Présentation de l'auteur : Philippe Genion est né en 1962. Gros et fier de l'être, il n'est pas épicurien mais épicu-tout et aime qu'on le définisse comme un "passeur de plaisirs". Belge, Européen, il a été en vrac : oenophile, naturaliste, journaliste, animateur radio, star du rock industriel, artificier, critique gastronomique, éditeur de magazines, producteur de vidéos, de concerts et de conventions, homoriste, acteur, a fait un peu de scène et de télé, et maintenant, en plus, il écrit!
Présentation du livre : Déguster les premières moules de la saison, vénérer les chapeaux d'Amélie Nothomb, se moquer du Luxembourg, mâchonner goulûment des Chokotoff, être réveillé par le premier tambour du carnaval : quel bonheur d'être Belge et de pouvoir savourer tous ces petits plaisirs! Et pour ceux qui n'ont pas cette chance bénie, il suffit de se laisser gagner par la belgitude. Ce livre vous fera mourir de rire ou de plaisir, c'est selon. Et si ce n'est déjà pas le cas, vous demanderez vite la nationalité belge!
Table des matières du livre :
- Le sucre en poudre sur le T-Shirt après la gaufre de Bruxelles
- La famille royale
- La cassonade
- Lou, Marcel, Plastic et Patrick
- Les premières moules
- Le Meyboom
- Le carpaccio de Maredsous
- Entendre le Grand Jojo un jour de déprime
- Les Chokotoff
- La balle pelote assise
- Arnologie
- Essayer d'écouter le discours royal le 20 juillet
- La goutte du cuberdon qui coule après qu'on a mordu le bout
- Bossemans et Coppenolle à la télé
- Les jets de houblon quand on ne les attend pas
- Monnonkk et Matante
- Les chapeaux d'Amélie
- L'accident de Chokotoff
- L'hiver
- L'été
- Les chanteurs italiens belges (ou belges italiens, c'est selon)
- Les doigts dans la sauce des frites
- Se moquer, entre nous, des autres pays
- Les Diables Rouges
- L'enterrement de Matî l'Ohê
- Jannin et Nous
- Ouinbledon
- Le rouge et le jaune
- L'Eurovision 1986
- Peler le papier métallisé des Chokotoff
- Se moquer du Luxembourg
- Arlette, Maryse, Paul et Edgar
- Le Doudou
- Le taux de trempage du speculoos
- Luc, Eddy, Roger et les Diables
- Les caricoles à la foire du Midi
- Toots
- Se moquer des Hollandais
- Le chocolat
- Le biessathlon moderne
- Les larmes de Luc Varenne
- La deuxième gorgée de bière
- La côte belge
- La croûte du pain des aïeux
- Les cris de Roger Laboureur
- La bière qui colle sous les pieds
- Marc Aryan
- Le premier tambour du carnaval qui vous réveille
- Les Orvaux
Extraits des chapitres sur l'hiver et l'été :
"L'hiver est devenu une période tellement courte que cela en devient de manière évidente un "petit" plaisir belge. En Belgique, les périodes enneigées sont quasiment aussi rares que les moments empreints de gentillesse télévisée chez Alain Juppé. On peut raisonnablement dire que l'hiver en Belgique dure, selon les années, entre trois jours et une semaine et demie. Et chaque année, la neige prend le peuple par surprise et dès le deuxième jour de gel (terme utilisé dès que l'on est sous les 5°C), des hordes de Belges en panique se ruent dans les magasins afin d'y acheter des pneus neige, du sel, des pelles et un traîneau pour le gamin, qui leur seront totalement inutiles un petit quart de lune plus tard. Et bien évidemment, les Belges se plaindront immédiatement des inconvénients du froid, du verglas, des congères formées par leurs congénères à coups de pelle en fer-blanc de chez Leroy-Berlin, alors que paradoxalement, ils paieront 740 euros pour leur forfait hebdomadaire au ski quelques mois plus tard, d'où ils reviendront avec le visage tout orange et le pourtour des yeux tout blanc, une jambe dans le plâtre et 5kg de tartiflette dans le gras des hanches".
"L'été est devenu une période tellement courte que cela en devient de manière évidente un "petit" plaisir belge. En Belgique, les périodes ensoleillées sont quasiment aussi rares que les moments empreints de charisme chez François Hollande et Angela Merkel (ou pire, les deux ensemble). On peut raisonnablement dire que l'été en Belgique dure, selon les années, entre trois jours et une semaine et demie. Et chaque année, la chaleur prend le peuple par surprise et dès le deuxième jour de canicule (terme utilisé dès que l'on dépasse les 22°C), des hordes de Belges en panique se ruent dans les magasins d'électroménager afin d'y acheter des ventilateurs ou des appareils d'air conditionné mobiles qui leur seront totalement inutiles un quart de lune plus tard. Et bien évidemment, les Belges se plaindront immédiatement du poids de la chaleur, de la sueur, des coups de soleil, des guêpes et de toutes les conséquences de cette chaleur pour laquelle, paradoxalement, ils dépenseront 420 euros sur Liberty TV ou via le foldair de Jet-Er et pour 15 jours all-in en Turquie, suite avec balcon et vue sur la station d'épuration".
"Mais avec le temps, comme dans tout, pour être heureux dans la vie, il faut se contenter de ce que l'on a. Alors, comme on dit chez nous, "on fait avec", été comme hiver!".
