mercredi 7 juillet 2021

Prix des Lycéens 2020-2021

                   


Organisé tous les deux ans par la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Prix des Lycéens soumet cinq romans d'auteurs belges aux élèves qui ont aussi l'occasion d'échanger avec les écrivains. Ce sont ainsi plusieurs milliers d'adolescents qui participent à cette opération mêlant plaisir de lire et valorisation des écrivains belges francophones.

C'est le roman "Bluebird" de l'auteure belge Geneviève Damas (éditions Gallimard) qui a obtenu le Prix des Lycéens 2020-2021. Il raconte l'histoire de Juliette, une adolescente qui découvre subitement qu'elle est enceinte de plus de six mois.

Cliquez ci-dessous sur "Damas Geneviève" pour retrouver mes autres articles sur cette auteure belge.

mercredi 9 juin 2021

"Les folles enquêtes de Magritte et Georgette" (Nadine Monfils)

                         


Née à Etterbeek en 1953,  l'auteure belge Nadine Monfils a répondu aux questions des journaux du groupe "L'Avenir" à l'occasion de la sortie de son dernier livre, "Les folles enquêtes de Magritte et Georgette - Nom d'une pipe !", paru aux éditions Robert Laffont :

"Ca, vous ne l'aviez jamais fait ?

- C'est un vrai défi de partir de ce couple existant et de leur écrire une vie de rêve. Magritte était féru d'histoires de détectives. Je lui fais vivre des enquêtes qu'il aurait aimé vivre. J'espère qu'il me voit et qu'il m'aime.

- Vous avez fait beaucoup de recherches ?

- Oui, j'ai tout lu, tout écouté de Magritte, j'ai des carnets et des carnets de notes. J'avais aussi rencontré Georgette à l'époque. Les anecdotes sont vraies, les enquêtes viennent de mon imagination. Magritte n'était pas sage. L'image vient de son look bourgeois, mais il avait gardé le côté garnement de son enfance. Adulte, il aimait faire des blagues. C'était le genre à donner un coup de pied aux fesses pour faire tomber quelqu'un. Il était resté gamin, comme beaucoup d'artistes.

- Un autre artiste belge est aussi très présent : c'est Jacques Brel ?

- Ah oui, c'est mon idole absolue, le grand coup de coeur de ma vie. Magritte et Brel fréquentaient les mêmes endroits, comme la terrasse de l'Hôtel Métropole, mais ils ne se sont jamais rencontrés. J'ai imaginé cette rencontre.

- Quand vous avez commencé l'écriture, c'était pour en faire une série ?

- Non. Mais ce personnage est d'une telle richesse que je n'avais plus envie de le quitter. Un deuxième va sortir en juin et il se passera à Knokke-le-Zoute. Il y en aura deux, peut-être trois l'an prochain ? Le troisième se passera à Bruges et le quatrième à Liège avec Simenon. J'ai toujours aimé mon pays, même si je vis en France. Peut-être que quand on le quitte, il nous manque encore plus.

- Vos lecteurs français vont comprendre toutes ces expressions bruxelloises ?

- Oui, je l'ai déjà fait pour d'autres livres. Les lecteurs et les éditeurs aiment bien les Belges, pour eux, c'est exotique".

mercredi 2 juin 2021

Les Archives et Musée de la Littérature (Bruxelles)

Directrice des Archives et Musée de la Littérature (www.aml-cfwb.be ), Laurence Boudart a répondu aux questions de la revue "Le Carnet et les Instants" :

"En deux années, avez-vous pu donner de nouvelles impulsions ou orientations?

