mercredi 22 avril 2015

Actualité d'Espace Nord

Responsable de la collection Espace Nord (dédiée à la littérature belge francophone), Tanguy Habrand a répondu aux questions de Nausicaa Dewez dans la revue "Le Carnet et les Instants" que vous pouvez recevoir gratuitement sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles :


"Pourriez-vous tout d'abord nous retracer l'histoire de cette collection?
- La collection Espace Nord est née en 1983 dans un contexte où la littérature belge francophone n'allait pas de soi. Espace Nord prenait en quelque sorte la relève de la collection Passé Présent, développée quelques années auparavant par Jacques Antoine, en lui apportant le critère de l'accessibilité que permet le format de poche. La collection s'est d'emblée située, dans son organisation, à l'intersection des pouvoirs publics, des universités et du monde des Lettres et de l'édition. Ce sont les éditions Labor qui en ont assuré la conduite pendant plus de 20 ans, puis le groupe Luc Pire et La Renaissance du Livre. Après avoir longtemps soutenu la collection Espace Nord, la Fédération Wallonie-Bruxelles en est devenue propriétaire en 2010, et a confié sa gestion à des acteurs du monde de l'édition par voie de marché public. Cette gestion est assurée aujourd'hui à la fois par Les Impressions Nouvelles et par Cairn Info pour le numérique.


- La collection est donc à présent éditée par Les Impressions Nouvelles. Quelles inflexions ce nouvel éditeur a-t-il voulu donner à la collection?
- Je pense que ce qui a guidé nos actions dès le départ a été le respect du travail accompli. Nous n'avions pas l'intention de remettre en cause un modèle qui avait fait ses preuves et avons plutôt cherché à l'améliorer en gardant toujours cette question à l'esprit :  comment inscrire Espace Nord dans la société d'aujourd'hui, tant du point de vue de l'enseignement que du grand public? La solution de facilité consisterait à accoler l'adjectif "numérique" à nos moindres faits et gestes, ce qui serait tout à fait dans l'ère du temps. Nous développons évidemment le catalogue numérique de la collection, en collaboration étroite avec Cairn Info, au rythme d'une quinzaine de titres par an, mais ce n'est qu'un rouage parmi d'autres. Nos premières interventions ont porté aussi bien sur des aspects techniques (esthétique des couvertures, diffusion et distribution, actualité des contrats) que sur des choix éditoriaux avec un comité éditorial diversifié, de manière à couvrir le plus grand nombre d'époques et de sensibilités. En cela, notre travail relève avant tout de l'adaptation à une époque et du perfectionnement.


- Restez-vous fidèle au principe d'accompagner les textes d'une postface et d'une biobibliographie?
- Oui car l'appareil critique en fin de volume participe aussi de la spécificité de la collection. Il convient toutefois d'adapter le ton et les intentions de chaque postface aux volumes publiés. Les nouvelles éditions des "Villages illusoires" (Emile Verhaeren) et "Bruges-la-Morte" (Georges Rodenbach) que Christian Berg est en train de préparer, la refonte en terme de structure du recueil des "Nouvelles du Grand Possible" (Marcel Thiry) proposée par Pascal Durand, les postfaces d'Isabelle Ost à "Circuit" (Charly Delwart), de Daniel Laroche à "Mémoire d'un ange maladroit" (Francis Dannemark) ou de Rossano Rosi à "Madrid ne dort pas" (Grégoire Polet), portant sur des œuvres plus contemporaines : tous ces textes ont en commun leur dimension critique et répondent à un même critère d'accessibilité, mais ils se mettent avant tout au service des textes publiés. Or ces œuvres (plus ou moins récentes, plus ou moins inscrites dans une "Histoire" littéraire) ne nécessitent pas le même accent porté sur des questions d'ordre stylistique, thématique, philologique, sociologique. Nous avons donc cherché des postfaces plutôt issues de la recherche, sur le mode de la vulgarisation scientifique, et des postfaces plus ancrées dans la critique littéraire. Dans tous les cas, maintenir le principe des postfaces nous semble à la fois nécessaire et précieux, d'autant que les espaces réservés au discours sur la littérature se font rares.


