mercredi 21 janvier 2015

L'écrivain belge Henry Martelange

                                        

Né à Mons en 1982, docteur en langue et littérature anciennes, Henry Martelange a toujours écrit, et son style respire la maturité et le classicisme de la littérature française. Passionné par l'art et les antiquités, il recrée dans ses nouvelles les intérieurs luxueux qu'il aime tant. Ses personnages lui ressemblent et nous apprennent beaucoup sur sa personnalité.


Membre de l'Association des Ecrivains Belges, Henry Martelange est l'auteur de deux recueils de nouvelles :   "L'enfer du décor" (paru en 2012 aux éditions Chloé des Lys) et "Démons et merveilles" (paru en 2014 aux éditions L'Amant Vert).


Sa citation favorite :  "Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit"  (La Rochefoucauld)


A vos agendas :  le mercredi 4 mars 2015 à 18h30, soirée littéraire autour d'Henry Martelange au restaurant "Le Salon des Lumières" à Mons. Au programme :  présentation de son recueil "Démons et Merveilles" avec lecture de quelques extraits, suivie d'un échange d'impressions et de réflexions avec les participants, pour terminer par un repas surprise à 25 euros hors boissons en compagnie de l'auteur. Inscription obligatoire car nombre de places limité.

mercredi 14 janvier 2015

Activités de la Maison de la Poésie de Namur

5 février 2015 à 20h
La Maison de la Poésie de Namur vous propose une rencontre avec Jean-Baptiste Baronian autour de son ouvrage "Dictionnaire Rimbaud". Membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, Jean-Baptiste Baronian est l'auteur de plus de 70 livres (romans, recueils de contes et de nouvelles, essais, anthologies, albums pour enfants, etc.). On lui doit notamment les biographies de Baudelaire, Verlaine et de Rimbaud chez Folio (Gallimard). En 2012, il a publié l'album "Cent poèmes de Rimbaud" chez Omnibus, et en 2013 aux éditions de Fallois "L'enfer d'une saison", un roman où Rimbaud est mis en scène et qui se déroule en 1873 à Bruxelles. Jean-Baptiste Baronian est aujourd'hui l'un des spécialistes rimbaldiens les plus réputés.


12 février 2015 à 19h
Le poète belge Marcel Darimont vous présente "De la genèse à l'éternité", son premier récital de poésie. Un voyage ironique et poétique qui vous mènera de l'Eden au Paradis à travers une trentaine de textes, souvent joyeux, iconoclastes mais parfois graves, évoquant notre passage sur cette planète. Marcel Darimont est monté sur les planches de 1944 à 1953 avec les Tournées Liégeoises Lyrica. Il a aussi joué aux Echos de Naninne, à la Fraternité d'Erpent ainsi qu'aux Soçons de Loyers. Administrateur et président du jury des concours de poésie classique de la Maison de la Poésie de Namur, il est l'auteur de trois pièces portées à la scène.


27 février 2015 à 20h
La Maison de la Poésie de Namur vous propose "Exercices de chute", une lecture sonore présentée par le jeune poète namurois Alexis Alvarez Barbosa. Cet ouvrage est paru en février 2014 aux éditions de l'Arbre. Né à Namur en 1980, Alexis Alvarez Barbosa a étudié les lettres hispaniques à Louvain-la-Neuve et Madrid. Parallèlement à son travail d'enseignant, il a publié, depuis 2002, de nombreux textes en revues et a participé à divers projets musicaux.


