Colette Nys-Mazure vient de sortir deux nouveaux livres (que je n'ai pas encore lus) :
1° "L'Envers et l'Endroit précédé de Tapisserie angevine" aux éditions Cénomane.
C'est un ensemble de textes inspirés par la rencontre avec des femmes et des hommes en situation d'apprendre ou de réapprendre à lire et à écrire : "J'ai perçu le poids du non-dit et de l'héritage familial, la place irremplaçable des grands-parents aussi bien que le sentiment d'avoir été oublié" dit Colette Nys-Mazure. Dans ce sillage, elle a écrit dix nouvelles qui explorent un passé parfois trouble et les questions qui taraudent encore le présent, tentant d'élucider ce qui se dissimule sous les apparences et les silences.
2° "L'Espace du pardon" aux éditions Invenit.
Ce livre de 39 pages s'intègre dans une collection des éditions Invenit qui met en lumière le lien entre la peinture et l'écriture, l'image et les mots, dans d'élégants petits livres qui nous proposent la méditation d'un écrivain sur un tableau des musées du Nord-Pas-de-Calais. Colette Nys-Mazure a choisi "Le Reniement de Saint-Pierre", un tableau du Musée de la Chartreuse à Douai. Il a été peint par un mystérieux peintre de l'école française du XVIIème siècle, actif à Rome, connu sous l'appellation du Pensionnaire de Saraceni, émule du Caravage.
Cliquez ci-dessous sur "Nys-Mazure Colette" pour retrouver mes comptes-rendus d'autres livres de Colette Nys-Mazure.
mercredi 26 octobre 2011
mercredi 19 octobre 2011
L'avenir du Fonds Espace Nord
Le Fonds Espace Nord a été racheté par la Communauté française qui a chargé les Impressions Nouvelles de le gérer. Son responsable Taguy Habrand évoque l'avenir du Fonds Espace Nord dans la dernière revue "Le Carnet et les Instants" (publiée par le Service de Promotion des Lettres de Communauté française) :
"Les transferts successifs d'Espace Nord au cours des dernières années ont eu un effet préjudiciable sur l'identité de la collection. On a vu se succéder politiques éditoriales, maquettes, formats ou distributeurs, ce qui a donné lieu à un résultat insuffisamment cohérent. Le redéploiement de la collection consiste d'abord à dresser un état des lieux de la situation concrète du patrimoine, au niveau des stocks, des archives graphiques et des contrats. Puis, à rétablir la confiance des libraires et des lecteurs, confrontés à un ensemble bigarré qui fait tout sauf collection ou à des titres épuisés en dépit d'une demande régulière. Concrètement, cela suppose une harmonisation de l'esthétique des volumes, l'établissement d'un catalogue précis des titres disponibles en librairie et la remise à disposition de la collection Espace Nord dans son intégralité. Sur ce dernier point, la contribution de Cairn.info sera décisive.
Le rachat d'Espace Nord par les pouvoirs publics a été décidé en vue de protéger la collection, de ne pas rejouer les erreurs du passé, mais en aucun cas de cadenasser son dynamisme ou de la mettre sous respirateur artificiel. La Communauté française reste propriétaire de tout ce qui touche de près ou de loin à Espace Nord, ce qui revient à dire que certaines décisions lourdes, à l'instar d'opérations de déstockage ou de soldes, nous sont impossibles sans l'aval des pouvoirs publics. Mais d'un point de vue purement pratique, la mission de gestion confiée aux Impressions Nouvelles et à Cairn.info maintient la situation qui prévalait jusqu'ici : l'éditeur reste éditeur, assure la publication des nouveautés et veille à la pérennité du catalogue. Ces aspects seront quantifiés contractuellement, à raison de 8 nouveautés et 8 rééditions de titres épuisés par an. Concernant le choix des titres, il sera réalisé par un comité éditorial interprofessionnel que nous présenterons cet automne.
L'intérêt des Impressions Nouvelles ne date pas d'hier et nous nous étions déjà manifestés par le passé en vue de sauver ce qui pouvait l'être, sans succès. L'appel d'offres nous a permis de déposer un projet solide et argumenté, qui dépasse de loin ce qui était demandé. Le caractère audacieux d'Espace Nord, les risques qui lui sont associés, les interrogations quant au rôle et à la gestion d'une collection patrimoniale déjà forte de 300 titres font du projet une expérience typique, en résonance avec la culture des Impressions Nouvelles. Puis, il y a le goût pour le travail bien fait. Les pionniers qui ont érigé Espace Nord ont contribué à faire exister la littérature francophone de Belgique. Poursuivre cette action de longue haleine avec la même exigence est la meilleure façon de saluer les énergies déployées jusqu'ici. Et nous ferons en sorte d'en assurer la visibilité, tant en librairie que dans les bibliothèques ou les écoles, ainsi qu'à l'étranger où de nombreux centres de recherche s'intéressent précisément aux littératures francophones.
Ces dernières années, l'exploitation numérique d'Espace Nord a souvent fait l'objet de promesses non tenues, de slogans destinés à s'attirer la sympathie des pouvoirs publics ou l'attention de la presse. Par-delà les discours, on ne s'improvise pas éditeur numérique, en particulier pour une collection aussi vaste que Espace Nord, et nous ne souhaitons pas jouer les imposteurs ou les prophètes. La rencontre avec Cairn.info, spécialisé dans la numérisation et l'accès à des ressources en sciences humaines, nous a permis de proposer un programme sans esbroufe qui verra, dans les deux années qui viennent, la mise ou la remise à disposition d'une quarantaine de titres phares d'Espace Nord et d'une quinzaine de nouveautés en version papier et en version numérique, ainsi qu'un accès à tous les autres titres de la collection, sans exception, en impression à la demande. Au-delà, nous essaierons sans doute, même si cela ne fait pas à proprement parler partie de notre mission, de réfléchir ensemble au développement, à partir de la collection Espace Nord, d'une bibliothèque numérique de référence sur la littérature belge francophone, bibliothèque numérique qui se destinerait, en Belgique comme à l'étranger, aux établissements d'enseignement et aux institutions de recherche".
"Les transferts successifs d'Espace Nord au cours des dernières années ont eu un effet préjudiciable sur l'identité de la collection. On a vu se succéder politiques éditoriales, maquettes, formats ou distributeurs, ce qui a donné lieu à un résultat insuffisamment cohérent. Le redéploiement de la collection consiste d'abord à dresser un état des lieux de la situation concrète du patrimoine, au niveau des stocks, des archives graphiques et des contrats. Puis, à rétablir la confiance des libraires et des lecteurs, confrontés à un ensemble bigarré qui fait tout sauf collection ou à des titres épuisés en dépit d'une demande régulière. Concrètement, cela suppose une harmonisation de l'esthétique des volumes, l'établissement d'un catalogue précis des titres disponibles en librairie et la remise à disposition de la collection Espace Nord dans son intégralité. Sur ce dernier point, la contribution de Cairn.info sera décisive.
Le rachat d'Espace Nord par les pouvoirs publics a été décidé en vue de protéger la collection, de ne pas rejouer les erreurs du passé, mais en aucun cas de cadenasser son dynamisme ou de la mettre sous respirateur artificiel. La Communauté française reste propriétaire de tout ce qui touche de près ou de loin à Espace Nord, ce qui revient à dire que certaines décisions lourdes, à l'instar d'opérations de déstockage ou de soldes, nous sont impossibles sans l'aval des pouvoirs publics. Mais d'un point de vue purement pratique, la mission de gestion confiée aux Impressions Nouvelles et à Cairn.info maintient la situation qui prévalait jusqu'ici : l'éditeur reste éditeur, assure la publication des nouveautés et veille à la pérennité du catalogue. Ces aspects seront quantifiés contractuellement, à raison de 8 nouveautés et 8 rééditions de titres épuisés par an. Concernant le choix des titres, il sera réalisé par un comité éditorial interprofessionnel que nous présenterons cet automne.