- En fait, le passage de relai avec Marc Quaghebeur ne s'est pas fait instantanément. C'est en octobre 2019 seulement que j'ai pu commencer à assumer pleinement la fonction. Mais je n'avais pas attendu ce moment pour analyser le fonctionnement interne des Archives et Musée de la Littérature, et réfléchir aux changements utiles. L'enveloppe budgétaire étant fermée et les dépenses de personnel ne cessant de croître, une révision des priorités m'est d'ailleurs vite apparue indispensable, en vue de sauvegarder les fondamentaux de l'institution, sans oublier la modernisation des méthodes de travail. Par ailleurs, l'expérience inédite de la pandémie et le télétravail généralisé qui en a découlé, m'ont également permis de prendre du recul par rapport à notre fonctionnement et de mettre en place de nouveaux protocoles. Je suis sensible à la nécessité de toujours essayer de tirer parti des situations les moins confortables et d'en dégager de nouvelles opportunités.

- Parlons budget. Vous recevez de la Fédération Wallonie-Bruxelles une dotation annuelle de 1,342 million d'euros, laquelle est d'ailleurs restée inchangée depuis une dizaine d'années. Comment ce montant est-il actuellement réparti ?

- L'actuelle convention avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, portant sur une durée de deux ans et demi, est d'application jusque fin 2021. Les dépenses de personnel constituent environ 77 % du total. Les 23 %  restants sont affectés aux acquisitions, à la conservation, à la numérisation, à l'édition et aux expositions. En vertu de la convention fondatrice de 1958 entre Herman Liebaers et Joseph Hanse, nous sommes hébergés par la Bibliothèque Royale de Belgique, qui assume également les frais d'éclairage, de chauffage et d'entretien. En échange, nous lui apportons une étroite collaboration bibliothéconomique et scientifique. Quant à la prochaine convention, j'espère que le montant de la subvention pourra être revu à la hausse :  notamment, nous avons grand besoin d'engager du personnel supplémentaire pour mener à bien l'ensemble des tâches indispensables au bon fonctionnement de l'institution.

- Prenons le poste des acquisitions : qu'en est-il au juste ?

- De 3% il y a quelques années, ce poste est passé à 6% aujourd'hui, soit environ 80.000 euros. Mes priorités : tâcher d'obtenir des fonds complets, par exemple la totalité des archives d'un écrivain ou encore des collections entières de revues, que ce soit par achat, legs ou don. Dans le même esprit, compléter les fonds existants afin d'offrir aux chercheurs les ensembles les plus cohérents possible. Pour ce faire, nous exerçons une veille permanente sur les catalogues de vente publique et nous sommes attentifs aux dons qu'on pourrait nous faire. D'autre part, je souhaite mieux équilibrer les fonds anciens et les plus récents, pour présenter à nos usagers une offre diversifiée, révélatrice de l'ensemble du patrimoine, y compris le plus contemporain. Enfin, il convient de garder à l'esprit une cible claire, à savoir le patrimoine littéraire et théâtral de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

- La collecte de documents rares, leur catalogage, leur conservation et leur mise à disposition des chercheurs reste donc pour vous une mission fondamentale des Archives et du Musée de la Littérature ?

- Oui. Sans elle, rien d'autre n'est possible. Mais pour cela, il faut continuer à moderniser les méthodes de travail. Par exemple, nous tenons des statistiques précises de consultation. Ceci nous permet d'identifier les auteurs les plus explorés, les types de documents les plus sollicités, mais aussi l'origine institutionnelle et géographique des chercheurs. Sans être des guides absolus, ces informations constituent des repères utiles pour nos choix stratégiques. Autre exemple : l'emploi des standards internationaux tels que l'ISBD ou l'ISAD, qui facilitent l'interopérabilité des métadonnées. Nous sommes attentifs à toutes ces questions et veillons à offrir un maximum d'informations et de confort d'utilisation, tant à nos lecteurs qu'à l'équipe des Archives et du Musée de la Littérature".

La suite de cette interview est à découvrir dans la revue "Le Carnet et les Instants" que vous pouvez recevoir gratuitement par courrier sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

mercredi 19 mai 2021

Les Rencontres de la Sabam en Avignon

Destinées aux publics amateur et professionnel, les Rencontres de la Sabam en Avignon sont un jeune événement culturel franco-belge, qui a déjà connu trois éditions. Ce sont trois jours de lectures vivantes de textes d'auteurs belges théâtralisées par l'équipe du Théâtre Transversal. La prochaine édition est prévue en octobre 2021. 