Plus d'infos :  www.mplf.be ou info@maisondelapoesie.be

mercredi 7 janvier 2015

La bibliothèque de Colette Nys-Mazure

                                                      


En 2008, dans un numéro de la revue "Le Carnet et les Instants", Colette Nys-Mazure avait accordé une interview sur sa bibliothèque :


"Vos premiers souvenirs de lectrice sont-ils liés à des illustrations, une odeur ou une texture de papier?
- C'est assez facile de me souvenir de ces premiers émois de lectrice. Vers six ans, avant la mort de mes parents, j'ai reçu d'un oncle "Tom Playfair" de Francis Finn, dans une belle édition illustrée que j'ai d'ailleurs conservée, bien qu'elle soit presque démantibulée. A cet âge, je ne lisais pas encore mais je me revois, le dimanche, pendant que les grandes personnes traînaient à table monter au grenier et ouvrir ce livre dont l'odeur se mêlait à celle de la pièce. C'était un moment privilégié, un plaisir d'approcher ce mystère de l'écriture, des caractères imprimés, en regard des illustrations, que je ne pouvais pas encore déchiffrer mais qui faisaient naître en moi l'envie d'apprendre à lire. Un autre souvenir est lié à ma grand-mère paternelle, lectrice invétérée. Je la voyais sous un globe, hors du monde, quand elle était plongée dans ses bouquins. Mais si je l'interrogeais sur ce qu'elle faisait, elle me répondait : "Je lis!". Une évidence pour elle. Pour moi, le fait de la sentir captivée aiguisait le désir de pousser la porte des mots. Ensuite, dès que j'ai pu lire, ce fut comme une déferlante. Tout y passait : des bandes dessinées, le Journal de Tintin, des livres illustrés, la série des comtesse de Ségur, etc. Un livre de Trilby, "Dadou gosse de Paris", est aussi très présent dans mon souvenir.


- Etiez-vous entourée de livres à la maison?
- Il y avait deux bibliothèques auxquelles je ne pouvais pas avoir accès parce que j'étais trop jeune. Je n'avais pas encore le droit de lire Zola ou Flaubert. Cependant, nous possédions une collection importante de numéros de la revue littéraire "Indications" qui paraissait à l'époque en feuillets. Je me suis nourrie chaque mois de ces recensions de livres, les dévorant par anticipation. Plus tard, j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt l'émission télévisée "Lectures pour tous" de Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet, Max-Pol Fouchet, Nicole Védrès, qui avaient le don de donner envie de lire. Vers 14 ans aussi, on m'a offert des anthologies comme celle de Marcel Arland dans laquelle j'ai puisé et appris nombre de poèmes par cœur. J'ai le souvenir d'avoir lu et relu également les manuels scolaires de l'époque que nous pouvions garder à la fin de l'année.


 - Quels genres littéraires affectionniez-vous le plus?
- J'ai toujours beaucoup aimé la poésie et les romans. Par contre, j'ai éprouvé plus de difficultés à lire du théâtre. Encore aujourd'hui, j'en lis peu. J'aime voir les pièces, la façon dont le metteur en scène et les comédiens lui donnent corps, mais je parviens difficilement à m'imaginer la représentation à partir du texte (Racine, Anouilh, Willems, Wouters et quelques autres mis à part). J'ai lu aussi beaucoup d'essais, notamment ceux de Charles Moeller, de Jean Onimus, "La connaissance poétique" de Philippe Jaccottet, "Une transaction secrète" de Jean-Pierre Richard ou de Gaston Bachelard. A l'université de Louvain, j'ai suivi le cours à option de Joseph Hanse consacré à la littérature belge. Au début de l'année, il dictait une liste de livres dans laquelle on devait choisir ses lectures. A l'examen, il s'est très vite aperçu que je ne mentais pas quand je lui ai dit que j'avais tout lu. Une véritable imprégnation. C'est à partir de ce moment que j'ai découvert les facettes de la littérature belge. C'est à force de lire qu'on prend goût à la lecture et à l'écriture. Je lis aussi de nombreux livres étrangers en traduction.