L'intérêt des Impressions Nouvelles ne date pas d'hier et nous nous étions déjà manifestés par le passé en vue de sauver ce qui pouvait l'être, sans succès. L'appel d'offres nous a permis de déposer un projet solide et argumenté, qui dépasse de loin ce qui était demandé. Le caractère audacieux d'Espace Nord, les risques qui lui sont associés, les interrogations quant au rôle et à la gestion d'une collection patrimoniale déjà forte de 300 titres font du projet une expérience typique, en résonance avec la culture des Impressions Nouvelles. Puis, il y a le goût pour le travail bien fait. Les pionniers qui ont érigé Espace Nord ont contribué à faire exister la littérature francophone de Belgique. Poursuivre cette action de longue haleine avec la même exigence est la meilleure façon de saluer les énergies déployées jusqu'ici. Et nous ferons en sorte d'en assurer la visibilité, tant en librairie que dans les bibliothèques ou les écoles, ainsi qu'à l'étranger où de nombreux centres de recherche s'intéressent précisément aux littératures francophones.
Ces dernières années, l'exploitation numérique d'Espace Nord a souvent fait l'objet de promesses non tenues, de slogans destinés à s'attirer la sympathie des pouvoirs publics ou l'attention de la presse. Par-delà les discours, on ne s'improvise pas éditeur numérique, en particulier pour une collection aussi vaste que Espace Nord, et nous ne souhaitons pas jouer les imposteurs ou les prophètes. La rencontre avec Cairn.info, spécialisé dans la numérisation et l'accès à des ressources en sciences humaines, nous a permis de proposer un programme sans esbroufe qui verra, dans les deux années qui viennent, la mise ou la remise à disposition d'une quarantaine de titres phares d'Espace Nord et d'une quinzaine de nouveautés en version papier et en version numérique, ainsi qu'un accès à tous les autres titres de la collection, sans exception, en impression à la demande. Au-delà, nous essaierons sans doute, même si cela ne fait pas à proprement parler partie de notre mission, de réfléchir ensemble au développement, à partir de la collection Espace Nord, d'une bibliothèque numérique de référence sur la littérature belge francophone, bibliothèque numérique qui se destinerait, en Belgique comme à l'étranger, aux établissements d'enseignement et aux institutions de recherche".
jeudi 13 octobre 2011
Départ de Jean-Luc Outers du Service de Promotion des Lettres
A l'occasion de son départ du Service de Promotion des Lettres en communauté française qu'il a dirigé pendant 20 ans, l'écrivain Jean-Luc Outers a répondu à une interview pour la revue "Le Carnet et les Instants" :
"Comment fonctionnait ce Service de la Promotion des Lettres que vous avez découvert il y a vingt ans?
- On peut dire que le travail de mon prédécesseur était centré, pour résumer, sur ce qu'on pourrait appeler le "patrimoine littéraire" en développant les Archives et Musée de la Littérature et en créant la collection Espace Nord pour rendre enfin accessible un patrimoine constitué de livres qui pour beaucoup avaient disparu de la circulation sans être réédités et n'étaient donc plus accessibles pour le public. Il a lancé ce vaste chantier qui est toujours d'actualité puisque, comme vous le savez, la communauté française est désormais propriétaire de cette collection. Quant au Service des Lettres de l'époque, c'était une petite équipe qui s'occupait principalement de la gestion administrative. Parallèlement, ce qu'on appelait la Promotion des Lettres était géré par une asbl qui avait son siège au palais des Beaux-Arts, subsidiée par les pouvoirs publics, et s'occupait de la promotion de la littérature belge auprès des écoles, d'organiser des expositions, des rencontres littéraires, etc. Quand je suis arrivé au ministère, le ministre de l'époque a considéré que cette asbl jouait un rôle de service public et devait intégrer l'administration de la communauté française. Mon premier chantier a donc été d'intégrer le personnel et les missions de cette asbl au sein du Service des Lettres. On peut d'ailleurs dire qu'aujourd'hui encore, il reste des traces de cette ancienne organisation et une répartition du travail entre des tâches plus administratives et d'autres davantage liées à la promotion.
- Et cette double nature du Service de la Promotion des Lettres a-t-elle été un frein ou un moteur pour son développement?
- D'après moi, ce fut plutôt une chance car l'appel d'air introduit par cette intégration a permis de ne pas cantonner notre travail au seul volet administratif mais de le doter aussi d'un contenu qui lui donne du sens tout en multipliant les rencontres avec des gens passionnants : écrivains, éditeurs, etc. Cette ouverture vers l'extérieur me semble indispensable pour éviter à l'administration de se renfermer sur elle-même.
- Pour revenir un instant sur le travail de Marc Quaghebeur que vous évoquiez et qui a permis, avec d'autres, de circonscrire un véritable champ de la littérature belge francophone, souscrivez-vous avec cette "identité en creux" qui est devenue une sorte de lieu commun de nos lettres?
- Ma position est sensiblement différente. J'estime que la littérature commence par la langue, cette langue qui forge notre rapport au monde. Ecrire, c'est donc mettre un mot derrière l'autre et au travers de cette action se développe un sens. Pour cette raison, j'estime que la littérature belge francophone appartient au corpus de la littérature française. Mon premier roman a été publié dans la collection "Blanche" de Gallimard et non dans celle "Du monde entier" qui regroupe les écrivains étrangers. La question de la traduction et du caractère intraduisible de certains mots ou de certaines expressions souligne cette primauté de la langue. Certains titres de mes propres livres comme "La place du mort" ou "Corps de métier" sont souvent impossibles à traduire dans d'autres langues. Ceci dit, il y a quand même l'histoire de la Belgique qui est singulière. C'est un petit pays et je rappelle toujours, de mémoire, cette phrase de Milan Kundera à propos de la Tchécoslovaquie : "Les petits pays sont ceux qui vont disparaître et qui le savent". Il n'existe donc pas chez nous ce destin qui parfois s'apparente à l'éternité et que connaissent les grandes nations comme la Russie, l'Angleterre, l'Allemagne ou la France. Cette singularité se retrouve dans notre littérature marquée par la liberté et une forme de fragilité. Même notre langue est poreuse et traversée d'influences germaniques. Le symbolisme belge en est la parfaite illustration. Mais cette spécificité qu'on trouve chez Maeterlinck ou Verhaeren a aujourd'hui à peu près disparu. La jeune génération d'auteurs belges s'inscrit plutôt dans le courant d'une identité européenne. Pour revenir sur ce que je disais, un écrivain est avant tout confronté à un code, celui de la langue. Il doit essayer de faire sa propre langue dans la langue. Il doit aller jusqu'au bout de la langue, jusqu'à la rendre irrégulière. C'est ce qui distingue également l'écrivain du journaliste ou l'écrivain de l'écrivant, pour reprendre la distinction de Roland Barthes. On reconnaît donc un écrivain avant tout à sa langue.
- Et le complexe de l'écrivain belge vis-à-vis de la France s'est-il atténué?
