Longtemps placé dans l'ombre d'Hugo Claus, le poète Leonard Nolens (né en 1947 à Bree en province du Limbourg) ne s'est jamais beaucoup exposé au feu médiatique. Il rappelle souvent : "Je vis comme un crustacé, fermé sur moi-même. Et pourtant, l'océan entier l'a traversé". Mais il sort cette année de l'ombre pour deux raisons : il vient d'obtenir le Prix des Lettres Néerlandaises 2012 et l'Académie a proposé sa candidature au prix Nobel de littérature (attribué à l'automne).
Le Prix des Lettres Néerlandaises est considéré comme la plus importante récompense pour un auteur de langue néerlandaise. Ce prix triennal (40.000 euros) est remis alternativement par la reine Béatrix des Pays-Bas et le roi Albert II des Belges. Leonard Nolens est le 20ème lauréat et succède à Cees Nooteboom.
Toutes nos félicitations à Leonard Nolens qui est hélàs méconnu au sud de la Belgique...
mardi 15 mai 2012
dimanche 13 mai 2012
Interview de l'auteur belge Françoise Lalande
Françoise Lalande a accordé une interview à Jeannine Paque pour la revue "Le Carnet et les Instants" de mars que vous pouvez recevoir gratuitement sur simple demande :
"Le communiqué de presse présente "Nous veillerons ensemble sur le sommeil des hommes" comme le roman de l'après-Auschwitz et de l'après-11 septembre, ce qui implique une option historique. Celle-ci est précise. Dans le temps, puisque sont désignés deux événements parmi les plus marquants de l'histoire immédiate de notre planète. Et dans leur signification symbolique puisqu'ils sont porteurs d'une volonté meurtrière?
- Oui. Au départ de mon projet d'écriture et, je dirais, de ma vie, il y a cette obsession d'Auschwitz. De cette guerre 1940-1945 qui fut, pour ma famille maternelle, LA guerre. Cette histoire-là a bercé mon enfance, si j'ose dire. Des récits fragmentés, des évocations discrètes, comme à demi-mot, mais permanentes ont marqué mon imaginaire de petite fille, puis, c'est normal, mon imaginaire de romancière. Je pense que ma mère, Louise Keil, n'est jamais sortie de la guerre. Elle sursautait au moindre bruit, avouait une panique devant l'inattendu, et pratiquait un immobilisme effarant. Sans doute parce qu'elle avait attendu le pire, elle redoutait que les Allemands reviennent. Encore plus tard, lorsque j'ai voulu savoir comment s'était passée la guerre pour eux dans les Ardennes et à Bruxelles, de façon concrète, j'ai obtenu des réponses, certes, mais souvent lacunaires. Et, surtout, ma curiosité les intriguait et leur plaisait moyennement. Jamais ils ne m'en auraient parlé de façon spontanée. Se rappeler la peur, le danger, les séparations, montrer des photos, pour la première fois depuis tant d'années, les troublaient. La cousine préférée de ma mère, Jeanne Herman, arrêtée par la Gestapo à Bruxelles, condamnée à mort, emmenée dans un train partant de Malines, train saboté par les cheminots, a pu s'enfuir, regagner la capitale et se cacher jusqu'à la libération. Quand je l'ai interrogée sur son arrestation, sur ses motivations d'entrer dans la résistance, j'ai été frappée par sa modestie, son courage tranquille. Elle, Jeanne Herman, je l'ai mise une première fois dans ma pièce de théâtre, montée à la RTBF par Jean-Louis Jacques, "Le souvenir de ces choses". Elle et ma mère se trouvaient déjà dans les filets de mes fictions. Quant au 11 septembre, je l'ai vécu, comme presque tout le monde, en direct. Et pendant des mois, je me suis sentie mal. Cet événement (pas vécu comme une tragédie par tous...) avait réanimé en moi la peur de la guerre que ma mère m'avait léguée. Volonté meurtrière des peuples : comment faire l'économie de cela quand on est, comme moi, l'écrivain de la douleur des faibles? Par exemple, une autre douleur, ravageante, que j'ai ressentie lors de la mort des enfants Julie, Mélissa, An, Eefje, Loubna et Elisabeth. Le prédateur n'était pas le même pour toutes ces petites filles, mais il y avait mort insupportable. J'étais dans un malaise profond, une nausée devant l'espèce capable d'accomplir çà. J'étais aussi perdue d'admiration devant la dignité des parents, alors qu'ils auraient dû avoir envie de faire exploser la planète. Comment moi, écrivaine dont le thème de l'enfance saccagée traverse les romans, allais-je témoigner de cela? J'ai décidé de parler de cela, non pas journaliste relatant un fait divers, mais romancière témoignant de l'insupportable par la fiction.
- On a l'impression que vous vous devez de témoigner et qu'il y aurait une nouvelle pression aujourd'hui qui vous y pousse?
- Vous avez raison. Mon passé, c'est le passé de ma famille maternelle, devenue méchante après la guerre, à cause de la guerre. La souffrance ne rend pas bon. Ne plus faire confiance aux autres, se méfier des autres, c'est déjà croire qu'ils sont nos ennemis. Et cela ne peut qu'engendrer des conflits, des querelles avec ses voisins, ou des guerres à l'échelle mondiale. Depuis bientôt huit ans, je vis au Maghreb et je vois les dégâts provoqués par la peur de l'autre, les rancunes qui vont jusqu'à la haine et l'appel au massacre. Mais je voudrais insister sur le fait que si je prends des événements historiques pour sous-tendre mon récit, je n'ai pas écrit un roman historique. Il y a des personnages de l'histoire contemporaine qui traversent mes pages, mais ce sont les destins individuels qui me passionnent.