- En vous relisant justement, il semble évident que le livre occupe une place centrale dans vos textes. Le livre comme véhicule de pensée, mais aussi comme carrefour entre lecture et écriture. Concernant ces rapports, pourriez-vous situer le moment où de lectrice, vous avez basculé vers l'écriture? Y a-t-il eu un auteur, un livre en particulier, qui a servi de révélateur pour vous?
- Certains livres sont comme des textes d'appel qui enclenchent automatiquement cette envie ou ce besoin d'écrire, à la fois par la façon dont l'auteur utilise les mots, les dispose sur la page, mais aussi parce que je sens qu'il s'agit là d'un livre essentiel. Cela me rend confiante dans le pouvoir du livre, alors qu'à d'autres moments, l'univers livresque m'apparaît d'une telle médiocrité, tout à la fois convenu, formaté, vide et vain au point d'en être dégoûtée. Invitée comme juré pour différents prix littéraires, je suis amenée à lire beaucoup de textes inédits. Dans ce cadre, la pulsion d'écriture issue de la lecture peut devenir un critère. Autrement dit, quand un manuscrit me donne envie d'écrire (que ce soit par la saveur des mots, l'appel à l'imaginaire, la thématique forte, des personnages insolites, une musique originale), je le retiens. Mes lectures d'adolescente (poésie ou roman) m'entraînaient dans leur sillage. J'avais envie d'écrire des histoires d'enfants en pleine nature ou égarés dans une ville. Comme beaucoup, j'ai commencé à écrire "à la façon de", des poèmes dans le style de ceux de Marie Noël ou Charles Péguy, par exemple. On reste sous influence pendant tout un temps avant de trouver sa propre écriture. Pour moi, les écrivains majeurs sont ceux qui vous bouleversent, vous émerveillent, mais qui ne vous paralysent pas. Ce sont des auteurs tremplins : ils vous donnent envie d'y aller, ils sont contagieux du plaisir et de la nécessité d'écrire. Quand je tombe sur un texte qui me semble fabriqué ou artificiel, je sais vers quels auteurs je vais revenir pour retrouver la saveur du livre. Inversement, si un livre me passionne, je n'ai de cesse de le partager avec d'autres.


- Vous prêtez donc facilement les livres?
- Evidemment! Lorsque j'ai lu "Prodige" de Nancy Huston que j'ai adoré, je l'ai aussitôt prêté. Si la personne oublie de me le rendre, je le rachète et le prête à nouveau. Il y a comme cela une quantité de livres que j'ai rachetés, au point qu'un livre que j'ai lu plusieurs fois paraît neuf dans ma bibliothèque, parce que le mien continue à circuler.


- Pour revenir à ces auteurs qui vous ont induite en écriture :  Marguerite Yourcenar occupe une place de choix dans votre parcours?
- Certainement. Quand j'étais en résidence à la villa Yourcenar au sommet du Mont Noir, il m'arrivait régulièrement de relire au hasard une page des "Nouvelles orientales", de "L'œuvre au noir" ou de "Souvenirs pieux", et j'étais immédiatement plongée dans cette langue-fleuve vigoureuse et magnifique. Ma première rencontre avec son œuvre est assez étonnante car elle est passée par la voix. J'étais alors dans une période un peu difficile de mon existence, très fatiguée par une nouvelle naissance, comme vidée, et tout en donnant le bain à mon bébé, j'ai entendu une lecture de "L'œuvre au noir" à la radio. Tout à coup, j'ai senti en moi une énergie qui m'était transmise par le biais de la voix de la comédienne et par la profondeur de l'évocation, le style très particulier, tenu, tendu de cette femme écrivain. J'ai compris que la vie était une aventure qui méritait d'être vécue, qu'il y avait en chacun d'infinies ressources. Je me suis ensuite précipitée sur toute son œuvre. Une des nouvelles de Yourcenar que j'apprécie le plus est sans doute "Comment Wang-Fô fut sauvé". Une merveilleuse fable sur le pouvoir de l'art. En cela, je crois sincèrement que l'écriture, comme la musique ou la peinture, peut nous emporter, nous renouveler, transfigurer les êtres et les choses sans pour autant défigurer le réel.