L'auteure belge Sylvie Godefroid est conseillère des affaires culturelles de la Sabam. Elle a répondu aux questions de la revue "Le Carnet et les Instants" :

"Comment est née l'idée de ce projet franco-belge ?

- Les Rencontres de la Sabam en Avignon sont elles-mêmes nées de rencontres en Belgique et en France. Tout démarre à Bruxelles à l'issue de discussions avec Jacques De Decker et Pascal Vrebos sur la nécessité de dynamiser le théâtre en Belgique. Peu après, je lie connaissance avec Jean-Claude Idée (fondateur de l'Université populaire du théâtre), figure majeure de la démocratisation du théâtre, de sa gratuité, de sa qualité et de sa promotion en francophonie. Il me propose de l'accompagner à Avignon et d'assister à des lectures vivantes de textes d'auteurs belges aux alentours de mai 2017. De mes échanges culturels sur place avec les responsables culturels émerge un constat commun sur la situation du théâtre en France et en Belgique :  manque de volonté politique pour soutenir les efforts de la création, et manque de moyens et de lieux de diffusion. D'où une question-clé :  dans quelle mesure la Sabam peut-elle jouer un rôle de partenaire et contribuer à changer les choses ?  Jean-Claude me présente à Marie et Lola Pagès, responsables du théâtre Le Nouveau Ring, qui me racontent leur projet de lectures vivantes :  un comédien, après une semaine de préparation, lit un texte sur scène ;  un metteur en scène, qui a découvert le texte 48h à l'avance, l'interrompt et propose une direction d'acteur. Le concept me plaît ! Du coup, on convient d'une formule :  la Sabam lance un appel à textes parmi les auteurs de son répertoire, tandis qu'elles se chargent de l'événement sur place. La même année, la Sabam crée une édition pilote et lance un appel à textes. Parmi les textes récoltés, Le Nouveau Ring en retient six. C'est alors que Laetitia Mazzoleni, la directrice du Théâtre Transversal, entre dans la boucle. Comme Le Nouveau Ring, de taille trop modeste, n'est plus en mesure d'accueillir la deuxième édition, Marie et Lola, de manière élégante, passent le flambeau à Laetitia ! Pour l'édition 2019, six lectures publiques sont sélectionnées à partir d'un échantillon de 70 textes, et le public est deux fois plus nombreux. Mission accomplie !

- Quels sont les critères pour participer à l'appel de textes ?

- Etre membre de la Sabam. Notre société finance le projet et dépasse ainsi son image institutionnelle en adressant un message fort à ses auteurs :  la Sabam croit en vous et développe des moyens pour vous faire connaître. Nous voulons être un réel partenaire pour votre carrière. Il faut aussi faire valoir au moins une publication professionnelle (dans l'édition littéraire) ou une création (dans le théâtre). La sélection des six textes a été confiée au Théâtre Transversal pour des raisons déontologiques :  notre rôle consiste à promouvoir nos auteurs, et pas à les hiérarchiser. Par ailleurs, la lecture publique ne fait pas partie de la culture belge alors que la France l'élève au rang de tradition. Je souhaite donc opérer un double mouvement :  de la Belgique à la France (exportation de notre création) et de la France à la Belgique (importation de la lecture publique).

- Quel regard portez-vous sur l'identité belge ?

- Je n'engage ici que mon opinion d'artiste, de femme et de Belge. Pour moi, le Belge est quelqu'un qui fait sérieusement les choses, mais sans se prendre au sérieux lui-même. Il attache plus d'importance à ce qu'il fait qu'à ce qu'il est. Le Belge n'a pas peur d'entreprendre et a l'art de transformer ses faiblesses en forces. Notre identité est marquée par le surréalisme, le décalage, l'ironie, l'humour et le second degré. Notre projet a d'ailleurs bénéficié d'un excellent accueil en France, d'une curiosité intelligente. Les Français apprécient le parfum d'authenticité et de liberté qui habite les créations belges. Cependant, cette ouverture et cette humilité comportent un revers :  le manque de fierté et de confiance en soi. Les Belges francophones ne se donnent pas le droit d'exister. Ce projet vise donc aussi à contribuer au sentiment de fierté des artistes belges.