- Espace Nord est considéré comme une collection patrimoniale. Pourtant, dans les derniers numéros parus, Stéphane Lambert côtoie Robert Poulet. Qu'est-ce qui dicte les choix des œuvres et auteurs qui font leur apparition dans la collection?
- La notion de patrimoine ne renvoie pas forcément au passé, et s'étend à tout ce qui présente un intérêt culturel ou artistique, pour un public donné. Nous devons nous montrer attentifs aux grands classiques et préparer, dans la mesure du possible, les classiques de demain. La sélection des œuvres et des auteurs est effectuée en concertation avec le comité Espace Nord, mais il y a plusieurs modes de sélection. Les œuvres qui relèvent, tout d'abord, des titres précédemment publiés dans la collection et auxquels il convient de donner une nouvelle vie : les premiers titres publiés en Espace Nord ont une trentaine d'années ; il y a là comme un principe de mise en abyme, où la collection patrimoniale devient son propre "patrimoine". Nous avons commencé ce travail de réédition avec des auteurs tels que Maurice Maeterlinck, Camille Lemonnier ou André Baillon, et allons approfondir ce travail avec Charles de Coster, Georges Eekhoud, Neel Doff, Michel de Ghelderode, Conrad Detrez ou Georges Simenon. Une autre approche consiste à nourrir le catalogue de périodes peu représentées de l'histoire littéraire, que l'on pense au réalisme magique de l'entre-deux-guerres avec "Handji" de Robert Poulet ou au surréalisme avec une grande anthologie préparée en ce moment par Paul Aron et Jean-Pierre Bertrand. Sans oublier le dernier quart du XXème siècle :  "Histoires singulières" de Jean Muno, de grands textes de Jacqueline Harpman, de Nicole Malinconi, de Pierre Mertens, qui ont été contemporains des premières années d'Espace Nord. Pour les œuvres plus récentes, nous veillons tantôt à saluer une trajectoire littéraire, tantôt à privilégier des auteurs très appréciés dans les écoles. C'est ainsi que la collection Espace Nord a pu inscrire à son catalogue "Chants des gorges" de Patrick Delperdange, "La seconde vie d'Abram Potz" de Foulek Ringelheim, "Le jour du chien" de Caroline Lamarche, "Les ours n'ont pas de problèmes de parking" de Nicolas Ancion, "Café Europa" de Serge Delaive, "Charlot aime Monsieur" de Stéphane Lambert, et que nous suivons de très près les œuvres d'Armel Job, André-Marcel Adamek, Xavier Hanotte, François Emmanuel ou encore Michel Lambert.


- Une circulaire ministérielle récente incite les professeurs de français à l'étude de la littérature belge en classe. Comment la collection Espace Nord peut-elle aider les enseignants à rencontrer cet objectif?
- Parallèlement aux postfaces, nous avons développé un outil spécifiquement adressé aux enseignants : des dossiers pédagogiques. Il en existe près d'une dizaine à l'heure actuelle, sur des titres tels que "Pelléas et Mélisande" (Maeterlinck), "La salle des profs" (Wouters), "Chants des gorges" (Delperdange) ou "Malpertuis" (Ray). Le rythme de production de ces dossiers a été fixé à 12 par an, et nous avons tenu à ce qu'ils soient gratuits, dans un espace pédagogique sur le site web de la collection. Ils sont axés sur la pratique enseignante avec des rubriques que l'on retrouve dans chaque dossier :  présentation de l'auteur, de l'œuvre, inscription de l'œuvre dans une époque, thèmes abordés, etc. Dans une perspective plus large, il nous semble également indispensable de faciliter la circulation de tout un chacun au sein d'un catalogue très fourni. Nous réalisons à cet effet un catalogue sélectif de titres Espace Nord dans lequel les œuvres seront classées plus efficacement que par numéro au sein d'une collection. Y seront repris les grands mouvements de l'Histoire littéraire, les genres ou encore les thèmes.