- Ces trois notions indissociables (lire, écrire et dire) semblent être le fruit d'un seul mouvement du corps. Lorsque vous écrivez, vous arrive-t-il de faire des allers-retours entre le bureau et votre bibliothèque, pour vérifier une référence, pour vous remémorer une citation?
- Enfant, j'aimais la voix de Maman ou celle d'un grand cousin lisant ou racontant une histoire, et j'ai toujours pratiqué la lecture à voix haute. Quand j'enseignais le français, j'apprenais à mes élèves la technique de la lecture vivante. Ils découvraient ainsi le plaisir intense de tenir une classe dans le creux de la main par le seul pouvoir de la lecture soutenue. En voiture ou avant de m'endormir, j'aime écouter des enregistrements de textes lus par des comédiens (Proust par Trintignant ou "Les variations Goldberg" par Nancy Huston, etc.). Concernant ces va-et-vient dont vous parlez, il y a là quelque chose de terrible. Quand je suis ici et mobile, je suis constamment distraite par tel ou tel ouvrage sur lequel je retombe en cherchant un passage par exemple. Bien souvent, je finis par m'installer pour relire le livre entier. J'avoue que l'écriture des autres me plaît plus que la mienne et pourtant, je continue d'écrire, incapable d'y renoncer. Voilà pourquoi j'apprécie les résidences d'auteur, je peux partir les mains vides avec mon ordinateur et mes cahiers comme seuls instruments. Cela m'oblige à m'en tenir exclusivement à mon texte en chantier. Lorsque j'entre en écriture, j'essaie de m'imposer une certaine discipline, une forme d'ascèse. De toute manière, je ne suis jamais à la hauteur de ce que je voudrais écrire, mais j'écris.


- Philippe Arbaizar compare la bibliothèque personnelle à un théâtre de la mémoire. Cette formule pourrait-elle vous convenir?
- La bibliothèque peut être perçue comme une succession d'instants de vie, de lectures, qui s'empilent, au rythme des nouveaux livres, forment des strates qui participent à l'élaboration d'un arrière-pays dans notre conscience. Certains de ces livres, je ne les ai plus relus, mais ils ont tellement compté à un moment de ma vie que je ne voudrais pas m'en séparer. Ils font vraiment partie de moi. J'ai d'ailleurs pris l'habitude de les annoter, de les gorger d'articles de presse, de signets, de pense-bêtes. Au lieu de parcourir, il faut se colleter au texte, lire de manière active, crayon en main, pour se l'approprier réellement.


- A côté de la littérature, quelles sont les autres grandes thématiques que l'on retrouve dans votre bibliothèque?
- Je possède beaucoup de monographies sur la peinture, sur les liens entre l'art pictural et l'écrit, de nombreux catalogues d'expositions, des livres qui allient écriture et photographies comme ceux de Nicolas Bouvier que j'aime particulièrement. J'étais très attirée par une collection des éditions Flohic qui n'existe malheureusement plus. On trouvait par exemple un livre de François Bon sur Hopper, un autre de Sylvie Germain sur Vermeer.


- Peut-on y déceler un classement?
- C'est une question difficile. C'est un peu comme si on me demandait de classer mes amis. Cependant, je m'y suis attelée. Il n'y a pas de pièce sans bibliothèque visible ou invisible. J'ai placé dans une chambre la littérature belge, tous genres confondus. J'ai également une bibliothèque contenant une partie de mes livres de poche dans la pièce consacrée à ceux que j'utilise pour les ateliers d'écriture. Dans une autre chambre, j'ai rassemblé la poésie et ce n'est pas rien. Ailleurs encore, on trouvera les essais, les livres de spiritualité, les livres d'art. La bibliothèque de palier contient les livres d'auteurs étrangers et quelques revues que je conserve. Au sein de ces différentes bibliothèques, j'essaie de garder un classement alphabétique, ce qui me permet de retrouver facilement les ouvrages dont j'ai besoin et de gagner du temps. Quand les livres sont en désordre, ils prennent beaucoup plus de place.