- Je crois qu'il ne faut pas se tromper : la France est une chance pour l'écrivain belge francophone car nous évoluons, malgré tout, dans la même langue. En ce qui me concerne, comme auteur, je n'ai jamais caché mon identité belge et j'ai toujours été bien accueilli en France. La plupart des éditeurs parisiens ont également bien compris que ce qui peut les menacer avant tout, c'est justement le parisianisme. C'est par la périphérie que la langue et la littérature se régénèrent.
- Venons-en maintenant aux chantiers que vous avez vous-même initiés. Commençons par les bourses aux auteurs.
- J'ai toujours été très surpris de la différence qui existe entre le statut de l'écrivain et d'autres catégories d'artistes. On considère normal qu'un musicien soit payé pour un concert, qu'un comédien le soit également pour ses prestations mais pour l'écrivain, hormis des droits d'auteur faméliques qui souvent ne lui étaient même pas payés, il n'existait rien. Nous avons donc essayé d'instituer une réelle professionnalisation du métier d'écrivain en mettant en place une série de bourses. Ces bourses sont, à mes yeux, du même ordre que les aides octroyées par les pouvoirs publics à un théâtre, par exemple. Les demandes sont examinées par la Commission des Lettres qui est l'une des instances d'avis dont nous assurons le suivi.
- Concernant maintenant l'aide au monde de l'édition belge francophone, comment s'est opérée l'évolution?
- Quand je suis arrivé, il y avait peu d'éditeurs strictement littéraires et la plupart fonctionnaient de manière tout à fait artisanale. Ces structures, dans l'offre éditoriale en Belgique francophone dominée par la bande dessinée et les sciences humaines, représentaient un pourcentage extrêmement faible. Elles avaient donc un mal fou à trouver des auteurs et à se diffuser surtout en France. C'était un véritable problème. Les auteurs en souffraient eux aussi car leurs droits n'étaient souvent pas payés par manque de surface financière de ces éditeurs. Nous avons donc mis en place des contrats-programmes avec ces derniers pour leur permettre d'avoir une aide substantielle dans le développement de leur politique éditoriale. En échange, ils s'engagent à publier un certain nombre de titres par an, à rétribuer les auteurs, à investir dans la promotion et à avoir une véritable distribution en Belgique et en France.
- Et au-delà de nos frontières, quelle place occupe aujourd'hui la littérature belge francophone et quels sont les outils qui participent à son rayonnement?
- Les deux premières choses essentielles, ce sont les envois d'ouvrages sélectionnés par la Commission des Lettres à destination des universités à l'étranger (environ 20.000 par an dans une quarantaine de pays) et les lecteurs présents dans certaines d'entre elles qui y enseignent notre littérature. Ensuite, il y a le développement de la traduction par lequel nous nous donnons des aides qui connaissent un succès croissant, générant une vingtaine de traductions par an. Enfin, il y a le collège des traductions de Seneffe créé en 1996 et qui accueille en été des traducteurs venus des quatre coins du monde pour traduire des écrivains belges francophones. C'est un lieu très important qui joue un véritable rôle catalyseur. Mais le problème du rayonnement de nos lettres reste la France, surtout pour les auteurs publiés en Belgique. La frontière demeure. La création de la Librairie Wallonie-Bruxelles à Paris en 1994 était une tentative pour rendre cette production visible en France, physiquement présente. Albert Mockel, dans les années 1930, avait déjà eu cette idée.
- Un autre instrument de visibilité important pour notre littérature, c'est "Le Carnet et les Instants" qui au départ n'était qu'un agenda des lettres belges.
- C'est en 1992 que "Le Carnet et les Instants" a pris la forme d'une revue dont le rédacteur en chef était Carmelo Virone. On peut dire que c'est l'outil le plus complet sur la littérature belge et son actualité. Le tirage est aujourd'hui d'environ 6.000 exemplaires. La partie réservée à la critique, au regard de la place de plus en plus restreinte accordée à la littérature dans la presse générale, est très importante car elle rend compte de livres dont on ne parlerait parfois nulle part ailleurs. C'est également un bon baromètre de la vie de nos lettres. On constate par exemple depuis quelques années une diminution sensible du nombre de publications.
- Quels sont vos éventuels regrets ou chantiers que vous n'avez pas pu voir aboutir à l'heure où vous quittez votre poste?
- Je dirais simplement que certaines choses ont parfois pris beaucoup de temps pour se mettre en place. Il y a également la question du rendez-vous avec le public pour des choses que nous avons organisées ou soutenues, et pour lesquelles nous aurions espéré davantage d'audience même si l'arrivée d'un événement comme le Marathon des Mots est à ce titre plutôt réjouissant car il assure la présence d'une manifestation de dimension internationale dans notre paysage culturel. Cette question du public pose également celle d'un recul de la place de la littérature dans la vie des gens, et pas seulement chez nous. Face à la multiplication des médias et des loisirs, cette place est de plus en plus difficile à défendre. Passionner les jeunes pour la lecture aujourd'hui, c'est un grand défi. Le plus grand peut-être".
"Comment fonctionnait ce Service de la Promotion des Lettres que vous avez découvert il y a vingt ans?
- On peut dire que le travail de mon prédécesseur était centré, pour résumer, sur ce qu'on pourrait appeler le "patrimoine littéraire" en développant les Archives et Musée de la Littérature et en créant la collection Espace Nord pour rendre enfin accessible un patrimoine constitué de livres qui pour beaucoup avaient disparu de la circulation sans être réédités et n'étaient donc plus accessibles pour le public. Il a lancé ce vaste chantier qui est toujours d'actualité puisque, comme vous le savez, la communauté française est désormais propriétaire de cette collection. Quant au Service des Lettres de l'époque, c'était une petite équipe qui s'occupait principalement de la gestion administrative. Parallèlement, ce qu'on appelait la Promotion des Lettres était géré par une asbl qui avait son siège au palais des Beaux-Arts, subsidiée par les pouvoirs publics, et s'occupait de la promotion de la littérature belge auprès des écoles, d'organiser des expositions, des rencontres littéraires, etc. Quand je suis arrivé au ministère, le ministre de l'époque a considéré que cette asbl jouait un rôle de service public et devait intégrer l'administration de la communauté française. Mon premier chantier a donc été d'intégrer le personnel et les missions de cette asbl au sein du Service des Lettres. On peut d'ailleurs dire qu'aujourd'hui encore, il reste des traces de cette ancienne organisation et une répartition du travail entre des tâches plus administratives et d'autres davantage liées à la promotion.
- Et cette double nature du Service de la Promotion des Lettres a-t-elle été un frein ou un moteur pour son développement?
- D'après moi, ce fut plutôt une chance car l'appel d'air introduit par cette intégration a permis de ne pas cantonner notre travail au seul volet administratif mais de le doter aussi d'un contenu qui lui donne du sens tout en multipliant les rencontres avec des gens passionnants : écrivains, éditeurs, etc. Cette ouverture vers l'extérieur me semble indispensable pour éviter à l'administration de se renfermer sur elle-même.
- Pour revenir un instant sur le travail de Marc Quaghebeur que vous évoquiez et qui a permis, avec d'autres, de circonscrire un véritable champ de la littérature belge francophone, souscrivez-vous avec cette "identité en creux" qui est devenue une sorte de lieu commun de nos lettres?
