mercredi 3 février 2016

Soirée des éditions Le Coudrier à Namur

Le jeudi 21 avril 2016 à 20h, la Maison de la Poésie et de la Langue Française à Namur (www.mplf.be) donnera carte blanche aux Editions Le Coudrier qui présenteront leurs nouveautés 2016 à travers des lectures et des échanges avec leurs auteurs :


- Jean-Michel Aubevert :   né à Uccle en 1952, il vit en Brabant wallon. Il est l'auteur de 18 ouvrages, principalement de poésie. Il a également préfacé de nombreux recueils et collaboré à plusieurs ouvrages collectifs ("Cahier Chronique n°2", "Venise", "Le Mur", "Résonances", "Photomancies", "Piqués des vers", etc.). Enfin, un nouveau numéro hors-série de la "Nouvelle Revue Moderne" lui a été entièrement consacré. Il a également participé en tant que récitant au spectacle "Les Utilités du Rêve". Son dernier ouvrage, "Soleils Vivaces", est paru en mars 2015 aux Editions Le Coudrier.


- Anne-Marie Derèse :  elle est en 1938 à Franière. Après avoir terminé des études artistiques et obtenu les médailles de la Ville de Namur pour la diction et l'art dramatique, elle continue à l'Académie des Beaux-Arts de Namur le dessin et la peinture avec Luc Perot. Depuis 1980, elle publie des recueils de poésie et collabore à de nombreuses revues littéraires. De nombreuses fois primée, elle est l'auteur de quatorze recueils, dont deux publiés par les éditions Le Coudrier :  "Qu'importe si le sol est rouge" et "Femme abyssale".


- Claude Donnay :   né en 1958, il vit à Dréhance, un petit village de la vallée mosane. Comme nouvelliste, il a publié dans de nombreuses revues, dont "Nouvelle Donne" et "Sol'Air", et a participé au recueil collectif "Fureur d'enseigner". En tant que poète, il a publié dans des revues comme "L'Arbre à Plumes", "Le Journal des Poètes", "RegART", "L'Arbre à Paroles" ou "Inédit". Il a publié au Coudrier un recueil intitulé "Retour sur printemps" et "40 échanges", écrit en collaboration avec Christine Sépulchre. En 1999, il a fondé la revue biannuelle "Bleu d'Encre" et en 2011, les éditions qui portent le même nom.


- Aurélien Dony :   né en 1993 à Dinant, il poursuit actuellement une licence en philologie romane à l'Unamur. Son premier recueil de poèmes, "Il n'y aura plus d'hiver", est paru en 2011 aux éditions Memory Press. Passionné de chanson française, Aurélien est le parolier du groupe ECHO. Il est le lauréat du Prix Georges Lockem 2013 décerné par l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique pour son recueil poétique "Puisque l'aube est défaite".


- Pascal Feyaerts :  il vit dans la province du Hainaut où il exerce le métier de bibliothécaire depuis plus de dix ans. Il a écrit pour diverses revues littéraires ("Le Spantole", "Traversées", "La Pensée Wallonne", etc.) et a publié un recueil de poèmes en prose, "Claustrophobie ou les Rues de Pandémonium". Il est membre du Grenier Jane Tony et du Cercle de la Rotonde à Bruxelles. A ce titre, il a participé à l'anthologie "Résonances", publiée chez Memor en 2006. En 2009, une autre anthologie accueille ses écrits : "La Nouvelle Poésie française de Belgique", une lecture de poètes nés après mai 68 aux éditions Taillis Pré. En 2012, sort conjointement "L'amour en lettre capitale" aux éditions Le Coudrier, et "Nouvelles en quête d' (h)auteur" aux éditions Chloé des Lys. En 2014, un autre recueil, "D'Ils et d'Ailes", voit le jour aux éditions Le Coudrier.

mercredi 27 janvier 2016

Laurence Vielle, Poétesse Nationale 2016-2017




Après Charles Ducal dont je vous ai déjà parlé sur ce blog, c'est au tour de l'auteur belge Laurence Vielle (née à Bruxelles en 1968) de devenir Poétesse Nationale 2016-2017. Les deux seront bientôt présents le 4 février 2016 à 20h au Musée Emile Verhaeren de Sint-Amands.