- Quelles seront les grandes actualités de la collection en 2015?
- L'année 2015 est très éclectique. Plusieurs titres vont explorer différentes facettes de l'humour :  "La mort de Napoléon" de Simon Leys, "La constellation du chien" de Pierre Puttemans, "Hegel ou la vie en rose" d'Eric Duyckaerts. Dans la même veine, nous rééditerons "Le mariage de Melle Beulemans" de Fernand Wicheler et Frantz Fonson, qu'on ne présente plus, et publierons également "Jardin botanique", réflexions à la fois sentimentales et ironiques sur l'identité belge d'Alain Bertrand, qui nous a quittés trop tôt l'an dernier. Certains volumes auront valeur de grands ensembles : l'anthologie du surréalisme dont j'ai déjà parlé, une édition revue et complétée des "Nouvelles belges à l'usage de tous" établie par René Godenne, ainsi que l'anthologie d'une vie consacrée, parmi bien d'autres choses, à la critique : "Littérature belge d'aujourd'hui", le meilleur des chroniques littéraires de Jacques De Decker, une histoire de la littérature comme elle vient. Un texte injustement introuvable :  "Anvers ou les anges pervers" de Werner Lambersy. Ou un Adamek inédit dans la collection Espace Nord :  "Le plus grand sous-marin du monde". Bref, tout un programme!".


Plus d'infos sur www.espacenord.com

mercredi 15 avril 2015

500ème ouvrage des éditions Luce Wilquin

Créée en 1992, la maison d'édition belge Luce Wilquin vient de passer le cap du 500ème ouvrage, avec la sortie de "Dans le bleu de ses silences" de Marie Célentin (886 pages). En faisant le bilan, Luce Wilquin explique que 340 de ces 500 ouvrages sont le fait de 90 auteurs francophones (belges et autres) "récidivistes", fidélisés par l'enseigne jusqu'à y signer 16 romans comme c'est le cas de l'auteur belge Françoise Houdart, Prix triennal Charles Plisnier pour "Les profonds chemins".


Parmi les récompenses de la maison d'édition, citons le Prix Rossel et le Prix des cinq continents de la francophonie pour "Si tu passes la rivière" de Geneviève Damas, le Prix Soroptimist 2014 de la romancière francophone pour "La vie selon Hope" d'Isabelle Bary, les traductions en plusieurs langues étrangères. Luce Wilquin précise :  "C'est surtout un réel bonheur dans la défense de la littérature de fiction et des relations chaleureuses avec les écrivains, les libraires et les bibliothécaires, les diffuseurs, les distributeurs et les collègues éditeurs, basés avant tout sur le respect mutuel".


Bravo à cette petite équipe (composée de Luce Wilquin, André Delcourt et Lucile Poulain), et bonne continuation à cette maison d'édition belge qu'il faut soutenir et encourager en achetant leurs livres. J'ai déjà parlé sur ce blog de plusieurs auteurs édités par cette maison (Colette Nys-Mazure, Geneviève Damas, Michèle Fourez, Françoise Pirart et Françoise Houdart), et il vous suffit de cliquer ci-dessous sur "Editions Luce Wilquin" pour retrouver facilement et rapidement ces articles.

mercredi 1 avril 2015

Sauvegarde des archives de l'auteur belge Hugo Claus

Bonne nouvelle pour la littérature belge :   grâce à la collaboration des héritiers qui souhaitaient conserver les archives dans leur ensemble et les rendre accessibles au public, la Fondation Roi Baudouin a pu récemment acheter l'héritage de l'auteur Hugo Claus (1929-2008). Ces pièces littéraires historiques sont d'une importance scientifique exceptionnelle. Une grande partie n'a jamais été ouverte et est restée inconnue :  correspondances (avec notamment Roger Raveel, Pierre Alechinsky ou Harry Mülisch), manuscrits, règles typographiques et d'épreuves de la poésie, agendas, documentations autour de prix littéraires, journal intime, photos, etc. Cet héritage donne la possibilité, non seulement d'encore mieux connaître l'œuvre d'Hugo Claus, mais également sa manière de travailler, ses idées concernant la littérature et l'art, son influence sur les jeunes générations d'écrivains et son importance majeure dans le monde de la littérature belge néerlandophone. Rappelons que son œuvre maîtresse est  "Le Chagrin des Belges" où il jetait un œil critique sur la complexité de notre pays.