- Ma position est sensiblement différente. J'estime que la littérature commence par la langue, cette langue qui forge notre rapport au monde. Ecrire, c'est donc mettre un mot derrière l'autre et au travers de cette action se développe un sens. Pour cette raison, j'estime que la littérature belge francophone appartient au corpus de la littérature française. Mon premier roman a été publié dans la collection "Blanche" de Gallimard et non dans celle "Du monde entier" qui regroupe les écrivains étrangers. La question de la traduction et du caractère intraduisible de certains mots ou de certaines expressions souligne cette primauté de la langue. Certains titres de mes propres livres comme "La place du mort" ou "Corps de métier" sont souvent impossibles à traduire dans d'autres langues. Ceci dit, il y a quand même l'histoire de la Belgique qui est singulière. C'est un petit pays et je rappelle toujours, de mémoire, cette phrase de Milan Kundera à propos de la Tchécoslovaquie : "Les petits pays sont ceux qui vont disparaître et qui le savent". Il n'existe donc pas chez nous ce destin qui parfois s'apparente à l'éternité et que connaissent les grandes nations comme la Russie, l'Angleterre, l'Allemagne ou la France. Cette singularité se retrouve dans notre littérature marquée par la liberté et une forme de fragilité. Même notre langue est poreuse et traversée d'influences germaniques. Le symbolisme belge en est la parfaite illustration. Mais cette spécificité qu'on trouve chez Maeterlinck ou Verhaeren a aujourd'hui à peu près disparu. La jeune génération d'auteurs belges s'inscrit plutôt dans le courant d'une identité européenne. Pour revenir sur ce que je disais, un écrivain est avant tout confronté à un code, celui de la langue. Il doit essayer de faire sa propre langue dans la langue. Il doit aller jusqu'au bout de la langue, jusqu'à la rendre irrégulière. C'est ce qui distingue également l'écrivain du journaliste ou l'écrivain de l'écrivant, pour reprendre la distinction de Roland Barthes. On reconnaît donc un écrivain avant tout à sa langue.
- Et le complexe de l'écrivain belge vis-à-vis de la France s'est-il atténué?
- Je crois qu'il ne faut pas se tromper : la France est une chance pour l'écrivain belge francophone car nous évoluons, malgré tout, dans la même langue. En ce qui me concerne, comme auteur, je n'ai jamais caché mon identité belge et j'ai toujours été bien accueilli en France. La plupart des éditeurs parisiens ont également bien compris que ce qui peut les menacer avant tout, c'est justement le parisianisme. C'est par la périphérie que la langue et la littérature se régénèrent.
- Venons-en maintenant aux chantiers que vous avez vous-même initiés. Commençons par les bourses aux auteurs.
- J'ai toujours été très surpris de la différence qui existe entre le statut de l'écrivain et d'autres catégories d'artistes. On considère normal qu'un musicien soit payé pour un concert, qu'un comédien le soit également pour ses prestations mais pour l'écrivain, hormis des droits d'auteur faméliques qui souvent ne lui étaient même pas payés, il n'existait rien. Nous avons donc essayé d'instituer une réelle professionnalisation du métier d'écrivain en mettant en place une série de bourses. Ces bourses sont, à mes yeux, du même ordre que les aides octroyées par les pouvoirs publics à un théâtre, par exemple. Les demandes sont examinées par la Commission des Lettres qui est l'une des instances d'avis dont nous assurons le suivi.
- Concernant maintenant l'aide au monde de l'édition belge francophone, comment s'est opérée l'évolution?
- Quand je suis arrivé, il y avait peu d'éditeurs strictement littéraires et la plupart fonctionnaient de manière tout à fait artisanale. Ces structures, dans l'offre éditoriale en Belgique francophone dominée par la bande dessinée et les sciences humaines, représentaient un pourcentage extrêmement faible. Elles avaient donc un mal fou à trouver des auteurs et à se diffuser surtout en France. C'était un véritable problème. Les auteurs en souffraient eux aussi car leurs droits n'étaient souvent pas payés par manque de surface financière de ces éditeurs. Nous avons donc mis en place des contrats-programmes avec ces derniers pour leur permettre d'avoir une aide substantielle dans le développement de leur politique éditoriale. En échange, ils s'engagent à publier un certain nombre de titres par an, à rétribuer les auteurs, à investir dans la promotion et à avoir une véritable distribution en Belgique et en France.
- Et au-delà de nos frontières, quelle place occupe aujourd'hui la littérature belge francophone et quels sont les outils qui participent à son rayonnement?
- Les deux premières choses essentielles, ce sont les envois d'ouvrages sélectionnés par la Commission des Lettres à destination des universités à l'étranger (environ 20.000 par an dans une quarantaine de pays) et les lecteurs présents dans certaines d'entre elles qui y enseignent notre littérature. Ensuite, il y a le développement de la traduction par lequel nous nous donnons des aides qui connaissent un succès croissant, générant une vingtaine de traductions par an. Enfin, il y a le collège des traductions de Seneffe créé en 1996 et qui accueille en été des traducteurs venus des quatre coins du monde pour traduire des écrivains belges francophones. C'est un lieu très important qui joue un véritable rôle catalyseur. Mais le problème du rayonnement de nos lettres reste la France, surtout pour les auteurs publiés en Belgique. La frontière demeure. La création de la Librairie Wallonie-Bruxelles à Paris en 1994 était une tentative pour rendre cette production visible en France, physiquement présente. Albert Mockel, dans les années 1930, avait déjà eu cette idée.
- Un autre instrument de visibilité important pour notre littérature, c'est "Le Carnet et les Instants" qui au départ n'était qu'un agenda des lettres belges.
- C'est en 1992 que "Le Carnet et les Instants" a pris la forme d'une revue dont le rédacteur en chef était Carmelo Virone. On peut dire que c'est l'outil le plus complet sur la littérature belge et son actualité. Le tirage est aujourd'hui d'environ 6.000 exemplaires. La partie réservée à la critique, au regard de la place de plus en plus restreinte accordée à la littérature dans la presse générale, est très importante car elle rend compte de livres dont on ne parlerait parfois nulle part ailleurs. C'est également un bon baromètre de la vie de nos lettres. On constate par exemple depuis quelques années une diminution sensible du nombre de publications.
- Quels sont vos éventuels regrets ou chantiers que vous n'avez pas pu voir aboutir à l'heure où vous quittez votre poste?
- Je dirais simplement que certaines choses ont parfois pris beaucoup de temps pour se mettre en place. Il y a également la question du rendez-vous avec le public pour des choses que nous avons organisées ou soutenues, et pour lesquelles nous aurions espéré davantage d'audience même si l'arrivée d'un événement comme le Marathon des Mots est à ce titre plutôt réjouissant car il assure la présence d'une manifestation de dimension internationale dans notre paysage culturel. Cette question du public pose également celle d'un recul de la place de la littérature dans la vie des gens, et pas seulement chez nous. Face à la multiplication des médias et des loisirs, cette place est de plus en plus difficile à défendre. Passionner les jeunes pour la lecture aujourd'hui, c'est un grand défi. Le plus grand peut-être".
jeudi 6 octobre 2011
Agenda littéraire
12 octobre à 11h : remise du Prix Littéraire des bibliothèques de Bruxelles à l'hôtel de ville.
Du 12 au 16 octobre : 20ème édition de la Fureur de Lire. Durant cinq jours, librairies, bibliothèques et lieux culturels proposent au public de tous âges plusieurs centaines d'animations : rencontre avec des auteurs et illustrateurs, lectures à voix haute, expositions, promenades contées, repas littéraires, etc. A travers la diversité des activités proposées émergent aussi des thématiques régionales, comme la gastronomie à Liège, l'amour et le développement durable dans le Brabant wallon, la poésie à Namur ou la gastronomie au Luxembourg. Programme complet : http://www.fureurdelire.be/
15 et 16 octobre (de 10h à 17h) : "Histoire de jalousie", atelier animé par Colette Nys-Mazure pour huit stagiaires ayant déjà une pratique de l'écriture à l'Espace Biergopack à Schaerbeek.