- Réservez-vous une place à part pour les livres qui vous sont dédicacés?
- Non, ils sont avec les autres. Je n'accorde pas un prix immense aux dédicaces, même si certaines me touchent beaucoup. Et même ceux-là, je les prête volontiers. Quand les livres circulent, c'est la vie qui se propage, c'est la liberté. Vous savez, il y a des auteurs dont je déteste la vie, mais dont j'adore les livres.


- On revient à cette force des mots, cette énergie qui est sans doute le point commun de tout ce que l'on vient d'évoquer?
- Oui. Vivre, lire, écrire sont pour moi un seul et même verbe. Il n'y a pas de trait d'union entre les trois, ils sont "Un". La vie alimente la lecture et l'écriture. La lecture permet de comprendre les autres. Ecrire creuse sa propre vie et donne parfois la possibilité aux autres de nous rejoindre comme nous les rejoignons. Trois axes essentiels, certainement. Sur ma tombe, vous trouverez ce distique : "Tendre à travers mots une main / et traverser la nuit sans mourir"".


Retrouvez mes autres articles sur cet auteur en cliquant ci-dessous sur "Nys-Mazure Colette".

samedi 27 décembre 2014

Infos diverses

La Déclaration européenne pour le livre  a été présentée par ses quatorze signataires (dont la Fédération Wallonie-Bruxelles) le 9 octobre à la Foire du Livre de Francfort. Il y est affirmé que le livre est la première industrie culturelle d'Europe. Le numérique et le comportement des consommateurs créent des occasions inédites, de nouveaux marchés pour diffuser la création. Les acteurs du livre (auteurs, traducteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et les institutions qui les soutiennent) cherchent à trouver les nouveaux modèles qui protègeront la transmission de la littérature, des idées et l'éducation, en offrant aux consommateurs l'offre la plus diversifiée et la plus accessible possible, tout en préservant des millions d'emplois. Le texte complet de cette déclaration commune peut être consulté sur www.promotiondeslettres.cfwb.be


Espace Nord (la collection patrimoniale de la littérature belge francophone) met en ligne gratuitement des documents conçus comme un appui direct au travail du professeur. Destiné en priorité au corps enseignant, chacun de ces dossiers présente une analyse d'un titre ou d'un aspect (courants, thèmes, personnages) de la collection pour permettre aux élèves de mieux découvrir la littérature belge. Espace pédagogique :  www.espacenord.com/espacepedagogique


Le Prix Soroptimist 2014 , qui consacre un roman écrit en français par une femme de nationalité autre que française, a été attribué à Isabelle Bary pour son roman "La vie selon Hope", publié aux éditions Luce Wilquin.


Librel.be est un projet porté par 27 libraires belges francophones qui ont décidé de se regrouper sur le web pour y présenter leur offre de livres numériques. Avec ce portail et le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ils entendent montrer qu'à l'heure du numérique, les libraires indépendants ont toute leur place pour défendre le livre sous tous ses formats et conseiller les lecteurs. Librel.be est aussi accessible à partir du site de chaque librairie participante (www.librel.be)


"Le Carnet et les Instants"  compte actuellement 4.600 abonnés. 4.600 personnes et institutions qui reçoivent par la poste, cinq fois par an, une revue dédiée aux Lettres belges de langue française. Si l'abonnement à la revue est entièrement gratuit, celle-ci a un coût supporté par le Service Général des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles (impression, mise en page, expédition, etc.). Pour éviter tout gaspillage, le fichier va être remis à jour d'ici le 20 décembre 2015. Les personnes qui ne se seront pas manifestées à cette date seront automatiquement désabonnées. S'adresser à  carnet.instants@cfwb.be

mercredi 29 octobre 2014

Soirée avec Jan Baetens à Namur

Le jeudi 13 novembre 2014 à 19h, la Maison de la Poésie de Namur (www.mplf.be) propose une soirée en compagnie du poète belge Jan Baetens. Animée par Gérald Purnelle, cette rencontre s'articulera autour des deux dernières parutions du poète flamand d'expression française :  "Pour en finir avec la poésie dite minimaliste" (édition Les Impressions Nouvelles) et "Vivre sa vie et autres poèmes" (éditions Espace Nord). Prix d'entrée : 5 euros (2 euros pour les seniors et les étudiants). Vente et dédicace des ouvrages sur place en fin de soirée.