L'achat de l'héritage d'Hugo Claus correspond à la mission du Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin qui y a consacré pratiquement la totalité de son budget annuel d'achat. Le Fonds dispose d'un budget annuel d'environ un million d'euros. Une grande partie de ce budget est réservée aux achats (600.000 euros). Ces moyens permettent au Fonds de prendre des initiatives que d'autres organismes auraient des difficultés à réaliser. Le soutien de nombreux mécènes a permis au Fonds, au cours des années, de constituer une collection de plus de 8.000 œuvres et six fonds d'archives. Le Fonds a décidé de déposer les archives de l'écrivain Hugo Claus à la Maison des Lettres d'Anvers.

mercredi 25 mars 2015

"Alésia" de Jean-Paul Procureur

                                                           


Après "Les fils de Jeanne" et "C'est une vie", le journaliste et ancien député Jean-Paul Procureur vient de sortir un nouvel ouvrage sur sa famille aux éditions L'Harmattan. Il est préfacé par l'écrivain Armel Job. A cette occasion, Jean-Paul Procureur a répondu aux questions de la journaliste Isabelle Monnart pour "La Dernière Heure" :


"Comment décide-t-on d'écrire sur ses parents?
- C'est quelque chose que j'ai en moi depuis longtemps, depuis que je suis tout petit, je crois. Enfant, je vivais beaucoup chez ma grand-mère qui racontait beaucoup d'histoires de sa jeunesse, ses malheurs, ses bonheurs. Il paraît que je lui disais que quand je serai grand, j'écrirai un livre sur elle. J'avais déjà essayé d'écrire sur ma mère il y a quelques années, mais çà ne ressemblait à rien. Et les livres me viennent quand je trouve la première phrase...


- Le début de ce livre évoque aussi un événement terrible : la mort de votre frère.
- Oui, cela sert de fil conducteur au livre :  c'est le récit du combat d'une mère et des questions que je me pose. Notamment celle-ci :  est-ce que cette femme va résister à la mort de son enfant? C'est à travers çà que je raconte sa vie.


- Vous pensez qu'on ne parle pas assez des petites gens, de nos proches, de ceux qui nous ressemblent ou nous ont fait grandir?
- Il n'y a pas assez de littérature sur ces gens-là. C'est un peu ce que dit Armel Job sur la quatrième de couverture. Moi, c'est la seule chose que je sais faire. J'adore écrire mais je n'ai pas d'imagination. Par contre, j'adore décrire la vie quotidienne des gens, des petites gens, des gens simples. Ca peut paraître péjoratif, mais dans ma bouche, çà ne l'est pas du tout. Ce sont ces gens-là que j'adore observer. J'ai toujours aimé garder des traces du passé. Chez moi, dans mon bureau, c'est un peu un musée : il y a de vieilles lunettes d'une arrière-grand-mère, des montres de mes grands-pères, etc.


- C'est de çà qu'on est fait?
- Oui, c'est évident! Et c'est dommage que çà ne le soit pas pour tout le monde. Pour comprendre le présent, il faut connaître son passé.


- Pour écrire ce livre, vous avez simplement laissé remonter les souvenirs ou bien çà a été un travail plus méthodique?
- La plupart des choses que j'ai écrites, je les avais en moi. Elles étaient dans ma tête, je dirais presque dans mes doigts. Mais là, je suis allé voir Maman un peu plus souvent, pour la faire parler. Ca, je sais le faire, c'est mon métier!


- Aujourd'hui, elle est un peu la star de son quartier?
- Son opinion varie. Quand elle l'a lu la première fois, elle a été fortement émue. Tout en étant dérangée par certains passages parce que je vais quand même assez loin dans l'intimité. Mais les personnes que j'ai consultées avant m'ont dit de les laisser, parce que çà parlerait à d'autres gens qui ont vécu les mêmes expériences, comme de la médisance, par exemple, sur la femme d'un homme handicapé mais qui continue quand même à profiter de la vie. Et puis, la plupart des commentaires ont été positifs, mais il suffit qu'elle entende quelque chose d'un peu égratignant et alors là, elle me reproche de l'avoir écrit!