- Les personnages de ce roman-ci sont très emblématiques. Pétris de réel, ils sont pourtant riches d'invention. Chacun représente une totalité idéale car il allie une force physique indéniable, quoique différente selon l'individu, à une maîtrise intellectuelle non moins évidente?
- Je sais pour qui j'écris. D'abord pour moi, pour ramener de mes abîmes intimes ce qui me tourmente, m'intrigue, me fait parfois souffrir, me met dans des états terribles. J'écris moins pour me comprendre que pour me libérer de moi-même. Je sais aussi que j'écris pour les adultes cultivés. C'est élitiste? Pas du tout! Et si on a l'impression aujourd'hui que les illétrés courent les rues, on se trompe. Ils sont plus bruyants, c'est tout. Mes personnages essaient de prendre leur destin en main, non de le subir mais de le diriger. Je ne crois pas à la prédestination, je crois au progrès de l'humanité. Dans le fond, pour une femme qui endure à vif la douleur du monde, je suis drôlement optimiste.
- Un sourire dans la mort : est-ce un défi, une projection de vie, une croyance confiante et sécurisante ou votre message personnel et urgent?
- "Nous veillerons ensemble sur le sommeil des hommes" apporte une réponse à cette question. C'est ma réponse. Il y en a d'autres possibles sans doute. Mon titre annonce une sérénité retrouvée, quelque chose a été dépassé. Place à la douceur, à la dignité humaine. L'homme choisit sa vie et sa mort. C'est mon testament de femme. Mon testament d'écrivaine, je l'ai formulé dans "Une Belge méchante" où il est question de mon rapport à mon nom, à ma langue, à ma famille, au monde : le terreau de tous mes livres. Bien sûr, la femme et l'écrivaine ne font qu'une, vous n'en doutez pas!
- Qu'écrire après ce roman qui porte déjà en soi un futur?
- J'ai mis dix ans à l'écrire (cinq ans pour un premier jet, cinq ans pour le peaufiner). Dix ans pour découvrir un monde. J'ai eu le fantasme, après lui, de cesser d'écrire. Mais je n'y arrive pas! Ce roman terminé porte un futur, en effet. On verra ce qu'il sera. En attendant, j'ai terminé l'écriture d'un texte sur Rimbaud intitulé "Le retour de Rimbaud dans sa patrie". Lew Bogdan, qui fut le directeur avec Jack Lang du Festival du Théâtre de Nancy, me l'a commandé, après avoir lu mon "Ils venaient du nord et ils étaient beaux". Un jour, Jean-Paul Dessy (directeur de Musique Nouvelle à Mons) composera un opéra pour ce texte. En amitié avec le compositeur Ahmed Essyad. Un jour, Pascale Tison dira la partie auteur de ce texte. Un jour, on pourra le voir et l'écouter. Inch'Allah, comme on dit là où je vis".
"Le communiqué de presse présente "Nous veillerons ensemble sur le sommeil des hommes" comme le roman de l'après-Auschwitz et de l'après-11 septembre, ce qui implique une option historique. Celle-ci est précise. Dans le temps, puisque sont désignés deux événements parmi les plus marquants de l'histoire immédiate de notre planète. Et dans leur signification symbolique puisqu'ils sont porteurs d'une volonté meurtrière?
- Oui. Au départ de mon projet d'écriture et, je dirais, de ma vie, il y a cette obsession d'Auschwitz. De cette guerre 1940-1945 qui fut, pour ma famille maternelle, LA guerre. Cette histoire-là a bercé mon enfance, si j'ose dire. Des récits fragmentés, des évocations discrètes, comme à demi-mot, mais permanentes ont marqué mon imaginaire de petite fille, puis, c'est normal, mon imaginaire de romancière. Je pense que ma mère, Louise Keil, n'est jamais sortie de la guerre. Elle sursautait au moindre bruit, avouait une panique devant l'inattendu, et pratiquait un immobilisme effarant. Sans doute parce qu'elle avait attendu le pire, elle redoutait que les Allemands reviennent. Encore plus tard, lorsque j'ai voulu savoir comment s'était passée la guerre pour eux dans les Ardennes et à Bruxelles, de façon concrète, j'ai obtenu des réponses, certes, mais souvent lacunaires. Et, surtout, ma curiosité les intriguait et leur plaisait moyennement. Jamais ils ne m'en auraient parlé de façon spontanée. Se rappeler la peur, le danger, les séparations, montrer des photos, pour la première fois depuis tant d'années, les troublaient. La cousine préférée de ma mère, Jeanne Herman, arrêtée par la Gestapo à Bruxelles, condamnée à mort, emmenée dans un train partant de Malines, train saboté par les cheminots, a pu s'enfuir, regagner la capitale et se cacher jusqu'à la libération. Quand je l'ai interrogée sur son arrestation, sur ses motivations d'entrer dans la résistance, j'ai été frappée par sa modestie, son courage tranquille. Elle, Jeanne Herman, je l'ai mise une première fois dans ma pièce de théâtre, montée à la RTBF par Jean-Louis Jacques, "Le souvenir de ces choses". Elle et ma mère se trouvaient déjà dans les filets de mes fictions. Quant au 11 septembre, je l'ai vécu, comme presque tout le monde, en direct. Et pendant des mois, je me suis sentie mal. Cet événement (pas vécu comme une tragédie par tous...) avait réanimé en moi la peur de la guerre que ma mère m'avait léguée. Volonté meurtrière des peuples : comment faire l'économie de cela quand on est, comme moi, l'écrivain de la douleur des faibles? Par exemple, une autre douleur, ravageante, que j'ai ressentie lors de la mort des enfants Julie, Mélissa, An, Eefje, Loubna et Elisabeth. Le prédateur n'était pas le même pour toutes ces petites filles, mais il y avait mort insupportable. J'étais dans un malaise profond, une nausée devant l'espèce capable d'accomplir çà. J'étais aussi perdue d'admiration devant la dignité des parents, alors qu'ils auraient dû avoir envie de faire exploser la planète. Comment moi, écrivaine dont le thème de l'enfance saccagée traverse les romans, allais-je témoigner de cela? J'ai décidé de parler de cela, non pas journaliste relatant un fait divers, mais romancière témoignant de l'insupportable par la fiction.