- Le Belge francophone est donc à la fois complexé et décomplexé ?

- Oui, il a une parole décomplexée quand il s'agit de s'engager pour une cause ou une idée mais, une fois le projecteur braqué sur lui, il complexe souvent ou, plus exactement, fait preuve d'une modestie mal utilisée. Ce sentiment est dû en partie à la dépendance envers la France et Paris, symboles de la réussite. C'est pourquoi j'admire le modèle, l'approche de nos voisins flamands en matière de culture. Ils n'ont pas peur d'en faire un produit commercial. Sans pour autant la brader ou la niveler par le bas. Simplement, une création, une fois achevée, est envisagée comme un produit à promouvoir. Grâce à leur efficacité, ils n'éprouvent pas le besoin d'être reconnus à l'étranger pour se sentir légitimes. lls ne s'excusent pas d'exister".

Vous pouvez recevoir la revue "Le Carnet et les Instants" gratuitement par courrier sur simple demande auprès du Service de Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

mercredi 5 mai 2021

Foire du Livre de Bruxelles (du 6 au 16 mai 2021)

 Présentation de cette foire par le président et la commissaire générale :

"Bien sûr, il n'y aura pas l'arôme, l'incomparable parfum du papier, ces exhalaisons subtiles de cellulose et de lignine s'échappant des pages accumulées, il n'y aura pas le joyeux brouhaha des écoliers déboulant entre les étals de livres à Tour et Taxis, il n'y aura pas ces discussions passionnées entre lecteurs(trices) patientant dans les longues files d'attente de la chasse aux dédicaces.

Mais il y aura plus que cela car la Foire du Livre de Bruxelles vous convie cette année à une véritable aventure en s'invitant chez vous. C'est un dynamique laboratoire de la pensée qui vous attend. Les auteurs s'y rencontrent, les mots s'y entrechoquent, les cultures s'y frottent, libérant de nouvelles voix rafraîchissantes. Nous rassemblons en effet 250 auteurs pour 11 jours de rencontres, du 6 au 16 mai 2021, toutes disponibles gratuitement sur flb.be . Notre chaîne diffusera en continu de 10h à 21h des grands débats, entretiens passionnants, rencontres poétiques, perles insolites, ateliers, et rendra ce festival aussi étonnant et foisonnant, en prise avec notre monde en mouvement.

Ce marathon demande de l'endurance. Dès le matin, après un bon café, rejoignons-nous pour creuser ensemble les pistes pour prendre soin de nous et des autres. A 10h30, tendons l'oreille vers ces nouvelles voix de la littérature. A 12h, partageons une tartine avec les duos du flirt flamand. A 16h, c'est l'heure du goûter en famille. A 19h30, celle de l'apéro avec des auteurs européens qui répondront aux questions d'Isabelle Wery. A 20h, nous nous mettrons à table pour une rencontre essentielle avec Erri de Luca, Florence Aubenas, Eric-Emmanuel Schmitt ou encore Adeline Dieudonné. Et bien sûr de très nombreux rendez-vous mettront nos talents belges en évidence.

Une bonne nuit de rêves nourris de ces découvertes, de ces imaginaires, de ces nouveaux possibles, de ces créations essentielles et, le lendemain, c'est déjà reparti ! Tous ces événements pourront être revus au fil des semaines à venir. Et puis, la pandémie ne nous empêchera pas de sortir ! Des dédicaces d'auteurs vous seront en effet proposées dans de nombreuses librairies. Le programme complet, riche de plus de 100 rencontres, est à consulter sur flb.be . Sachez aussi que des moments de complicité exceptionnels nous uniront dans des lieux insolites à la Suisse, à la Flandre, au territoire multiculturel bruxellois et, au-delà, à l'Europe et à la francophone internationale.