- Ecrire la vie d'autres gens, qui vous sont moins proches, cela ne vous intéresse pas?
- Je l'ai fait une fois avec Sultana Kouhman, la présidente de SOS Rapts parentaux. Nous avons signé "Nos enfants volés". Mais je dois avouer que j'écris mieux ce que j'ai vécu moi-même, ou des histoires dans lesquelles je suis impliqué émotionnellement".                                                      

mercredi 18 mars 2015

Extraits des livres de Geoffrey Van Hecke

Après avoir répondu à mes questions (voir http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2015/03/interview-de-lauteur-belge-geoffrey-van_11.html), Geoffrey Van Hecke nous offre trois extraits de ses livres.

Tome 2 :   De tout temps, l'homme a fait des rêves, parfois les plus fous et les plus audacieux. Il y a cru et a voulu dompter l'indomptable. Ce qui paraissait impossible aux yeux de beaucoup est devenu réalité. Icare rêvait de voler, Louis Blériot l'a fait. L'univers découvert par Galilée paraissait inaccessible, Iouri Gagarine fut le premier à évoluer dans l'espace. Est-il possible de se déplacer plus vite que le son? André Turcat l'a prouvé lors du premier vol du Concorde. Qui n'a jamais pensé à dominer le monde? Les empereurs romains s'y sont efforcés pendant plus de quatre siècles. Les recherches d'Einstein et d'autres scientifiques ont permis aux hommes de maîtriser l'énergie colossale et destructrice de l'arme nucléaire. Louis Pasteur a inventé le vaccin contre la rage, Christophe Colomb a découvert l'Amérique, Agamemnon s'est rendu maître de l'imprenable Troie, Mère Térésa a sauvé des milliers d'enfants des bidonvilles...  Mais toutes ces réalisations et découvertes, aussi importantes soient-elles, font obligatoirement face à leurs limites. Imaginons qu'il soit possible de maîtriser un concept encore plus fondamental, connu de tous, tellement évident qu'on en oublierait presque l'existence :  le temps!  Concept infini, irrémédiable, qui nous dépasse! Dominer le temps, c'est dominer tout, contrôler l'espace, anéantir toute limite. C'est jouir d'un pouvoir illimité. Celui qui maîtrisera le temps sera l'être le plus puissant de la Terre et des galaxies. Il aura le monopole de la quatrième dimension...

Tome 3 :  Près du Penseur, une légende... Ryan regarde le ciel bleu, l'entrée de l'éternité pour les croyants, le reflet de la couche d'ozone pour les scientifiques. Certains choix, visibles depuis toujours, ressurgissent parfois sans raison. Et si toutes ces théories n'avaient été que le fruit de son imagination? Et si son désir de croire en l'existence d'un monde meilleur avait été plus forte que ce qu'il a étudié pendant toutes ces années à l'université? Bien sûr, son rapport est rempli de preuves irréfutables, sans compter l'étrange comportement du Vatican à ce propos et pourtant...Saint-Thomas disait :  "Je ne crois que ce que je vois".  Ryan a vu, a cru, a même pu toucher des molécules de vies. La question n'est pas de savoir si des anges existent réellement mais de comprendre si l'esprit d'un être humain est assez développé pour aller à l'encontre de son esprit critique. Orthodoxes, Protestants, Anglicans, Juifs, Musulmans, Boudhistes, tous sont restés muets, sa femme a fait semblant de le croire, ses collègues ont ri. Preuve que le secret était bien gardé ou tout simplement inexistant. Le cœur de Ryan est avec Dieu, la raison est avec les hommes. Quel est son véritable métier? Boudhiste? Médecin? Ecologiste? Angéologue? Chasseur d'anges? Faut-il reprendre la vie d'avant de peur de mettre la main sur des choses incontrôlables? Toutes des questions sans réponse. Ryan regarde cet homme immobile, hésitant depuis la nuit des temps. Probablement un sage, voulant s'assurer de prendre la bonne décision. Mais la réalité est souvent toute autre car qui n'avance pas recule. Pour soulager son âme, son regard se replonge dans un livre aussi beau que mystérieux.