"L'hiver est devenu une période tellement courte que cela en devient de manière évidente un "petit" plaisir belge. En Belgique, les périodes enneigées sont quasiment aussi rares que les moments empreints de gentillesse télévisée chez Alain Juppé. On peut raisonnablement dire que l'hiver en Belgique dure, selon les années, entre trois jours et une semaine et demie. Et chaque année, la neige prend le peuple par surprise et dès le deuxième jour de gel (terme utilisé dès que l'on est sous les 5°C), des hordes de Belges en panique se ruent dans les magasins afin d'y acheter des pneus neige, du sel, des pelles et un traîneau pour le gamin, qui leur seront totalement inutiles un petit quart de lune plus tard. Et bien évidemment, les Belges se plaindront immédiatement des inconvénients du froid, du verglas, des congères formées par leurs congénères à coups de pelle en fer-blanc de chez Leroy-Berlin, alors que paradoxalement, ils paieront 740 euros pour leur forfait hebdomadaire au ski quelques mois plus tard, d'où ils reviendront avec le visage tout orange et le pourtour des yeux tout blanc, une jambe dans le plâtre et 5kg de tartiflette dans le gras des hanches".
"L'été est devenu une période tellement courte que cela en devient de manière évidente un "petit" plaisir belge. En Belgique, les périodes ensoleillées sont quasiment aussi rares que les moments empreints de charisme chez François Hollande et Angela Merkel (ou pire, les deux ensemble). On peut raisonnablement dire que l'été en Belgique dure, selon les années, entre trois jours et une semaine et demie. Et chaque année, la chaleur prend le peuple par surprise et dès le deuxième jour de canicule (terme utilisé dès que l'on dépasse les 22°C), des hordes de Belges en panique se ruent dans les magasins d'électroménager afin d'y acheter des ventilateurs ou des appareils d'air conditionné mobiles qui leur seront totalement inutiles un quart de lune plus tard. Et bien évidemment, les Belges se plaindront immédiatement du poids de la chaleur, de la sueur, des coups de soleil, des guêpes et de toutes les conséquences de cette chaleur pour laquelle, paradoxalement, ils dépenseront 420 euros sur Liberty TV ou via le foldair de Jet-Er et pour 15 jours all-in en Turquie, suite avec balcon et vue sur la station d'épuration".
"Mais avec le temps, comme dans tout, pour être heureux dans la vie, il faut se contenter de ce que l'on a. Alors, comme on dit chez nous, "on fait avec", été comme hiver!".
Extrait du chapitre sur les Chokotoff :
"Il y a des plats qui définissent la Belgique : le waterzooi, le moules-frites, les carbonnades. Il y a aussi des produits emblématiques de notre pays : le chicon, la frite, puis la gaufre, le speculoos et enfin, l'incontournable, le magistral Chokotoff. Créé par la célèbre marque de chocolats "bien belges" Côte d'Or, dont l'usine parallèle à la gare du Midi, embaumait tout le quartier d'odeurs orgasmiques de cacao, enivrant dans "mes" années septante et quatre-vingt les postpunks et autres fans de new wave se rendant à pied de la gare au mythique Plan K pour y voir Echo and Nico, Soft Verdict (oui, que des légendes, humf) ou encore lancer des tomates sur le pauvre Georges Lang. Marque à l'emblème pachydermique bien colonial, Côte d'Or a introduit le Chokotoff sur le marché en 1934. Il ne s'agit pas d'une praline, mais plutôt d'un bonbon, et plus précisément d'un caramel : un cœur de caramel aromatisé au chocolat noir, dur (mais pas trop), de forme parallélépipédique de 30mmm x 15mm x 15mm, enrobé d'une sorte de croûte de chocolat noir. Le nom provient en fait d'une contraction des mots "chocolat" et "toffee". Certains prétendent que son inventeur aurait aussi voulu faire un jeu de mots avec "tof" qui signifie super, très bon ou excellent en brusseleir. On ne le saura jamais, mais ce que l'on sait, c'est que c'est bon. Et tof. Dès qu'on le met en bouche, le chocolat noir fond et le caramel ramollit. A ce moment, il est très important de conserver le contrôle de ses mâchoires. En effet, l'effet du chocolat fondant sur les papilles gustatives peut provoquer un réflexe maxillatoire immédiat qui peut conduire au pire : l'accident de Chokotoff!".
Extrait du chapitre sur le chanteur Arno :
"Arno est devenu le Gainsbourg belge, le Tom Waits belge, par défaut aussi le Bashung belge, un symbole de la Flandre sympa et de la belgitude de fin de soirée, de fin de nuit, voire de début de matin. Arno, c'est aussi quelqu'un de réellement gentil, de totalement attachant avec qui j'ai eu la chance de trinquer plus d'une fois. A travers un verre de bière, son regard et son sourire se multiplient, comme la lumière blanche se divisant en un arc de couleurs à travers un bloc de cristal ciselé. Il s'illumine. Il irradie (...) Arno est le Grand Canyon de la musique belge. Outre un monument artistique, il est un humain clairvoyant, critiquant ouvertement les flamingants, les régionalistes et les extrémistes séparatistes, au point que plusieurs pétitions réclament de manière symbolique qu'on le nomme premier ministre! Arno représente avec brio notre pays, son unité, sa complexité et ses différences à la fois. Dans ses yeux brillants d'émotion, de rire, mais surtout de bon sens mêlé d'espièglerie, on voit se refléter nos souvenirs de concerts, de bars et de cafés, de soirées autour d'une table, à refaire le monde. On y voit nos joies, nos peines, nos espoirs, nos envies, notre émotion d'être belges et d'en être fiers".

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