15 et 16 octobre : 4ème édition de la Foire du Livre politique à Liège. Programme complet : http://www.lafoiredulivre.net/
20 octobre (de 12h30 à 13h30) : Au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, présentation de "Le frère du pendu" de Mariane Sluszny et "Cheyenn" de François Emmanuel. Ce sont deux romans épousant l'itinéraire d'un cinéaste à la recherche du réel.
20 octobre à 20h : A l'Association des Ecrivains Belges, rencontre-débat sur les belgicismes dans la poésie avec Jacques Mercier, suivie d'une présentation du poète Guillaume Duthoit.
10 novembre à 20h : A l'association des Ecrivains Belges, rencontre-débat sur "Simenon, poète?" avec Anne Richter, suivie d'une présentation du poète Tristan Sautier.
17 novembre à 20h : Présentation du roman "Papillon mortel" et de l'essai "22 astuces pour une vie plus magique" de Evelyne Wilwerth à la bibliothèque de Braine-le-Comte.
17 novembre à 20h : Rencontre à Eugies avec Jacques De Decker autour de son oeuvre dans le cadre des "Saisons de la Mémoire".
24 novembre à 18h : Dans le cadre de l'exposition "La Wallonie des grands écrivains" dont il est le parrain, la bibliothèque Chiroux à Liège accueille le poète, chanteur et plasticien Julos Beaucarne qui s'entretiendra avec Karel Logist de l'ensemble de son oeuvre.
28 novembre à 20h15 : A Passa Porta (Bruxelles), lecture croisée de "Spoutnik" de et avec Jean-Marie Piemme, ponctuée d'un échange avec un autre homme de théâtre et écrivain, Dimitri Verhulst.
Du 12 au 16 octobre : 20ème édition de la Fureur de Lire. Durant cinq jours, librairies, bibliothèques et lieux culturels proposent au public de tous âges plusieurs centaines d'animations : rencontre avec des auteurs et illustrateurs, lectures à voix haute, expositions, promenades contées, repas littéraires, etc. A travers la diversité des activités proposées émergent aussi des thématiques régionales, comme la gastronomie à Liège, l'amour et le développement durable dans le Brabant wallon, la poésie à Namur ou la gastronomie au Luxembourg. Programme complet : http://www.fureurdelire.be/
15 et 16 octobre (de 10h à 17h) : "Histoire de jalousie", atelier animé par Colette Nys-Mazure pour huit stagiaires ayant déjà une pratique de l'écriture à l'Espace Biergopack à Schaerbeek.
15 et 16 octobre : 4ème édition de la Foire du Livre politique à Liège. Programme complet : http://www.lafoiredulivre.net/
20 octobre (de 12h30 à 13h30) : Au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, présentation de "Le frère du pendu" de Mariane Sluszny et "Cheyenn" de François Emmanuel. Ce sont deux romans épousant l'itinéraire d'un cinéaste à la recherche du réel.
20 octobre à 20h : A l'Association des Ecrivains Belges, rencontre-débat sur les belgicismes dans la poésie avec Jacques Mercier, suivie d'une présentation du poète Guillaume Duthoit.
10 novembre à 20h : A l'association des Ecrivains Belges, rencontre-débat sur "Simenon, poète?" avec Anne Richter, suivie d'une présentation du poète Tristan Sautier.
17 novembre à 20h : Présentation du roman "Papillon mortel" et de l'essai "22 astuces pour une vie plus magique" de Evelyne Wilwerth à la bibliothèque de Braine-le-Comte.
17 novembre à 20h : Rencontre à Eugies avec Jacques De Decker autour de son oeuvre dans le cadre des "Saisons de la Mémoire".
24 novembre à 18h : Dans le cadre de l'exposition "La Wallonie des grands écrivains" dont il est le parrain, la bibliothèque Chiroux à Liège accueille le poète, chanteur et plasticien Julos Beaucarne qui s'entretiendra avec Karel Logist de l'ensemble de son oeuvre.
28 novembre à 20h15 : A Passa Porta (Bruxelles), lecture croisée de "Spoutnik" de et avec Jean-Marie Piemme, ponctuée d'un échange avec un autre homme de théâtre et écrivain, Dimitri Verhulst.
jeudi 29 septembre 2011
"Le château de Boussu raconté aux enfants"
Antoine et sa soeur Eléonore se promènent au château de Boussu quand il rencontre Papy Ramassetout. C'est le point de départ de "Le château de Boussu raconté aux enfants" qui est l'oeuvre de deux Boussutois : la romancière Françoise Houdart et l'illustrateur Jacky Assez. L'ouvrage permettra aux enfants de se rendre compte de ce qu'était la grandeur du site qui a accueilli Charles-Quint, Mazarin, Louis XIV et François Ier!
Françoise Houdart a répondu aux questions du journal "La Province" :
"D'où est parti le projet?
- Je suis Boussutoise. Le château fait donc partie de ma vie. En 2000, j'avais d'ailleurs écrit un roman qui se situait au château de Boussu : "Belle-Montre". Je viens souvent me balader dans le parc. J'y suis allée avec ma petite-fille de 4 ans ; elle avait mis sa robe de princesse. Et quand nous sommes arrivées sur place, devant les ruines, elle m'a demandé : "Il est où le château?". Cette question me revenait tout le temps. C'est comme çà que le projet a démarré. Le but est de montrer aux enfants ce qu'était le château.
- Vos trois personnages ne sont pas sans rappeler des personnes qui existent?
- Le papy Ramassetout, c'est un peu Marcel Capouillez, le conservateur du site que je connais très bien. Le gamin qui est toujours dans le parc, c'est un peu Jacky Assez. Sauf que dans le livre, j'en ai fait un enfant baptisé Antoine. Il vient dans le parc pour réaliser un herbier. Eléonore, elle, est un peu comme ma petite-fille qui rêve de princesse. Eléonore est aussi le prénom de la fille de Jean de Hennin-Liétard, seigneur de Boussu.
- Vous écrivez des romans. Est-ce plus facile d'écrire pour les enfants ou pas?
- C'est un plaisir différent, mais une vraie difficulté. Il fallait trouver le bon ton, le bon niveau de langage, sans tomber dans la niaiserie. J'ai réécrit le texte plusieurs fois. Pour le vocabulaire ancien, nous avons de toute façon élaboré un lexique à la fin de l'ouvrage. Dans le texte, nous avons parfois inséré des encarts sous forme de loupe pour expliquer un fait, une fonction. Nous avons voulu faire un livre pédagogique".
Françoise Houdart a répondu aux questions du journal "La Province" :
"D'où est parti le projet?
- Je suis Boussutoise. Le château fait donc partie de ma vie. En 2000, j'avais d'ailleurs écrit un roman qui se situait au château de Boussu : "Belle-Montre". Je viens souvent me balader dans le parc. J'y suis allée avec ma petite-fille de 4 ans ; elle avait mis sa robe de princesse. Et quand nous sommes arrivées sur place, devant les ruines, elle m'a demandé : "Il est où le château?". Cette question me revenait tout le temps. C'est comme çà que le projet a démarré. Le but est de montrer aux enfants ce qu'était le château.