- On a l'impression que vous vous devez de témoigner et qu'il y aurait une nouvelle pression aujourd'hui qui vous y pousse?
- Vous avez raison. Mon passé, c'est le passé de ma famille maternelle, devenue méchante après la guerre, à cause de la guerre. La souffrance ne rend pas bon. Ne plus faire confiance aux autres, se méfier des autres, c'est déjà croire qu'ils sont nos ennemis. Et cela ne peut qu'engendrer des conflits, des querelles avec ses voisins, ou des guerres à l'échelle mondiale. Depuis bientôt huit ans, je vis au Maghreb et je vois les dégâts provoqués par la peur de l'autre, les rancunes qui vont jusqu'à la haine et l'appel au massacre. Mais je voudrais insister sur le fait que si je prends des événements historiques pour sous-tendre mon récit, je n'ai pas écrit un roman historique. Il y a des personnages de l'histoire contemporaine qui traversent mes pages, mais ce sont les destins individuels qui me passionnent.
- Les personnages de ce roman-ci sont très emblématiques. Pétris de réel, ils sont pourtant riches d'invention. Chacun représente une totalité idéale car il allie une force physique indéniable, quoique différente selon l'individu, à une maîtrise intellectuelle non moins évidente?
- Je sais pour qui j'écris. D'abord pour moi, pour ramener de mes abîmes intimes ce qui me tourmente, m'intrigue, me fait parfois souffrir, me met dans des états terribles. J'écris moins pour me comprendre que pour me libérer de moi-même. Je sais aussi que j'écris pour les adultes cultivés. C'est élitiste? Pas du tout! Et si on a l'impression aujourd'hui que les illétrés courent les rues, on se trompe. Ils sont plus bruyants, c'est tout. Mes personnages essaient de prendre leur destin en main, non de le subir mais de le diriger. Je ne crois pas à la prédestination, je crois au progrès de l'humanité. Dans le fond, pour une femme qui endure à vif la douleur du monde, je suis drôlement optimiste.
- Un sourire dans la mort : est-ce un défi, une projection de vie, une croyance confiante et sécurisante ou votre message personnel et urgent?
- "Nous veillerons ensemble sur le sommeil des hommes" apporte une réponse à cette question. C'est ma réponse. Il y en a d'autres possibles sans doute. Mon titre annonce une sérénité retrouvée, quelque chose a été dépassé. Place à la douceur, à la dignité humaine. L'homme choisit sa vie et sa mort. C'est mon testament de femme. Mon testament d'écrivaine, je l'ai formulé dans "Une Belge méchante" où il est question de mon rapport à mon nom, à ma langue, à ma famille, au monde : le terreau de tous mes livres. Bien sûr, la femme et l'écrivaine ne font qu'une, vous n'en doutez pas!
- Qu'écrire après ce roman qui porte déjà en soi un futur?
- J'ai mis dix ans à l'écrire (cinq ans pour un premier jet, cinq ans pour le peaufiner). Dix ans pour découvrir un monde. J'ai eu le fantasme, après lui, de cesser d'écrire. Mais je n'y arrive pas! Ce roman terminé porte un futur, en effet. On verra ce qu'il sera. En attendant, j'ai terminé l'écriture d'un texte sur Rimbaud intitulé "Le retour de Rimbaud dans sa patrie". Lew Bogdan, qui fut le directeur avec Jack Lang du Festival du Théâtre de Nancy, me l'a commandé, après avoir lu mon "Ils venaient du nord et ils étaient beaux". Un jour, Jean-Paul Dessy (directeur de Musique Nouvelle à Mons) composera un opéra pour ce texte. En amitié avec le compositeur Ahmed Essyad. Un jour, Pascale Tison dira la partie auteur de ce texte. Un jour, on pourra le voir et l'écouter. Inch'Allah, comme on dit là où je vis".
lundi 23 avril 2012
Nouveau roman de François Weyergans
L'an dernier, je vous avais déjà parlé de l'écrivain belge François Weyergans (Prix Goncourt 2005) à l'occasion de son entrée à l'Académie française : http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2011/07/francois-weyergans-lacademie-francaise.html
Il vient d'accorder une interview au journal "Le Soir" pour la sortie de son roman "Royal Romance" (éditions Julliard) :
"Dans votre dernier roman, vous écrivez "Le vrai sujet, c'est comme toujours : à quoi riment nos vies?". C'est le sujet de vos livres?