Le poète :  né en 1957 dans la région de Gand, Jan Baetens a étudié la philologie romane. Porteur d'un doctorat, il travaille aux universités de Maastricht et Louvain. Il a collaboré à de nombreuses revues, ainsi qu'à la création de la maison d'édition Les Impressions Nouvelles en 1985. Jan Baetens est spécialisé dans les domaines de la novellisation, de la bande dessinée et du roman-photo, ainsi que de l'analyse et de la critique littéraires.


"Pour en finir avec la poésie dite minimaliste" :   ce livre est un livre de combat. En plein renouvellement aujourd'hui, la poésie française doit d'abord se débarrasser d'une forme d'écriture qui domine le paysage français depuis près d'un demi-siècle et dont la puissance institutionnelle empêche l'épanouissement du nouveau :  la poésie dite minimaliste, qui combine effacement de la forme (aux mots sur la page, on préfère les blancs) et profondeur du sens (un poème n'est valable que dans la mesure où il se rapproche de la philosophie). Refusant les partis pris et la grande pauvreté d'une telle conception de la poésie, ce livre analyse le travail des auteurs contemporains qui proposent une alternative proprement littéraire.


"Vivre sa vie et autres poèmes" :   ce recueil reprend les principales publications poétiques de Jan Baetens :
- "Autres nuages", illustré par des gravures sur bois d'Olivier Deprez, a pour thème le nuage qui n'est autre qu'un arbre en marche.
- "Vivre sa vie" est la novellisation en poésie du film de Jean-Luc Godard.
- "Cent ans et plus de bande dessinée" raconte l'histoire de la bande dessinée en 60 poèmes.
- "Cent fois sur le métier", qui a reçu le Prix triennal de poésie 2007 de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cerne d'un trait poétique différent chacune des 100 professions sélectionnées par Baetens, du moniteur de ski au mathématicien.
Ces ouvrages sont parus entre 2005 et 2012 aux Impressions Nouvelles. Ils sont suivis de quelques prises de position de l'auteur expliquant pourquoi il écrit ses poèmes en français alors que sa langue maternelle est le néerlandais.

lundi 22 septembre 2014

Troisième livre de Nathalie Wargnies

Au printemps, je vous avais déjà parlé de l'auteur belge Nathalie Wargnies :   http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2014/03/actualite-de-nathalie-wargnies-mars-2014.html . Elle vient de sortir un troisième livre, dont voici la couverture :                                             


                                                     Photo


Il est préfacé par Françoise Lison-Leroy dont je vous ai déjà également parlé :  http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2013/04/francoise-lison-leroy-vue-par-michel.html .
Nathalie le présentera le samedi 4 octobre à 15h à la librairie Decallonne sur la Grand-Place de Tournai, ainsi qu'au Salon du Livre de Mons en novembre.                                          

samedi 13 septembre 2014

"Bye Bye Elvis" de Caroline de Mulder

                                                               Bye Bye Elvis


Paru aux éditions Actes Sud,  "Bye Bye Elvis" est le nouveau roman de l'auteur belge Caroline de Mulder dont je vous ai déjà parlé. Née à Gand, elle a grandi à Mouscron et est aujourd'hui professeur à Namur. Dans ce roman, elle se demande ce que serait devenu Elvis s'il n'était pas mort en 1977...


