultrasex"", et çà va être un bain de jouvence. Ils ont maté 2.600 films de cul, ils en ont remonté et redoublé des extraits, c'est à pisser de rire. Je conseille quand même de ne pas venir avec les enfants : ça a beau être drôle, ça reste de la boule.

- A côté de cela, il y aussi des lectures tout à fait respectables. Quel est le symptôme d'une lecture réussie à l'Intime Festival?
- Tu le sens tout de suite à la salle. Moi, je me mets toujours tout dans le fond. Et là, tu sens le respect du public pour l'auteur ou le comédien : il n'y a pas un bruit, pas une toux. Pour moi, c'est le signe que le festival appartient aux spectateurs. Le deuxième signe, c'est qu'ils sont super durs! Ils te font des conseils de lecture, ils ont leurs exigences du genre "on aimerait plus de femmes", "que ce soit moins tragique, moins dépressif"... Le public s'est approprié le festival mais en même temps, on continue à faire exactement ce qu'on veut!

- On vit une époque troublée. Quel rôle peut jouer la littérature?
- C'est un outil essentiel. Je ne suis pas trop les médias mais quand même, il y a des matins, je reste interloqué devant l'énormité de ce qui se passe, devant cette violence terrible. Et là, les livres m'aident. Pas pour une évasion vers un imaginaire tout rose et tout fleuri, mais comme outil de compréhension de l'âme humaine. La littérature non comme refuge mais comme remède. A l'Intime Festival, on a cette année un livre qui s'appelle "Comment Baptiste est mort" sur la radicalisation d'un enfant. Le genre de bouquin qui t'aide à penser un problème, qui met des mots sur ce que tu ne peux pas formuler.

- "C'est arrivé près de chez vous", c'était il y a juste 25 ans. Vous y avez pensé?
- Non. C'était super, c'était une aventure, ça m'a fait naître au cinéma, mais les 25 ans, je m'en fous un peu. On peut croire que j'ai un cœur sec mais pas du tout. C'est juste que je n'ai pas de nostalgie ni des tournages, ni de mes anciennes maisons, de rien. Je vis au présent. Mes films, je ne les regarde même pas. Le dernier que j'ai vu, c'est "Rien à déclarer" parce que Dany Boon m'avait obligé. Ca passe pour du désintérêt ou de la grossièreté, mais ce n'est pas ça. Je fais mon boulot, point.

- Vous posez-vous la question de ce que vous allez laisser?
- Bof, non, je m'en fiche. Je ne suis pas dans cette réflexion-là. Peut-être mon fou rire sur les sushis sur un plateau télé, on m'en parle tout le temps!

- Que deviendra votre bibliothèque après votre mort?
- J'y tiens à mes bouquins. J'aime bien en être entouré, c'est un peu fétichiste et d'ailleurs c'est un fameux bordel car avec mon déménagement, il y en a partout. Après, j'ai la solution : tous mes livres partiront pour une oeuvre comme Les Petits Riens... Et je les paye, mes livres. Je pourrais me les faire envoyer mais je les paye. Choisir un livre, l'acheter, c'est un acte important".

mercredi 31 mai 2017

Actualité de David Van Reybrouck

Je vous avais déjà parlé de notre compatriote David Van Reybrouck (né à Bruges en 1971) lorsqu'il avait obtenu le Médicis 2012, prix du meilleur livre étranger, pour son essai "Congo. Une histoire" :  http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2012/11/prix-medicis-de-lessai-2012-pour-david.html

Les Editions Actes Sud (dont une des responsables est devenue récemment ministre française de la Culture) ont publié le dernier livre de David Van Reybrouck :  "Zinc" (75 pages). Il y raconte la destinée d'une poignée d'habitants du village de La Calamine ballotés et balayés par la guerre. Le personnage principal changera cinq fois de nationalité. Pour son service militaire, il portera l'uniforme belge. Bien qu'âgé déjà de 40 ans, après Stalingrad, il fut embrigadé dans la Wehrmacht. Dans la revue "Les Cahiers de la Semaine", Luc Beyer de Ryke commente :  "Jamais, il n'avait franchi les frontières. Ce sont les frontières qui l'ont traversée. Souvent et à travers ce récit aussi bref que poignant, on ressent combien les destinées sont comme des fétus de paille emportés par l'Histoire".