- Vos trois personnages ne sont pas sans rappeler des personnes qui existent?
- Le papy Ramassetout, c'est un peu Marcel Capouillez, le conservateur du site que je connais très bien. Le gamin qui est toujours dans le parc, c'est un peu Jacky Assez. Sauf que dans le livre, j'en ai fait un enfant baptisé Antoine. Il vient dans le parc pour réaliser un herbier. Eléonore, elle, est un peu comme ma petite-fille qui rêve de princesse. Eléonore est aussi le prénom de la fille de Jean de Hennin-Liétard, seigneur de Boussu.
- Vous écrivez des romans. Est-ce plus facile d'écrire pour les enfants ou pas?
- C'est un plaisir différent, mais une vraie difficulté. Il fallait trouver le bon ton, le bon niveau de langage, sans tomber dans la niaiserie. J'ai réécrit le texte plusieurs fois. Pour le vocabulaire ancien, nous avons de toute façon élaboré un lexique à la fin de l'ouvrage. Dans le texte, nous avons parfois inséré des encarts sous forme de loupe pour expliquer un fait, une fonction. Nous avons voulu faire un livre pédagogique".
mercredi 21 septembre 2011
Agenda de la Maison de la Poésie à Namur
13 octobre 2011 à 19h : soirée langue française avec Marc Wilmet, auteur de "Grammaire critique du français". Marc Wilmet enseigne la linguistique à l'Université de Bruxelles et dans plusieurs universités étrangères. Ses travaux lui ont valu le Prix Francqui, la plus haute distinction scientifique décernée en Belgique.
21 octobre 2011 à 19h : dans le cadre d'Europalia Brésil 2011, séance de lecture du livre "Lettre de Copacabana" de l'auteur belge Paul Dulieu, accompagné par le comédien Pierre Mainguet et le guitariste Massimo Pasuch. Né dans un faubourg de Namur, Paul Dulieu a fait des études de sociologie et de linguistique. Il a travaillé à l'UCL, à l'IAD et aux Nations Unies, et a fait de nombreux voyages au Brésil. Dans "Lettre de Copacabana", il écrit à Christophe, son vieil ami démographe : comment le Brésil peut-il exister, si loin de la raison raisonnante? Pourquoi les Brésiliens ne se révoltent-ils pas?
27 et 28 octobre 2011 à 13h30 : spectacle "La jeune première" de Jean-Pierre Dopagne. Né à Namur en 1952, Jean-Pierre Dopagne partage sa vie entre le théâtre et l'enseignement (il est actuellement professeur à la Haute Ecole Paul-Henri Spaak à Nivelles). Auteur de nombreuses pièces de théâtre, il dénonce les dysfonctionnements de la société et de l'âme humaine, à travers une écriture où se mêlent la cruauté, la tendresse et l'humour.
18 novembre 2011 à 19h : rencontre littéraire avec Florence Richter, auteur de "Ces fabuleux voyous : crimes et procès de Villon, Sade, Verlaine et Genet". Criminologue de formation, Florence Richter a travaillé une dizaine d'années dans ce secteur, avant de devenir administratrice-déléguée des Midis de la Poésie à Bruxelles, journaliste littéraire indépendante et éditrice. Depuis 2008, elle est chercheur aux Facultés Universitaires Saint-Louis et a publié son premier livre, couronné par l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique.
3 décembre 2011 à 20h : spectacle de la Compagnie du Simorgh afin de fêter le 100ème anniversaire de l'attribution du Prix Nobel de littérature à l'écrivain belge Maurice Maeterlinck.
Plus d'infos sur toutes ces activités : www.mplf.be
21 octobre 2011 à 19h : dans le cadre d'Europalia Brésil 2011, séance de lecture du livre "Lettre de Copacabana" de l'auteur belge Paul Dulieu, accompagné par le comédien Pierre Mainguet et le guitariste Massimo Pasuch. Né dans un faubourg de Namur, Paul Dulieu a fait des études de sociologie et de linguistique. Il a travaillé à l'UCL, à l'IAD et aux Nations Unies, et a fait de nombreux voyages au Brésil. Dans "Lettre de Copacabana", il écrit à Christophe, son vieil ami démographe : comment le Brésil peut-il exister, si loin de la raison raisonnante? Pourquoi les Brésiliens ne se révoltent-ils pas?
27 et 28 octobre 2011 à 13h30 : spectacle "La jeune première" de Jean-Pierre Dopagne. Né à Namur en 1952, Jean-Pierre Dopagne partage sa vie entre le théâtre et l'enseignement (il est actuellement professeur à la Haute Ecole Paul-Henri Spaak à Nivelles). Auteur de nombreuses pièces de théâtre, il dénonce les dysfonctionnements de la société et de l'âme humaine, à travers une écriture où se mêlent la cruauté, la tendresse et l'humour.
18 novembre 2011 à 19h : rencontre littéraire avec Florence Richter, auteur de "Ces fabuleux voyous : crimes et procès de Villon, Sade, Verlaine et Genet". Criminologue de formation, Florence Richter a travaillé une dizaine d'années dans ce secteur, avant de devenir administratrice-déléguée des Midis de la Poésie à Bruxelles, journaliste littéraire indépendante et éditrice. Depuis 2008, elle est chercheur aux Facultés Universitaires Saint-Louis et a publié son premier livre, couronné par l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique.
3 décembre 2011 à 20h : spectacle de la Compagnie du Simorgh afin de fêter le 100ème anniversaire de l'attribution du Prix Nobel de littérature à l'écrivain belge Maurice Maeterlinck.
Plus d'infos sur toutes ces activités : www.mplf.be
dimanche 18 septembre 2011
Interview croisée de Micheline Boland et Louis Delville (2ème partie)
3° Comment se passe votre travail d'écriture? Est-ce que vous travaillez parfois sur un même projet? Est-ce que vous vous montrez des parties de textes ou préférez-vous montrer le résultat final? Qui a le plus d'influence sur l'écriture de l'autre?
Micheline : Je travaille le plus souvent directement sur ordinateur. Je me sers parfois de notes prises à la main sur de petits papiers. Il est assez rare que Louis et moi travaillions sur un même projet. Lorsque c'est le cas, nous l'abordons de manière différente (je pense, par exemple, à l'habillage d'un film muet que nous avons tous les deux réalisé à notre façon, Louis a établi un parallèle entre ce film et des images de la catastrophe du Bois du Cazier en 1956. Moi, j'étais partie sur l'idée d'écrire de la poésie à propos de chaque séquence avant de mêler narration et poésie). Il arrive que Louis lise un début de nouvelle ou de conte mais le plus souvent il prend connaissance d'un résultat final. Il est axé sur la compréhension maximale du texte, a horreur du flou, des zones d'ombre et de certains termes comme observer ou remarquer. Pour ma part, j'aime parfois laisser des imprécisions que le lecteur peut meubler comme il l'entend. Nous avons parfois une influence l'un sur l'autre, plus particulièrement en ce qui concerne la chute de nos histoires. Louis n'apprécie pas trop quand une nouvelle finit bien...