Tome 4 :  Alors que les vapeurs blanches de la Chapelle Sixtine fumaient encore, le nouveau pape Adam élu par une courte majorité des deux tiers fait son apparition au balcon, créant la stupéfaction chez les fidèles qui ignorent tout de ce pape inconnu du grand public. Il paraît encore jeune et semble sûr de lui, une nouvelle ère souffle sur la ville de Saint-Pierre :   "Mes amis, bonsoir. Le monde a aujourd'hui décidé d'entrer dans une nouvelle époque religieuse. Un temps moderne, rempli d'espoir. Depuis trop longtemps, nous sommes restés bien silencieux face à la souffrance des hommes, dans une société où la mort s'est rapidement banalisée. Et malgré son immense pouvoir spirituel, l'Eglise a prouvé à de nombreuses reprises qu'elle n'avait pas évolué avec son temps. Lors de son silence durant la seconde guerre mondiale, en expliquant à un continent miné par le virus HIV qu'il n'était pas utile de mettre un préservatif, en se désolidarisant d'une femme enceinte victime d'un viol plutôt que de soutenir l'avortement, en interdisant le mariage des prêtres alors que l'amour est la meilleure arme contre la haine, en taisant des actes pédophiles. La liste est longue mais comme nous le savons, Dieu pardonne et excuse nos erreurs, nos divisions, pourvu qu'elles soient résorbées. Combien de fois avez-vous rêvé de réellement avoir Dieu à vos côtés au lieu d'une simple croix regardant sans broncher votre détresse? Combien de fois avez-vous espéré qu'une main se tende au lieu de les enfoncer un peu plus? Combien de fois avez-vous rêvé que les religions se réunissent plutôt que de servir d'armes de destruction massive? Qu'elles se rapprochent de la paix absolue et vérifiée dans les faits prônée par le bouddhisme? Je compte faire le maximum pour que nous apprenions à vivre sans être éternellement effacés par nos propres regrets à cause d'actes totalement absurdes. A partir de cet instant, vous avez un nouvel ami, et lui ne vous laissera jamais tomber, même si vous trébuchez. Priez et rendez grâce à Dieu, remerciez-le de vous avoir offert enfin un monde meilleur. Que la paix vous garde".   Perdus dans la foule, Ludwig et Apollon se regardent, jugeant le discours du nouveau pape assez hypocrite. Et Humanum perché de son toit, perturbé par un discours qu'il aurait pu lui-même tenir...

mercredi 11 mars 2015

Interview de l'auteur belge Geoffrey Van Hecke

"Geoffrey, peux-tu te présenter?
- Né à Bruxelles, je suis titulaire d'un master en gestion d'entreprise et d'une spécialisation en développement durable. Je parle français, néerlandais, anglais, espagnol. J'ai vécu à Madrid mais vis actuellement à Bruxelles. Passionné par les voyages et la politique, actuellement président des Jeunes MR de Berchem-Sainte-Agathe, consultant pour la banque Belfius.

- D'où te vient ton envie d'écrire?
- Mon grand intérêt pour l'histoire et la philosophie. L'envie de pouvoir se créer son propre monde, de mettre ses rêves sur papier. Je pense que l'écriture est avant tout une thérapie, une aventure d'esprit, une sensation de liberté.

- Peux-tu nous présenter tes livres?
- Avec la sortie du quatrième tome, la saga "Humanum" touche peut-être à sa fin. Humanum, le nom de cet ange incarné par un homme. Nous avons ici un roman d'action emmenant le lecteur aux quatre coins du monde, à travers l'histoire, le faisant réfléchir aux problématiques de son époque. Chaque tome est basé sur un récit historique ou une question philosophique. Le dernier aborde par exemple la meilleure réponse à la peur de la mort. Science (la cryogénie) ou religion?  Une bataille psychologique s'en suivra. Chaque tome est également pourvu de quelques nouvelles en bonus. Les deux premiers sont à la base destinés aux adolescents, tandis que les deux derniers sont tout public.
   1° Humanum et autres nouvelles
   2° Humanum : L'empereur du temps
   3° Humanum : Le secret d'Epidaure
   4° Cryogénie

- Comment fais-tu pour te faire connaître?
- J'ai la chance de connaître beaucoup de monde, certains capables de me donner un petit coup de pouce dans les médias (Le Soir, Fun Radio, Radio Judaïca, Télé Bruxelles, etc.). On essaie de forcer les portes, de faire valoir ses racines dans un pays plutôt destiné à la bande dessinée. On reste toujours en quête d'un petit passage ou d'un petit article. Un vrai parcours du combattant, sans compter la participation aux foires du livre (la dernière en date :  la prestigieuse Foire du Livre de Bruxelles à Tour&Taxis.