- C'est une question qui n'a pas de réponse. En effet, la vraie souffrance, qui peut conduire jusqu'à des états que les psychiatres essaient de soigner, c'est de ne pas avoir de réponse à la question : à quoi rime ma vie? Mais si on ne parle que de moi, on peut dire que je suis content : je suis écrivain, je suis reconnu, je reçois des à-valoir comme peu de gens en reçoivent, je les dépense trop vite et c'est une autre histoire, je voyage et en même temps fondamentalement, çà ne sert à rien.
- C'est la seule vraie question de la littérature?
- On ne va pas prendre de telle décision si vite. Mais si vous prenez le théâtre de Shakespeare, que dit-il d'autre en fin de compte? Dans mon livre, c'est un propos que le type remue comme çà dans sa tête. Il fait aussi l'éloge de l'improviste, de l'inatttendu. Ce qui me plaît, c'est de mettre plein de signes de piste, d'énigmes, un peu comme quand on cache des oeufs de Pâques dans le jardin pour les gosses. Des choses qui font un peu penser, réagir le lecteur. Moi, mon plaisir de lecteur, c'est quand c'est moi qui invente le livre. Quand je lis, il y a dans ma tête des choses qui ne sont pas imprimées mais qui se cachent quand même derrière les phrases.
- Vous, pourquoi vous écrivez?
- Parce que çà m'occupe. Mais je suis content quand j'ai fini. On a l'impression alors qu'on a terminé un objet. Et je le termine au moment où j'arrive à le lire un peu vite et que rien ne m'arrête : c'est fluide, çà glisse, çà va... Ce qu'il y a dedans, je suis censé y avoir réfléchi avant. Et là, l'objet est bien poli. Après, on peut le trouver intéressant ou pas.
- L'accouchement de "Royal Romance", reporté plusieurs fois, semble avoir été difficile. L'avez-vous terminé à l'imprimerie?
- Non, avec les fichiers électroniques, on ne termine plus les livres à l'imprimerie. Et ils permettent d'intervenir encore plus tard. La "deadline", c'est quand on filme. La contrainte du dernier moment est un instrument de travail : elle oblige à prendre des décisions. Dans "Royal Romance", il y avait cinq, six lignes de description d'un restaurant dont je savais qu'il me faudrait les enlever ou les déplacer : on y perd le fil du livre. Mais je n'en avais pas envie. C'est trois heures avant le bouclage que je les ai retirées. Faire un livre, ce n'est pas faire un puzzle où il n'y a qu'une place possible pour les pièces. Les scènes que je déplace, c'est du montage, comme au cinéma.
- Mais avez-vous des difficultés à finir?
- Je me méfie de l'écrivain qui n'en a pas. Je fonctionne ainsi : j'ai un projet de livre, je signe un contrat, et j'applique cette phrase de Fellini, "Je tourne le film pour ne pas devoir rembourser l'argent que j'ai reçu". Tout çà pour dire que j'y vais à reculons. Je construis le roman par séquences : le premier voyage à Montréal, le second, le troisième. J'écris puis je recommence. Jamais je ne pourrai être tout à fait satisfait de ce que j'écris. Le passage en poche permet maintenant de réécrire. La réimpression aussi. Pour celle de "Royal Romance", je vais apporter deux modifications. Tout à la fin, il y a une répétition du mot "là" qui me dérange. Je le remplacerai par "ici". Et la typo finale tombe mal, en fin d'une page de droite. Je pourrais peut-être ajouter dix lignes quelque part avant?
- Daniel Flamm, le héros de "Royal Romance", c'est vous?
- C'est un écrivain, un confrère, un ami, quelqu'un dont je me sens proche. Quand on parle d'autobiographie, il faut savoir jusqu'où cela va. Quand j'écris "J'ai pris l'avion", c'est sûr que c'est autobiographique puisque je prends l'avion tout le temps. Le mélange de traits psychologiques venant de différentes personnes dans un même personnage est toutefois difficile. Il pose parfois problème. Pour éviter cela, j'ai fabriqué l'enfance à Daniel Flamm : un père dentiste, musicien d'avant-garde dans un quatuor amateur.
- Les histoires d'amour du livre sont-elles les vôtres?
- Non. Cela me fait penser au jour où j'ai interviewé Saul Bellow pour Herzog en lui posant la même question. Sa réponse a été l'air de dédain insupportable avec lequel il m'a regardé. Mais j'étais ainsi ancré dans la certitude qu'il avait dû vivre la scène qu'il racontait dans son livre.
- Vous parlez à un moment des "gens qui aiment la littérature, une secte"?
- C'est au second degré. Mais les librairies sont vides, les gens ne viennent plus acheter de livres. Si on ne s'occupe pas de la littérature, elle va peut-être mourir. Je plains ceux qui ne connaissent pas le plaisir de lire. La librairie est l'endroit où je passe le plus de temps de ma vie. J'en ferai toujours l'éloge. Et j'achèterai toujours des livres, quitte à payer des excédents de bagages lors de mes retours en avion".