Louis : Mon tempérament paresseux fait que j'écris très peu. Chez moi, c'est toujours directement sur ordinateur. Lors des ateliers d'écriture, c'est évidemment avec stylo et papier. Les seuls moments de travail commun sont parfois consacrés à un conte que nous avons le projet de défendre ensemble, ce qui se passe régulièrement lors du concours de Surice et le fameux "habillage" du film : une superbe aventure pour un projet unique. J'aime relire les écrits de Micheline pour les peaufiner et éliminer les petites imperfections laissées par excès de précipitation de l'auteur... Micheline a toujours l'impression que tous ses lecteurs vont comprendre et je joue souvent le "candide"! Elle relit volontiers mes bêtises et souvent retrouve des fautes d'orthographe! Avons-nous une influence l'un sur l'autre? Je ne le crois pas. Parfois, je lui suggère une autre façon de tuer sa "victime"! Quant à moi, j'apprécie qu'elle m'aide à trouver une chute meilleure que celle que j'ai imaginée.
4° Est-ce facile de se faire une place dans le monde littéraire belge? Comment faites-vous pour vous faire connaître?
Micheline : Il n'est pas facile de se faire une place dans le monde littéraire belge. Il est plus difficile aujourd'hui que lorsque mon premier recueil de contes est sorti d'avoir ses livres repris en bibliothèque. Actuellement, les bibliothécaires doivent passer par une centrale d'achat. Même quand on est copine avec une bibliothécaire, c'est le parcours du combattant. Pour que le livre puisse être vendu en librairie, il faut que l'éditeur passe par un distributeur ou encore que l'on laisse ses livres en dépôt. Pour me faire connaître, je participe à des foires du livre où je distribue des petits textes qui sont comme des échantillons de mon écriture. J'ai un site et un blog, je suis membre de Facebook, certains contes sont repris sur des sites en rapport avec les thèmes développés (exemple : "Charles Quint et le chocolat" est sur le site chococlic.com). Je participe à certains concours. Cela m'a, par exemple, donné l'occasion d'entendre une de mes nouvelles diffusée par la RTBF. Les responsables d'un journal publicitaire local acceptent de faire de la publicité pour mes livres quand ils sortent et de publier certains de mes textes courts. Grand merci à eux! De plus, je suis conteuse. Quand je conte, il m'arrive de dire que j'écris aussi et de distribuer des cartes de visite... Je ne suis guère douée en marketing et cela réclame un effort non négligeable. Par ailleurs, je ne fais partie d'aucune association d'écrivains. Celles-ci demandent que l'on offre plusieurs de ses livres avant de pouvoir juger si on est digne ou pas d'en être membre. Je soulignerai qu'entre auteurs de la maison d'édition Chloé des Lys, nous sommes solidaires et nous faisons volontiers de la publicité les uns pour les autres.
Louis : Il n'est guère facile de se faire connaître et de trouver, même une toute petite place, au sein de ce monde littéraire, même simplement belge! Les débutants non édités par un "grand" éditeur n'ont guère de chance : toutes les portes sont fermées. Les bibliothèques sont pauvres et doivent respecter des réglements draconiens sous peine de se voir privées de leurs subsides. Les libraires n'ont pas de place et ne veulent pas prendre le risque d'avoir des invendus. Que faire donc? Cibler tout azimut, faire parler de soi partout, essayer de rencontrer des gens influents, entretenir des relations, ne jamais hésiter à se montrer ni à parler de son ou de ses livres, fréquenter les autres auteurs pour se rendre compte de ce qu'ils font mieux que vous. Malheur aux timides et aux inactifs! Utiliser les moyens modernes de communication comme Facebook, un blog, YouTube permet de toucher un nombre incalculable de clients potentiels. J'essaie aussi de laisser des "traces" de mes écrits partout où je peux par la distribution de petits textes joliment présentés. Un seul but : faites parler de vous!
5° Quels sont vos projets pour les prochains mois? Avez-vous une "envie littéraire" que vous aimeriez réussir? Est-ce qu'écrire un livre à deux vous plairait?
Louis : Comme j'écris très peu, je n'ai sûrement pas de livre en préparation! Par contre, d'autres projets sont déjà dans le pipe-line :
- une participation à une chorale qui s'est formée pour un unique concert début octobre. Au programme, des chansons ouvrières et révolutionnaires. De quoi fêter dignement le centième anniversaire de l'Exposition Internationale de Charleroi 1911-2011.
- pour continuer dans la même voie, enfin présenter devant public le projet proposé à la Bibliothèque Marguerite Yourcenar de Marchienne-au-Pont : "Contes et anecdotes du vieux Charleroi de 1666 à l'an 2000".
- en commun avec Micheline, un projet avorté en ce mois d'août et que je compte relancer pour la fin d'année si notre partenaire commercial joue le jeu, cette fois! Je n'en dirai pas plus et vous aurez peut-être la surprise...
- continuer le chemin du conte. Trois formations cette année avec trois vrais conteurs. De quoi être un peu mieux armé! Une présentation prévue en octobre dans le Brabant wallon.
- participer au concours de contes de Surice et peut-être y être finaliste au printemps?
- rencontrer des amis et parler d'avenir... Concernant l'écriture d'un livre à quatre mains, je me demande lequel de nous deux serait le plus réticent? Mais j'examinerai cette possibilité avec bienveillance s'il y a demande!
Micheline : Je travaille actuellement à la mise au point de la maquette "Des bleus au coeur", mon prochain recueil de nouvelles qui paraîtra en 2012 chez Chloé des Lys. Par ailleurs, le manuscrit d'un troisième recueil de contes attend la décision du comité de lecture... J'ai l'un ou l'autre projet de participation à des spectacles de contes et de présentation d'un de mes livres dans une bibliothèque. Je n'en dirai pas plus parce que j'ai déjà été victime de la distraction d'une bibliothécaire, du désistement d'un responsable commercial et de l'oubli d'un journaliste. De ce fait, je deviens un peu superstitieuse! Comme les autres années, j'aimerais aussi participer à certaines foires du livre (cela dépend de mon éditeur). Je viens d'écrire deux débuts de nouvelles qui seront achevées par des enfants ; je suis curieuse de lire, au printemps prochain, ce qu'ils en auront fait. Je continue à écrire des nouvelles, des contes, de la poésie en fonction de mon inspiration spontanée et des thèmes de concours. Je ne participe quasiment qu'à des concours gratuits mais il m'arrive de travailler sur les thèmes proposés et de les considérer comme une forme de stimulation. Une envie littéraire? Durant l'hiver, j'ai commencé un roman. Peut-être vais-je penser à le terminer plutôt que de me contenter d'histoires courtes... Je me dis "quand je serai à court de sujets, je m'y remettrai", mais cela m'arrive si rarement! L'écriture d'un livre à quatre mains? Je n'y ai pas encore pensé. Pourtant, voilà qui pourrait être un beau projet. Ecrire un roman un chapitre sur deux pour mieux faire rebondir l'histoire? C'est à envisager... Merci à toi, Petit Belge, pour l'attention que tu portes aux auteurs belges et pour cette interview croisée à laquelle nous avons répondu avec plaisir.
Micheline : Je travaille le plus souvent directement sur ordinateur. Je me sers parfois de notes prises à la main sur de petits papiers. Il est assez rare que Louis et moi travaillions sur un même projet. Lorsque c'est le cas, nous l'abordons de manière différente (je pense, par exemple, à l'habillage d'un film muet que nous avons tous les deux réalisé à notre façon, Louis a établi un parallèle entre ce film et des images de la catastrophe du Bois du Cazier en 1956. Moi, j'étais partie sur l'idée d'écrire de la poésie à propos de chaque séquence avant de mêler narration et poésie). Il arrive que Louis lise un début de nouvelle ou de conte mais le plus souvent il prend connaissance d'un résultat final. Il est axé sur la compréhension maximale du texte, a horreur du flou, des zones d'ombre et de certains termes comme observer ou remarquer. Pour ma part, j'aime parfois laisser des imprécisions que le lecteur peut meubler comme il l'entend. Nous avons parfois une influence l'un sur l'autre, plus particulièrement en ce qui concerne la chute de nos histoires. Louis n'apprécie pas trop quand une nouvelle finit bien...