Que la fête du livre commence !"

Tanguy Roosen (président) et Marie Noble (commissaire générale)

mercredi 21 avril 2021

Christian Debruyne, nouveau secrétaire général de l'AEB

                                   


Ancien responsable de la communication de la Ville d'Enghien, l'auteur Christian Debruyne a été élu secrétaire général de l'Association des Ecrivains Belges de langue française, qui existe depuis plus d'un siècle.

Christian Debruyne a commenté cette nomination au journal "Le Courrier de l'Escaut" :   "J'ai décidé de quitter ma fonction à Enghien suite à une longue réflexion sur moi-même, entamée lors de mon périple sur les routes de Compostelle. L'envie de me réaliser d'une autre manière m'a amené à prendre cette décision fin 2019. Et c'est une autre route qui s'ouvre aujourd'hui à moi. Je viens en effet d'être élu secrétaire général de l'Association des Ecrivains Belges de langue française. Moi-même auteur de nombreux ouvrages, je considère la littérature comme essentielle. En effet, elle élargit notre expérience et nous propose un autre regard sur le monde, et surtout sur nous-mêmes. Parfois, celle-ci nous pousse à revoir nos jugements, notre tendance à la subjectivité. La littérature représente également à mes yeux un outil majeur de reproduction des valeurs culturelles en véhiculant des représentations des identités et des rôles des hommes et des femmes dans la société. A cet effet, l'Association des Ecrivains Belges de langue française pratique l'éclectisme sans modération. Tous les genres littéraires sont mis en avant : du roman à la poésie, en passant par le théâtre, les biographies, les essais ou encore les nouvelles".

mercredi 7 avril 2021

"Kérosène" (Adeline Dieudonné)


A l'occasion de la sortie de "Kérosène", l'auteure belge Adeline Dieudonné a répondu aux questions du groupe "L'Avenir" :

"Votre deuxième roman est sorti ce 1er avril : c'est vous qui avez choisi la date ?

- Non, c'est ma maison d'édition mais ça va bien au livre.

- Vos personnages, on peut dire que ce qu'ils ont en commun, c'est une vie de merde ?

- Oui, on peut voir ça comme ça. Ils ont une vie pas facile en tout cas, pour des raisons très différentes. Ils sont en lutte, pour leur survie, contre la folie, contre le monde qui les entoure, parfois pour des raisons absurdes.

- Ils ont aussi en commun un lien de domination, que ce soit une domination masculine, de classe, de l'âge ?

- Les rapports de domination, c'est une obsession chez moi. C'est déjà très présent dans "La vraie vie". Il y a toutes sortes de dominations comme celle qu'on exerce sur les enfants, sur les personnes âgées, comme Monica qui refuse d'aller là où on veut l'emmener, ou la domination de classe avec Pupute qui est dans la misère et qui tombe sous la coupe de cette femme. Ou Alika la nounou. Il y a aussi la domination de l'être humain sur le vivant, avec le personnage du cheval Red Apple, le dauphin, la truie. Ce qui m'intéresse, c'est que ce rapport de domination exerce sur les dominés et quel effet ça a sur les dominants.

- Est-ce que le confinement a eu une influence sur ce livre ?

- Oui, il lui a presque donné naissance. Il y a un an, j'écrivais un tout autre roman. Ca parlait de colapsologie, de survivalisme. La réalité a rattrapé le sujet en quelque sorte, je n'avais plus aucun recul. Je l'ai mis de côté. J'ai commencé à écrire des histoires courtes pour le faire plaisir, pour l'évader. "Kérosène" est presque une conséquence du confinement.

- "La vraie vie" doit être montré au théâtre : ça doit être frustrant ?

- C'est horriblement frustrant, à cause du manque de perceptive, le fait d'être complètement nié par les annonces du gouvernement. On n'a pas repoussé la date : on n'en a juste pas parlé. C'est terrible d'être oublié et ignoré à ce point".