Il vient d'accorder une interview au journal "Le Soir" pour la sortie de son roman "Royal Romance" (éditions Julliard) :
"Dans votre dernier roman, vous écrivez "Le vrai sujet, c'est comme toujours : à quoi riment nos vies?". C'est le sujet de vos livres?
- C'est une question qui n'a pas de réponse. En effet, la vraie souffrance, qui peut conduire jusqu'à des états que les psychiatres essaient de soigner, c'est de ne pas avoir de réponse à la question : à quoi rime ma vie? Mais si on ne parle que de moi, on peut dire que je suis content : je suis écrivain, je suis reconnu, je reçois des à-valoir comme peu de gens en reçoivent, je les dépense trop vite et c'est une autre histoire, je voyage et en même temps fondamentalement, çà ne sert à rien.
- C'est la seule vraie question de la littérature?
- On ne va pas prendre de telle décision si vite. Mais si vous prenez le théâtre de Shakespeare, que dit-il d'autre en fin de compte? Dans mon livre, c'est un propos que le type remue comme çà dans sa tête. Il fait aussi l'éloge de l'improviste, de l'inatttendu. Ce qui me plaît, c'est de mettre plein de signes de piste, d'énigmes, un peu comme quand on cache des oeufs de Pâques dans le jardin pour les gosses. Des choses qui font un peu penser, réagir le lecteur. Moi, mon plaisir de lecteur, c'est quand c'est moi qui invente le livre. Quand je lis, il y a dans ma tête des choses qui ne sont pas imprimées mais qui se cachent quand même derrière les phrases.
- Vous, pourquoi vous écrivez?
- Parce que çà m'occupe. Mais je suis content quand j'ai fini. On a l'impression alors qu'on a terminé un objet. Et je le termine au moment où j'arrive à le lire un peu vite et que rien ne m'arrête : c'est fluide, çà glisse, çà va... Ce qu'il y a dedans, je suis censé y avoir réfléchi avant. Et là, l'objet est bien poli. Après, on peut le trouver intéressant ou pas.
- L'accouchement de "Royal Romance", reporté plusieurs fois, semble avoir été difficile. L'avez-vous terminé à l'imprimerie?
- Non, avec les fichiers électroniques, on ne termine plus les livres à l'imprimerie. Et ils permettent d'intervenir encore plus tard. La "deadline", c'est quand on filme. La contrainte du dernier moment est un instrument de travail : elle oblige à prendre des décisions. Dans "Royal Romance", il y avait cinq, six lignes de description d'un restaurant dont je savais qu'il me faudrait les enlever ou les déplacer : on y perd le fil du livre. Mais je n'en avais pas envie. C'est trois heures avant le bouclage que je les ai retirées. Faire un livre, ce n'est pas faire un puzzle où il n'y a qu'une place possible pour les pièces. Les scènes que je déplace, c'est du montage, comme au cinéma.
- Mais avez-vous des difficultés à finir?
- Je me méfie de l'écrivain qui n'en a pas. Je fonctionne ainsi : j'ai un projet de livre, je signe un contrat, et j'applique cette phrase de Fellini, "Je tourne le film pour ne pas devoir rembourser l'argent que j'ai reçu". Tout çà pour dire que j'y vais à reculons. Je construis le roman par séquences : le premier voyage à Montréal, le second, le troisième. J'écris puis je recommence. Jamais je ne pourrai être tout à fait satisfait de ce que j'écris. Le passage en poche permet maintenant de réécrire. La réimpression aussi. Pour celle de "Royal Romance", je vais apporter deux modifications. Tout à la fin, il y a une répétition du mot "là" qui me dérange. Je le remplacerai par "ici". Et la typo finale tombe mal, en fin d'une page de droite. Je pourrais peut-être ajouter dix lignes quelque part avant?
- Daniel Flamm, le héros de "Royal Romance", c'est vous?
- C'est un écrivain, un confrère, un ami, quelqu'un dont je me sens proche. Quand on parle d'autobiographie, il faut savoir jusqu'où cela va. Quand j'écris "J'ai pris l'avion", c'est sûr que c'est autobiographique puisque je prends l'avion tout le temps. Le mélange de traits psychologiques venant de différentes personnes dans un même personnage est toutefois difficile. Il pose parfois problème. Pour éviter cela, j'ai fabriqué l'enfance à Daniel Flamm : un père dentiste, musicien d'avant-garde dans un quatuor amateur.
- Les histoires d'amour du livre sont-elles les vôtres?
- Non. Cela me fait penser au jour où j'ai interviewé Saul Bellow pour Herzog en lui posant la même question. Sa réponse a été l'air de dédain insupportable avec lequel il m'a regardé. Mais j'étais ainsi ancré dans la certitude qu'il avait dû vivre la scène qu'il racontait dans son livre.
- Vous parlez à un moment des "gens qui aiment la littérature, une secte"?
- C'est au second degré. Mais les librairies sont vides, les gens ne viennent plus acheter de livres. Si on ne s'occupe pas de la littérature, elle va peut-être mourir. Je plains ceux qui ne connaissent pas le plaisir de lire. La librairie est l'endroit où je passe le plus de temps de ma vie. J'en ferai toujours l'éloge. Et j'achèterai toujours des livres, quitte à payer des excédents de bagages lors de mes retours en avion".
jeudi 19 avril 2012
Interview d'Eric-Emmanuel Schmitt
A l'occasion de la sortie de "Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus", l'écrivain belge Eric-Emmanuel Schmitt a répondu aux questions de la journaliste Isabelle Monnart :
"Comment avez-vous approché cette spiritualité-là?