Laurence Vielle a répondu aux questions des journaux du groupe "Vers l'Avenir" :


"Comment devient-on poétesse nationale?
- On n'est pas choisi par le Roi! Je suis dans le monde de la poésie depuis toujours. Mais pour moi, il est indissociable de l'oralité. Je dis les mots. J'ai donc eu un double parcours : la philo romane et des études théâtrales. J'ai rencontré Charles Ducal, le premier Poète National voici un peu plus d'un an et demi lors d'un festival de poésie à Anvers. Nous nous sommes directement bien entendus. Il y a un contraste intéressant entre nos poésies : lui plus classique et moi plus exubérante. Il y a un an, on m'a demandé si j'accepterais de devenir poétesse nationale en janvier 2016.


- On ne pose donc pas sa candidature?
- Non, ce sont les maisons de poésie qui choisissent. Pendant un an, j'ai été l'ambassadrice de Charles en région francophone. Et lui va devenir, pour un an également, mon ambassadeur en Flandre.


- Parce que la poésie ne connaît pas de frontière linguistique?
- Elle les traverse. Nous voulons montrer que les différences linguistiques ne sont pas un problème, qu'elles enrichissent les gens et permettent aux publics de se rencontrer. Nous voulons aussi lutter contre la morosité ambiante, nous emparer de l'actualité et réagir avec un regard de poète sur ce qui touche les gens. Le dernier poème de Charles parlait des migrants. Mon prochain et second évoquera la sécurité.


- Le Poète National, c'est d'abord une présence dans la presse des trois communautés du pays, mais pas que...
- Nous avons, avec les associations responsables, deux grands projets. Le premier serait d'éditer un "Belgium bordelio" pour les enfants. Le "Belgium bordelio" est une grosse anthologie bilingue de la poésie belge. Trente poètes belges actuels y sont traduits dans les deux langues, mais c'est destiné aux adultes. Nous voudrions publier une version dans laquelle les écoliers de Belgique retrouveraient les poètes qui habitent le pays, dans toutes les langues. Qu'ils puissent apprendre la poésie par cœur. C'est un magnifique moyen aussi de découvrir et d'étudier d'autres langues.


- Vous avez aussi un projet pour les jeunes?
- Oui. Lors de la passation de témoin entre Charles et moi-même, un concours du "Jeune Poète National francophone et néerlandophone" va être lancé. C'est une première. L'élection aura lieu au mois de mai prochain.


- Pour vous, la poésie est indispensable dans la vie quotidienne?
- Bien sûr! Et il faut absolument redonner une visibilité à la poésie. Elle réenchante le monde au sens profond du terme, elle remet la langue en mouvement. C'est comme une force sismique qui secoue et renverse. J'y crois de toutes mes forces.


- Votre premier poème évoque le train. Pourquoi?
- Le train, c'est un mouvement qui nous traverse et nous relie. Il charge toutes sortes de gens, on y parle toutes les langues. Le train a quelque chose à voir avec la Vie, avec un grand V !"


Le Poète National, c'est vraiment un beau projet culturel belge au-dessus de la frontière linguistique depuis 2014. Il est soutenu par le Poëziecentrum de Gand, la Maison de la Poésie de Namur, l'organisation littéraire Vonk et Zonen d'Anvers, la Maison de la Poésie d'Amay, le festival MaestrÖm, le Théâtre Poème 2, les Midis de la Poésie, les journaux De Morgen, Grenz Echo et Vers l'Avenir.

mercredi 20 janvier 2016

"Dictionnaire amoureux de la Belgique" (Jean-Baptiste Baronian)

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Né en 1942 à Anvers, l'écrivain belge Jean-Baptiste Baronian est l'auteur d'une septantaine d'ouvrages. Il est également membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique. Son dernier livre traite de la Belgique et des Belges, via la collection "Dictionnaire amoureux".


La bloggeuse Tania en a effectué deux comptes-rendus intéressants que je vous propose de découvrir :


http://textespretextes.blogs.lalibre.be/archive/2016/01/05/belgique-abc-1148772.html


http://textespretextes.blogs.lalibre.be/archive/2016/01/13/belgique-cdef-1148918.html


Et cliquez ci-dessous sur "Baronian Jean-Baptiste" si vous souhaitez consulter mes autres articles consacrés à cet écrivain belge.

mercredi 30 décembre 2015

"Après la nuit" (Elsa Ferini)

                                                             Après la nuit       
A 45 ans, l'auteur belge Elsa Ferini vient de sortir son cinquième roman policier :  "Après la nuit" aux éditions Edilivre (www.edilivre.com). Il raconte l'enquête menée par un policier devenu aveugle.