- Quels sont tes projets?
- Mon prochain roman garde pour thème la cryogénie (développée dans le dernier) mais sans l'aspect fantastique. On est ici dans le réel, ce qu'il pourrait vraiment se passer dans un futur proche. La base de ce récit est autobiographique. J'y parle de ma grand-mère que je rêverais de revoir et à qui je tenais tant, malheureusement décédée en 2013. Je participerai prochainement aux foires du livre de Genève (week-end du 1er mai), de l'Ile de Ré (15 août) et de Pont-à-Celles (novembre), un salon régional sensé faire connaître les jeunes auteurs".

Pour commander le livre de Geoffrey :  www.monpetitediteur.com

mercredi 4 mars 2015

Dossier pédagogique de "Le conseiller du Roi" d'Armel Job

s                                                            Le conseiller du roi | Espace Nord


La collection Espace Nord
La collection Espace Nord rassemble plus de 300 titres du patrimoine littéraire belge francophone. Elle offre un catalogue d'auteurs remarquables et veille à la ré-édition d'œuvres indisponibles. Caractérisée par son format de poche, son prix accessible et la présence de dossiers pédagogiques, la collection Espace Nord est une référence auprès du monde scolaire et du public depuis trente ans. Son comité de lecture se compose de spécialistes reconnus de la littérature belge francophone, comme Christian Libens et Jean-Luc Outers. Elle est propriété de la Fédération Wallonie-Bruxelles et est géré par Les Impressions Nouvelles. Plus d'infos :  www.espacenord.com


Les dossiers pédagogiques d'Espace Nord
Que contiennent-ils?   Des analyses d'un titre ou d'un aspect (courants, thèmes, personnages, etc.) de la collection Espace Nord, avec résumé, contexte de rédaction, biographie, proposition de séquence de cours, prolongements, enrichis de matériaux iconographiques et documentaires soigneusement choisis par les Archives du Musée de la Littérature. Ces dossiers pédagogiques sont disponibles en version HTML, téléchargeables gratuitement aux formats PDF et EPUB. Bref, un outil clair et attractif d'une vingtaine de pages, un appui direct au travail du professeur pour faciliter l'apprentissage de la littérature belge.


Un exemple concret : le dossier pédagogique de "Le conseiller du Roi" de l'auteur belge Armel Job (ce dossier a été réalisé par Charlotte Van Asbroeck)


Biographie d'Armel Job
Armel Job est un auteur belge contemporain. Né le 24 juin 1948 à Heyd au sud de Liège, il passe toute sa vie à la campagne, ce qui marquera son écriture. Après des études secondaires, Armel ira au Petit Séminaire de Bastogne où il poursuivra des études classiques dans un cadre catholique. Au cours de ces années déjà, Armel s'intéresse à la culture (piano, théâtre, lecture, etc.). Il termine ensuite quatre ans de philologie classique à Liège et est engagé comme professeur de latin et de grec au Séminaire de Bastogne. Après 23 ans d'enseignement, il devient, en 1993, le directeur de cet établissement belge réputé.


En 2010, il décide de se consacrer entièrement à son métier d'écrivain et quitte l'enseignement. Il vit aujourd'hui dans la campagne belge avec sa femme et leurs trois filles. En 1995, alors qu'il est encore directeur, il publie son premier roman, "La Reine des Spagnes", aux éditions L'Harmattan. Avec "La femme manquée" en 2000, aux éditions Robert Laffont, il fait son entrée sur la grande scène et gagne pas moins de trois prix littéraires. Il publiera ensuite 15 romans et recevra de nombreux prix. Son dernier roman, "Dans la gueule de la bête", est paru en 2014 chez Robert Laffont.


Résumé du livre
Le conseiller du Roi, Henry Gansberg Van der Noot, se tord la cheville durant une partie de chasse. Son infirmière sera Aline, celle qui deviendra par la suite sa maîtresse et portera son enfant. Ainsi commence l'histoire que nous raconte Armel Job : celle du conseiller du Roi mise en parallèle avec celle du Roi lui-même.