- J'ai rencontré des gens qui sont porteurs de cette conception du monde. Et puis, j'ai lu Confucius et beaucoup de littérature chinoise qui a çà comme une espèce de sang qui circule en elle. C'est un des thèmes du livre : les Chinois détruisent tout, démolissent les monuments, construisent des villes nouvelles mais il y a quelque chose d'antique qui reste. La mémoire n'est pas dans la pierre, elle est dans les esprits. La Chine a été cimentée par une sagesse sans dieu. C'est peut-être plus puissant.
- La Chine est un pays qui vous est devenu familier?
- Non, je ne vais pas vous mentir... La Chine, pour moi, est un objet d'investigation livresque. C'est une Chine connue plus que vécue.
- L'histoire que vous racontez - au-delà de la fable - est presque un thriller : on ne cesse de se demander si elle les a faits, ces enfants?
- Je suis d'abord un raconteur d'histoires. J'étais fasciné par cette loi sur la natalité qui existe depuis le début des années 80 en Chine qui veut qu'on ne fasse qu'un enfant. Par empathie pour les Chinois, je me suis toujours dit que çà devait être un grand malheur. Plus personne n'a le droit de fonder une grande famille. C'est comme çà qu'est née Madame Ming. Mon histoire cache, je l'espère, une grande histoire d'amour filial. Que ces enfants existent ou pas, Madame Ming les aime. Si ce n'est pas la vérité des faits, c'est sa vérité à elle. Le mensonge est artiste, il n'est pas faussaire. Il dit le monde tel qu'il devrait être.
- Tout autre chose : vous deviez tourner "Le sumo qui ne pouvait pas grossir". Où en êtes-vous?
- J'ai vécu l'avortement de ce projet parce que le tsunami est arrivé. J'avais travaillé un an et demi. Ca m'a abbatu, mais en même temps, je n'allais pas me mettre à pleurer : qu'est-ce qu'un film par rapport à ce qui est arrivé aux Japonais? Bref, du coup, j'ai beaucoup écrit... Je ne vais pas me plaindre : le monde du cinéma me courtise, les grands producteurs me demandent ce que je veux faire. Mais pour l'instant, je n'ai pas envie. J'espère que çà va revenir.
- Vous fonctionnez au manque et à l'envie?
- Les symptômes, c'est çà : je ne me supporte plus, je me vois comme le plus grand paresseux de la terre, je râle. Là, dans mon entourage, on me dit qu'il faut que je me mette à écrire. Et à partir de là, je deviens charmant!".
"Comment avez-vous approché cette spiritualité-là?
- J'ai rencontré des gens qui sont porteurs de cette conception du monde. Et puis, j'ai lu Confucius et beaucoup de littérature chinoise qui a çà comme une espèce de sang qui circule en elle. C'est un des thèmes du livre : les Chinois détruisent tout, démolissent les monuments, construisent des villes nouvelles mais il y a quelque chose d'antique qui reste. La mémoire n'est pas dans la pierre, elle est dans les esprits. La Chine a été cimentée par une sagesse sans dieu. C'est peut-être plus puissant.
- La Chine est un pays qui vous est devenu familier?
- Non, je ne vais pas vous mentir... La Chine, pour moi, est un objet d'investigation livresque. C'est une Chine connue plus que vécue.
- L'histoire que vous racontez - au-delà de la fable - est presque un thriller : on ne cesse de se demander si elle les a faits, ces enfants?
- Je suis d'abord un raconteur d'histoires. J'étais fasciné par cette loi sur la natalité qui existe depuis le début des années 80 en Chine qui veut qu'on ne fasse qu'un enfant. Par empathie pour les Chinois, je me suis toujours dit que çà devait être un grand malheur. Plus personne n'a le droit de fonder une grande famille. C'est comme çà qu'est née Madame Ming. Mon histoire cache, je l'espère, une grande histoire d'amour filial. Que ces enfants existent ou pas, Madame Ming les aime. Si ce n'est pas la vérité des faits, c'est sa vérité à elle. Le mensonge est artiste, il n'est pas faussaire. Il dit le monde tel qu'il devrait être.
- Tout autre chose : vous deviez tourner "Le sumo qui ne pouvait pas grossir". Où en êtes-vous?
- J'ai vécu l'avortement de ce projet parce que le tsunami est arrivé. J'avais travaillé un an et demi. Ca m'a abbatu, mais en même temps, je n'allais pas me mettre à pleurer : qu'est-ce qu'un film par rapport à ce qui est arrivé aux Japonais? Bref, du coup, j'ai beaucoup écrit... Je ne vais pas me plaindre : le monde du cinéma me courtise, les grands producteurs me demandent ce que je veux faire. Mais pour l'instant, je n'ai pas envie. J'espère que çà va revenir.
- Vous fonctionnez au manque et à l'envie?