Autre actualité de David Van Reybrouck :  suite aux attentats en Europe, il a co-écrit le livre "La paix, çà s'apprend" avec Thomas d'Ansembourg (né à Uccle en 1957), un juriste devenu thérapeute. Ils ont deux parcours de vie totalement différents, l'un vient de la noblesse et l'autre non, le premier est néerlandophone et le deuxième est francophone, mais ils démontrent l'importance du dialogue.



                 


                    

mercredi 17 mai 2017

Récompenses pour Françoise Lison-Leroy

                                            Portrait      

Grâce à son recueil "Le Silence a grandi" (dédié au poète Paul André, son voisin de Blandain, décédé en 2008), Françoise Lison-Leroy vient d'obtenir deux récompenses :  le Prix du Poème en Prose Louis Guillaume et le Prix triennal de poésie de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Françoise Lison-Leroy a confié à la presse :   "Il y a quelques semaines, j'ai eu un coup de téléphone d'une personne de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour me signaler que j'avais été lauréate. J'ai été surprise et je pensais que c'était une erreur car je n'avais pas présenté ma candidature. Elle m'a alors expliqué qu'une sélection est opérée parmi les oeuvres publiées dans les trois dernières années. C'est une belle reconnaissance après ces nombreuses années d'écriture et, depuis l'annonce officielle, plusieurs personnes m'ont contactée pour me féliciter ; cela fait chaud au cœur.

Petite, je m'amusais à inventer des nouvelles définitions pour certains mots et j'y apportais déjà une petite touche de poésie. Ensuite, j'ai vraiment eu le déclic pour la poésie en écoutant à l'école Radio Scolaire sur laquelle Emile Verhaeren récitait l'un de ses poèmes. La poésie est ma langue première, ma langue natale. Je suis une amoureuse des mots. Dans la poésie, on est au plus juste, on a la volonté de se construire une langue et de faire passer un message par les mots choisis. J'ai écrit des nouvelles, un roman, du théâtre, mais je reviens toujours à la poésie....

Je peux passer deux à trois jours sur une phrase. Chaque mot doit avoir sa force, sa justesse, son sens mais aussi sa capacité d'union avec les autres mots qui l'entourent. Ca fait mal d'entendre une personne dire qu'elle ne comprend pas ce que vous avez écrit. Mais, au fil des années, j'ai relativisé et je ne cherche pas à ce que les lecteurs comprennent tout. Il faut qu'ils puissent puiser dans les mots ou dans la musicalité de l'écriture ce dont ils ont besoin et le sens qu'ils veulent en donner. Et puis, il ne faut pas chercher à tout comprendre, il faut se laisser porter et ressentir les émotions. Lorsqu'on écoute une chanson en langue étrangère, on ne cherche pas à comprendre les paroles, on se laisse guider par la musique.

Il m'a fallu du temps pour écrire "Le Silence a grandi". Par contre, une fois que j'ai commencé à mettre les mots sur papier, je savais où je voulais arriver. J'ai ainsi décliné ce poème en trois temps : la disparition d'un proche, les souvenirs partagés avec celui-ci, et la vie sans lui mais avec tout ce qu'ils nous a apporté. Ce n'est pas un poème sur la mort ; il s'agit plus d'une évocation de ce qu'on garde de lui en nous, de sa présence définitive. J'espère par ce livre avoir pu transmettre la puissance, la force, la générosité, l'amoureux des mots et de la vie que partageait Paul André".