Elsa Ferini s'est confiée au journal "La Province" :


"J'ai toujours été passionnée de romans policiers. Et puis, j'ai une imagination débordante, très fertile. A force de lire les romans policiers des autres, je me suis dit : pourquoi pas moi? J'ai lu aussi pas mal de biographies d'auteurs. Pas mal sont enseignants ou avocats, mais Mary Higgins Clark est une femme ordinaire. Cela m'a boostée! Je n'avais pas de formation littéraire. Cela m'a pris deux ans entre 2004 et 2006 pour écrire mon premier roman policier. Le temps de trouver une maison d'édition et il a été publié seulement en 2009. Les autres ont évidemment suivi. Mon deuxième a très bien marché car il a été repris dans la sélection officielle au concours de la Plume de Cristal 2010 pour le meilleur roman policier dans le cadre du festival international du film policier à Liège. Ce jour-là, j'ai pris conscience que je pouvais écrire des romans policiers et qu'ils plaisaient.


C'est dans le train (trajets aller et retour) que j'écris le plus souvent. Mes collègues de travail ont découvert petit à petit mon univers du roman policier. Ils ne s'attendaient pas à ce profil car ils me décrivent comme une femme souriante et gentille, loin des clichés établis sur les auteurs des romans policiers. J'ai lu et je lis beaucoup de romans policiers, et j'ai une imagination très fertile. Quant aux faits divers, ils peuvent m'inspirer, mais cela doit s'arrêter là car il faut respecter l'intimité des familles des victimes. Et puis, je demande des infos un peu partout. J'ai ainsi pu rencontrer un membre de la police boraine qui m'a donné diverses infos. Autre exemple : comme mon dernier roman évoque la cécité, j'ai demandé à consulter divers bouquins sur le sujet à la bibliothèque de l'AWIPH à Charleroi. Avec "Après la nuit", il y a un côté réel. J'ai voulu montrer le côté réel des aveugles. Ici, j'ai choisi un anti-héros et ce côté inattendu intensifie l'action".


A noter qu'Elsa Ferini sera présente le samedi 20 février 2016 à la Foire du Livre de Bruxelles.

mercredi 16 décembre 2015

Prix Rossel 2015 pour Eugène Savitzkaya

Le jury du Prix Victor Rossel 2015 (l'une des plus importantes récompenses littéraires en Belgique francophone) a couronné le roman "Fraudeur" d'Eugène Savitzkaya, paru aux éditions de Minuit. Le choix était complexe car certains auteurs en lice étaient des valeurs confirmées.


Né en 1955 à Liège, l'écrivain belge Eugène Savitzkaya a d'abord été poète. Il a été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome de 1987 à 1989. En 1994, il remporte le prix triennal du roman de la Communauté Française avec "Marin mon cœur", tandis qu'en 2005, il rate de peu le Prix Victor Rossel avec "Fou trop poli", paru aux éditions de Minuit.

mercredi 18 novembre 2015

"L'autre Simenon" (Patrick Roegiers)

Le dernier roman de Patrick Roegiers paru aux éditions Grasset tourne autour de Christian Simenon, le jeune frère du célèbre écrivain belge. Sa démarche a fait grincer des dents :  certains estiment qu'il a le droit d'écrire une histoire - avec un petit h - autour de la famille Simenon, et d'autres qu'il n'a pas à porter atteinte à la vérité historique - avec un grand H - pour faire un coup médiatique. Et vous, qu'en pensez-vous?


Voilà le point de vue de Patrick Roegiers qui a confié à la presse :  "On n'a pas à demander d'autorisation quand on écrit une fiction. Je sais que John Simenon est furieux : c'est son problème, pas le mien!  Georges et Christian Simenon n'ont pas la même histoire mais ils sont les deux faces d'une même médaille. J'ai été fasciné par l'histoire du frère inconnu d'une personnalité célèbre. J'ai trouvé étonnant le parcours de cet homme qui bascule dans la collaboration, devient rexiste, est entraîné dans la tuerie de Courcelles, puis finalement s'engage dans la Légion sous un faux nom et disparaît totalement. Tout cela alors qu'il est le frère d'un écrivain connu.


S'intéresser à Christian Simenon implique de s'intéresser à Léon Degrelle, une personnalité extravagante, un mussolinien qui devient un nazi. Et puis, je veux aussi mettre en lumière la position de la Wallonie à cette époque où les bourgmestres des grandes villes sont rexistes. Quand le bourgmestre de Charleroi Oswald Englebin est tué en août 1944, il est le 33ème bourgmestre rexiste assassiné par la Résistance. Christian Simenon participera alors à la tuerie de Courcelles le lendemain. Il est complètement mêlé à l'histoire du rexisme. Je suis moi-même issu de ce même type de milieu social (la petite bourgeoisie). Cette histoire me parle, me touche, me constitue. Elle me tendait les bras, même si elle n'était pas agréable à écrire. C'était parfois à gerber. D'autant que le discours d'un Degrelle, on le retrouve aujourd'hui...