Louis : Mon tempérament paresseux fait que j'écris très peu. Chez moi, c'est toujours directement sur ordinateur. Lors des ateliers d'écriture, c'est évidemment avec stylo et papier. Les seuls moments de travail commun sont parfois consacrés à un conte que nous avons le projet de défendre ensemble, ce qui se passe régulièrement lors du concours de Surice et le fameux "habillage" du film : une superbe aventure pour un projet unique. J'aime relire les écrits de Micheline pour les peaufiner et éliminer les petites imperfections laissées par excès de précipitation de l'auteur... Micheline a toujours l'impression que tous ses lecteurs vont comprendre et je joue souvent le "candide"! Elle relit volontiers mes bêtises et souvent retrouve des fautes d'orthographe! Avons-nous une influence l'un sur l'autre? Je ne le crois pas. Parfois, je lui suggère une autre façon de tuer sa "victime"! Quant à moi, j'apprécie qu'elle m'aide à trouver une chute meilleure que celle que j'ai imaginée.
4° Est-ce facile de se faire une place dans le monde littéraire belge? Comment faites-vous pour vous faire connaître?
Micheline : Il n'est pas facile de se faire une place dans le monde littéraire belge. Il est plus difficile aujourd'hui que lorsque mon premier recueil de contes est sorti d'avoir ses livres repris en bibliothèque. Actuellement, les bibliothécaires doivent passer par une centrale d'achat. Même quand on est copine avec une bibliothécaire, c'est le parcours du combattant. Pour que le livre puisse être vendu en librairie, il faut que l'éditeur passe par un distributeur ou encore que l'on laisse ses livres en dépôt. Pour me faire connaître, je participe à des foires du livre où je distribue des petits textes qui sont comme des échantillons de mon écriture. J'ai un site et un blog, je suis membre de Facebook, certains contes sont repris sur des sites en rapport avec les thèmes développés (exemple : "Charles Quint et le chocolat" est sur le site chococlic.com). Je participe à certains concours. Cela m'a, par exemple, donné l'occasion d'entendre une de mes nouvelles diffusée par la RTBF. Les responsables d'un journal publicitaire local acceptent de faire de la publicité pour mes livres quand ils sortent et de publier certains de mes textes courts. Grand merci à eux! De plus, je suis conteuse. Quand je conte, il m'arrive de dire que j'écris aussi et de distribuer des cartes de visite... Je ne suis guère douée en marketing et cela réclame un effort non négligeable. Par ailleurs, je ne fais partie d'aucune association d'écrivains. Celles-ci demandent que l'on offre plusieurs de ses livres avant de pouvoir juger si on est digne ou pas d'en être membre. Je soulignerai qu'entre auteurs de la maison d'édition Chloé des Lys, nous sommes solidaires et nous faisons volontiers de la publicité les uns pour les autres.
Louis : Il n'est guère facile de se faire connaître et de trouver, même une toute petite place, au sein de ce monde littéraire, même simplement belge! Les débutants non édités par un "grand" éditeur n'ont guère de chance : toutes les portes sont fermées. Les bibliothèques sont pauvres et doivent respecter des réglements draconiens sous peine de se voir privées de leurs subsides. Les libraires n'ont pas de place et ne veulent pas prendre le risque d'avoir des invendus. Que faire donc? Cibler tout azimut, faire parler de soi partout, essayer de rencontrer des gens influents, entretenir des relations, ne jamais hésiter à se montrer ni à parler de son ou de ses livres, fréquenter les autres auteurs pour se rendre compte de ce qu'ils font mieux que vous. Malheur aux timides et aux inactifs! Utiliser les moyens modernes de communication comme Facebook, un blog, YouTube permet de toucher un nombre incalculable de clients potentiels. J'essaie aussi de laisser des "traces" de mes écrits partout où je peux par la distribution de petits textes joliment présentés. Un seul but : faites parler de vous!
5° Quels sont vos projets pour les prochains mois? Avez-vous une "envie littéraire" que vous aimeriez réussir? Est-ce qu'écrire un livre à deux vous plairait?
Louis : Comme j'écris très peu, je n'ai sûrement pas de livre en préparation! Par contre, d'autres projets sont déjà dans le pipe-line :
- une participation à une chorale qui s'est formée pour un unique concert début octobre. Au programme, des chansons ouvrières et révolutionnaires. De quoi fêter dignement le centième anniversaire de l'Exposition Internationale de Charleroi 1911-2011.
- pour continuer dans la même voie, enfin présenter devant public le projet proposé à la Bibliothèque Marguerite Yourcenar de Marchienne-au-Pont : "Contes et anecdotes du vieux Charleroi de 1666 à l'an 2000".
- en commun avec Micheline, un projet avorté en ce mois d'août et que je compte relancer pour la fin d'année si notre partenaire commercial joue le jeu, cette fois! Je n'en dirai pas plus et vous aurez peut-être la surprise...
- continuer le chemin du conte. Trois formations cette année avec trois vrais conteurs. De quoi être un peu mieux armé! Une présentation prévue en octobre dans le Brabant wallon.
- participer au concours de contes de Surice et peut-être y être finaliste au printemps?
- rencontrer des amis et parler d'avenir... Concernant l'écriture d'un livre à quatre mains, je me demande lequel de nous deux serait le plus réticent? Mais j'examinerai cette possibilité avec bienveillance s'il y a demande!
Micheline : Je travaille actuellement à la mise au point de la maquette "Des bleus au coeur", mon prochain recueil de nouvelles qui paraîtra en 2012 chez Chloé des Lys. Par ailleurs, le manuscrit d'un troisième recueil de contes attend la décision du comité de lecture... J'ai l'un ou l'autre projet de participation à des spectacles de contes et de présentation d'un de mes livres dans une bibliothèque. Je n'en dirai pas plus parce que j'ai déjà été victime de la distraction d'une bibliothécaire, du désistement d'un responsable commercial et de l'oubli d'un journaliste. De ce fait, je deviens un peu superstitieuse! Comme les autres années, j'aimerais aussi participer à certaines foires du livre (cela dépend de mon éditeur). Je viens d'écrire deux débuts de nouvelles qui seront achevées par des enfants ; je suis curieuse de lire, au printemps prochain, ce qu'ils en auront fait. Je continue à écrire des nouvelles, des contes, de la poésie en fonction de mon inspiration spontanée et des thèmes de concours. Je ne participe quasiment qu'à des concours gratuits mais il m'arrive de travailler sur les thèmes proposés et de les considérer comme une forme de stimulation. Une envie littéraire? Durant l'hiver, j'ai commencé un roman. Peut-être vais-je penser à le terminer plutôt que de me contenter d'histoires courtes... Je me dis "quand je serai à court de sujets, je m'y remettrai", mais cela m'arrive si rarement! L'écriture d'un livre à quatre mains? Je n'y ai pas encore pensé. Pourtant, voilà qui pourrait être un beau projet. Ecrire un roman un chapitre sur deux pour mieux faire rebondir l'histoire? C'est à envisager... Merci à toi, Petit Belge, pour l'attention que tu portes aux auteurs belges et pour cette interview croisée à laquelle nous avons répondu avec plaisir.
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