A la fin de la deuxième guerre mondiale se pose la question du retour du roi Léopold III en Belgique. En effet, son mariage avec Lilian Baels déplaît au peuple. Henry est là pour l'aider à gérer la situation. Pour cela, il travaille à Bruxelles où vivent sa femme et ses enfants. Lui, la majeure partie du temps, vit à Barzée dans les Ardennes. C'est là qu'il reçoit en secret des personnages importants et qu'il vit son histoire d'amour avec Aline.


Une histoire d'amour entachée par des insultes à l'encontre de sa maîtresse, fille du village qui sort de sa condition en fréquentant un homme de haut rang. Fâché et blessé, le conseiller cherchera le responsable de ces insultes. De là s'ensuivront la mort d'un homme, Lambert, une enquête menée par plusieurs personnages, de nombreux secrets et de nombreuses révélations. Au fil de l'histoire, les personnages révèlent au lecteur et à leurs pairs toute une série de secrets. En voici quelques-uns.


Premièrement, le conseiller a tué Lambert alors qu'il traversait sa propriété. Son corps a été transporté dans les bois par Grosjean, le père d'Aline, et Julien. Rosa, la gouvernante, se doute de quelque chose. Ses soupçons en amèneront d'autres ainsi que certaines vérités.


Deuxièmement, le fils d'Aline est en réalité celui de Lambert dont elle était amoureuse. Il est l'auteur des mots d'insultes, fâché qu'Aline lui préfère le conseiller. Il n'est donc pas antiléopoldiste comme le pensait le conseiller.

Enfin, l'histoire se termine par deux morts :  celle du conseiller et celle du député Lahaut. Le conseiller, lors d'une partie de chasse, est abattu. La mort semble accidentelle aux yeux des personnages, mais le lecteur attentif aura compris que le procureur, le général et le sénateur auront préféré se débarrasser discrètement de ce témoin gênant qui refusait leur plan. Plan dont la mort de Lahaut faisait partie : celle-ci devait en effet créer le trouble nécessaire au retour du roi Léopold sur le trône.


Les différents personnages
Henry Gansberg Van der Noot (le conseiller du Roi), Aline (la maîtresse du conseiller), Martha (la femme du conseiller), Jeannette (la réceptionniste), Grosjean (le père d'Aline et de Roger), Julien (le jardinier), Rosa (la gouvernante et femme de Julien), Marianne (fille de Nicole, amoureuse de Lambert), Lambert Renard (le commis d'imprimerie, amoureux d'Aline qui lui préfère Henry), Césarine (la sage femme) et...Lilian Baels (le personnage historique).


Lilian Baels est la seconde épouse du roi Léopold III. Bien que le lecteur ne sache rien d'elle et qu'elle ne prenne jamais la parole dans le roman, Lilian est un personnage important puisque c'est son mariage avec le Roi qui causera, entre autres, la Question Royale dont on parle dans le roman. Armel Job l'utilise également pour expliquer la situation d'incompréhension et de rejet que vit Aline. En effet, tout au long du roman, des parallèles sont tissés entre les deux femmes. Toutes deux "volent" l'homme d'une autre :  Lilian vole le Roi à Astrid, reine très populaire, morte dans un accident de voiture ; tandis qu'Aline profite de la séparation du conseiller et de sa femme Martha. De plus, ces deux femmes accèdent à un rang social qui n'est pas le leur. Enfin, même physiquement, une ressemblance semble se dessiner entre elles.


La Belgique
Tout le roman se déroule en Belgique :  à Barzée, à Bruxelles et à Ostende principalement. Le lecteur aimera reconnaître des noms de lieux et ainsi se représenter les déplacements des personnages. La Belgique est également présente sur le plan historique puisque c'est son Histoire qui sert de prétexte à celle d'Armel Job. L'auteur semble se plaire à dresser le portrait d'une Belgique résolument contemporaine. L'actualité semble en effet nous faire de l'œil lorsque le conseiller dit :  "La politique, c'est précisément d'éviter le champ de bataille. Nous avons obtenu un compromis. Ce pays tout entier est l'incarnation même du compromis". Ou encore losque le sénateur assènera au conseiller :  "Combien de gouvernements entre les deux guerres? A peine sorti d'une crise, on s'embourbe dans la suivante. Il faut que çà cesse, Gansberg".


A suivre sur www.espacenord.com ...