Caroline de Mulder a répondu aux questions de la journaliste Isabelle Monnart pour "La Dernière Heure" :


"Vous ne vous êtes permis aucune entorse?
- Si, quelques-unes et de manière volontaire : j'ai condensé plusieurs éléments de sa vie en une seule scène parce que c'était plus expressif et parce que, pour moi, ce qui compte, c'est la vérité des personnes que je décris.


- Tout le chagrin et la noirceur que vous lui prêtez, on l'a mesurée pour de bon, chez Elvis?
- On dispose quand même d'un certain nombre d'éléments. Tous ceux qui l'ont entouré y sont allés de leur témoignage, même si les principaux acteurs aiment se donner un beau rôle. Je suis partie de ses mots, des phrases qu'il a dites. Il ne faut pas tant d'imagination que çà pour déduire qui il était.


- Et puis, il y a l'autre histoire, dans laquelle on entre en se demandant un peu ce qu'elle vient faire là?
- En réalité, je voulais d'abord n'écrire que l'histoire de John White, qui est la possibilité fictive, d'un Elvis vieux. Elvis qui aurait, en 1977, disparu plutôt que de mourir. D'ailleurs, quand il est mort, les gens ne voulaient pas y croire : on a prétendu qu'il avait quitté une vie qui lui était devenue insupportable. Il en reste qui pensent toujours çà aujourd'hui. Donc, c'était très amusant d'essayer d'imaginer ce qu'il serait devenu...vieux.


- Il aurait eu 80 ans cet hiver?
- Oui. Et c'est mission impossible de l'imaginer vieux si on ne le connaît pas jeune, adolescent, ce qu'il a dit, ce qu'il a fait, son rapport aux femmes et à la mère. Je ne suis pas sûre que les choses qui étaient là à 40 ans auraient disparu à 60 ou 80. Donc ces deux histoires (l'évocation et la fiction pure) prennent sens l'une par rapport à l'autre.


- Au départ, en vous lisant, on a du mal à imaginer que vous ayez osé.
- Moi, çà me paraissait évident que les gens feraient le lien tout de suite. Mais mon éditeur m'a dit qu'au départ, il avait compris, puis qu'il l'avait oublié au fil de sa lecture et que le redécouvrir à la fin était un plus. Il m'a demandé d'éliminer les indices trop évidents.


- Vous avez grandi avec Elvis? C'est ce qui vous a donné envie de l'imaginer vieux?
- Non, je suis partie de deux choses. D'abord, tous les ans, il y a des personnes adultes qui disparaissent parce qu'elles fuient, qu'elles veulent changer de vie. Une sorte de suicide social. Et puis, la deuxième idée, c'est que çà pourrait ou aurait pu être le cas de quelqu'un de célèbre. Au croisement de ces deux idées-là, il y avait Elvis qui était un personnage en or.


- C'est aussi un roman sur la gloire et ses travers?
- Oui, bien sûr. La grande gloire broie les êtres qui sont trop fragiles pour elle. Et la plupart des êtres sont trop fragiles pour une gloire comme çà, qui est une sorte d'amour des foules qui vous dévore. En çà, elle devient destructrice.


- Cette folie-là, elle existe encore?
- Je pense que le mécanisme de l'adoration des foules, il est très contemporain. Mon livre se passe dans les années 50 et 60 mais, oui, je pense que çà existe encore.


- La différence, c'est que cet amour-là a duré longtemps?
- Oui parce qu'il s'est transformé beaucoup. Il a été le symbole de la révolte, de la libération sexuelle. Ensuite, çà a été le petit soldat. Puis, c'est devenu le rêve américain, le gars parti de rien qui devient une star, puis le cauchemar avec un Elvis qui a commencé à se déliter sous la pression de sa propre image. Avec le concert de 1968, on a l'impression qu'il jouait sa peau".


Voici la bande-annonce du roman :   www.youtube.com/watch?v=8f4a8Vv1x8E


Et en cliquant ci-dessous sur "De Mulder Caroline", vous retrouverez mes autres articles sur cet auteur belge.