Ajoutons que Françoise Lison-Leroy (née en 1951) a écrit une trentaine de recueils de poésie, et rédige également des articles pour les pages culturelles du journal "Le Courrier de l'Escaut". Cliquez ci-dessous sur "Lison-Leroy Françoise" pour retrouver mes autres articles consacrés à cet auteur belge.

mercredi 10 mai 2017

"Séraphin des dunes" (Maryline De Backer)

                                                   Séraphin des dunes

Née en 1959, Maryline De Backer est institutrice dans la région des Collines (province du Hainaut) où elle habite. Son premier roman, "L'étang aux carpes", est sorti en 1992, et racontait une saga familiale. Membre de l'Association des Ecrivains Belges de langue française et de l'Association Royale des Ecrivains Wallons, elle alterne romans, nouvelles et poésies.

Son nouveau roman, "Séraphin des dunes" se passe à Ostende à la Belle Epoque. Le personnage principal est Séraphin, un adolescent souffreteux, fils cadet d'une famille d'aristocrates. Il est confié aux soins de sa gouvernante Julie de Fontenoy, âgée de 20 ans. Elle privilégie la promenade au grand air et l'encourage dans ses activités artistiques. Mais au fil du récit, son quotidien est bouleversé :  Séraphin est amoureux d'elle, et le maître d'écurie Jean-Baptiste ne la laisse pas indifférente...

Maryline De Backer vient également de sortir un nouveau recueil de poèmes, intitulé "Ici, là-bas" et publié par les éditions Persée. Il sera prochainement traduit en italien par Dorothée Paulet et illustré de photographies de Francesco Pinocci.

mercredi 3 mai 2017

"Deux mères pour une fille" (Patricia Emsens)

                                           Patricia Emsens Deux mères pour une fille

Après "Retour à Patmos", la romancière belge Patricia Emsens nous propose "Deux mères pour une fille" (Editions des Busclats) qui aborde le thème de l'adoption. Greta est née de la rencontre entre la jeune Anke et un soldat américain rencontré dans le bar de ses parents. Plutôt que d'accoucher sous x, Anke a préféré être mère pendant deux mois, puis placer la fillette dans un couvent où elle est heureuse, protégée par Sœur Thérèse. En 1953, Lucie, une institutrice, et son mari médecin viennent la chercher pour l'adopter. Rebaptisée Anemie, Greta imagine que c'est temporaire et qu'après l'été, elle retrouvera ces religieuses qui lui manquent. Même si elle s'attache aussi à sa nouvelle maison et à sa nouvelle vie. Et puis, elle grandit...

Patricia Emsens a confié au groupe Vers l'Avenir :   "Beaucoup d'enfants d'Américains venus en Europe après la guerre, et qui sont ensuite rentrés chez eux, ont été adoptés. C'est un sursaut de vie, à la fois pour ces mères qui mettent les enfants sur la route et pour ces familles qui les adoptent. Le réseau catholique s'est beaucoup occupé de cela, mais c'est une histoire dont on ne parle pas. Même si j'ai découvert qu'il existe un site sur ces enfants, dont certains sont partis en Amérique.

Quant au côté bilingue, cela vient de ma propre expérience. C'est un univers dans lequel j'ai toujours vécu. Je viens d'une famille francophone de Flandre et, en plus, ma mère est argentine. Des mots flamands font ainsi partie de mon enfance. Aujourd'hui, c'est certainement beaucoup plus clivé. D'autre part, ce bilinguisme a du sens par rapport à cette petite aux deux mamans et prénoms.

Le roman a été réécrit sept ou huit fois. C'est le fruit d'un travail avec les éditrices. Au début, les phrases étaient beaucoup plus longues, descriptives, et puis c'est devenu trop sec, austère, presque squelettique, et çà n'allait toujours pas. J'ai tout repris à la main, j'y ai mis de la chair et, finalement, je suis arrivée à mon propre style".