On ne peut pas parler de Christian Simenon sans parler de Georges, sinon on fait le portrait d'un fasciste ordinaire. Et je me pose la question : que fait-il pendant la guerre? Il est en France, il écrit, il vend les droits cinématographiques de ses livres à la Continental, contrôlée par les Allemands. Il apprend même l'allemand en 1942. Il pose pour "La Legia", un journal rexiste. J'estime que Georges Simenon a agi par opportunisme, sans état d'âme. Il va complètement effacer son frère, le faire disparaître. Dans "Je me souviens", il évoque son frère. Dans "Pedigree", roman autobiographique, il n'a plus de frère. Christian a disparu : c'est le crime parfait!".

mercredi 4 novembre 2015

L'écrivain belge Stefaan van den Bremt

                                                        Stefaan van den Bremt


Né à Alost en 1941, Stefaan van den Bremt confie :  "Je crois que je suis d'abord poète. A l'âge de 16 ans, j'ai eu un professeur merveilleux qui m'a initié à la poésie et m'a inspiré l'envie d'écrire mes premiers poèmes qui ne furent pas de grandes réussites. Je me rappelle un poème sur l'automne dans un style romantique quelque peu boursouflé : une catastrophe! J'ai montré ces vers à mon professeur et j'ai deviné qu'il était déçu...".


Il se fixe à Bruxelles en 1966. Professeur de français dans le réseau néerlandophone à Bruxelles, puis de littérature au Conservatoire et à l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers, il collabore longtemps à la revue littéraire "Kreatief". Il a présidé le centre flamand du Pen Club, ainsi que l'Académie Royale de Langue et de Littérature Néerlandophones de Belgique. Il est membre depuis douze ans de la Société de Littérature Néerlandaise établie à Leyde. Sans compter sa participation à de nombreux festivals littéraires aux quatre coins du monde.


Quels sont ses poètes compagnons?  "Apollinaire, Reverdy, Max Jacob qui ont été pour moi les éveilleurs. Plus tard, j'ai été marqué par Verhaeren, Brecht et Neruda. Hugo Claus aussi, mais davantage par le poète hollandais Martinus Nijhoff. Sur l'île déserte, je voudrais emporter toute une bibliothèque :  les poésies complètes de Baudelaire, Apollinaire, Rilke, Nijhoff. Je ne peux pas oublier un Borges. Je déborde? Bien sûr! Mais laissez-moi ajouter Proust dont la prose est particulièrement poétique".


Son premier recueil de poèmes, "Sextant", est publié en 1968 sous le pseudonyme de Stevi Braem :  "C'était par pudeur. Je n'imaginais pas un instant recevoir un prix, être interviewé et devoir livrer mon vrai nom! La page pseudonyme a donc été d'emblée tournée.. Ce premier livre est celui de la recherche de moi-même. Ensuite, j'ai écrit de la poésie engagée, de 1972 à 1980 environ :  une critique satirique de la société qui démasquait l'hypocrisie sociale très présente dans la vie politique. Je me suis aussi impliqué résolument dans la défense de la cause palestinienne qui représente une des grandes injustices de notre temps : c'était une protection contre l'indifférence massive du monde occidental. Je me sens toujours proche de cet activiste de trente ans. C'est le recueil "Andere gedichten" qui exprime le mieux cette veine engagée, combative. Ensuite, je me suis orienté vers une poésie plus intériorisée, dans des recueils tels "Het onpare paar" ou, au printemps dernier, "Kromzang". Mais dès le début, j'écrivais des poèmes d'amour. D'ailleurs, l'amour, n'est-ce pas aussi un engagement?".


Ses premières traductions du néerlandais en français, Stefaan van den Bremt les a réalisées à partir de ses propres poèmes :  "Toast" (1995), "Racines d'un nuage" (2002) et "Temps et lieux" (2006). Il s'attaque aussi à l'œuvre du poète belge Emile Verhaeren traduite en néerlandais  :  "Les heures claires", "Les campagnes hallucinées", "Les villes tentaculaires" et  la trilogie des "Heures" :  "Très importante. C'est presque le meilleur Verhaeren, à placer en tout cas à côté du poète visionnaire, chantre du pays natal meurtri par les grandes transformations industrielles et sociales de l'époque".


Verhaeren est-il notre plus grand poète?  "Certainement un des plus grands... Oui, peut-être le plus grand..." (Cliquez ci-dessous sur "Verhaeren Emile" pour plus d'infos sur ce poète belge).