- Les symptômes, c'est çà : je ne me supporte plus, je me vois comme le plus grand paresseux de la terre, je râle. Là, dans mon entourage, on me dit qu'il faut que je me mette à écrire. Et à partir de là, je deviens charmant!".
mardi 10 avril 2012
"Flore et Florence" (Colette Nys-Mazure et Françoise Lison-Leroy)
Mères, professeurs de français et auteurs dans le Tournaisis, Colette Nys-Mazure et Françoise Lison-Leroy ont écrit ce roman pour enfants. Elles nous racontent l'été du passage de l'école primaire aux études secondaires de Flore et Florence, amies depuis toujours. On les suit en vacances à Hardelot et en Bretagne, puis de retour chez elles dans le Hainaut occidental. Au cours de cet été doux et paisible, elles nous font partager leur quotidien : le départ de la grande soeur en Indonésie, leurs cours de théâtre, leurs premiers émois amoureux, la mort de leur beau moniteur, leurs relations avec leurs parents, les déceptions et satisfactions en amitié. Le roman se termine par leur entrée à l'école secondaire.
La lecture de "Flore et Florence" permettra aux professeurs d'aborder de nombreux thèmes avec des élèves du même âge que les deux héroïnes. Mon reproche est le manque de surprise et l'absence de rebondissement. Tout le roman est résumé dans la quatrième de couverture.
La lecture de "Flore et Florence" permettra aux professeurs d'aborder de nombreux thèmes avec des élèves du même âge que les deux héroïnes. Mon reproche est le manque de surprise et l'absence de rebondissement. Tout le roman est résumé dans la quatrième de couverture.
Libellés :
Lison-Leroy Françoise
,
Nys-Mazure Colette
mardi 3 avril 2012
Nouveau roman d'Armel Job
"Loin des mosquées", le nouveau roman d'Armel Job, raconte l'histoire d'une famille turque dans nos Ardennes bien belges (l'an dernier, dans "Les eaux amères", c'est la communauté juive qui était à l'honneur). Armel Job a expliqué sa démarche à la journaliste Isabelle Monnart :
"Je ne suis pas du tout dans une démarche d'exotisme. Ce qui m'intéresse, c'est ce que je vois autour de moi. Je vis dans une petite ville des Ardennes où il y a des étrangers...comme dans les grandes villes. Nous nous croisons tous les jours. Quand je vais faire mes courses, je vois des femmes qui portent le voile, des hommes qui manifestement ne sont pas belges et je me pose des questions, tout simplement. Qui sont ces gens? Des étrangers? Non, ils sont là depuis très longtemps, souvent. J'ai été directeur d'école pendant de nombreuses années et j'accueillais ces enfants nés en Belgique. Ce sont nos enfants aussi. Nous sommes des gens civilisés, çà ne nous gêne pas mais en même temps, on les ignore. On ne veut pas les mettre à l'écart mais eux, c'est eux et nous, c'est nous. Et il n'y a pas véritablement de pont. Pourtant, ces gens, on pourrait à juste titre dire qu'ils sont notre prochain. Or, on les considère comme nos lointains. Il y a quelques années, j'ai été invité à un mariage turc. En quittant la fête, je discutais avec quelqu'un qui m'a dit qu'il s'agissait d'un mariage arrangé, mais pas forcé. La jeune femme, qui ne parlait pas du tout français, était arrivée d'Anatolie quelques jours plus tôt. Son mari, qui avait été un brillant élève, qui avait un excellent emploi, aurait certainement pu contracter une autre union mais non, il avait décidé de se marier conformément à la tradition. Qu'est-ce que le travail d'un romancier, finalement? De la réflexion sur la société, sur les gens qui vivent autour de moi : qui sont-ils? Comment vivent-ils? C'est un travail d'exploration".
Cliquez ci-dessous sur "Job Armel" pour retrouver mes autres articles sur cet auteur.
"Je ne suis pas du tout dans une démarche d'exotisme. Ce qui m'intéresse, c'est ce que je vois autour de moi. Je vis dans une petite ville des Ardennes où il y a des étrangers...comme dans les grandes villes. Nous nous croisons tous les jours. Quand je vais faire mes courses, je vois des femmes qui portent le voile, des hommes qui manifestement ne sont pas belges et je me pose des questions, tout simplement. Qui sont ces gens? Des étrangers? Non, ils sont là depuis très longtemps, souvent. J'ai été directeur d'école pendant de nombreuses années et j'accueillais ces enfants nés en Belgique. Ce sont nos enfants aussi. Nous sommes des gens civilisés, çà ne nous gêne pas mais en même temps, on les ignore. On ne veut pas les mettre à l'écart mais eux, c'est eux et nous, c'est nous. Et il n'y a pas véritablement de pont. Pourtant, ces gens, on pourrait à juste titre dire qu'ils sont notre prochain. Or, on les considère comme nos lointains. Il y a quelques années, j'ai été invité à un mariage turc. En quittant la fête, je discutais avec quelqu'un qui m'a dit qu'il s'agissait d'un mariage arrangé, mais pas forcé. La jeune femme, qui ne parlait pas du tout français, était arrivée d'Anatolie quelques jours plus tôt. Son mari, qui avait été un brillant élève, qui avait un excellent emploi, aurait certainement pu contracter une autre union mais non, il avait décidé de se marier conformément à la tradition. Qu'est-ce que le travail d'un romancier, finalement? De la réflexion sur la société, sur les gens qui vivent autour de moi : qui sont-ils? Comment vivent-ils? C'est un travail d'exploration".
Cliquez ci-dessous sur "Job Armel" pour retrouver mes autres articles sur cet auteur.
mardi 20 mars 2012
Actualité de l'écrivain belge Daniel Charneux
Il y a quelques mois, je vous avais déjà résumé le parcours littéraire de Daniel Charneux : http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2011/07/lecrivain-belge-daniel-charneux.html
Quoi de neuf pour lui en 2012? Il vient de recevoir le Prix Charles Plisnier 2011 de la province du Hainaut pour son roman "Une histoire tue". Son roman "Maman Jeanne" se joue en ce moment à Saint-Ghislain, Boussu, Colfontaine, La Bouverie grâce à la Fabrique de Théâtre et aux talents de Julien Vanbreuseghem (mise en scène) et de Lise Diseur (comédienne).
Daniel Charneux a confié à la presse : "Ces deux artistes ont respecté le personnage dans sa dimension émotionnelle toute particulière. Car Jeanne avait dans sa famille un maître brasseur, un avocat, un chirurgien. Mais elle n'a pas eu de chance. Orpheline à 3 ans puis jeune mère veuve très tôt, elle a toujours dû lutter contre les coups du sort. C'est finalement l'histoire d'une femme qui avait tiré les mauvaises cartes... En tout cas, j'ai pris goût à la généalogie. Je me suis documenté, j'ai fouillé dans les archives. C'est aussi un bon moyen de trouver des personnages de roman. Il y en a d'ailleurs forcément dans toutes les familles. Et particulièrement dans notre région, compte tenu de son passé socio-économique".
Il s'est également exprimé sur Mons, capitale culturelle européenne en 2015 : "Notre région ne manque ni d'artistes, ni d'écrivains mais quelle place réelle les responsables vont-ils accorder à la littérature d'ici? Je sais que nous pouvons rentrer des projets et je dis pourquoi pas? Mais en même temps, j'ai l'impression, peut-être fausse, qu'on veut surtout privilégier de gros spectacles plutôt que des démarches intimistes. A titre indicatif, je rappelle que, de 2004 à 2010, plusieurs écrivains d'ici et d'ailleurs ont publié quelques 36 nouvelles ayant Mons comme fil conducteur. 10 d'entre elles ont d'ailleurs été publiées dans un recueil par les éditions Luce Wilquin. Il y a donc bien une matière très riche, exploitable sur place. On reste ouvert, disponible. Espérons donc qu'on ne va pas systématiquement aller chercher des acteurs et des réalisations ailleurs. Il est bon de rappeler que la culture existe déjà chez nous sans qu'on lui consacre une année spécifique. Mais indiscutablement, Mons 2015 ne peut être qu'une bonne chose pour tout le monde".
Enfin, signalons que le prochain roman de Daniel Charneux sortira en septembre prochain et que son intrigue se déroulera à Liège.
Quoi de neuf pour lui en 2012? Il vient de recevoir le Prix Charles Plisnier 2011 de la province du Hainaut pour son roman "Une histoire tue". Son roman "Maman Jeanne" se joue en ce moment à Saint-Ghislain, Boussu, Colfontaine, La Bouverie grâce à la Fabrique de Théâtre et aux talents de Julien Vanbreuseghem (mise en scène) et de Lise Diseur (comédienne).
Daniel Charneux a confié à la presse : "Ces deux artistes ont respecté le personnage dans sa dimension émotionnelle toute particulière. Car Jeanne avait dans sa famille un maître brasseur, un avocat, un chirurgien. Mais elle n'a pas eu de chance. Orpheline à 3 ans puis jeune mère veuve très tôt, elle a toujours dû lutter contre les coups du sort. C'est finalement l'histoire d'une femme qui avait tiré les mauvaises cartes... En tout cas, j'ai pris goût à la généalogie. Je me suis documenté, j'ai fouillé dans les archives. C'est aussi un bon moyen de trouver des personnages de roman. Il y en a d'ailleurs forcément dans toutes les familles. Et particulièrement dans notre région, compte tenu de son passé socio-économique".
Il s'est également exprimé sur Mons, capitale culturelle européenne en 2015 : "Notre région ne manque ni d'artistes, ni d'écrivains mais quelle place réelle les responsables vont-ils accorder à la littérature d'ici? Je sais que nous pouvons rentrer des projets et je dis pourquoi pas? Mais en même temps, j'ai l'impression, peut-être fausse, qu'on veut surtout privilégier de gros spectacles plutôt que des démarches intimistes. A titre indicatif, je rappelle que, de 2004 à 2010, plusieurs écrivains d'ici et d'ailleurs ont publié quelques 36 nouvelles ayant Mons comme fil conducteur. 10 d'entre elles ont d'ailleurs été publiées dans un recueil par les éditions Luce Wilquin. Il y a donc bien une matière très riche, exploitable sur place. On reste ouvert, disponible. Espérons donc qu'on ne va pas systématiquement aller chercher des acteurs et des réalisations ailleurs. Il est bon de rappeler que la culture existe déjà chez nous sans qu'on lui consacre une année spécifique. Mais indiscutablement, Mons 2015 ne peut être qu'une bonne chose pour tout le monde".
Enfin, signalons que le prochain roman de Daniel Charneux sortira en septembre prochain et que son intrigue se déroulera à Liège.
Inscription à :
Articles
(
Atom
)